2 mars 2013

304ème semaine politique: Hollande, une semaine en enfer

Sale semaine.

Rien ne va et pourtant rien ne change.  Chômage en hausse, guérilla au Mali, buzz méprisables, excitations médiatiques, inquiétudes budgétaires.

Même DSK était revenu dans les prétoires.

Sale semaine, une semaine en enfer.


ça buzze...
Les ministres ne sont pas épargné(e)s. Aurélie Filippetti (Culture) s'agace de comment les femmes sont portraiturées dans la fiction française. On ne retient que quelques mots, on buzze sur l'extrait d'un extrait d'une extrait.

Pour quel intérêt ?

Vincent Peillon s'est fait piéger. Le site Arrêt sur Images s'est délecté à démonter l'arnaque. Il a suffit à deux médias émérites d'extraire treize petites secondes de leur contexte, treize secondes d'une longue interview du ministre de l'Education pour que l'on prenne - jusqu'à Matignon ! - les déclarations dudit Peillon pour une énième gaffe.


François Hollande se fait tacler. Dégringolade dans les sondages, vers les basfonds sarkozyens de la belle époque. La joyeuse épopée malienne est oubliée. Une poignée de journalistes jouent aux crédules. Imaginez-vous ! Hollande a rompu sa promesse de ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB en 2017 ! Ces gens-là  préféraient sans doute une nouvelle cure d'austérité, un bon gros plan de rigueur supplémentaire qui nous aurait plombé davantage le pays, et transforme le surplace économique attendu pour 2013 en récession. Pourtant, on pouvait, on devait se réjouir que l'épée de Damoclès des "3% dans 4 ans" soit enfin levée à Paris comme à Bruxelles.

ça couine
Jérôme Cahuzac, qui a survécu à Mediapart, croit nécessaire 6 milliards d'euros d'économies ou relèvement d'impôts supplémentaires l'an prochain; ça grogne dans les rangs. Pourrait-on attendre d'en savoir davantage ? Non, il faut râler ou s'enrager sans attendre. Aux Etats-Unis, Obama sequestre 2% de dépenses publiques et quelques journalistes français sont traumatisés. En France, le ministère de la Santé confirme une baisse tarifaire de 0,84% et BFM TV titre en boucle sur "les hôpitaux touchés par la rigueur". On coupe un ongle et d'aucuns crient à l'amputation... Où est la mesure ?

Hollande reconnait que la stabilisation du chômage en fin d'année s'annonce compliquée. Et paf ! Nouveaux cris d'orfraie des mêmes éditocrates qui réclamaient pourtant davantage de rigueur dépressive. Jean-Michel Aphatie s'agite et brasse du vent d'indignation sur son tabouret du Grand Journal de Canal+. Hollande ne respecte pas sa promesse ! Mon dieu, ça couine dans tous les sens !

Cette France infantile se noie dans sa crédulité. Elle préférait l'ancien monarque, le petit Nicolas qui chaque mois nous déclamait que la reprise était au coin de la rue, dans quelques jours ou quelques semaines, pendant 5 ans.

Le chômage progresse dans toute la zone euro. En France, près de 3,4 millions de personnes n'ont déclaré aucune activité en janvier à Pôle Emploi.

Aucune.

Quand la majorité de gauche au Sénat vote l'amnistie sociale, David Pujadas, sur (F)rance 2, résume le sujet en ces termes: "les auteurs de dégradations ou de violences commises lors des conflits sociaux doivent-ils être amnistiés ?"

ça râle
On entame la réforme des retraites. Une énième fois...Les mêmes argument qu'en 2010 puisque la réforme Sarkozy n'a rien sauvé. La droite et quelques patrons réclament le recul de l'âge de départ à la retraite. Pour Xavier Bertrand (UMP), c'est 62 ans dès 2015. Pour Laurence Parisot, c'est 67 ans en 2040. Et pourquoi pas 70 ans ? Ils font mine d'ignorer, comme toujours, que le chômage est massif, que la pénibilité professionnelle créé des inégalités de (sur)vie irrémédiable. A gauche, on oscille entre renchérissement ou allongement de la durée de cotisations. On évoque aussi une désindexation des retraites de l'inflation. Aurons-nous enfin une retraite à la carte et par points ?

Le couple Sarkozy/Woerth avait caché nombre d'études. Le gouvernement Ayrault fait l'effort d'information et de pédagogie. Chez le ministère du travail, on lit une étude sur les risques professionnels. Mercredi 27 février, une mission est installée par Ayrault.

