29 avril 2013

Sur le modèle allemand, les dernières caricatures françaises.


Encore un moment d'excitation, mais pas une diversion. Plutôt une caricature de débat, comme pour éviter de se poser les vraies questions. Il a suffit d'une interview de Claude Bartolone, la semaine dernière dans le Monde, pour que la pression monte d'un coup. Voici que les accusations de germanophobie fusent de partout et surtout de droite. Car qui a dit que le modèle allemand était... un modèle ?

Alors, c'est la guerre ?
Le président de l'Assemblée nationale souhaite un "nouveau moment", c'est-à-dire un changement de cap. Mais ce qui a le plus effrayé était cet autre "conseil", la "confrontation" avec l'Allemagne.
"Lui appelle cela la "tension amicale" ; pour moi c'est la tension tout court et, s'il le faut, la confrontation." Claude Bartolone, 24 avril 2013.
Deux jours après, quelques socialistes préparent une motion pour leur bureau national. La chancelière allemande est clairement visée: "Le projet communautaire est meurtri par une alliance de circonstance entre les accents thatchériens de l'actuel premier ministre britannique et l'intransigeance égoïste de la chancelière Merkel." écrivent-ils. "Nous sortons enfin du Merkozy!" s'exclame l'un des leaders de la Gauche Populaire.

Matignon intervient pour faire supprimer la formule. Sur le fond, cela ne change pas grand chose, mais le mal est fait.

A droite et chez quelques éditocrates, on s'emballe évidemment: "le PS déclare la guerre à l'Allemagne !"titre le Figaro. Le Monde ajoute que nos voisins seraient "découragés" par l'attitude gauloise. "Désormais, il sera difficile de maitriser l'incendie entre l'Élysée et la chancellerie" complète le correspondant à Berlin du même canard. Pour un peu, voici la IIIème guerre mondiale au coeur de l'Europe. A l'UMP, Alain Juppé répond dans les mêmes colonnes du Monde: "la France est totalement isolée." Et il récuse l'idée d'un front contre l'Allemagne pour desserrer l'étau budgétaire. Bruno Le Maire qualifie l'argument socialiste de germanophobe.
Comme si l'inquiétude devenait générale, quelques journalistes fustigent aussi la salve. C'est la guerre !

Samedi, Jean-Marc Ayrault réagit modestement sur Twitter, en Français et en Allemand: 
Cette réaction rapide suffit à maintenir l'illusion qu'il y a le feu au lac. Dimanche, deux ministres, Manuel Valls et Michel Sapin, corrigent le tir. Le premier dans les colonnes du Parisien, est brutal. Il tombe à bras raccourcis sur ces "camarades" du PS: "Ces propos sont irresponsables, démagogiques et nocifs. " Le second complète en taclant le président de l'Assemblée nationale: "Il ne s'agit pas de se confronter avec un pays, il s'agit encore moins de se confronter avec une personne, [la chancelière] Angela Merkel."

Quelles caricatures !
Disons-le simplement: ces exagérations ne servent pas le débat.

Primo, personne n'a déclaré la guerre à l'Allemagne, fut-elle politique ou économique. Ce sont les politiques conservatrices à l'oeuvre en Europe, impulsées par le gouvernement conservateur allemand qui sont en cause. Nulle germanophobie dans tout cela. Martine Orange, dans Mediapart, nous prédit un krach: " les discours de la chancelière allemande, destinés à son électorat, débordent les frontières et inquiètent de plus en plus. Même les Européens les plus convaincus finissent par s’en émouvoir : l’Allemagne parle trop fort, selon eux." Le constat est juste.

Secundo, personne ne tient Angela Merkel pour responsable de nos déficits accumulés, ni du désastreux bilan des équipes précédents, pas davantage de la Grande Crise. Mais il est évident que l'action politique d'Angela Merkel est loin d'être neutre dans la dégradation économique actuelle. La chancelière, fort du poids économique de son pays, bloque toute relance même modeste à l'échelle européenne. L'Europe est tellement en panne généralisée qu'elle inquiète plus largement que les peuples qui la composent. Etats-Unis et Chine s'agacent de ce boulet. Même le néo-libéral José-Manuel Barroso, président de la Commission, a infléchi sa position rigoriste ces jours derniers.

