3 mai 2013

Les 52 premières semaines de la présidence Hollande


Flashback sur une année chaotique, réjouissante, parfois décevante. Une année de crise, un mandat difficile. Une opposition imprévue, de prévisibles dérapages, une France à redresser, des procès d"intentions partout, une communication mal gérée, des ministres dévoués. Et, au bout de 12 mois, un président qui réalise l'impossible: la France ne cherche pas à être rassemblée mais dirigée.

Retour sur 52 semaines à chroniquer cette première année de Hollandisme présidentiel. Une première version avait été publiée en décembre dernier. Cet éphéméride suivra son cours aussi longtemps que ces chroniques. Ces résumés, rédigés dans l'atmosphère du "moment" témoignent aussi d'une évolution qu'il faudra juger.

262ème semaine politique: la France contre la gauche ?
Il s'est mis en retrait. La France d'après a commencé, et sans lui. Nicolas Sarkozy a davantage perdu que la gauche n'a gagné. Dimanche 6 mai 2012, François Hollande a été élu président de la République, clôturant 5 années d'agitation immobile et 10 années de gouvernance à droite.

Cette première semaine de la France d'après est tout en flottements et incertitudes. Sarkozy n'est plus président, Hollande ne l'est pas encore. Sarkozy confie ses adieux. Mais sont-ils sincères ? Ailleurs à droite, on attaque encore la gauche comme s'il s'agit de l'anti-France.  « Ensemble, choisissons la France » est le slogan retenu par Copé pour les législatives. Nadine Morano dénonce la présence de drapeaux étrangers à la Bastille au soir du 6 mai.

263ème semaine politique: passations, critiques et trahisons:
L'image est forte. Le couple Sarkozy descend le perron de l'Elysée pour la dernière fois. C'est fini. L'investiture de Hollande est sobre, trop sobre pour les sarkozystes. Le gouvernement constitué dès mercredi est classique et diverse, féminin et complet. Les anciens sarkozystes exigent du nouveau pouvoir davantage d'éthique et de responsabilité que leur ancien Monarque n'en avait ces 5 dernières années. A peine nommés, les différents ministres sont interpelés. Les ouvrières de Lejaby se rappellent au bon souvenir de quelques promesses non tenues du précédent Monarque. Manuel Vall (Intérieur) doit rassurer policiers et gendarmes épuisés par l'inefficace politique du chiffre et la diminution de leurs moyens et effectifs. Vincent Peillon (Education) a une difficile rentrée scolaire à préparer, moins d'enseignants et davantage d'élèves.

264ème semaine politique: la Sarkofrance n'est pas morte:
En trois réunions internationales (Une réunion du G8, vendredi et samedi dernier; un sommet de l'OTAN à Munich; un mini-sommet informel à Bruxelles mercredi), François Hollande parvient à fixer l'agenda européen sur la croissance et les euro-bonds. Et à convaincre l'administration Obama que la sortie des forces françaises combattantes dès la fin de l'année n'était pas un drame. La presse internationale loue l'aisance, la convivialité, la franchise et la fermeté du nouveau président français.

En France, la riposte UMPiste s'attaque aux personnes, quelques ministres dont Christiane Taubira, en firent les frais. Les attaques sont ignobles.

Sarkozy se repose à Marrakech, dans un ryad prêté par le roi.

265ème semaine politique: Hollande répare, Hollande remplace:
Hollande fait expulser l'ambassadrice de Syrie. Il reçoit Poutine de passage à Paris, l'entretien est tendu, leur conférence de presse glaciale. La France boycotte aussi les matches de l'Euro de football en Ukraine. Jean-Marc Ayrault précise le prochain plafonnement des rémunérations des patrons d'entreprises publiques. Manuel Valls (Intérieur) limoge le trio (sarkozyste) de tête de la police française: Frédéric Péchenard (DGPN), Bernard Squarcini (DCRI) et le préfet Michel Gaudin. Ce dernier se recycle aussitôt au cabinet du consultant Sarkozy. Avec Marisol Touraine (Santé), Valls abroge la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers. Vincent Peillon décide de publier 17 rapports tenus secrets par son prédécesseur Luc Chatel, et embauche 1000 renforts d'urgence pour la rentrée.

A Florange, Arcelor-Mittal confirme ce que l'on savait: Sarkozy avait menti pendant la campagne. Le site restera fermé au moins pour 6 mois.

266ème semaine politique: Hollande "normalise" sur fond de crise:
Dimanche, les Français votent à nouveau, la gauche arrive en tête. Déception pour Jean-Luc Mélenchon, épuisé, qui perd sa qualification à Hénin-Beaumont. Jean-Marc Ayrault a multiplié les déplacements. François Hollande reste hors de la mêlée. Le comportement normal du président normal n'en finit plus d'agacer la droite. Ce devait être la catastrophe, l'exode des riches vers la Suisse ou la Belgique et la faillite de l'Etat en « deux » jours. « Vous voulez la gauche, vous aurez la crise comme en Espagne » nous promettait Nicolas Sarkozy. Finalement, le moral des Français s'est brutalement redressé. Pourtant, la situation reste grave sur tous les fronts. Il y a l'Espagne à sauver, l'obstination de Mme Merkel à reporter le soutien à la croissance qui inquiète même The Economist. En France, Hollande avance à 60 ans l'âge de départ à la retraite pleine pour ceux qui ont commencé à travailler entre 18 et 20 ans.

267ème semaine politique: la difficile désintoxication de Sarkofrance:
Dernier mardi avant le second tour législatif, la compagne de François Hollande lâche un tweet de soutien à Olivier Falorni, rival dissident de Ségolène Royal à la Rochelle. Ce tweetgate efface tout le reste: la centaine de blessés à Tunis, les manifestations monstres en Russie; les enfants kidnappés par l'armée syrienne pour servir de boucliers humains; la dégradation des taux d'emprunt espagnol et italien ou l'annonce d'un plan d'aide de 100 milliards d'euros aux banques espagnoles.

Le troisième tour du combat antisarkozyste s'achève dimanche dernier, le 17 juin, par une écrasante victoire de la gauche - et du PS -  aux élections législatives. La droite est sonnée. L'abstention est forte. Des commentateurs et autres experts ès sondages détaillent les sous-groupes sociologiques qui ne s'étaient pas déplacés aux urnes. On jase beaucoup sur l'échec de Ségolène Royal, défaite par le traître Falorni. Sur le papier, le président Hollande avait tous les pouvoirs que le régime actuel pouvait lui conférer pour gouverner.

Sur le papier seulement.

268ème semaine politique: critiques et mauvaise foi contre Hollande:
Hollande croit marquer un joli point, en fin de semaine, lors d'un sommet européen quasi-nocturne, 120 milliards d'euros de relance négociée auprès de Mme Merkel. Reste à les faire valider par les autres dirigeants européens, dans 15 jours. A la gauche de la gauche, certains protestent. 120 milliards d'euros, c'est trop peu, trop tard.
La presse, et pas seulement de droite, se livre au grand jeu des rumeurs, fondées ou pas: le Figaro croit savoir qu'il y aura des coupes drastiques dans la fonction publique; les Echos que le SMIC n'augmentera que de 2%. Hollande file à l'étranger, un premier G20 au Mexique, puis le sommet Rio+20, et enfin un voyage à Rome. Le nouveau gouvernement compte 38 ministres, avec une paeité exemplaire. Les écologistes râlent que le ministère de l'environnement soit confié à Delphine Batho. En Guyane, SHELL est finalement autorisée à forer tranquille, au grand dam des ONG locales.