Le sujet est explosif. Les seniors d'aujourd'hui sont moins à droite. C'est la génération 68/81. C'est donc aussi un casse-tête électoral.

ça craint
On oublie la victoire française au Mali. Car il y a eut une première victoire, les islamistes ont été repoussés dans quelques coins montagneux à l'extrême Nord. L'un des parrains d'Aqmi, aurait été tué. Mais les combats se poursuivent, version Call of Duty Modern warfare. On traque des terroristes enturbannés et "acharnés".

Une famille entière, dont quatre enfants, a été kidnappée plus au Sud, au Cameroun. Une video les montrant tous ensemble rappelle le cauchemar.

Hollande rencontre Poutine. Il n'a pas posé le pied sur le sol moscovite que Libération et quelques autres de la gauche impeccable lui tombent dessus au nom des droits de l'homme. Hollande a livré l'un des rendez-vous les plus glaçants avec l'autocrate russe en juin dernier. Nulle embrassade, peu de sourires, le strict minimum diplomatique. Il vient à Moscou pour des motifs économiques. Là encore, nul effusion. On comprend que les deux ne sont pas faits pour s'entendre. Le déplacement ne permet pas d'infléchir la position russe sur la Syrie.



A suivre.


Crédit illustration: merci Do-Zone Parody

13 commentaires:

  1. Petite question, Juan: si toutes les déconvenues actuelles de Hollande étaient advenues à Sarkozy, quel type d'articles en auriez-vous tiré dans votre blog?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne sais pas ce qu'aurait rédigé Juan, mais je sais à peu près ce qu'aurait fait Sarkozy dans cette situation :

      - il aurait convié la presse et à coup de mouvements d'épaules aurait promis de sortir les français de la mouise,
      - les banquiers auraient été sommés de lui rendre des comptes à l'Elysée,
      - il aurait tapé du poing sur la table et montré sa farouche énergie,
      - Devedjian aurait été nommé à la tête de la Commission de Grande Relance,
      - Fillon en aurait encore pris plein la g...

      Au final les résultats n'auraient évidemment pas été à la hauteur de l'énergie dépensée. La faute à la crise quoi...

      Laissons le gouvernement bosser. Hollande et Ayrault, au moins, ne sont pas dans l'esbroufe.

      Supprimer
  2. SLT. Moi j'aurait ajouté :

    Ça traîne : le gouvernement a eu tout le temps et le loisir pour réfléchir aux réformes à entreprendre du temps ou il était dans l'opposition. Or que fait t-il ? Il met en place commissions sur commissions chargées de réfléchir à sa place; au total le temps passe...

    Ça patauge : successions d'annonces et de reculades, de promesses et de reniements. Et de non décisions. Un symbole anodin mais rigolo, l’éthylotest : il est obligatoire (influence VALLS ?) mais si on est pris en défaut, pas de sanction (influence TAUBIRA ?, voilà ....

    Que reste t-il du MOI Président ?
    NB: j'avais voté HOLLANDE....

    RépondreSupprimer
  3. Ça traîne : le gouvernement a eu tout le temps et le loisir pour réfléchir aux réformes à entreprendre du temps ou il était dans l'opposition. Or que fait t-il ? Il met en place commissions sur commissions chargées de réfléchir à sa place; au total le temps passe...

    heureux qui comme ulysse croit qu'avec le temps rien n'a changé depuis 5 ans

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. we. Mais il y a pas longtemps encore la gauche niait la crise, tout était de la faute à SARKO...
      ATALI a prévenu cette semaine qu'il y avait 5 réformes (...) à faire d'urgence (tout de suite !) si le gouvernement veut réussir, y compris la retraite à 65 ans !

      Supprimer
    2. "Ulysse qui croit que rien n'a changé depuis 5 ans". Allons Ulysse, tout le monde voit bien ce qui a changé depuis le 7 mai 2012. Le nouveau Président de la République porte des lunettes, non ?

      Supprimer
  4. Allons, on sait bien que Hollande a fait le même calcul que Jospin en 1997: la crise européenne ne sera pas éternelle, on en sortira dans 1 ou 2 ans, et, après 2 années difficiles, la reprise mondiale viendra assurer le succès du quinquennat, comme la cavalerie des westerns de John Ford qui arrive toujours au bon moment pour sauver la situation.

    Mais, voilà, rien n'annonce cette reprise, et, un à un, tous les objectifs et toutes les promesses de la campagne s'annoncent bien compromis.

    RépondreSupprimer
  5. "La crise européenne, on en sortira dans 1 ou 2 ans". Bravo à la Pythie, à qui on ne peut pas reprocher de ne pas avoir foi en l'avenir.