Où est le modèle allemand ?
Enfin, on peut et on doit s'interroger sur le fameux modèle allemand. Nicolas Sarkozy ne cessait de nous le vanter quand il était aux commandes. C'était un raccourci facile qui englobait une réalité plus grise et ambivalente. Notons qu'il tient aussi parce que le reste de l'Europe est un débouché pour deux tiers de ses exportations.

En termes macro-économiques, l'Allemagne fait envie avec son (léger) excédent budgétaire(+0,2% du PIB en 2012) et une croissance mollassonne mais positive prévue pour 2013 (+0,5%).

Le modèle allemand a ses limites, ses travers, ses horreurs. La campagne présidentielle de 2012 fut l'occasion d'en rappeler les principaux: il n'y a pas de salaire minimum. Environ 4 millions d'Allemands travaillent pour moins de 7 euros de l'heure. Les lois Hartz suivie de 8 années de "Merkelisme" ont achevé une flexibilisation du travail si efficace que les travailleurs pauvres sont légions.

La durée du temps du travail n'est pas plus élevée en Allemagne qu'en France. Le "plein emploi" outre-rhin se paye au prix d'un large travail partiel (22% en 2010, contre 13% en France), en hausse de 30% depuis 10 ans.

L'Allemagne compte davantage de pauvres que la France, soit 16% de sa population. Le niveau de vie moyen y est plus bas qu'en France.

Finalement, qu'importe le modèle allemand. Il n'est pas exportable en France. Le jeu est à somme nulle. L'Allemagne s'en sort parce que ces voisins perdent.

Qui donc peut penser qu'il faille être germanophobe pour écrire cela ?






Crédit illustration: DoZone Parody

43 commentaires:

  1. Toujours en train de revenir à l'absence de salaire minimum et aux lois Hartz sans entrer dans les détails.... Et le fait qu'il y ait si peu de gens à la rue quand même, comment les francais s'expliquent-ils ce miracle ?

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  2. Excellent billet, dont je partage le point de vue. Grave qu'on doive encore se coltiner à perte de vue des droit-dans-ses-bottes pareil comme Juppé. Et puis de quoi je me mèle ? Transforme déjà ta ville de bourges en espace positivement respirable et on verra après.

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  3. "Ce sont les politiques conservatrices à l'oeuvre en Europe, impulsées par le gouvernement conservateur allemand qui sont en cause. Nulle germanophobie dans tout cela"


    ==> n'est-ce pas ... :)

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  4. Déclarons la guerre à l'Allemgne, envahissons la et instaurons une démocratie. Avec Sarkozy cela serait déjà fait, quelle perte de temps, pfff....

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  5. combien de salaires polonais à moins de 4€/h en Allemagne ?
    c'est ça le modèle allemand ?

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  6. Et des loyers à 100 euros/mois, des repas complet à 2,50 euros et une paire de chaussures pour 6 euros. Essaie de trouver cela en France, bob, avant de miauler.

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  7. "L'allemagne s'en sort parce que ses voisins perdent" : 100 % d'accord !

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  8. à Pierre Disp : ça va les chevilles ? Les Français n'usurpent pas leur réputation mégalo, en tout cas ! XD

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  9. @Euterpe Mes chevilles vont bien. Douter de l'Europe et de l'Allemagne, c'est être mégalo ? Rien à voir.

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  10. fillon et copé rejouent les collabos

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  11. L'Allemagne s'en sort parce qu'elle a une gestion intelligente et n'élit pas des saints sauveurs mais des programmes que les élus respectent. Bref, l'Allemagne a quelques qualités que n'a pas la France, n'en déplaisent aux jaloux.

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  12. L'Allemagne s'en sort parce que les autres perdent. L'Allemagne a préparé l'entrée en vigueur de l'euro en jouant perso alors que nous étions censés dès lors faire partie d'une équipe. Elle a amélioré sa compétitivité au détriment de ses camarades.

