Chômage: ne pas désespérer.

L'intérim est souvent précurseur des dégradations plus globales de la situation de l'emploi. Alors qu'elle publiait les dernières statistiques du chômage, la DARES notait une évolution moins terrifiante de l'emploi intérimaire au cours de l'année 2012.

Intérim, toujours en baisse
Au dernier trimestre 2012, les effectifs intérimaires ont encore diminué, cette fois de 1,9%. ma plus forte hausse se loge dans l’industrie (-3,9 %, soit -8 700 postes), en baisse pour le sixième trimestre consécutif. Mais l'intérim se redresse dans le tertiaire (+0,8 %, +1 300 postes) après cinq trimestres de baisse. Bref, rien de rose, mais, comme dirait une ancienne ministre des finances sarkozyste, "une décélération de la hausse" (sic!).

Une reprise de l''emploi intérimaire précède habituellement une évolution plus générale de l'emploi. En 2008, il s'était effondré dès le mois d'avril, bien avant le déclenchement officiel de la Grande Crise.

Chômage, bientôt le record.
Les commentateurs guettent le record, celui de février 1997. A fin février 2013, il n'a pas été franchi, mais on s'en rapproche.  Le total des trois premières catégories - les demandeurs en recherche active d'emploi - dépasse les 4,7 millions, +26 500 au mois de février, et +10% sur un an. Comme le mois précédent, les plus fortes hausses se trouvent chez les plus de 50 ans, hommes ou femmes (+15%). L'ancienneté des chômeurs des catégories A à C inscrits à Pôle emploi a progressé de 2 jours pour atteindre 482 jours en moyenne. Plus de deux millions de personnes sont ainsi au chômage depuis au moins un an.

Toutes catégories confondues, on s'approche donc des 6 millions. D'ici juillet, l'INSEE prédit encore 74.000 destructions d'emplois.

Des réactions politiques inaudibles
Du côté du gouvernement, on subit la vague. Cette statistique a permis de faire rappeler dans quelques médias la situation des chômeurs - comme avec ce reportage de France Inter sur le problème des "indues", ces sommes trop perçues souvent par erreur par les chômeurs qui sont ensuite réclamés (300 millions d'euros par an).

Il y a plus grave - comme les menaces de suicide ou, plus simplement, le désespoir des inscrits broyés par la machine, l'engorgement du système devenu trop informatique. Le site Actuchomage relate ainsi que les dysfonctionnements informatiques sont en hausse depuis décembre à Pôle Emploi: "En effet, jusqu'à cette date, les agences locales traitaient elles-mêmes ce type de dossiers. Mais pour soi-disant leur permettre de mieux faire face à l'afflux de chômeurs qu'elles reçoivent quotidiennement (outre le tout-venant, il faut rajouter 1.000 nouveaux inscrits par jour), il a été décidé de les soulager de tâches administratives en confiant aux plateformes de traitement la prise en charge de diverses opérations." Le mieux est souvent l'ennemi du bien...

Même au Figaro, comme en témoigne Marc Landré dans un billet publié mardi soir, on reconnaît que la progression quasi-continue du chômage depuis 57 trimestres, on note que tous les exécutifs sont tour à tour "gangrenés" par cette situation: "D'aucuns diront que ceci résulte des choix économiques du nouveau chef de l'État (le choc fiscal, un discours anti-entreprise, la suppression du dispositif d'exonération des heures supplémentaires…), d'autres pointeront la persistance de la crise économique qui balaye tout sur son passage, voire d'un mix des deux. Mais ce serait un peu vite oublier que le record du nombre de chômeurs actifs toutes catégories confondues (donc y compris les demandeurs d'emploi qui exercent des activités réduites) a été dépassé en mars 2011. Soit il y a deux ans."

Des modèles introuvables
On appelle donc à la "mobilisation générale" (Ayrault, mercredi), à la "rupture" (encore ?), les réformes (mais personne n'est d'accord sur lesquelles). Les modèles paraissent introuvables. Mercredi matin sur France Inter, Marine Le Pen racontait comme souvent n'importe quoi, une bouillie mêlée d'approximations et d'erreurs. Elle critiqua l'UMP et le PS d'avoir "choisi" un modèle libre-échangiste qui nous nivelle vers le bas. Mais qui peut croire qu'on "choisit" un système comme un cadeau dans un magasin ?

