17 mai 2013

Les priorités de la Commission européenne: "libéraliser" davantage l'énergie

Parfois, on se dit qu'il se dit trop de caricatures sur l'Europe, que le libéralisme désuet et parfois économiquement criminel propagé par certains des Commissaires bruxellois était une vue de l'esprit souverainiste gaulois.

Puis, parfois, on lit ce qui se dit et se propage, vraiment. Et on tremble.

La novlangue Barroso
Ce 8 mai, José Manuel Barroso écrit donc à ses collègues chefs d'Etat en vue d'une réunion le 22 mai.  Il était fascinant de lire son argumentation. Et pour cause, malgré la novlangue utilisée à dessein, l'un des sujets de cette réunion est sensible, la libéralisation de l'énergie.

Le président de la Commission européenne, a cette étonnante de façon de justifier ce qui est pour certains, nombreux, l'injustifiable, à savoir davantage de libéralisation du marché de l'énergie.

L'argument tient en peu de choses, dans la grande tradition libérale, maintes fois récusée la réalité, que la "fragmentation" des marchés nationaux, les "blocages" souvent publics au plein exercice de la libre concurrence, empêcherait la baisse des prix et donc nuirait aux consommateurs.

La belle affaire ! Ce n'est pas une surprise, c'est encore mieux de le lire dans le texte.
"Les prix de l’énergie varient considérablement au sein de l’Union parce que notre marché est fragmenté. Du fait de la sous-exploitation des avantages de l’efficacité énergétique, les entreprises et les consommateurs paient plus que nécessaire pour leurs approvisionnements énergétiques. La solution au problème des prix élevés de l'énergie est en partie entre nos mains: achever notre marché intérieur de l’énergie et mettre en œuvre la législation existante.

(...) À cet égard, il est absolument essentiel de mettre en place un marché intérieur de l'énergie pleinement opérationnel, interconnecté et intégré. Ce marché, vital pour la compétitivité de l'Europe, ne doit pas être fragmenté."
Tout est dit.  On se le répète: "la solution au problème des prix élevés de l'énergie est en partie entre nos mains: achever notre marché intérieur de l’énergie."

Mais ce n'est pas tout. Barroso est évasif, mais on imagine: "nous devons continuer à renforcer la diversification interne et externe de nos approvisionnements." Argh... le fabuleux gaz de schiste est-il visé ? Certainement. Barroso encourage nos dirigeants à réfléchir à "une approche équilibrée à l’échelle de l’Union sur l’exploitation du potentiel des hydrocarbures non conventionnels." Les lobbies sont à l'oeuvre, plutôt que de penser à repenser le modèle et ses économies d'énergie. D'ailleurs, dans cette merveilleuse communication, le terme "économies" d'énergie n'est pas mentionné.

Quelle surprise...

8 commentaires:

  1. C'est bien la libéralisation de l'énergie, d'ailleurs ma prochaine facture EDF je la verserais directement sur le compte de Barroso.
    Fait péter le RIB, José !

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  2. Autre idée libérale à explorer, la libéralisation de l'impôt, pourquoi payer au trésor publique ? avec toutes ces faigniasses d'énarques à Bercy dans ce mille feuilles administratif fragmenté - payons directement l'impôt sur un compte privé dans un paradis fiscal, ayons le bon sens comme ambition.

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    1. tu devrais faire commissaire européen , tu as plein de bonnes idées
      et si t'as besoin d'un adjoint pour partager les chèques , je réponds présent

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  3. Un reportage à visionner sur les fausses bonnes idées de nos chers commissaires européens...ça fait peur....
    http://videos.arte.tv/fr/videos/la-fausse-promesse-d-une-energie-propre--7495620.html

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  4. Après avoir réussi à libéraliser l'énergie et fait exploser les tarifs, comme pour EDF, GDF ..., Barroso veut que ses amies, les multinationales, qui lui assurent le gîte et le couvert, puissent continuer à se gaver. Eh oui, pas facile de faire au moins du 15% l'an.
    En tout cas, il va pouvoir compter sur l'appui de "l'ennemi de la finance", le père de la "tension amicale avec l'Allemagne", qui veut mettre en place au plus vite un gouvernement économique européen. Plus ça va mal avec l'UE et plus l'énergumène accélère.
    Attachez vos ceintures, y va y avoir du sport !

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  5. si les gaziers et les électriciens sont dans la rue demain on les accusera de prendre les clients en otage par corporatisme
    alors , con-sommateurs de tous les pays unissez vous .... et bougez vous le cul

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    1. Plus besoin de représentants politiques, ni d'élections alors ? Abonnez-vous à 60 millions de consommateurs.

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  6. Et voilà, les mêmes mecs non élus amènent les mêmes solutions qui vont nous mettre dans une situation merdique comme d'habitude. La politique énergétique européenne est un échec intégral de tous les points de vue : Indépendance, Coût et Implication sur la compétitivité ainsi que Shift environnemental. C'est même emblématique de l'échec européen.

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