    Si tout le monde fait comme l'Allemagne, au départ chacun réduit la qualité de son environnement social et à l'arrivée personne n'en tire de bénéfices puisque les "sacrifices" des uns annulent les "sacrifices" des autres !

    Sachant que lesdits sacrifices reposent sur les plus faibles afin que les plus forts en tirent les éventuels bénéfices. Procédé négrier s'il en est.

    Il n'y a pas de miracle allemand. Il y a une combine allemande consistant à s'engouffrer dans la faille du système. C'est un jeu de vases communicants à somme nulle.

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  13. @ Desmotscratie : quel mensonge ! L'Allemagne était la dernière à vouloir de l'euro ! Il a fallu faire le forcing parce que déjà à l'époque on pensait qu'avec l'euro sachant comment ça se passait avec nos chers voisins qui, quand ils chopent des évadés fiscaux loin de les obliger à cracher aux bassinet, ils les couvrent, voyaient déjà le plan où on allait leur réclamer de raquer pour ces gens-là (+ l'Italie avec son éternelle mafia, etc...).

    Mais continuez donc à mentir effrontemment à vous-mêmes et aux autres ! La malhonnêteté paie depuis fort longtemps en France apparemment !

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  14. Les moutons se plaignent que les lions sont plus forts qu'eux et qu'en plus, ils sont méchants. Eh oui, les moutons n'ont pas de jugeotte et personne ne leur a expliqué, surtout pas leur roi, qu'il est stupide de lier son sort à beaucoup plus fort que soi. Résultat : les moutons déprimés passent leur temps à bêler en espérant que leur roi va montrer aux lions de quel bois ils se chauffent, mais le roi est timoré. Convaincu de leur force autant que de sa propre faiblesse, il n'exprime que reconnaissance et soumission devant les puissants carnivores qui laissent en vie son pauvre peuple si sot et si ingrat.

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  15. L'Allemagne est une démocratie, contrairement à la France et si Merkel ne veut pas céder à Hollande, c'est bien parce qu'aucun.e contribuable ne veut payer pour des gens qui pensent en terme de coup de poing sur la table et d'autoritarisme émanant de l'État. Les Français trouvent normal d'élire quelqu'un.e qui va imposer sa politique sans consulter les citoyen.ne.s.
    L'Allemagne, non.
    L'Allemagne est un pays DÉMOCRATIQUE.
    Mais la France ignore carrément ce que ce mot veut dire.

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  16. Euterpe,

    Un peu de calme ; ressaisissez-vous ! Quelle passion vous aveugle ainsi ? A quel moment laissè-je entendre que l'Allemagne a voulu l'euro ou ne l'a pas voulu. J'évoque la mise en route de l'euro. Il y a belle lurette que la question de l'adoption de l'euro avait été tranchée.

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  17. Anonyme 14 h 15

    Raisonner en termes de moutons et de lions est le degré zéro de la politique : avec de telles catégories la politique n'a pas lieu d'être !

    En l'occurence, le lion allemand ne rugirait guère sans ces moutons qui lui achète ses produits.

    En humanité, être fort impose des devoirs ! Le déni de cette règle aboutit à des dérives dont l'Histoire nous a déjà servi qqs exemples retentissants !

    Il est donc de la responsabilité historique des présumés faibles de s'unir pour rappeler le fort à Ces devoirs. Au besoin en provoquant un rapport de force politique.

    Ce qui implique de sortir de l'état de servitude volontaire où les moutons peuvent être tentés de se complaire, à l'invitation de ses ventrus de bergers (chiens de garde).

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  18. "L'Allemagne s'en sort parce que ces voisins perdent."
    Humm, question subsidiaire qui me vient assez naturellement : pourquoi les voisins perdent-ils ? des parts de marché, des emplois, des excédents commerciaux, des entreprises, des recettes fiscales et sociales ?
    Peut-être n'ont-ils pas vu venir la catastrophe ?
    Mais non depuis des années des rapports ressassent la perte de compétitivité, le manque de vision à long terme, l'amoindrissement des ressources, le vieillissement de la population, la faiblesse des financements de la santé, de la retraite, la part considérable de la richesse consacrée aux politiques publiques et au social sans aucun espoir de la maîtriser jamais faute d'évaluation impartiale et de courage polique et l'on n'a rien fait, pensant qu'un jour sans doute les déficits disparaîtraient d'eux-mêmes emportant avec eux la dette considérable. Et l'on a continuer à dépenser sans compter de l'argent qu'on nous prêtait à bon compte grâce à un euro assis sur des bases solides dont l'Allemagne n'est pas la moindre.
    Et maintenant l'on reprocherait presque aux allemands d'avoir fait le propre chez eux quand ils se débattaient dans le marasme et affrontant seuls le coût exorbitant de la réunification.