269ème semaine politique: Hollande à l'offensive, l'UMP cherche ses valeurs:
Il n'a pas fallu attendre longtemps. La majorité se dispute déjà. La tâche est rude. La droite couine avant les décisions. La classe médiatique se jette sur la moindre anicroche. Le gouvernement se met en séminaire. Il manque 7 milliards dans les caisses pour finir l'année. Hollande obtient le soutien de l'Italien Monti et de l'Espagnol Rajoy pour son plan de relance, et une recapitalisation directe des banques européennes par le MES. A l'UMP, les candidats Fillon et Copé rassemblent leurs troupes et leurs chamailleries pour la présidence du parti. Michel Sapin, ministre du Travail, confirme le trop maigre coup de pouce au SMIC, 0,6% au 1er juillet, en sus de l'inflation.

Le président Hollande applique le programme du candidat Hollande.

270ème semaine politique: la rigueur se dévoile, la critique aussi:
Le mot est tabou. Deux mois après l'élection de François Hollande à la Présidence de la République, la rigueur se dévoile. L'INSEE promet de sombres perspectives de croissance pour 2013. Le gouvernement Ayrault ajuste les siennes. La Cour des Comptes livre son audit: dette publique à 86% du PIB, 102 milliards d'euros de déficit budgétaire; déficit des échanges extérieurs record de 73 milliards, hausse record des prélèvements obligatoires (+1,4 point de PIB, 23 milliards d'euros dont 14 milliards de cotisations et impôts nouveaux). En d'autres termes, le matraquage fiscal tant craint par les sarkozystes a bien eu lieu... mais l'an dernier. Ayrault fait son discours de politique générale. Jeunesse, sécurité, solidarité... et rigueur. Dès le lendemain, une première salve fiscale et budgétaire assurait 7,2 milliards d'euros de recettes nouvelles. Les critiques, à gauche, se font entendre.

271ème semaine politique: la fin de l'euro contre l'urgence sociale:
Pour cette semaine de 14 juillet, PSA annonce un gigantesque plan social qui efface le bénéfice médiatique de la Conférence éponyme qui se tient trois jours avant. La mandature s'ouvre sur un Grenelle sociale qui fixe l'agenda des mois à venir: financement de la protection sociale, conditions de travail, égalité homme/femme, réforme des retraites, indexation du SMIC, rémunération des patrons, etc. L'agenda est riche, mais l'UMP de Jean-François Copé ose dénoncer le temps perdu.
A Bruxelles, les dirigeants européens valident le plan de relance de 120 milliards d'euros contre le maintien du TSCG. Cette dernière décision fait hurler les opposants de gauche à François Hollande. La France emprunte à taux négatifs. Les Cassandre sarkozystes qui prédisaient la faillite du pays quelques semaines après la victoire de la gauche en sont pour leur frais.

272ème semaine politique: la gauche vote, la droite enrage:
Les choses sérieuses commencent. L'Assemblée vote à nouveau et enfin. La gauche s'attaque aux derniers vestiges du sarkozysme fiscal.  L'UMP peine à renouveler ses repères. Un UMPiste dénommé Marc Le Fur traite la ministre Fleur Pellerin de pot de fleur, pendant que ses collègues UMP sifflent la robe portée par la ministre Cécile Duflot. L'Assemblée adopte le plan d'économies et d'impôts de 7 milliards d'euros. Exit la subvention sarkozyenne aux heures supplémentaires ou l'augmentation de la TVA en octobre prochain. L'ISF est augmenté de 2 milliards d'euros.
En coulisses, les ministres négocient avec Bercy leur budget de l'an prochain avec difficulté. Seuls la Justice, l'Education et la Sécurité seront épargnées.

273ème semaine politique: Si Hollande était Sarkozy, il serait déjà en vacances:
Lundi, François Hollande rend hommage aux 13.000 victimes de la rafle du Vel d'hiv du 16 juillet 1942. La zone euro tremble encore. L'Espagne emprunte à des taux inédits. Moody's menace même le Triple A allemand. La BCE prépare un énième plan de sauvetage de l'euro. En France, Arnaud Montebourg annonce un plan pour l'automobile, pour favoriser l'acquisition de voitures électriques ou hybrides (4 à 7.000 euros de primes) et des facilités de trésorerie pour la sous-traitance. Toutes les grandes entreprises du pays semblent avoir attendu la victoire politique de François Hollande pour annoncer leurs plans sociaux. Alcatel suit PSA. Les statistiques du chômage de juin, publiées mercredi, sont désastreuses. L'héritage est lourd à payer.

Plus discret, une entreprise française se fait choper dans la répression inouïe qui frappe la population syrienne. QOSMOS fabrique une technologie de surveillance informatique. En Syrie comme en Libye, Big Brother est un peu français.

274ème semaine politique: Et Hollande partit en vacances en train:
François Hollande travaille sur le front de l'euro. De réunions en entretiens, il consulte et discute.  Manuel Valls, lui, est pris dans une mauvaise polémique: un demi-paragraphe lors d'une session au Sénat, en réponse à une question sur le démantèlement de camps illégaux de gens du voyage, et voici ses propos comparés au funeste discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy le 30 juillet 2010. Puis Hollande  part en vacances, en train.  Cela n'est que symbolique, mais nous change des villas de milliardaire de l'ancien Monarque.

275ème semaine politique: Au secours, Sarko revient !
Il attend que François Hollande parte en vacances à Brégançon pour sortir de sa réserve. Depuis son palais du Cap Nègre, Nicolas Sarkozy se fend d'un communiqué réclamant des mesures urgentes, sans les préciser, pour ... la Syrie où la guerre fait rage. L'ensemble du clan est mobilisé pour cette pitoyable manoeuvre. On sourit.
Le plus grave est ailleurs. Le Conseil Constitutionnel valide la prétendue règle d'or. Le débat "austérité versus relance" repart. Les expulsions de Roms se poursuivent, comme tout au long de l'année. C'est un triste feuilleton qui déchire à gauche.

276ème semaine politique: les Roms s'invitent pour les 100 jours de Hollande:
Plus que la guerre en Syrie, les démantèlements de quelques camps de Roms et une nuit d'émeutes dans un quartier d'Amiens rappellent un autre été, celui de 2010. Dans la ville picarde, une quinzaine de CRS sont blessés, des équipements collectifs brulés et détruits. Les effectifs de police, d'enseignants et de travailleurs sociaux, comme ailleurs, ont été réduits depuis 2007. Valls part sur place. A droite, on rie jaune. A propos des Roms, « Vous voyez, Hollande fait comme Sarko ». Pourtant, ni Valls ni Hollande n'ont décrété de chasse aux Roms comme Sarkozy deux ans avant. Il n'y a nulle course aux chiffres, nulle circulaire ciblée.

277ème semaine politique: "Nous sommes en état de guerre":
François Hollande rentre de vacances. On lui promet une rentrée ratée d'avance. Il rencontre Angela Merkel. Et déclare que la Grèce doit encore faire des efforts. En France, c'est la phrase de trop pour quelques anciens soutiens. En Italie, le président du Conseil Mario Monti n'hésite pas sur les termes: «nous sommes en état de guerre contre l'évasion fiscale». Le premier ministre Ayrault reçoit des représentants de Romeurope, pour panser les plaies et corriger les malentendus. Il décrète la levée des interdictions et taxations de travail qui frappe la communauté Rom. L'association salue le changement de ton. Mais les critiques de la gauche morale demeurent virulentes.
La cote de François Hollande plonge dans les sondages. Jean-Luc Mélenchon, sans surprise, fait sa rentrée sur son dos. Il l'accuse d'avoir briser l'élan révolutionnaire du printemps. A Nice, l'Association des Amis de Sarkozy se réunit pour la première fois.

