25 février 2013

Ceux qui ne comprennent pas Hollande.

Hollande fait un bon mot sur Sarkozy, l'homme qui n'aimait que les bons mots contre ses critiques ou opposants. Fillon fait une rentrée ratée sur un plateau télévisuel sans surprise. Le plus important était dans cette mise en garde à l'encontre de l'actuel président: oublie-t-il celles et ceux qui l'ont élu ?

Nous avions une réponse. Pourrait-on se poser la question sur la durée d'un quinquennat ?

Le dossier de la semaine de l'hebdomadaire Marianne devrait sonner comme une alerte, ou pas. Samedi dernier, le journal s'est fendu d'un sondage sur les classes moyennes et leur appréciation des premiers mois du quinquennat Hollande. Puis de quelques idées et grosses critiques contre les mesures fiscales décidées. Nul recours à un statisticien ou un fonctionnaire des Impôts pour définir les classes moyennes, les sondeurs pour une fois avaient eu la bonne idée de se baser sur la chose qui vaille en matière de classement social - la perception des intéressés eux-mêmes.

Globalement, ces Français sondés sont très mécontents de subir davantage de taxes. Sans surprise, la re-fiscalisation des heures supplémentaires passe très mal. De toutes façons, les auteurs du dossier le reconnaissent bien volontiers - qui aime payer davantage d'impôts ?

Mais le bas blesse ailleurs: les impôts supplémentaires en cause - 20 milliards d'euros sur 2 ans - sont finalement bien modestes non seulement au regard de l'effort général (20% des 100 milliards de redressement budgétaire prévus sur  2012 et 2013), mais aussi de l'imposition générale - cotisations incluses: près de 300 milliards d'euros annuels.

Mais de quoi parle-t-on ?

Hollande aurait raté une belle occasion de faire une réforme fiscale. On notera cependant combien il semble curieux d'envisager que le quinquennat est déjà clos, moins d'un an après son commencement. On devrait aussi s'interroger sur la séquence passée.  Hollande a agi à l'inverse de Sarkozy. Le premier a rapidement déçu celles et ceux qui pensaient à des changements plus graves et - pour eux - plus profitables (réforme fiscale notamment). Sarkozy s'est empressé de faire voter un paquet fiscal dont la seule composante populaire était la défiscalisation des heures sup susmentionnées. Bref, outre la faiblesse des marges de manoeuvre budgétaires et européennes, la meilleure tactique politique ne consistait-elle pas à commencer par "la douloureuse" ?

Il était drôle de voir Hollande au Salon de l'agriculture, plusieurs heures durant. Le président n'avait que peu à gagner. L'électorat local ne lui a jamais été favorable, et encore moins cette année. Pourtant, il y est allé. Les ex-Sarkofans n'ont pas apprécié que Nicolas Sarkozy soit ainsi moqué. Les mêmes se taisaient, se couchaient devant chacune des (mauvaises) blagues de leur ancien mentor à propos de l'opposition d'antan. "C'est une mauvaise blague donc c'est un dérapage" déclara sans surprise Nathalie Kosciusco-Morizet.

L'enfant: "Ah mais j'ai jamais vu Nicolas Sarkozy !"
François Hollande, souriant : "Ah, bah, tu ne le verras plus".
L'UMP est en rade. C'est confirmé. François Fillon s'est montré à la télévision pour expliquer combien il était présidentiable pour 2017. Il veut être "utile". Après cinq années de silence sado-masochiste sous Sarkozy, puis une campagne interne ratée contre l'ineffable Copé pour la conquête de l'UMP, il aimerait nous imposer l'image d'un présidentiable crédible pour 2017. Avec 4 années d'avance, rien n'est perdu. Le voici sur TF1, dimanche 24 février au soir, sourire aux lèvres.
"La France est au bord de la récession, toutes les promesses ont quasiment volé en éclat, on est en face d'un gouvernement qui semble aujourd'hui impuissant, qui n'a pas de cap, qui n'a pas d'objectif".
Après cinq années de coucheries sarkozystes, le même appelle au rassemblement des Français, sans rire ni honte: "Les Français sont de plus en plus divisés, sont tentés de se dresser les uns contre les autres. La France est dans une situation tellement difficile qu'on ne pourra pas la redresser sans la rassembler". La France est en faillite à cause de lui, de son mentor, de la crise, de Jacques Chirac, de l'inefficacité d'une droite aux abois.
"L'ump est paralysée dans son action. "

Ce n'est pas nous qui le disons, mais Xavier Bertrand.