    Quant à la semaine en enfer d'Hollandréou, comparons la semaine du pauvre homme, qui mérite bien ce qui lui arrive, aux trois cent soixante cinq jours par an de galère des citoyens qu'il est censé représentés.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tiens, d'ailleurs, je n'avais pas lu ça avant d'écrire mon commentaire précédent, mais c'est l'entourage de Hollande qui dit aujourd'hui exactement la même chose:

      http://www.liberation.fr/politiques/2013/03/01/hollande-le-cap-et-les-plaies_885748

      Reste qu'avoir construit, pour 2013, un budget sur une prévision de croissance de 0,8 %, alors que tous les organismes internationaux donnaient plutôt 0,1%, ce n'était pas très sérieux...

      Supprimer
    2. Le Ministre du Travail, Michel Sapin poursuit :
      «Chacun voit que la situation est difficile, douloureuse, et qu’elle continuera à l’être. Mais nous faisons monter en puissance les outils qui permettront de l’inverser d’ici la fin de l’année. La première moitié sera extrêmement délicate, la seconde sera peut-être celle du rebond.»

      Je vous invite à mettre en perspective cette déclaration d'un aveugle adepte de la méthode Coué, dont les faits démontrent au quotidien qu'il est - comme Hollandréou - dans l'erreur en lisant de dernier article de Jacques Sapir sur son site :

      russeurope.hypotheses.org/

      Le slogan des libéraux socialistes pourrait être : "Carpe diem (quam minimum credula postero)"
      Admettons, mais préparer l'avenir n'est pas inutile. Pour ma part, je ne manquerai pas de suivre avec attention les résultats obtenus par Hollandréou et ses amis, qui, soit dit en passant, repoussent l'atteinte de leurs objectifs au fur et à mesure que le temps passe.

      Supprimer
  6. DANS LA RUBRIQUE : C'EST PAS DU SARKOZY MAIS CA EN A LE GOUT ET LA SAVEUR !

    @ Elie Erie

    Monsieur Moscovici, Ministre d'Hollandréou, se réjouit de la victoire du candidat de droite promu par l'UE, Nicos Anastasiades (DYSI), qui vient de réaliser 57,5% des suffrages exprimés contre 42,52% pour Stavros Malas, le Président sortant de gauche mais eurosceptique. Et Monsieur Moscovici, homme de gauche à ce qu'il paraît, de déclarer : " Je salue les résultats de l’élection chypriote pour les négociations sur le programme d’assistance financière, dans l’intérêt de la zone euro " (sic).

    Précisons que Chypre a une dette de 17.5 Mds € due à l'effondrement de la Grèce et que l’Europe aidera Chypre aux conditions habituelles : privatisation des grands groupes publics, baisse des salaires, hausse des impôts ... Heureusement,
    Anastasiades, le vainqueur, candidat de la Troïka et de Monsieur Moscovici, a présenté un programme d’allégeance à cette Troïka selon un scénario désormais bien connu.

    Ouf, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, l'UE va pouvoir continuer à avancer droit devant vers le gouffre qui lui tend les bras.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Rectificatif : Il faut lire 42,5% pour "Stravos Malas, le candidat de gauche, Demetris Christophias étant le Président sortant de gauche, mais eurosceptique".

      Supprimer
  7. De Sabine WIBAUX (AFP) – Aujourd'hui
    Confronté à de sombres sondages, Hollande tentera de rassurer les Français.

    Les libéraux-socialistes auraient-ils pris conscience de leurs erreurs, de l'inanité de leur politique se demande le citoyen lambda que je suis ?

    "Confronté à de sombres sondages après une brève embellie de popularité née de l'offensive française au Mali, François Hollande devrait tenter de rassurer des Français. [...] Près des trois quarts des Français sont mécontents de la politique économique et sociale gouvernementale. [...] Pour sortir de cette morosité, plusieurs initiatives sont en préparation à l'Élysée. M. Hollande devrait ainsi inaugurer un nouveau rythme et un nouveau style dans ses visites de terrain. [...] Autre projet : une grande intervention médiatique avant la fin mars".

    Eh bien non ! Les libéraux-socialistes vont continuer à faire de la pédagogie pour convaincre des Français obtus aux idées archaïques, qui n'ont toujours pas compris leur politique, que c'est la bonne et la seule voie possiible.

    Je conseille aux libéraux-socialistes d'Hollandréou de prendre des leçons auprès des gaveurs d'oies du Gers, qui leur donneront des leçons pour être plus efficaces.

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.