278ème semaine politique: la rentrée prévisible de François Hollande:
Nous sommes le 1er septembre. Passe-t-il à la vitesse supérieure ? La France médiatique reste en sevrage accéléré. Il faut se déshabituer de l'ancienne agitation immobile de Nicolas Sarkozy. Hollande et Ayrault avancent la session parlementaire de 15 jours. Les mauvaises nouvelles s'accumulent sur le front économique... et ailleurs. A Paris, les écologistes s'agacent des déclarations pro-nucléaires d'Arnaud Montebourg. François Hollande joue un coup contre la Syrie. La France ne reconnaît plus le gouvernement de Bachar el Assad. Elle est le premier pays à le faire. Son ministre de l'Economie surprend aussi tout le monde en annonçant une baisse des prix de l'essence. La rentrée scolaire approche avec un maigre millier de professeurs en renfort.

279ème semaine politique: Sarko revient, puisque la gauche est impatiente:
Le Hollande-Bashing est vigoureux. Le candidat Hollande n'avait pas promis la lune en 100 jours. Il n'avait pas non plus promis de détricoter l'intégralité du quinquennat Sarkozy. Tout cela, nous le savions, mais une partie de la gauche le lui reproche quand même. Hollande normalise l'activité politique, mais les médias de l'Ancien Régime sont encore Sarko-dépendants de l'agitation permanente. Le jeu de la rumeur - en ces temps de préparation de la loi de finances 2013 - est aussi fort développé. Ainsi les Echos, puis le Figaro s'amusent à détailler combien le gouvernement détricote en cachette le projet de taxation à 75%. Autre rumeur, la CSG pourrait être augmentée. On a trente ou quarante milliards à trouver. La « douloureuse » est pour bientôt.
Et si Sarko était encore là ? On regrette le Fouquet's, le bouclier fiscal, la TVA sociale, le nucléaire en Libye, l'espionnage en Syrie, le copinage en Françafrique, l'immobilisme économique, les 600 milliards d'euros de dettes, le chantage emploi/salaire, et plein d'autres choses encore.

L'INSEE comptabilise 444.000 pauvres de plus sur les trois premières années du Sarkozysme.

280ème semaine politique: Pourquoi faudrait-il défendre Hollande ?
A Aulnay, une usine fermera, et d'autres établissements PSA également. Huit mille salariés concernés. Un rapport d'expert est tombé. Mais on en sait un peu plus sur la curieuse stratégie du groupe automobile ces dernières années. On titre sur le renoncement supposé du président actuel. En juillet, Hollande refusait le plan PSA, Montebourg s'indignait. En septembre, les deux se taisent... ou pas. Car l'affaire ne fait que débuter. L'expert nommé par le gouvernement a rendu son rapport qui ressemble à un réquisitoire contre la direction. La négociation commence.

Un milliardaire a raté sa semaine. Sa demande de nationalité belge passe mal. Elle sera d'ailleurs retoquée en fin d'année. Bernard Arnault se défend de tout exil fiscal. Dimanche soir, François Hollande a ouvert la douche. Très froide, la douche. Avait-il besoin de choquer pour se donner du temps ? 30 milliards d'euros de rigueur promise pour l'an prochain, en direct sur TF1. Et de la vraie rigueur, pas la fausse mise en scène surjouée de l'ancien monarque. « Je sais où je vais » a-t-il expliqué. « Où ça ? Où ça ? » s'inquiétaient quelques éditocrates médusés par l'annonce. Le lendemain, la ministre de la Culture achève quelques projets symboliques sarkozyens. Mardi, l'Assemblée rentre enfin. Les députés votent les contrats d'avenir.

281ème semaine politique: Hollande peut-il réussir contre les caricatures ?
La Fabrique de l'Opinion n'a aucun problème de production, de clients, ni de fournisseurs. Elle marche à plein régime. Elle prospère sur n'importe quel sujet, n'importe quel prétexte. Cette semaine fut exemplaire. Les abus budgétaires des agences de l'Etat (1.200 établissements, un budget et des effectifs en constante hausse depuis 5 ans), des révélations sur le potentiel cancérigène du maïs Monsanto, la réforme de la Justice ou l'amélioration des droits des femmes, tous ces sujets furent un à un balayés par un emballement médiatique et caricatural sur des manifestations islamistes. Samedi, quelque 200 barbus débarquent à l'improviste place de la Concorde, et c'est l'émoi. Charlie Hebdo publie de nouvelles caricatures brocardant les islamistes (soit !), l'islam (aïe!) et Mahomet (??). Quelques heures plus tard, le gouvernement envoie un car de CRS protéger les locaux de ces ex-gauchistes. Le quotidien Le Monde consacre sa une à Marine Le Pen.

Edwy Plenel, dans Mediapart, livre une charge incroyablement violente contre le plus populaire des ministres de François Hollande, Manuel Valls. Ce dernier vient de renoncer à imposer les récépissés pour les contrôles d'identité de la police, il incarnerait la trahison des promesses Hollandaises. Christiane Taubira, sa collègue de la justice, recadre les caricatures propagées à droite sur ses idées, sa réforme et sa propre personne: la récidive ne se combat pas avec le tout-carcéral prôné par l'ancien Monarque et ses sbires. Vincent Peillon (Education) débloque 40.000 recrutements dès 2013. Cécile Duflot (Logement) obtient 50 millions d'euros supplémentaires pour financer l'hébergement d'urgence. Et Fleur Pellerin (Numérique) promet le très-haut-débit pour tous plutôt que prévu. 

282ème semaine politique: l'addition, c'est maintenant !
Un quotidien du soir nous prévient dès lundi: la semaine serait noire, encombrée d'annonces désagréables pour l'équipe Hollande: plans sociaux ou fermetures de sites, statistiques du chômage, remous politiques et présentation du plan de rigueur. Lundi, Hollande est à New-York, à l'Assemblée générale de l'ONU. Il prononce son premier discours depuis l'élection, pour la reconnaissance d'un gouvernement provisoire en Syrie, et une intervention militaire africaine au Mali.

A Paris, le microcosme se délecte de la décision d'Europe Ecologie Les Verts de refuser le traité budgétaire européen. Cécile Duflot préfère défendre sa loi sur le Logement, dont l'examen débute à l'Assemblée. On y entend des députés-maires de communes bourgeoises réclamer que les lits d'hôpitaux ou de prisons soient comptabilisés dans les 25% de logements sociaux désormais requis.
Hollande nous présente une sacrée addition, 37 milliards d'euros d'efforts identifiés pour améliorer les comptes ! Les Echos évoquent un « choc fiscal historique pour les plus riches ».  Le Gotha, par tous les moyens, cherche à protéger ses ghettos.

Dans le plan Hollande/Ayrault, les grandes entreprises supporteront 10 milliards d'impôts, les ménages aisés 10 milliards également, et la dépense publique à 10 milliards.

283ème semaine politique: pourquoi il est difficile de défendre Hollande:
Tout devient prétexte à de l'échauffement. La France médiatique oublie encore le conflit syrien. Elle s'amuse avec des Pigeons. Quelques entrepreneurs pour la plupart issus du Web lancent dimanche un appel, avec page Facebook et site Web, pour fustiger un minuscule relèvement des cotisations sociales pour les auto-entrepreneurs, rapidement qualifié « d'assassinat » et la taxation des plus-values de cession d'actions au barème de l'impôt sur le revenu. Quelle horreur ! Ce n'est plus un assassinat mais un génocide ! Le Medef, débordé et tardif, évoque un racisme anti-entreprise.A gauche, on hurle contre ce renoncement qui, sur le fond, ne change pas grand chose.