L'UMP est en rade. Et la meilleure façon qu'elle a de s'en sortir est de tirer un trait sur l'ancien Sarkozy.

Définitivement.
 
 

Crédit illustration: Do-Zone Party 

9 commentaires:

  1. Dire et redire que la France a autant de problèmes en grande partie à cause du quinquennat précédent. Dire et redire que tous ces donneurs de leçon UMPitres feraient mieux de réfléchir à leur action avant de critiquer. Dire et redire que ce quinquennat ne fait que commencer.
    Dire et redire que le redressement doit être accepté citoyennement et donc en acceptant les sacrifices nécessaires...

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    1. Une technique qui, en imposant le cadre de l'échange et les références, vise à disqualifier toutes celles et tous ceux qui ont l'aplomb de critiquer Hollandréou.

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  2. Ce cher Winston Smith n'a pas compris que SARKOFRANCE ne livre pas une information objective, mais un commentaire partisan.
    On a tous compris que SARKOFRANCE est un antisarkosiste viscéral et haineux. Son blog fait partie de ces blogs gouvernementaux chargés de relayer la bonne parole du pouvoir en place.

    Ainsi, à ceux qui ne "comprennent pas HOLLANDE", SARKOFRANCE nous dit que la blague (de mauvais goût) du salon de l'agriculture est "un bon mot" (un bon mot = un mot d'esprit ingénieux).
    Quand HOLLANDE proclame publiquement que l'inde est l'une des plus grandes démocraties mondiales, c'est un "bon mot" (en même temps je regardais à la télé un reportage sur l'exploitation des enfants dans des teintureries, les gosses avaient les jambes brûlées par les produits corrosifs : bof !).
    Quand HOLLANDE dit qu'il faudra trouver 6 milliards d'euros d'économie en 2014, par la maîtrise des dépenses, et - accessoirement (sic) - par un relèvement des impôts. ACCESSOIREMENT c'est un "bon mot".
    Quand le gouvernement affirme que la suppression du jour de carence des fonctionnaires, c'est une mesure de justice alors que c'est l'inverse; JUSTICE c'est un bon mot !
    Parce que HOLLANDE avait PROMIS des sacrifices en 2013, et la récolte des fruits en 2014.
    Parce q'il avait PROMIS l'inversion de la courbe du chômage en 2013, mais en même temps les spécialistes européens pensent que ce ne sera pas mieux en 2014....

    SARKOFRANCE comprend HOLLANDE....


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  3. Pour y voir un peu plus clair, disposer d'éléments objectifs (oui, ne toussez pas) et tenter d'évaluer les choix politico-économiques de la droite sarkozyste et de la gauche hollandaise (des clones ?), je vous conseille de lire les derniers articles de Jacques Sapir sur Russeurop. D'accord ou pas, vous pourrez dépasser le niveau du questionnaire de Proust "j'aime-j'aime pas". Déjà pas mal, non ?

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  4. Réponses
    1. we, pas mal.
      Je précise que les commentaires de JUAN SARKOFRANCE ne me gênent pas, je respecte, c'est sa liberté.
      Ce qui m'irrite ce sont les tromperies, les fausses annonces des hommes politiques. Les promesses non tenues.
      Il n'y a plus d’espérance dans ces gens là.
      Ulysse

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    2. Pour moi, c'est pareil. J'aime savoir si celui qui parle ou écrit exprime ses convictions de manière, disons désintéressée, ou s'il fait du prosélytisme quitte à surjouer et à faire de la communication institutionnelle déguisée pour un mouvement, un parti.

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    3. Je partage aussi...Je ne viens plus que rarement sur ce blog, car j'ai l'impression que chaque billet est un encensoir agité devant la statue du commandeur...

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  5. Tout cela est bien beau et bon, mais revenons à la (triste) réalité : HOLLANDREOU IS BACK !

    Mais que dit donc notre cher Président (dépêche AFP) ? Celui-ci semble également revenir sur une trêve fiscale l'an prochain, indiquant qu'en 2014, la réduction du déficit public passera
    "d'abord par des économies", mais aussi "subsidiairement par des prélèvements supplémentaires".

    Attendons donc de voir ce qui se fera réellement avant de critiquer l'homme du retour à l'équilibre, d'hystériser le débat, n'est-ce pas Juan ? Ai-je tout juste ?

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