20 février 2013

La précarité massive des femmes. What else ?

 C'est l'une de ces études utiles et désespérantes. Une tentative de recentrer le focus sur un phénomène si éparpillé dans les enquêtes sociologiques et le traitement médiatique qu'on en perd de vue l'importance. Les femmes sont davantage frappées par la précarité que les hommes.

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a publié mardi 19 février un rapport sur le sujet, établi par les services de l'INSEE. C'est d'ailleurs l'une de ses premières missions, rappelée sur le fronton de son site: Informez-vous !

Edifiant, mais sans surprise.

Distractions...
Il y avait des femmes sans domicile fixe, parfois célèbres et ridicules.

Le hasard faisait aussi bien mal les choses. On apprenait le même jour qu'une chercheuse de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale terminait... onze années de CDD. Merveilleuse institution publique !

Il y avait enfin ces affaires de pères accrochés à des grues pour protester en faveur de la garde de leurs enfants après un mauvais divorce. Ce dernier fait divers avait occupé les ondes et certains de nos blogs.

Mais le CESE nous livrait d'autres résultats, plus sérieux, plus profonds: dans près de 9 cas de divorce sur 10, la mère hérite de la charge principale de l’enfant. Faudrait-il s'en féliciter ? Quelque 52% des enfants en situation de précarité vivent au sein d’une famille monoparentale. Le CESE ajoute ceci: "les mères isolées représentent la quasi-totalité des 190 000 allocataires du RSA socle majoré (ex API)."

... contre réalités
Dans cette même étude de la Délégation aux droits des femmes et à l'égalité du CESE, commandée voici un an, on pouvait mesurer d'autres signes de cette dislocation sociale et sociétale qui nous menace. La situation de nos dames ne s'améliore pas, bien au contraire. Elle s'aggrave.

En novembre dernier, le Secours Catholique avait déjà poussé un cri d'alerte. 57% des adultes accueillis par l'association en 2011 étaient des femmes, contre 50% en 2001.

Il y a davantage de femmes pauvres que d'hommes pauvres: 4,7 millions gagnaient moins de 964 euros par mois, sur un total de 8,6 millions de pauvres estimé pour 2010. Nous nous en doutions. Mais ce n'est pas tout.
  • 57% des allocataires du Revenu de Solidarité Active sont des femmes.
  • Un quart des locataires de logement social sont des mères seules.
  • Une mère vivant seule avec ses enfants sur trois vit sous le seuil de pauvreté.
  • 57 % des bénéficiaires du minimum vieillesse (soit 777 euros mensuels). 
  • 70% des « travailleurs pauvres » sont des femmes. 
  • 82% du temps partiel est féminin. Il est déclaré comme subi dans un tiers des cas.
  • Le taux de féminisation de l’emploi non-qualifié est de 62 %. Pire, il a progressé en deux décennies (56% en 1990).
  • 18,5% des femmes ne se soignent pas faute d'argent, contre 12,3% des hommes. 
Cette précarité a des explications. La Grande Crise aurait bon dos pour concentrer l'attention. La délégation insiste sur "les facteurs cumulatifs de précarité auxquels de nombreuses femmes sont exposées". Elle pointe, désigne et accuse: ces facteurs "trouvent leur origine dans le fondement culturel du rôle qui leur est assigné dans la société, y compris au regard de l’emploi."Scandale ! Excepté ce bref article dans Libération et quelques reprises, les retombées de l'étude furent incroyablement anémiques.

Changer les mentalités ? Et oui. Il faudrait s'y résoudre. Le chemin est encore long. Un ministère n'y suffira pas.

Le 14 février dernier, le ministère des droits des femmes dirigé par Najat Vallaud-Belkacem pointait notre attention sur l'égalité hommes/femmes au plus près de la réalité de nos gamins. Il s'agissait de souligner les efforts d'une association féminine toulousaine, pour illustrer le programme « ABCD de l’égalité », lancé avec le Ministre de l’Education, Vincent Peillon . "Dès l’école, les stéréotypes se forgent et enferment chaque sexe dans un rôle préétabli" justifiait le ministère... à raison. 



A suivre...

Vraiment ?




1 commentaire:

  1. La question mériterait d'être examinée en mettant les résultats en perspective à partir de la situation sociale des femmes. Même si la parité est loin d'être établie, certaines réussissent fort bien, alors que d'autres sont doublement défavorisées par leur origine sociale et par leur genre. Elles travaillent moins facilement, sont plus souvent à temps partiel et sont généralement moins bien rémunérées. S'ajoute à cela le fait que les hommes et les femmes, qui se lient, sont issus des mêmes milieux, ce qui renforce l'injustice sociale.







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