284ème semaine politique: Pourquoi Cahuzac est notre adversaire:
International, sécurité et éducation. Trois terrains où l'équipe Hollande réussit à convaincre. Mais sur la fiscalité ou le budget, la grogne est là, vraiment là. Et l'on devine l'influence du ministre délégué au budget. Jérôme Cahuzac a maintenu en poste le très sarkozyste directeur du Trésor, pour mieux jouer les pères-la-rigueur avec tous les ministres. Pire, la loi de finances révèle des insuffisances symboliques qu'il faudra expliquer, comme le trop faible rabot annoncé des niches fiscales, ou l'insuffisant toilettage du barème de l'ISF.

François Hollande s'est envolé en Afrique, au Sénégal. Il aprononcé « l'autre discours de Dakar », celui que l'on attendait. Il évoque les fautes du colonialisme, un antisarkozysme diplomatique bienvenue. Nicolas Sarkozy, lui, fait sa rentrée, devant un parterre de banquiers et de chefs d'entreprises, invités par une banque brésilienne.

285ème semaine politique: pourquoi le Hollandisme ne fait que débuter:
L'examen du projet de loi de finances 2013 débute enfin. Le gouvernement bataille avec ses propres troupes. Il n'aime pas la taxation des oeuvres d'art au-delà de 50.000 euros de valeur via l'ISF ou l'écrêtement des taxes bénéficiant au CNC. Mais ce projet contient les premières mesures essentielles d'un rééquilibrage de la fiscalité aux détriments des plus riches: durcissement du quotient familial (pour 2,5% des foyers), nouvelle tranche d'impôt sur le revenu (45%), taxation exceptionnelle des 1.500 foyers les plus aisés (210 millions d'euros), taxation des dividendes supérieurs à 1000 euros (2 milliards d'euros!).

Hollande officialise enfin une vérité historique et dramatique, le massacre du 17 octobre 1961. Le ministre de l'intérieur agace encore la gauche impeccable même s'il assouplit les règles de naturalisation et soutient la création d'un congé parental pour les policiers gays et lesbiens.

286ème semaine politique: pourquoi Hollande doit rendre sa présidence compétitive:
Cette majorité présidentielle ne sait décidément pas gérer sa communication. Le premier ministre commet la bourde, mercredi, de confirmer une décision du Conseil constitutionnel qui n'avait pas encore été officialisée, l'annulation, pour vice de procédure, de la loi Duflot sur le Logement Social. Il y a aussi cette curieuse polémique sur le fameux rapport Gallois que personne n'a lu mais que tout le monde commente. Et le volet fiscal du projet de loi de finances fait hurler à gauche (trop de concessions, pas assez de gauchitude), et à droite (un véritable drame fiscal, à en croire les partisans du Président des Riches).

Heureusement, il y a d'autres bonnes nouvelles. Le remboursement intégral de l'IVG est enfin voté, le plafonnement des salaires des dirigeants d'entreprises publiques étendu aux filiales, le tarif des visas pour les immigrés réduit de 110 euros à 50 euros. Un congé d'accueil d'enfants, extension naturelle du congé de paternité, est aussi voté. Le gouvernement sauve la banque de PSA, en apportant une garantie publique aux quelques 7 milliards de prêts automobiles de l'établissement et obtient un administrateur au Conseil de surveillance du groupe privé.

288ème semaine politique: Pourquoi Hollande déçoit en vain:
Trois personnalités marquent cette première demi-bougie d'un mandat qui sera cauchemardesque. A en écouter certains, Aurore Martin serait une nouvelle Jeanne d'Arc, livrée par de sombres traîtres français pour être pénalement brûlée par nos voisins espagnols. En fait, cette militante de la cause basque, recherchée pour s'être publiquement exprimée en Espagne lors de meetings interdits d'une organisation interdite, avait perdu tous ses recours judiciaires. Extradée en Espagne, elle sera libérée juste avant Noël. André 23 lance un violente salve contre le mariage civil des homosexuels, une « supercherie » comme il l'appelle. Il parait que l'Eglise ne fait pas de politique.

Louis Gallois est cet expert en Compétitivité qui travaillerait en sous-main pour le Medef et l'UMP réunis. L'ancien patron d'EADS et de la SNCF devenu Commissaire du gouvernement en juin dernier livre ses recommandations pour améliorer la compétitivité de l'industrie française. Ayrault préfère un autre pacte de compétitivité, reposant sur 20 milliards d'allègement d'impôt sur les sociétés gagé sur l'emploi, mais financé par la plus sacrilège des mesures fiscales: 7 milliards de TVA en plus, à compter de 2014, et une nouvelle réduction des dépenses publiques. Il faut éviter l'insulte, accepter le débat, rappeler que la TVA est impôt injuste mais que François Hollande n'avait pas non plus rétabli la peine de mort.

Barack Obama réussit là où Sarkozy a échoué, se faire réélire; Xi Jinping est le nouveau président nommé de la plus grande dictature du monde; Lionel Jospin remet son rapport, une autre petite bombe, sur la vie politique et le non-cumul des mandats.

289ème semaine politique: un soc'lib à l'Elysée contre une gauche échauffée:
A l'Elysée, François Hollande tient sa première conférence de presse. Ce mardi 13 novembre 2012, il décline son plan d'action, 60 milliards d'euros d'économies sur le quinquennat. Il justifie aussi la restructuration de la TVA, vécue par certains à gauche comme l'une des trahisons absolues. Pourtant les trois quarts de cette hausse de TVA sont une réduction de niche fiscale (TVA sur la restauration et autres taux réduits).

Le vrai sujet, c'est la rigueur. Hollande a fait campagne dessus. On l'oublie trop souvent. En France, l'austérité est sacrément douce. Nul licenciement massif ni réduction des salaires de la fonction publique, nulle privatisation acharnée de ce qui reste de nos services publics, mais plutôt un rééquilibrage des impôts contre les plus riches. Mais une gauche est échauffée, naturellement échauffée par une décennie d'incompréhension politique et d'injustice sociale.

Nous découvrons que l'aide sociale (RSA, allocations, etc) n'est pas versée à tous ses bénéficiaires. L'économie réalisée sur le dos des plus pauvres à cause du durcissement des procédures administratives est d'environ 7 milliards d'euros par an, près de deux fois supérieur à la prétendue fraude sociale que les Sarkozy, Woerth, Wauquiez et Bertrand aimaient tant fustiger. Autre souffrance, le traitement des migrants, souvent illégaux, dans le Nord du pays. Le Défenseur des droits Dominique Baudis vient de remettre son rapport. Les maltraitances à l'encontre des immigrés sont nombreuses, récurrentes, scandaleuses.

[290ème semaine politique] Ci-gît l'UMP 2002-2012:
Nicolas Sarkozy passe une douzaine d'heures dans le bureau d'un juge bordelais pour l'affaire Bettencourt. Il évite une mise en examen. La campagne interne de l'UMP pour sa présidence débouche sur un fiasco, l'incapacité à départager les deux rivaux Copé et Fillon. Le premier avait copié la dernière campagne de Sarkozy, brutalisé l'UMP sur sa droite. Sa victoire proclamée par des commissions internes aux noms improbables (COCOE, CONARE) est contestée une fois, deux fois, trois fois.

Ces combats occupent davantage l'actualité médiatique que les bombardements sur Gaza, un attentat meurtrier en Israël, des émeutes en Egypte. Mardi, la France perd son Triple A chez Moody's. Hollande corrige un couac - il avait suggéré la liberté de conscience aux maires récalcitrants contre le mariage gay. C'est le tollé, la rage, l'écoeurement, l'avalanche de tweets en tous genres. Le président entend, reçoit et confirme à des représentants de la cause du mariage gay qu'il ne voulait aucun mal ni malentendu. On loue le retrait, on applaudit la clairvoyance.

Hollande est capable de dialogue. Il ne gouverne pas à coups de menton.

