7 mars 2013

Quand Sarko débloque, ça fait plaisir.

Il y a peu à dire sur l'improbable retour de Nicolas Sarkozy. Il n'a fait aucune annonce, juste une rumeur d'envie de retour «par devoir» relayée par l'hebdomadaire de droite Valeurs Actuelles.

Et pourtant, ces quelques phrases, qui ont vite amusé la twittosphère et réjoui l'UMP. C'était drôle, inconstant, amnésique.

Pour les antisarkozystes que nous étions, c'était revigorant.

Sarkozy nous est ainsi réapparu, une énième fois depuis sa défaite, trop vite trop tôt, trop agité.

Extraits.

Il croit que la France l'attend.  On dirait Giscard post-1981. La comparaison est ressortie spontanément. « Il y aura malheureusement un moment où la question ne sera plus : "avez-vous envie ?" mais "aurez-vous le choix ?" (...) Dans ce cas, je ne pourrai pas continuer à me dire : je suis heureux, j'emmène ma fille à l'école, et je fais des conférences partout dans le monde. Dans ce cas, effectivement, je serai obligé d'y aller. Pas par envie. Par devoir. Uniquement parce qu'il s'agit de la France »

Il y a encore le mépris, cette supériorité revendiquée, quand il confie qu'il n'a « pas envie d'avoir affaire au monde politique, qui [lui] procure un ennui mortel. » Fichue démocratie jamais à la hauteur de son Monarque !


Il y a toujours cette incompréhension énervée pour la France réelle. Il se croit toujours au-dessus des lois.« Et puis, regardez comment j'ai été traité ! Lorsqu'on m'a convoqué pour treize heures d'interrogatoires, à propos de l'affaire Bettencourt.» Sarkozy, au-dessus des lois ?


L'homme est resté hors sol, hors de nos murs, sur une autre planète. Jugez plutôt: « Sans compter la manière dont ils ont traité ma femme. Interdite de chanter pendant cinq ans. » Ah ! Un complot contre Dame Carla, cinq années durant ! Pouvait-on dire plus simplement que son action politique désastreuse a affecté les performances commerciales de son épouse aphone ? Carla Bruni « interdite de chanter » ?... On croit rêver. On pense à un sketch de Canteloup. Voir de Bigard. Même pas Bedos.

Il est resté hargneux, il ne triangule plus pour séduire l'autre camp. Sur le mariage gay, la sentence est assassine et toute buissonnienne « Avec leur 'mariage pour tous', la PMA, la gestation pour autrui, bientôt, ils vont se mettre à quatre pour avoir un enfant ».

Il est toujours sûr de lui, comme si la défaite de 2012 n'avait rien changé. Il est même devenu visionnaire, comme si son quinquennat n'avait jamais eu lieu. « On va au-devant d'événements graves. Il y aura une crise sociale. Puis on va se prendre une crise financière d'une violence rare et ça finira par des troubles politiques

Il a des leçons à donner sur l'intervention française au Mali. Elles sont détestables puisqu'elles légitiment les pires régimes en place. Elles sont contradictoires avec les positions de l'UMP - qui a approuvé l'opération malienne. Elles sont même contradictoires avec l'intervention française ... en Libye. « Que fait-on là-bas ? Sinon soutenir des putschistes et tenter de contrôler un territoire trois fois grand comme la France avec 4 000 hommes ? La règle, c'est qu'on ne va jamais dans un pays qui n'a pas de gouvernement »

L'un des meilleurs coups de poignard, de face, est délivré dans la journée même par François Fillon, son ancien premier collaborateur. C'est violent, direct et sans retour.
« Quand on perd les élections, on est à nouveau tous sur la même ligne [de départ], avec l'obligation de repenser notre projet. On va pas dire aux Français "on revient avec le même projet que celui qui nous a fait perdre" ».

Il serait effectivement temps que la droite passe à autre chose. Nicolas Sarkozy n'a plus grand chose à faire dans notre histoire commune.

Et Sarkofrance a été fermé voici 9 mois déjà.



  

9 commentaires:

  1. Comme d'autres l'ont déjà fait remarquer avant moi, dire "j'emmène ma fille à l'école" alors qu'elle n'a que 17 mois est (au mieux) sujet à caution.

    Cordialement,

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    1. UNE FOIS DE + SARKOFRANCE triche avec la vérité. Quand SARKO parle de sa fille, ce n'est pas dans le moment présent , mais dans la projection d'un éventuel retour de la droite au pouvoir.
      Voici la citation intégrale :
      « Il y aura malheureusement un moment où la question ne sera plus : “Avez-vous envie ? ” mais “Aurez vous le choix ? ” Ce ne sera pas le moment le plus glorieux pour la France. Il s’agira d’un moment où le pays sera tenaillé entre la poussée de l’extrémisme de gauche et celui de droite. Au Parc des Princes. Nicolas Sarkozy sait qu’à l’instar du sport, il y a toujours un moment où vient l’heure du retour. Parce que François Hollande n’aura pas tenu compte de toute cette France des invisibles et des oubliés. Et puis, il s’agira d’un moment où la droite n’offrira aucune solution de recours. Pas plus que la gauche. Dans ce cas, je ne pourrai pas continuer à me dire : “Je suis heureux, j’emmène ma fille à l’école et je fais des conférences partout dans le monde.” Dans ce cas, effectivement, je serai obligé d’y aller. Pas par envie. Par devoir. Uniquement parce qu’il s’agit de la France. »

      lol !

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  2. Me fait penser que je dois rédiger une "lettre d'excuse" à Nicolas Sarkozy. Il revient? Ok, mon inspiration aussi...

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  3. Si la droite n'a que Sarkozy à proposer c'est grave pour elle

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  4. On sent déjà les frictions avec Fillon :)

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  5. Encore?
    Comme melclaleche?
    Vous n'avez que ça à grailler?
    Cool on va pouvoir se marrer à vous lire ..
    Merci

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    1. Nous, on se marre déjà avec le "retour" de Sarko ;-)

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  6. "Il y aura une crise sociale." C'est sûrement la seule remarque qui mérite réflexion dans les propos de cet olibrius tout émoustillé par l'impopularité d'Hollandréou. S'il revient dans les média, c'est qu'on lui a probablement rapporté les propos de quidams qui, après avoir voté Hollande, regrettaient sa présence. Il y en a qui le disent, écoutez autour de vous ceux qui ne comprennent pas que rien ne change. Ils ne voient plus la différence entre lui et Sarkozy et il faut bien reconnaître que, dans de nombreux domaines, notamment en économie, Sarkozy et Hollandréou appliquent la même politique.

    En 2013, le slogan de la campagne présidentielle a changé, il est devenu "le changement dans la continuité, c'est maintenant."

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