Le Parti de Gauche restait inaudible pour des raisons qui lui sont propres et un jeu médiatique malsain qui privilégie la polémique sur la forme tonitruante de l'expression de son leader à l'exposition de son programme. Pouvait-on aussi débattre d'une relance keynésienne - augmentation des minima sociaux et du SMIC en économie ouverte ? Pourtant, la Commission européenne elle-même semble saisir que réduire les dépenses sociales - ce qui n'est pas le cas en France, rappelons-le - est une mauvaise stratégie de sortie de crise : "cette diminution des dépenses sociales a été beaucoup plus forte que lors des récessions passées" pouvait lire dans l'un de ses rapports publiés le 26 mars. Ce constat n'est-il pas surréaliste ? La crise des années 30 s'était terminée dans le repli national puis la guerre. Celle des années 2000 est en passe d'échouer sur un autre écueil, l'austérité.
« Cette diminution des dépenses sociales a été beaucoup plus forte que lors des récessions passées »,

Source : http://www.euractiv.fr/social/la-baisse-des-depenses-sociales-un-accelerateur-de-crise-18594.html
Copyright © EurActiv.fr
« Cette diminution des dépenses sociales a été beaucoup plus forte que lors des récessions passées »,

Source : http://www.euractiv.fr/social/la-baisse-des-depenses-sociales-un-accelerateur-de-crise-18594.html
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A l'étranger, qui n'est pas convaincu que la formule allemande emporte autant d'inconvénients douloureux - précarisation et travail partiel - que de (maigres) bénéfices (l'un des chômages les plus bas d'Europe), le tout avec une position économique unique en Europe .

Ne pas désespérer
Ne pas désespérer est une exigence politique et morale. Il est sûr que l'affaire sera au coeur de l'intervention hollandaise, jeudi soir sur France 2. Sur le même plateau télévisuel un jour de novembre, le président s'était risqué à promettre de stabiliser le chômage à la fin de cette année. Et nos éditocrates retiennent la formule comme des pronostiqueurs infantiles.

Ne pas désespérer suppose aussi d'éviter l'écume médiatique, cette autre diversion permanente qui va jusqu'à distraire le ministre le plus persévérant dans sa tâche. Ne pas répondre aux questions sur les récentes déclarations sarkozyennes en Belgique. Se fiche des autres élucubrations d'un député socialiste et trop braillard dénommé Pascal Cherki sur la stature corrézienne de Hollande. Ignorer les gémissements d'un Ivan Rioufol sur le mariage gay ou les délires du clan Sarkozy.

Ne pas désespérer implique enfin de soutenir ceux qui subissent, souffrent et résistent.



11 commentaires:

  1. Juan vous tournez en rond car vous êtes prisonnier de votre logique bobof qui conduit ... à servir le pouvoir sur un plateau au FN ... A vous suivre, il convient de soigner un cancer avec de l'aspirine !

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  2. Je CROIS que cette politique va marcher, et il y a longtemps que je ne crois plus les politiques (les personnes) , mais les choses nese font pas en claquant des doigts. Il faut attendre un peu pour les resultats, je sais ce n est pas facile, c est meme dur pour beaucoup ( mes enfants en font aussi les frais) . Amicalement

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  3. "Je CROIS que cette politique va marcher [...] mais les choses nese font pas en claquant des doigts. Il faut attendre un peu pour les resultats, je sais ce n est pas facile, c est meme dur pour beaucoup ( mes enfants en font aussi les frais)"

    ==> en 1984-85 en terminale B on nous enseignait le théorème de Schmidt : "Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain"

    ==> Trente ans après on en est encore à croire pour les uns, à espérer pour les autres : force est de reconnaître que si effectivement il faut continuer à croire et à espérer en des lendemains meilleurs, au moins qu'on fasse grâce de devoir croire que ceux-ci adviendront du fait de ceux qui se partagent le pouvoir depuis si longtemps. certes ils ne sont pas responsables de la crise ; mais ils l'ont accompagnée. Alors pour préserver l'espoir des uns et les croyances des autres, il faut cesser de se raccrocher à ces branches vermoulues ! Et essayer autre chose.

    Alors vous rendrez de nouveau possible d'envisager des lendemains différents ! Il faut tendre à libérer les énergies du carcan mis en place sous la férule de l'UMPS (entre ces deux partis il n'y a pas de différence de nature mais de degré ) !

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  4. A propos de la GUERRE prétendument "civile" syrienne orchestrée, portée à bouts de bras, encouragée, manipulée par des puissances étrangères, dont la France, qui interviennent ici sous fausse bannière leur servant de paravent derrière lequel abriter la soit-disant "légitimité" d'une insurrection spontanée !!

    "Le New York Times, journal mainstream s’il en fut, détaille comment les faux rebelles syriens sont armés par une coalition de pays étrangers, le principal contributeur étant le Qatar qui affrète des cargos bourrés d’armements vers la Turquie sous le contrôle bienveillant de la CIA qui de son côté forme dans des camps en Jordanie, au Liban et en Turquie des mercenaires et des volontaires à la guérilla urbaine et aux maniement des armes."

    ==> http://www.nytimes.com/2013/03/25/world/middleeast/arms-airlift-to-syrian-rebels-expands-with-cia-aid.html?pagewanted=all&_r=1&

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  5. @Desmotscratie: si vous étiez en Terminale en 1984, vous avez loupé 1981 et ce "Autre chose " que tout le monde réclamait à l'époque (moi le premier) ! Et puis... Le rêve a duré deux ans, le temps de se rendre compte que ce n'était pas tenable.