Cette France malade de la tête [291eme semaine politique]:
L'affligeant spectacle à l'UMP se poursuit. Au Sénat, la gauche n'a plus la majorité. Les communistes s'allient à l'UMP pour refuser les volets de financement du budget de l'Etat puis de la Sécurité sociale. Il faut s'interroger sur l'efficacité politique de ce choix du pire. Plus efficace, le grand ramdam écologiste contre les violences policières à Notre-Dames-Des-Landes contraint l'ancien maire de Nantes devenu premier ministre à nommer une commission de dialogue pour calmer le jeu.

La ministre Duflot promet des réquisitions de logements au plus fort de l'hiver. Sa collègue aux Droits des Femmes a organisé une belle journée sur les violences faites aux femmes. Vendredi. Manuel Valls assouplit les conditions de régularisation des clandestins. Marisol Touraine s'inquiète des ravages du Sida. A l'ONU, la France a soutenu et voté la reconnaissance de la Palestine. Peut-on applaudir enfin ?

La politique abîmée [292ème semaine politique]:
L'homme qui voulait redresser une France qu'il avait ruinée ne parvient pas à sauver son propre camp de chamailleries incroyables. Nicolas Sarkozy échoue à réconcilier Fillon et Copé. Le premier a constitué un nouveau groupe à l'Assemblée nationale, le R-UMP. Cécile Duflot, ministre du Logement, évoque le nécessaire devoir de solidarité de l'Eglise vis-à-vis des SDF. Il y a tant de bâtiments religieux sous-occupés. L'Eglise, si prompt à faire campagne contre Hollande sur le mariage gay, s'indigne de cette intrusion politique dans ses affaires.

Le 2 décembre, le premier ministre Jean-Marc Ayrault annonce un accord avec Mittal. Trop peu, trop tard, trop flou. Le projet dévoilé par morceaux fut critiqué d'égale ampleur par tous. On a compris, après le weekend, qu'un contingent de ministres (Arnaud Montebourg, Aurélie Filippetti) restent favorables au bras de fer contre le sidérurgiste milliardaire. Les salariés ont gagné un sursis et Montebourg un certain crédit à gauche.

Médiapart accuse le ministre du Budget Cahuzac de fraude fiscale. Les preuves sont minces: un mauvais enregistrement non authentifié vieux de 12 ans dans lequel le futur ministre dirait qu'il a un compte à l'UBS. La source qui authentifie cet enregistrement est un ancien rival politique local.

293ème semaine politique: la droite a disparu:
L'UMP est trop occupée à se déchirer. La véritable opposition à l'équipe Hollande ... est à gauche. Mediapart poursuit son feuilleton sur Jérôme Cahuzac. Les dirigeants de l'Union européenne parviennent à un accord improbable mais réel sur la supervision bancaire. En France, Ayrault organise un Grenelle de la pauvreté sur deux jours, pour promettre 2,5 milliards d'euros sur 4 ans: 10% de revalorisation exceptionnelle du RSA Socle en 4 ans, création de 8.000 places d'hébergement d'urgence, élargissement de la CMU à 500.000 personnes supplémentaires, RSA jeunes pour 100.000 jeunes, etc). Il y avait aussi le plan contre les déserts médicaux de Marisol Touraine (mercredi), ou la numérisation des écoles par Vincent Peillon (le même jour). Ou encore Arcelor-Mittal, où la CFDT locale de Florange s'essaye à faire respecter l'accord Ayrault par les sbires du sidérurgiste millionnaire.

Ces Français qui nous dépriment [294ème semaine politique]:
Quand elle n'est pas hystérique, la France perd ses repères. Il y eut des émissions spéciales sur les Mayas, des comptes-à-rebours sur tous nos écrans, des affolements twittosphériques. C'était l'un des évènements les plus grotesques et célébrés de cette fin d'année. La Grande Crise ne suffisait pas. On nous avait aussi promis la fin du monde pour ce 21 décembre.

Philippe Torreton attaque l'exilé Gérard Depardieu défendu par Catherine Deneuve dans cette affaire de désertion belgo-fiscale. On s'amuse de la réconciliation tartuffienne des rivaux Copé/Fillon, et de leur cessez-le-feu digne des plus grands conflits moyen-orientaux. Les sondages nous assurent que la France déprime, avec 11% de chômeurs d'ici juin prochain.

Devant des parlementaires algériens, Hollande trouve les mots pour reconnaître les souffrances du passé colonial, un système « profondément injuste et brutal ». A Paris, la réforme bancaire est critiquée. Pierre Moscovici la présente mais la totalité blogo-médiatique l'avait déjà découpée en tranches. Certains s'attendaient à un démantèlement à la hache de nos banques. Mosco n'apporte qu'une paire de ciseaux, mesure jugée insuffisante par des critiques qui souvent n'ont encore rien lu. Autre plan de la semaine, la Modernisation de l'Action Publique, un vaste chantier pour simplifier, auditer, ... et économiser 10 milliards d'euros par an.

Le Père Noël est arrivé à Saint Nazaire [295ème semaine politique]:
Le 27 décembre au petit matin, le président se montre à Rungis. Découpe de tête de veau et dégustation matinale pendant 4 heures. Quelques journaux prédisent un prochain remaniement ministériel. Ces médias-là nous dépriment. Pendant la trêve de Noël, la ministre du Logement Cécile Duflot plaide la patience, réquisitionner des logements prend légalement du temps. A Florange, Edouard Martin, le leader syndical CFDT ne croit plus au Père Noël, il écrit à Hollande combien une nationalisation temporaire du site est encore possible. La vraie bonne nouvelle était ce cadeau en retard, pour les chantiers navals STX France de Saint-Nazaire, une commande historique signée jeudi 27 décembre, pour un milliard d'euros. Le site est sauvé. On applaudit.

Quelques heures avant la fin de l'année, le Conseil constitutionnel censure la loi de finances: l'imposition à 75% des revenus supérieurs à un million d'euros est annulée pour cause d'illégalité, une dizaine d'autres impositions sont censurées car trop lourdes. L'impact sur les comptes est quasi-nul, mais la mesure interroge: faudra-t-il supprimer le conseil constitutionnel si une majorité plus à gauche gouvernait ?

Le nouvel Ayrault est-il arrivé ? [296ème semaine politique]

Nos éditocrates brodent sur les francs-maçons (Nouvel Obs, Le Point, Géo), les vrais secrets de la Bible ou les abus de cachets de quelques vedettes du cinéma français. Lundi soir, on s'arrête sur les voeux de François Hollande. On retient l'axe fort, la lutte contre le chômage. Hollande promet des méthodes nouvelles, se veut économe de l'argent public. La démarche change. Il demande des textes législatifs rapides et complets, mais « point trop nombreux ». Mardi, on se souhaite la bonne année. Vraiment ?
Le nouvel Ayrault déjeune avec son président. Il réactive son compte Twitter personnel, ça sent la consigne de conseiller. Claude Sérillon est nommé à l'Elysée. Il fait mine d'être optimiste. Il scande son objectif, inverser la courbe du chômage en 2013. Jeudi, le Conseil des ministres de rentrée est l'occasion de ... 15 annonces de réformes pour le semestre : refondation de l'école (fin janvier), « reconnaissance de la diversité des modèles familiaux» (mars), non-cumul des mandats pour les parlementaires (février), indépendance du parquet vis-à-vis de la chancellerie (avril), réforme du  Conseil supérieur de la magistrature (mai), lutte contre la récidive (juin), réforme de la décentralisation, nouveau calendrier du Grand Paris (avril), loi sur les freins à la construction et régulation des loyers (juin), et réforme des retraites.