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  19. le coût de la réunification a surtout exorbitant pour les ex-allemands de l'est

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  20. Brucolaque,

    Il n'est pire aveugle que ...

    La solution allemande ne marche pour elle parce que parce que les autres ne l'ont pas adoptée.

    C'est un jeu de vases communicants à somme nulle à l'échelle de l'équipe Europe.

    Un co-équipier a joué perso et a ramassé la timbale ! Au détriment des autres membres de l'équipe.

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  21. Les allemands de l'Est dont Madame Merkel est tout de même issue.

    C'est sûr l'Allemagne exporte exclusivement en UE, pas une caisse de va ailleurs. Les vaseux communiquent bien je vois.

    Mais n'en avez vous jamais marre de vous trouver des excuses pour ne rien faire et vous complaire dans l'attentisme le plus coupable. Celui qu'on supporte depuis 30 ans et plus en espérant des jours meilleurs qui ne viennent jamais ?

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  22. @ Desmotsetc... : "Il n'est pire aveugle que ..." C'est de vous même que vous parlez, je pense. Les vases communiquants, la bonne blague ! Donc l'Allemagne est une voleuse qui a fait la poche des pauvres français...vous ne vous sentez pas ridicule, des fois ?

    @ bob : tu oublies les nazis et les camps de concentration mais je pense que je t'ai juste devancer. il ne faut pas louper l'occasion, hein ! C'est le moment ou jamais !Dommage que l'on ne t'a pas pris dans le gouvernement, tu es dans le ton. Harlem Désir devrait te prendre comme suppléant.

    Et un comique de plus, un !

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  23. Ah oui et puis :
    "Il est donc de la responsabilité historique des présumés faibles de s'unir pour rappeler le fort à Ces devoirs. Au besoin en provoquant un rapport de force politique. "

    C'est bien à la France qui a depuis longtemps jeté tous ces devoirs par dessus bord de rappeler aux autres leurs soit-disant devoirs !

    Tiens un dicton pour vous puisque vous les aimez : "On voit la paille dans l'oeil de son voisin,..." et je pense que vous connaissez la suite.

    A la question : "pourquoi tant de passion" je pensais que vous seriez assez intelligent pour comprendre que je suis une contribuable allemande et que je ne paierais pas pour des gens dont je suis la politique depuis assez longtemps pour savoir ce qu'il en est de leurs méthodes malhonnêtes et de leurs vilaines manières.

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  24. Euterpe,

    80% des échanges européens sont intraeuropéens. pour le reste, l'Allemagne prend des parts de marché à ses co-équipiers car elle a joué perso : dumping social. Si les autres avaient suivi, nivellement social par le bas, et statu quo au niveau des parts de marché. Moins de gains pour les Allemands, moins de pertes pour les co-équipiers. Une version solidaire pour un meilleur partage. Partage : le gros mot qui hantent vos nuits et vous donne des sueurs froides ... :)

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  25. je ne savais pas que les contribuables allemands remboursaient les emprunts grecs sur de leur poche
    ça vient de sortir ?
    la paupérisation du peuple grec (espagnol portugais ..;) c'est juste pour faire joli dans le paysage

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  26. Euterpe,

    Assez intelligent ...

    Excusez moi mais je ne lis ni ne parle, même pas entre les lignes, la langue de Goethe dont la puissance conceptuelle a permis des grands penseurs comme Hegel, Marx, Schoppenhauer, Nietzsche, Weber, Simmel, Freud, Jung, Husserl, Adorno, Heidegger, Arendt ...

    Vous êtes contribuable allemande mais de toute évidence avec un lien fort à la France ... si je ne m'abuse !

