24 mai 2013

Hollande, Schröder, et l'habituelle coalition.

Hollande, Schröder, un anniversaire en Allemagne pour célébrer un parti social-démocrate.

Les ingrédients d'une bonne corrida médiatique étaient réunis. Nous pouvions écrire à l'avance ce que la presse, dans sa gentille unanimité, allait servir au menu de ses unes du lendemain.

N'allez pas chercher de son discordant. C'était écrit d'avance.

Tous ont plongé facilement.
  • "Hollande a tressé, jeudi, une couronne de laurier au prédécesseur d'Angela Merkel à la chancellerie fédérale pour avoir flexibilisé le marché du travail." (Le Point)
  • "A Leipzig, Hollande vante Schröder et la social-démocratie" (Les Echos)
  • " François Hollande a fait l'éloge des réformes du marché du travail allemand lancées en 2003 par l'ancien chancelier de ce parti, Gerhard Schröder." (Le Parisien)
  • "le chef de l’Etat n’a jamais employé le mot « socialiste », ne serait-ce pour marquer sa petite différence, mais en plus il a fait l’éloge des réformes antisociales de l’ancien chancelier." (Marianne)
  • "L'ode de François Hollande à Gerhard Schröder" (Mediapart) 
  • "Hollande en Allemagne, VRP des réformes Schröder" (Rue89) ‎
  • "Le « bras d'honneur » d'Hollande à l'aile gauche du PS" (Le Figaro)
L'électeur pouvait lire ou écouter de lui-même l'intervention du président français. Il pouvait détester la loi de flexisécurité, s'effrayer de l'incroyable pauvreté qui s'est développée outre-Rhin depuis les funestes lois Hartz, et pourtant comprendre quelques faits: (1) Hollande n'endosse pas le personnage ni son action. (2) Il a salué sa mémoire dans un discours quasiment chronologique sur l'histoire du SPD.

Il suffisait de lire ou écouter le discours.

En France, son propre premier ministre expliquait de Schröder qu' "il a été courageux lorsqu’il a redressé son industrie mais il a porté atteinte à ce qui faisait partie du modèle social allemand". 
Et Alain Vidalies, ministre en charge des relations avec le Parlement, complète, sur PublicSénat:  Hollande "n’a jamais proposé la transposition en France de ces propositions".

Qu'importe.

La messe était dite.


8 commentaires:

  1. Et Moscovici, comment il faut l'interpréter son geste à l'égard des patrons aux bons soins de qui il s'est avisé que finalement il serait pas si mal de confier l'autorégulation de leurs revenus ! Comme au bon vieux temps de la Sarkozie !

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  2. Les patrons lui ont demandé : "Non ? vous êtes sérieux là ?"

    Ils ont crus un moment que Mosco se foutait de leur gueule.

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    1. Moi j'ai éprouvé le besoin de vérifier que nous n'étions pas le 1er avril ! Car là assurément on tient un sacré gag :)

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    2. C'est comme ce japonais qui rêve qu'il est un papillon, au réveil il ne sait plus si il est un homme qui a rêvé qu'il était un papillon ou si il est un papillon qui rêve qu'il est un homme.
      Dans le cas de Mosco, on ne sait plus si le medef est devenu socialiste ou si le PS est devenu le medef.

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  3. Quand donc ouvriras-tu les yeux, Juan ?

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    1. Question de vue ou de logiciel ?
      Exemple : tu t'es vu quand tu votes socialiste ?

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  4. Sarkozy est en train de se faire déborder sur sa droite. Au secours !

    En tout cas, dommage pour Hollande et Moscovici que le remplacement de Parisot à la tête du MEDEF intervienne avant 2017, saans quoi nous aurions eu droit à un beau duel Hollande-Moscovici.

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