Hollande part en guerre, le MEDEF aussi [297ème semaine politique] 
Il n'a pas fallu attendre si longtemps. Vendredi, Hollande confirme une intervention militaire française au Mali, ancienne colonie démembrée voici quelques mois après une offensive islamiste et des séparatistes touaregs. C'est une petite guerre qui commence, alors qu'une petite France se déchire sur le mariage pour tous.
Lundi soir, trop tard, le ministre du budget se défend et s'oppose à une forte personnalité, Jean-Luc Mélenchon. Il confie qu'il ne croit pas à la lutte des classes, la belle affaire... L'enquête est lancée.

Hollande: le leadership batave [298ème semaine politique] 
Première semaine de guerre, des soldats français sont au sol au Mali. Une prise d'otages massive dans un site gazier algérien stupéfait. Cette guerre change la présidence.
Un accord sur l'emploi est signé par le MEDEF et trois syndicats dont la CFDT. Le dialogue social a fonctionné mais le résultat est maigrichon. L'accord n'est pas bon. Il ouvre la porte à la renégociation collective, par entreprise, des conditions de travail pour sauvegarder l'emploi. Certes, il y a des droits nouveaux (relèvement des cotisations chômage sur quelques 17 millions de contrats courts et précaires, élargissement de la couverture santé, création d'un compte personnel et transférable de formation). Hollande applaudit avec une formule curieuse que nous ne faisons pas nôtre: « Il faut conjurer la peur du licenciement des travailleurs et la peur de l'embauche des employeurs. »  Et il tend la main aux non-signataires.
Aux opposants du mariage gay, le président refuse tout référendum. Quelques centaines de milliers de catholiques ont eu quelques peines à remplir l'esplanade du Champs de Mars le dimanche. Hollande tranche encore. Il promet l'interdiction du cumul des mandats nationaux et locaux. Cette soudaine gravité du leadership batave a permis d'évacuer une fraction du vacarme ambiant. L'auto-dissolution du RUMP nous fait encore rire.

Hollande a besoin de journalistes utiles [299ème semaine politique]
 Jeudi, un journaliste est persuadé qu'Hollande a décidé d'abandonner sa taxe à 75%, celle-là même retoquée par le Conseil Constitutionnel. C'est faux, l'Elysée dément mais qu'importe. Dimanche, un autre évoque des doutes sur les intentions gouvernementales de fermer réellement la centrale de Fessenheim. Cela ne s'appuie sur pas grande chose mais ça divertit. Hollande fait un aller-et-retour à Lille en avion, pour les voeux au monde associatif. Et voici quelques articles gâchés pour savoir si sa promesse de campagne de voyager en train était définitivement enterrée.Des enseignants parisiens, nombreux, font grève contre un réaménagement d'horaires. En Sarkofrance, on aurait dit qu'ils défendent leurs avantages acquis. En Hollandie, comment appeler cela?
Jean-Marc Ayrault rétablit l'Allocation Equivalent Retraite, supprimée par la droite en 2011. Des ouvriers en colère de PSA et de Renault se retrouvent devant les caméras.  La Cour s'inquiète de la soutenabilité du régime d'assurance chômage. En décembre, on compte 3,4 millions de sans-emplois (+272.000 sur un an !). Le dispositif de contrat de génération - l'une des promesses phares du candidat Hollande - est voté à l'Assemblée par la gauche réunie.

Florence Cassez, cette Française emprisonnée au Mexique depuis 7 ans et condamnée à 60 ans de prison pour enlèvement, est libérée. On frôle la surdose. Notre Terre s'arrête de tourner.

300 semaines de chroniques politiques: rien ne change mais tout a changé.  
François Hollande est au Mali. Il veut rapidement clore la séquence militaire française.
Au Mali, c'est la liesse. En France, les râleurs se contredisent. L'opération serait trop forte, trop tardive, trop rapide, trop floue, trop intéressée, trop coloniale. Mais personne ne voulait non plus que la zone ne passe sous contrôle d'une filiale d'Al Qaëda. Jeudi, des fonctionnaires manifestent. Hollande n'a rien fait de mal mais pas suffisamment de bien. La "suppression de la suppression" systématique d'un départ à la retraite sur deux n'est plus noté. Hollande recrute 40.000 enseignants, mais avait promis la stabilité générale des effectifs. Le weekend, les supporteurs de la loi pour le mariage pour tous sont plus nombreux, et plus joyeux. Goodyear annonce la fermeture du site d'Amiens, 1.700 emplois menacés, Jean-Michel Aphatie sur RTL ose tacler la CGT locale qui aurait refuséla "nécessaire" flexibilité.

301ème semaine politique: de Paris à Bruxelles, la démocratie abimée. 
A l'Assemblée, 5.300 amendements UMP contre le mariage homosexuel. L'attaque UMP frise le grotesque, dépasse parfois l'indécence. La Garde des Sceaux confirme qu'elle est une figure qui compte. Une immense culture, un sens de l'histoire, des principes républicains intangibles.
Cahuzac fait savoir qu'une note de la banque UBS l'innocenterait sur un point: il n'aurait pas clôturé de compte en Suisse en février 2010. L'enquête suit son cours. Son collègue Valls agace encore. Il s'inquiète des dérapages de la colère sociale. Il expulse plus et mieux que Guéant et Hortefeux- formidable ou infâme ? A Strasbourg, des ouvriers d'ArcelorMittal sont fouillés avant leur arrivée au Parlement européen.
Au Mali, certains journalistes jouent à la guerre, cette guerre nécessaire contre une attaque islamiste qui ne mérite pas pour autant pareil enthousiasme. Les chefs d'Etat de l'UE adoptent un budget pluriannuel 2014-2020 pour la première fois ... en baisse (de 3%). La Politique Agricole Commune est toutefois prorogée. C'est la fin de l'illusion européenne. L'Europe, sauf la France, ne s'aligne que sur la rigueur.

302ème semaine politique: bidoche, brouzouf et bisbilles 
L'actualité est ainsi faite que l'on consacre davantage d'efforts de pédagogie sur le circuit de fabrication de lasagnes au boeuf où l'on a découvert du cheval qu'au circuit bancaire où nos découverts méritent des remèdes de cheval. Bruxelles ré-autorise l'alimentation des poissons d'élevage avec de la farine animale. La loi bancaire suscite de multiples critiques. Parmi les opposants, personne n'explique en quoi tronçonner la séparation des activités bancaires procurerait davantage d'avantages que d'inconvénients. On mesure bien les risques et périls de notre modèle universel. La loi isole le pire dans des filiales, prévoit une mécanique de scission supplémentaire en cas de problème, renforce les pouvoirs de contrôle.
Un chômeur s'immole devant une agence nantaise de Pôle emploi, à Nantes. La Cour des Comptes applaudit la trajectoire budgétaire du pays, mais s'inquiète des prévisions de croissance. Hollande ajuste. Elle confirme l'ineffable: certaines aides sociales comme le RSA sont sous-utilisées par leurs bénéficiaires.

303ème semaine politique: ces libéraux qui se croient tout permis.
Ils sont encore là. Ils n'ont rien appris. Ils aimeraient qu'on oublie. Ils donnent même des leçons. Des libéraux plus ou moins pur sang, partisans de la Grande Dérégulation et de la Main Invisible du marché, s'expriment encore. Leur aveuglement quasi-collectif sur l'impasse mondiale reste en effet surprenant. Pierre Chapaz, fondateur de la plate-forme Wikio, Net-entrepreneur exilé en Suisse décrit la France comme un " pays complètement étatisé". Le patron américain du groupe Titan, repreneur de fabriques de pneus traite les salariés de l'usine Goodyear d'Amiens de fainéants. Hervé Novelli, un autre libéral, resté en France celui-là, confie qu'il préfère être "travailleur même pauvre en Allemagne"  qu' "assisté en France".
Jeudi, 47 mesures pour la jeunesse sont mises en perspective par le premier ministre: 450 euros d'allocation d'insertion par mois, service public d'information professionnelle et éducatif, emplois d'avenir, garantie Jeunes pour la location de logements.