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  27. Euterpe,

    Voleuse l'Allemagne ? Non, perso.

    L'Allemagne est à l'Europe ce que la finance prédatrice, Goldmann Sachs en tête, est à l'économie ...

    Par Allemagne, comprendre ses élites. Cela va sans dire mais va mieux en le disant :)

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  28. Tous les commentaires d'@Euterpe sont très éloquents comme voix de l'Allemagne. Quelle arrogance !

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  29. Bobcestmoi
    La BCE peut fournir des garanties sur les emprunts grecs voir les racheter aux créanciers de l'Etat grecs pour améliorer leur bilan et en attendant que la santé financière de la Grèce s'améliore, parce que les Etats garantissent la BCE en lui apportant des fonds propres ou fournissant des garanties avec parfois un inquiétant effet de levier.
    Or les Etats ce sont quoi d'autres que la somme de leurs citoyens et parmi ceux là il se trouvent (ô mais quelle incongruité) des contribuables allemands, français, hollandais, etc...
    Vous voyez donc que s'ils ne remboursent pas vraiment ils sont néanmoins caution et qu'en cas de défaillance (ce qui serait très embarrassant à leur expliquer) il faudrait bel et bien qu'ils remboursent par l'impôt ce que les Grecs ou d'autres débiteurs inconséquents ne sont plus en mesure de payer.

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  30. cite nous donc UN CAS ou les états caution ont payé à la place du créancier

    on a prêté pour assurer l’échéance ou on a rééchelonné, mais jamais on s'est substitué au créancier

    et c'est pas près d'arriver à mon avis

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  31. Je ne comprend pas cet acharnement contre Euterpe...

    Elle évoque ici des vérités que chacun peut vérifier aisément, notamment le fait que la France (à cause sans doute de son esprit gaulois) ignore totalement ce qu'est une démocratie. Ici, à peine a-t-on mis en place un élu que l'on critique déjà ce qu'il est en train de faire. Certains vont même jusqu'à déclarer leur Président de la République illégitime !! Un comble. Quels que soient les reproches qu'on puisse faire à Angela Merkel, elle est au pouvoir par la volonté des plus nombreux, et si sa politique ne plait pas les urnes seront là en Septembre pour le lui rappeler.

    Quant aux vases communicants au sein de l'Union Européenne, et dont l'Allemagne aurait su profiter, alors là, on est dans le degré zéro de l'analyse économique...

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  32. "Quant aux vases communicants au sein de l'Union Européenne, et dont l'Allemagne aurait su profiter, alors là, on est dans le degré zéro de l'analyse économique..." (François)

    ==> argument d'autorité. Quelle analyse économique ?

    Si l'économie était une science ça se saurait. Il n'y a pas de science économique mais des politiques économiques (de l'économie politique). Et la politique au final est toujours un rapport de force. Et ce qui se fait appeler science économique, dont l'ascendant repose sur les mécanismes de la superstition attachée à l'aura du statut d'expertise, n'est que le faux nez d'une politique économique comme les autres.

    Mais qui refuse de s'assumer en tant que tel à la face du monde. Une stratégie comme une autre pour contrôler le rapport de force en le dissimulant aux fins de le soustraire du champ politique. Donc à l'emprise des citoyens.

    Priés de s'incliner devant les arguments d'autorité de ceux qui se placent sous le patronage intimidant de l'expertise. Comme autrefois, il était attendu du bon peuple qu'il acquiesça sans barguigner à l'autorité du clergé qui ne se discutait pas.

    Le monde des économistes est en train de se lézarder comme le fit celui des ecclésiastiques. L'illusion se dissipe et ses effets d'endiguement s'estompent. Le roi sera bientôt nu. Pour l'instant de ses deux mains il tient fermement le seul pagne qui lui reste ;)

    "Nous connaissons maintenant la substance de la scientificité : c'est la mathématique. Nous connaissons également la mesure de son intensité : sa quantité de mathématique" Marx.