    Le gouvernement Hollande-Ayrault va dans le bon sens, celui-d'une sociale-démocratie intelligente. Elle fonctionnera si on se laisse le temps d'en mesurer les effets.

    Mais le problème des français, qui tient à leur histoire et à leur constitution c'est que le Président est considéré comme Saint Louis, guérisseur des écrouelles ! (expression que je pique à Pascal Lamy entendu ce matin).

    Hollande est malheureusement obligé de jouer le jeu et de passer à la télé (quelle connerie !) car la bête brune rode et les élections de 2014 approchent. Mais du point de vue du résultat il faut du temps, de la confiance et de l'énergie.

    Et puis. Si on pouvait consacrer 15 jours de débat parlementaire sur le travail pour tous comme on l'a fait sur le mariage pour tous, ça serait peut-être pas un mal non plus...

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  6. Une fois rappelée la présomption d'innocence de tout mis en examen, ne boudons pas notre plaisir :

    "Quelques scènes plus loin, le candidat de la division des Français, celui qui avait ridiculisé la France par son agitation forcenée et ses attitudes de Président du CAC 40 a été rattrapé par ses affirmations inaugurales. Il préconisait un nettoyage au Kärcher des petits voyous qui détroussent les vieilles, il se retrouve hautement suspecté d’avoir cassé la tirelire d’une petite vieille abusée dans sa faiblesse."

    ==> http://www.dedefensa.org/article-fourest_aurait-elle_raison_contre_les_complotistes_28_03_2013.html

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  7. François,

    "Mais le problème des français, qui tient à leur histoire et à leur constitution c'est que le Président est considéré comme Saint Louis, guérisseur des écrouelles !"

    ==> je pense précisément le contraire : le président n'en peut car le problème est structurel et non conjoncturel. Structure constituée d'une multitude d'intérêts (légitimes mais éminemment contestables) dont les détenteurs ont de solides raisons de vouloir sa préservation.

    Le problème n'est ni Hollande ni Sarkozy ou tartanpion : c'est l'UMPS qui veille à la pérennité de ce système qui nous a conduits dans une impasse qui débouche sur un gouffre !

    Seule la maitrise de la com permet de faire illusion et d'entretenir le mirage de lendemains meilleurs sans rien changer significativement au système. A commencer par ce personnel par qui ce système a pu prospérer.

    Je n'apprécie pas Melenchon et le Front de gauche, mais force est de reconnaitre que c'est encore son discours politique qui offre le plus de perspective d'espoir d'un éventuel changement... Même si je pense que ça ne suffira pas.

    Disons que ce serait un (re)commencement sous la forme d'une réorientation fondée sur une contestation radicale de ces structures économiques accouchées par ces obstétriciens que sont les partis politiques des diverses majorités depuis l'avènement du tachero-reaganisme. C'est sous leur impulsion idéologique que les mécanismes qui encadraient l'économie ont été abolis les uns après les autres dans le cadre d'un processus de mondialisation financiarisée et dérégulée ... En France la rigueur sous Mitterrand constitue à ce titre un tournant décisif ...

    On ne refera pas l'Histoire. Au moins tirons en les conséquences. Il convient de changer de mentalité pour changer de structures et vice-versa ! Et cela ne se fera pas avec les héritiers idéologiques de ceux qui ont permis l'adoption des réformes nécessaires au déploiement du dispositif néolibéral.

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  8. La notion d' "UMPS" est une falsification qui ne peut servir que des idées populistes voire extrémistes. Le fameux "blanc bonnet - bonnet blanc" qui coupe l'herbe sous le pieds de ceux qui ont envie de débattre. Ça fait plus 30 ans que j'entend cette rengaine...

    Il y a bien une différence entre le PS et l'UMP. Et si vous n'en êtes pas persuadé, tendez bien l'oreille losque Copé ou Morano s'expriment...

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  9. si il y a une différence entre l'UMP et le PS, Le président Hollande est bien élevé et poli aussi, pas comme ces batards de l'UMP. ils ont que de la merde dans la bouche.

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  11. Morano n'est pas la preuve de la différence de fond entre UMP et PS ; elle est au contraire une double conséquence d'une logique implacable : comme le PS et l'UMP pratiquent la même politique économique et européenne, par-delà la poudre aux yeux des effets de com bidon, ils génèrent un profond malaise dans notre société qui provoque des abcès de radicalité aux extrêmes.

    Morano est à ce titre une créature du système UMPS en charge de rabattre l'léecteur égaré et par là-même de fournir un alibi permettant de dénier la réalité de l'UMPS. tactique qui n'abuse que ceux qui veulent y croire ...

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