304ème semaine politique: Hollande, une semaine en enfer 
Rien ne va et pourtant rien ne change.  Chômage en hausse, guérilla au Mali, buzz méprisables, excitations médiatiques, inquiétudes budgétaires. Même DSK était revenu dans les prétoires.
Les ministres ne sont pas épargné(e)s. Vincent Peillon se fait piéger, treize petites secondes extraites d'une longue interview. On râle sans savoir contre Jérôme Cahuzac, qui survit à Mediapart, et croit nécessaire 6 milliards d'euros d'économies ou relèvement d'impôts supplémentaires l'an prochain. Une poignée de journalistes s'indignent aussi qu'Hollande rompt sa promesse d'atteindre l'équilibre budgétaire. Le président rencontre Poutine mais l'entretien est glacial.

305ème semaine politique: Sarkozy vient nous motiver 
François Hollande est à la peine. Sa cote sondagière est basse. Il a réussi sa visite au Salon de l'Agriculture. Au Mali, un quatrième soldat français est tué, tout comme une centaine de djihadistes depuis le début de l'offensive française. L'INSEE confirme que le chômage a bien dépassé les 10% de la population active au dernier trimestre 2012. Le bond de fin d'année est du aux seniors, plus nombreux au chômage à cause d'une réforme Sarkozy des retraites qui n'a pas non plus sauvé le régime. Le 8 mars, pour la journée internationale des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, ministre en charge du sujet à l'année, promet une réforme du congé parental, un décret renforçant les sanctions dans quelques mois pour ces entreprises qui ne concluent aucun accord d'égalité salariale hommes/femmes, et. le remboursement intégral de la contraception et de l'avortement.

306ème semaine politique: deux François et la "vraie" gauche 
Mercredi, les 115 cardinaux réunis en conclave ont trouvé un remplaçant à l'ancien Benoit VXI. Ce sera François. Deux jours durant, Hollande, est en Côte d'Or. Il sent la France qui gronde (« Où sont les promesses, monsieur Hollande ? ») et annonce une nouvelle réforme des retraites puisque celle de Sarkozy n'a pas sauvé le système. On nous aurait menti. Hollande évoque aussi le recours aux ordonnances pour accélérer les constructions. Près de 500.000 ont été autorisées en 2012 pour seulement 350.000 mises en chantier. A gauche et ailleurs, certains râlent. On voudrait débattre de la règlementation immobilière.

La neige bouscule. Les médias principaux s'en saisissent avec délectation. On se réjouit d'entendre des râleurs réclamer davantage de ... service public. Nicolas Sarkozy aurait refusé un joli poste, la direction d'un fond qatari de quelque 500 millions d'euros. Et un juge interroge des représentants de la société Amesys dans une enquête sur des soupçons de complicité de torture. L'entreprise avait vendu de la technologie de surveillance au régime Kadhafi dans les années 2005-2007, avec le concours du ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy. Jeudi, conseil européen, on se dispute encore sur la rigueur. A Strasbourg, la veille du sommet, le Parlement rejette le projet de budget récessif 2014-2020.

307ème semaine politique: Cahuzac laisse la place à Sarkozy 
L'étau se resserre. Nicolas Sarkozy est mis en examen le jeudi 22 mars 2013 un peu avant 22 heures trente, par le juge Gentil pour abus de faiblesse à l'encontre de Liliane Bettencourt. Ses proches se déchaînent contre le juge. Henri Guaino éructe. Quatre jours avant, Jérôme Cahuzac est démissionné du ministère du budget. Le parquet de Paris venait d'ouvrir une instruction officielle pour blanchiment, accompagnée d'un communiqué de presse explicite. Mediapart a gagné.
Le ministre du Travail, Michel Sapin, déçoit. Il oppose une fin de recevoir aux organisations de chômeurs venues le rencontrer en urgence. Le plan logement - 20 mesures - est lancé: subvention des travaux de rénovation énergétique, moratoire de deux ans sur l'instauration de nouvelles normes, lutte contre les recours abusifs contre les permis de construire, etc. Au Mali, la guerre sera bientôt terminée, a promis Hollande.

308ème semaine politique: la drôle d'impopularité d'Hollande
A la télévision, François Hollande avoue un report dans la réduction des déficits, crise oblige. Il promet aussi une TVA à 5,5% pour les constructions de logements sociaux; un déblocage anticipé de la participation; les petites retraites épargnées d'une réforme qui allongera encore la durée de cotisations; les allocations familiales conditionnées aux revenus; un choc de simplification (drôle) et... la fameuse taxe à 75% sur les revenus supérieurs au million d'euros, retoquée par le Conseil constitutionnel, transférée aux entreprises. Le weekend, le Parti de Gauche tient son Congrès. On y parle "cru et dru". Pierre Moscovici y est l'un des "27 salopards". Le vocabulaire choque. Mélenchon s'excuse. On fustige les banksters. Mais quand on couine quand il faut faire le ménage à Chypre, ancien havre de paix de l'argent sale et des chambres de compensation. Le Front national rate de peu un troisième député lors d'une législative partielle.

309ème semaine politique: est-ce la fin de la République à cause de Cahuzac ? 
Les aveux de fraude fiscale par un ancien ministre socialiste dénommé Cahuzac ont occulté tout le reste et font croire que la Vème République est en passe de se dissoudre sous nos yeux ébahis.

Un lendemain de 1er avril, Jérôme Cahuzac publie sur son blog un court mot d'excuses et d'aveux, quelques instants après être sorti du bureau des juges Renaud van Ruymbecke et Roger Le Loir. Mediapart avait raison. Il a bien fraudé le fisc français, depuis 20 ans, en cachant 600.000 euros sur un compte suisse non déclaré.

310ème semaine politique: la classe politique française au pied au mur.
Après "la déflagration Cahuzac", voici "Mosco dans la tourmente", la fin de la République, quelques liguards qui veulent forcer le Sénat un vendredi soir, et un choc de moralisation. La République saisie de vertiges et l'éditocratie affolée. Les ministres et leurs conseillers rappellent que le gouvernement a laissé le procureur mener son enquête; que jamais ministre pris la main dans le sac n'a été si rapidement démissionné. Pour un peu, les critiques qui fustigeaient les enquêtes des officines sarkozystes regretteraient qu'Hollande n'ait pas procédé de même.

Sur la moralisation de la vie politique, le scenario est tout aussi ridicule d'affolement et d'égarement. Avant les annonces, on exige l'impossible. Après, c'est le rétropédalage et la critique chez les élites. La machine s'emballe mais en marche arrière. Hollande balance: publication du patrimoine des ministres dès lundi 15 avril; publication du patrimoine des parlementaires; interdiction de cumuler un mandat parlementaire avec "l’exercice de certaines activités professionnelles pour prévenir tout conflit d’intérêts"; création d'un parquet financier, d'une Haute Autorité et d'un office central de lutte contre la fraude et la corruption; durcissement des sanctions contre les élus condamnés; extension des publications de la liste des filiales à toutes les banques et aux grandes entreprises; échange automatique des informations bancaires entre pays.

Personne, ou presque, n'évoque les maigres heures de débats sur l'ANI, cet Accord National Interprofessionnel devenu loi et voté, "dans un trou de souris", malgré une abstention massive et majoritaire (278 sur 554 votants).

311ème semaine politique: allo ? C'est le grand soir ?
 Nicolas Sarkozy créait des diversions. François Hollande les subit. Ainsi l'affaire Cahuzac. L'ancien ministre du budget démissionné et condamné en quelques heures se livre à un bel exercice de télé-réalité, confessions intimes sur BFM et démission de l'Assemblée.. Les ministres se prêtent au jeu de la transparence des patrimoines. Le mariage gay termine son examen parlementaire. La violence est dans la rue. Quelques excités fascisants se saisissent de l'adoption de la loi sur le mariage homosexuel pour "casser du pédé" (ou du journalistes). Ce printemps français est horrible. L'UMP se transforme en Tea-Party.  Nicolas Sarkozy est visé par une nouvelle instruction, sur le financement éventuel de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye.