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  33. Italie – Beppe Grillo :

    « L’Italie peut déjà être considérée comme étant sortie de la zone euro, a affirmé Beppe Grillo, le leader du Mouvement 5 Etoiles (M5S), dans un entretien publié mercredi en Allemagne. « L’Italie est de facto déjà sortie de la zone euro », a déclaré M. Grillo au quotidien économique allemand Handelsblatt. « Le pays est K.-O. debout », poursuit-il. Dans le même entretien, il prédit que « l’Italie ne va pas connaître de croissance dans les cinq à dix ans à venir ».

    Le nouvelle figure politique italienne, qui a cristallisé le vote contestataire aux législatives, se défend d’être anti-européen. « J’ai simplement dit que je voulais un plan B pour l’Europe, dit-il. Nous devons nous demander : qu’est-il advenu de l’Europe ? Pourquoi n’avons-nous pas de politique d’information commune ? Pas de politique fiscale commune ? Pas de politique commune d’immigration ? Pourquoi seule l’Allemagne s’est enrichie ? »

    Portugal – Mario Soares (Premier Ministre socialiste 76-78 & 83-85, Président 86-96)

    « Le Portugal ne pourra jamais payer ses dettes, au lieu de cela il s’appauvrit. Si vous ne pouvez pas payer, la seule solution, c’est de ne pas payer. Quand l’Argentine était en crise, elle n’a plus payé. Est-ce que quelque chose s’est produit ? Non, rien n’est arrivé », a déclaré Mario Soares, l’ex-Premier ministre socialiste portugais qui a dirigé les deux premiers gouvernements à la suite de la dictature de Salazar. Estimant que le gouvernement portugais était devenu le serviteur servile de la Chancelière allemande Angela Merkel, il a exhorté les forces politiques du pays à s’unir pour « faire chuter le gouvernement » et à faire cesser la politique d’austérité imposée par la troïka composée du Fonds Monétaire International (FMI), de la Commission Européenne, et de la Banque Centrale Européenne (BCE). « Dans leur avidité à obéir à ‘Senhora Merkel’, ils ont tout vendu et ruiné ce pays. En deux ans, ce gouvernement a détruit le Portugal », fulmine-t-il.

    Pays-Bas – Frits Bolkestein (Ancien Ministre libéral du commerce et de la Défense)

    Les Pays-Bas doivent sortir de l’euro dès que possible… L’union monétaire a été un échec total. L’euro est devenu un somnifère qui a rendu l’Europe somnolente et incapable d’aborder le problème de la compétitivité… Laissons tomber l’euro et concentrons-nous sur le marché unique… Nous n’avons pas besoin de l’euro pour cela.

    Le Parlement Européen ne représente plus les citoyens ni des Pays-Bas, ni de l’Europe. Il s’accroche à un fantasme fédéraliste pour lequel nous n’avons plus les moyens.

    Une monnaie parallèle à l’euro pour les pays solvables comme les Pays-Bas et l’Allemagne doit voir le jour, a déclaré Frits Bolkestein, ancien leader des libéraux néerlandais du VVD et ancien commissaire européen au marché intérieur au début des années 2000. Bolkestein a lancé son appel sur une chaîne de télévision néerlandaise.
    Pour l’homme politique néerlandais, la France ne peut être concernée par cette monnaie parallèle car elle est “pratiquement en faillite” et “mal dirigée”. La réalisation d’une autre monnaie pour les pays solvables (“appelée mark”) devrait venir de la banque centrale allemande. Pour Bolkenstein, si ce n’est pas pour tout de suite, cela finira bien par devenir une réalité. “Dans cinq ans, ils auront un autre discours”, dit-il. Selon lui, nous n’en serions qu’au début des problèmes. “Il est grand temps de mettre de l’ordre dans le chaos”.

    Grâce à une autre monnaie, les pays solvables sont en position de déterminer leur propre politique financière. “Les pays déficitaires vont résister comme le diable à de l’eau bénite”, prévoit Bolkestein. Mais, au final, une “monnaie des pays du nord” plus chère sera une bonne chose pour leur propre concurrence.

    Allemagne – 19 % des Allemands pourraient voter pour le nouveau parti anti euro.

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  34. A bobcestmoi,

    Au débiteur, le créancier c'est celui auprès duquel un débiteur s'endette. Donc on se substitue au débiteur si l'on est appelé en caution.

    Dites moi vous porteriez-vous aisément caution d'un débiteur dont vous savez qu'il n'a pas de revenus réguliers et certains ou que ceux-ci proviennent d'activités non déclarées cad pour la Grèce un système fiscal fiable (sans cadastre, quasiment sans administration fiscale) dans lequel l'impôt est recouvré avec l'abonnement et la fourniture d'électricité) et dont le poids porte donc essentiellement sur les salariés, les fonctionnaires, les retraités dont le gouvernement tient les cordons de la bourse, en bref cette classe moyenne et les modestes, ceux qui ne peuvent partir et qui sont contraints avec en plus une économie souterraine considérable. Les seuls vrais riches :armateurs et église conservent leurs privilèges fiscaux.
    Je ne dis pas que le régime appliqué à la Grèce est justifié, ni même juste. Il est même calamiteux. Mais sauf à laisser la Grèce continuer à s'enfoncer je vous remercie de me faire part de vos propositions éclairées sûrement et éclairantes pour sortir le pays du profond marasme dans lequel l'entraîne les plans successifs.
    Les hésitations de Mâme Merkel au début de la crise sont coupables et coûtent cher.

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  35. L'Allemagne profite de l'Euro car ça lui permet de parasiter le commerce intra-UE, ses partenaires commerciaux ne pouvant jouer sur les parités.
    C'est effectivement un jeu à somme nulle comme écrit plus haut. L'Allemagne ne gagne que parce que les pays de l'UE perdent.
    L'Allemagne est mal placée pour parler d'endettement.
    Il faut se souvenir que l'Allemagne a deux dettes envers l'Europe. La première, énorme, est la destruction de la période 39-45, qu'elle n'a jamais remboursée.

    La seconde, de moindre ampleur mais plus récente, est la réunification à marche forcée, qui, par le jeu du mécanisme du SME, a indirectement été payée par une croissance faible et des coûts financiers élevés dans les pays du SME, en particulier la France, pendant la première moitié des années 90.

    Si Merkel avait un peu plus de mémoire, ou un peu moins de cynisme, elle ferait profil bas sur ces sujets.

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  36. Galanshu

    L'Allemagne d'aujourd'hui n'est pas celle de 39-45, curieux que vous n'ayez pas rappelé celle de 14-18 dont les dommages de guerre n'ont jamais été intégralement versés. Sans doute un oubli ou alors une erreur due à votre jeunesse.
    Et l'arrogance dont vous faites preuve en invitant dame Merkel à faire profil bas alors que nous mêmes sommes infoutus de contrôler au sens de maîtriser, nos dépenses publiques depuis plus de 30 ans.

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  37. coïncidence

    depuis qu'on emprunte plus aux Banques centrales ou à la BCE
    on emprunte aux banques privées à des taux bien rémunérateurs alors qu'elles même se financent à taux zéro ou presque auprès de la BCE
    cherchez l'erreur

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  38. 37 commentaires sur l' Allemagne sans évoquer Hilter, bravo les gars !
    Je suis admiratif...
    du troisème Reich aussi, non j' déconne...




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  39. @ Desmotscratie, qui écrit : "raisonner en termes de moutons et de lions est le degré zéro de la politique".
    Mais cher-ère Desmotscratie, ouvre les yeux, le degré zéro de la politique, c'est le spectacle que nous avons sous les yeux et dans les oreilles à longueur de journées : des politiciens menteurs, manipulateurs profitant de la candeur, de la bêtise et de résignation des bons électeurs qui leur signent régulièrement un chèque en blanc. Le degré zéro de la politique, c'est quand un candidat déclare que son ennemi est la finance et qu'il ne fait rien contre eux, bien au contraire. Le degré zéro de la politique, ce sont des "experts"
    et des journalistes du même milieu néo-libéral. Des politiciens qui ne se contentent pas de se moquer du monde et de se servir, mais qui, en plus, bafouent le vote populaire.