312ème semaine politique: la fin du président normal. 
"Nous n'avions pas compris que la campagne ne s'était pas arrêté le 6 mai 2012" François Hollande fait savoir qu'il change sa gouvernance. La Vème République est ainsi intoxiquée qu'elle ne se gouverne plus par l'action seule. Après une entrevue de blogueurs politiques un samedi matin, il rencontre des députés, il manque de relais directs et francs. Le PS le déçoit. La France a évidemment un problème d'agenda politique. Elle s'éparpille sur l'anecdote facile, raccourcit les débats autant que la pensée. L'affaire du Mur des Cons du Syndicat de la Magistrature, les énièmes échauffourées des opposants au mariage homosexuel après son vote, ou la durée du voyage de François Hollande en Chine (37 heures) sont les anecdotes de la semaine.

Une nouvelle pression se fait jour pour un changement de cap politique. Claude Bartolone fait grand bruit quand il assène jeudi qu' "il est désormais temps de tirer les leçons pour envisager le nouveau temps du quinquennat". Il prône la confrontation contre Angela Merkel plutôt que la "tension amicale".

Sarkozy tient une conférence rémunérée à Montréal. La loi de moralisation politique est adoptée en Conseil des Ministres.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi atteint 5 millions à fin mars.






Crédit illustration: DoZone Parody

13 commentaires:

  1. ça se complète au fil de l'eau ;-) Merci !

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  2. Certes, mais bon nous y étions également et l'avons vécu plus ou moins bien, et plutôt moins que plus.
    Ce qui m'intéresse c'est aujourd'hui, demain.
    Marisol Touraine, sur les retraites, commence à travailler l'opinion avec ses efforts demandés à tous les français.
    41.5 ans de cotisation n'y suffiront probablement plus, 62 ans pour partir sera sans doute trop tôt, restent les cotisations qui ont déjà augmentées pour financer le retour de la retraite à 60 ans pour les carrière longue (décision imbécile sans tenir compte de la pénibilité) et le décrochage des pensions de l'inflation depuis peu.
    Que reste t-il ? la retraite à 65 ans avec 45 années de cotisations sans doute, difficile de hausser les cotisations sans entamer le pouvoir d'achat des salariés ou de poursuivre la désindexation des pensions alors modifier encore le calcul des pensions futures en allant vers moins de droits à venir.
    J'ai débuté ma carrière en 1985, fichtre comme le temps passe, la retraite était à 60 ans et la durée de cotisation était de 37.5 ans.
    Et depuis retraite devient comme l'horizon, plus on croit s'en approcher plus il s'éloigne.

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  3. Catégorie pratique "l'anecdote". Elle permet de minorer ce qui est regrettablement significatif de la nature d'un état d'esprit qui règne dans une partie non négligeable d'un corps sensible du fonctionnement de nos institutions. Exemple le devenu fameux "mur des magistrats".
    Ensuite elle permet également de disqualifier ce qui nous gène : Exemple : les échauffourées des opposants au mariage. Ils sont eux-mêmes anecdotiques dans le mouvement et ne sont pas représentatifs du tout de la Manif pour tous ! Donc pourquoi en (re)parler !!

    :)

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  4. Affaire Guéant : la prudence de Copé.

    Ce n’est pas Roselyne Bachelot, son ancienne collègue au gouvernement, qui va l’aider à sortir de la nasse. Après avoir déclaré que Guéant était « soit un menteur, soit un voleur », Roselyne Bachelot en a remis une couche sur le plateau du Petit journal, jeudi 2 mai :

    « Jusqu'à la révélation du Canard Enchaîné, je considérais que Claude Guéant était un type honnête. Je l'ai toujours vu vivre modestement. (...) C'est pour ça que j'ai été très surprise de voir qu'il faisait des révélations qui étaient tout à fait étonnantes ! Je suis sûre qu'il y a une autre explication et je demande à Claude Guéant de donner les vraies explications. Pourquoi accepte-t-il de passer pour un type malhonnête ? (...) Il y a un truc qu'on ne nous dit pas ».

    Vraiment ?

    http://www.marianne.net/Affaire-Gueant-la-prudence-de-Cope_a228573.html

    Claude Guéant accepte de passer pour un type malhonnête car il veut couvrir quelqu'un d'autre.

    Claude Guéant accepte de passer pour un type malhonnête car il se sacrifie pour sauver quelqu'un d'autre.

    Qui est donc ce "quelqu'un d'autre" ?

    Vous le saurez dans le prochain épisode.

    (Le suspens est à son comble.)

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  5. "Pour un tiers des Français, Mélenchon "a raison de s'exprimer de cette manière"
    Le Monde.fr avec AFP | 03.05.2013 à 16h03 • Mis à jour le 03.05.2013 à 16h41"

    ==> http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/05/03/un-tiers-des-francais-soutiennent-le-parler-cru-et-dru-de-melenchon_3170681_823448.html

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  8. "La moitié des Français croient aux théories du complot
    LE MONDE | 03.05.2013 à 10h01 • Mis à jour le 03.05.2013 à 15h43"

    ==> http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/05/03/la-moitie-des-francais-croient-aux-theories-du-complot_3170348_3224.html

    ou

    "Ces Français-là font preuve d'esprit critique à l'égard du déroulement des faits tels qu'ils leur sont communiqués"

    Autrement dit

    "La moitié restante gobe tout ce que les médias lui racontent"

    :)

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  9. POLITIQUE ET SOCIETE


    L’opinion marquée par le chômage et l’hostilité au mariage pour tous
    Par Pierre-Alain Furbury | 02/05 | 18:54 | mis à jour à 19:25

    selon le sondage CSA réalisé pour « Les Echos » et l’Institut Montaigne

    La « contestation morale »

    L’autre enseignement de ce sondage, c’est (...) "la contestation morale », note Jérôme Sainte-Marie. (...) Un palmarès dominé, avec l’emploi, par les manifestations contre le mariage pour tous : 52 % des Français y voient l’un des événements les plus marquants de l’année et 21 % le plus marquant. Le tumulte suscité par la réforme a fait sensation des deux côtés de l’échiquier mais plus encore à droite.

    ==> http://www.lesechos.fr/economie-politique/politique/actu/0202744472776-l-opinion-marquee-par-le-chomage-et-l-hostilite-au-mariage-pour-tous-563856.php

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  10. Tu as fermé le robinet des "anonymes", Juanito ?

    Tu sais que le 7, on fête les 365 jours de Hollande et que la trêve se termine, et que la vrai guerre va commencé, fais gaffe à ton cul, Juanito !

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  11. Vendredi 3 mai 2013 :

    L'affaire Guéant ne fait que commencer.

    Les vérifications sur le train de vie de l’ancien ministre de l’intérieur conduisent à s’interroger sur ses relations avec les intermédiaires en armement. Le premier d’entre eux, Ziad Takieddine, a consigné toutes ses interventions en faveur de Claude Guéant au ministère de l’Intérieur et à l’Élysée.

    Retour sur la dérive d’un préfet, proche de Nicolas Sarkozy.

    Article payant sur le site Mediapart :

    http://www.mediapart.fr/journal/france/030513/laffaire-gueant-ne-fait-que-commencer

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  12. Il nous gonfle Plenel avec les pourboires de Guéant, il ferait mieux d'enquêter sur les deux milliards d'euros piquer dans la caisse d'Aréva par Sarko.

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