    Euterpe a mille fois raison quand il déclare que la France n'est pas démocratique. On parlera de démocratie le jour où les postes politiques ne seront plus accaparés par les mêmes pendant des dizaines d'années. Plus de cumul des mandats, pas plus d'un mandat, voire désignation par tirage au sort des représentants politiques, comme le propose Etienne Chouard.

    En bref, le degré zéro de la politique, c'est maintenant.

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  40. Tous ces commentaires pour ne rien dire, c'est vraiment fascinant. Des platitudes superficielles : et les Allemands, ilprofitent, ils sont pas gentils, et les Français, s'ils étaient plus sérieux .... et blablabla et blablabla ? Non, mais franchement, y a-t quelqu'un qui soit capable de dépasser le niveau "école élémentaire", d'aligner deux arguments de suite, d'avoir un regard critique sur l'UE ?

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  41. Anonyme 19 h 32 ; comme quoi en politique il y a plusieurs façon d'atteindre le degré zéro.

    Sur la démocratie d'accord avec vous. Si vous avez suivi régulièrement l'actualité de ce site ces dernières semaines, vous avez pu le constater ... :)

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  42. Lundi 29 avril 2013 :

    Un versement suspect de 500.000 euros découvert sur un compte de Guéant.

    Selon Le Canard enchaîné, la justice s'interroge depuis quelques semaines sur le versement de plus de 500.000 euros depuis l'étranger sur un compte de l'ancien ministre Claude Guéant.

    Celui-ci a démenti ce lundi tout lien entre cet argent et un éventuel financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

    L'hebdomadaire satirique révèle, dans son édition à paraître mardi, que les enquêteurs avaient découvert ces versements d'argent à la faveur d'une perquisition en février dans le cadre de l'enquête sur les accusations de financement libyen de cette campagne.

    Le Canard enchaîné, qui ajoute que les policiers ont par la même occasion repéré des traces de "nombreux et conséquents paiements de factures en liquide", établit un lien entre ces découvertes et la décision prise le 19 avril par le parquet de Paris d'ouvrir une information judiciaire. Le parquet n'a fait aucun commentaire.

    De son côté, Claude Guéant justifie le demi-million d'euros reçus par une vente de tableaux en 2008. "Il n'y a strictement aucun lien avec des financements libyens et je continue à contester de façon catégorique qu'il y ait eu des financements libyens de campagne ou de personne", a déclaré à l'ancien ministre de l'Intérieur.

    Guéant assure que l'argent vient de la vente d'un tableau.

    Il a expliqué avoir cédé "un bien" acquis il y a "une vingtaine d'années", des oeuvres du peintre hollandais Andries van Eertvelt (XVIIème siècle).

    Il a expliqué pouvoir apporter la preuve de ces transactions : "Au moment des perquisitions j'ai dit, je l'ai fait inscrire au procès-verbal, que j'avais les justificatifs (...) Je trouve tout à fait anormal que des éléments qui sont couverts par le secret de l'instruction sortent ainsi avant même d'avoir pu être examinés", a-t-il ajouté.

    Il a par ailleurs justifié l'origine des liquidités pour acquitter des factures par des "primes de cabinet dont j'avais bénéficié au ministère de l'Intérieur quand j'y officiais". Selon lui, il s'agit de "petites sommes".

    A l'origine de l'instruction ouverte le 19 avril, les déclarations de l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, qui avait affirmé en décembre au juge Renaud van Ruymbeke détenir les preuves d'un financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par la Libye. L'information judiciaire a été ouverte pour "corruption active et passive", "trafic d'influence", "faux et usage de faux", "abus de biens sociaux", "blanchiment, complicité et recel de ces délits".

    http://lci.tf1.fr/france/justice/un-versement-suspect-de-500-000-euros-decouvert-sur-un-compte-7944994.html

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  43. On peut blablater sur tout ça, de toutes façons l'essentiel aux yeux des patrons du CAC40 et des financiers est déjà passé.... et nous le devons à Hollande et au PS.... ça me désespère !
    Si vous avez un doute, je vous recommande de re-visionner cette video sur le "plan de bataille des financiers" qui a été tourné avant l'élection présidentielle .... c'était visionnaire, et il ne leur aura pas fallu un an !
    http://vimeo.com/40577072

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