23 mai 2013

Suicide à Notre-Dame: le dernier outrage d'un ultra.

Un écrivain d'extrême droite se suicide à Notre Dame de Paris, une balle dans la bouche à quelques mètres de 1.500 fidèles. Le choc est grand pour certains catholiques. L'extrême droite récupère. L'outrage est total.

Marine Le Pen, qui s'est récemment férocement fracassée le sacrum en chutant dans sa piscine vide, a le tweet élogieux et rapide, c'est glaçant: «Tout notre respect à Dominique Venner, dont le dernier geste, éminemment politique, aura été de tenter de réveiller le peuple français». Un autre frontiste, Bruno Gollnisch qualifie le geste de «protestation contre la décadence de notre société».

Le suicidé était un "essayiste", et "ancien militant de l’OAS". La raison de ces hommages tient à une "explication" que l'auteur, avant de commettre son acte définitif, a livré sur son blog, une critique du "mariage pour tous" qu'il jugeait "loi infâme". Il livre une large réclame contre l'immigration et "remplacement de nos populations", défend "la perpétuation de (sa) race et de (son) esprit" et quelques autres délires. Son éditeur a quelque mal à faire le lien entre le suicide et cette loi. Il le dit. Mais le FN récupère, ramasse, fait les poubelles de l'instrumentalisation facile. Frigide Barjot, pour une fois, est restée sobre sur le sujet: "Ce monsieur faisait partie d'un mouvement qui s'appelle le Printemps français, (...) que nous avons condamné il y a déjà fort longtemps. (...). C'est un acte personnel isolé, très violent, spectaculaire et très désespéré

On attend Copé, Jean-François. Il s'est tu. Sa cote sondagière s'effondre. Il prépare la "grande" manifestation du 26 mai contre le mariage pour tous. On attend les posters à l'effigie du gars. La récupération d'un drame aussi personnel et mystérieux que le suicide sera l'épilogue d'un dérapage inédit dans notre République.

La loi est passée, elle n'enlève rien à personne, elle en choque certains. Elle a même sorti de la République Christine Boutin, trop mécontente qu'une loi de la République qu'elle exècre puisse être votée.


10 commentaires:

  1. "La loi est passée, elle n'enlève rien à personne,"
    ==> et les enfants, ils comptent pour du beurre dans la République ... Et la filiation vous en faites quoi ? Et la réforme de civilisation justifie une exigence de délibération nationale. Et pas la parodie, le simulacre de débat auquel nous avons eu droit !

    Que d'amalgames dans ce billet ! Comme d'hab sur ce site dès qu'il est question du projet Taubira dont rappelons que le volet union civile ne suscite pas de résistance. Seul le volet adoption/filiation peut fédérer à juste titre un tel mouvement d'opposition qui dépasse les clivages politiques habituels. L'honnêteté minimale voudrait au moins que cela soit précisé ... Même de la part d'un blogue partisan !

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  2. simulacre de débat à cause de qui ?

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    1. A cause de ceux qui intentionnellement et grotesquement ramènent à de l'homophobie ou à de la réaction d'extrême-droite des questions liées à l'adoption/filiation et ont refusé d'ouvrir à la délibération un projet de loi présenté à juste titre comme une "réforme de civilisation".

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    2. Dans le passé, les choses étaient claires, les échanges plus concrets et plus virils. Ainsi, au XIXème siècle, le débat avait en général l'apparence d'une charge à cheval. Au XXème siècle, la philosophie restait la même, mais, progrès technique oblige, les ustensiles et les méthodes avaient évolué. Aujourd'hui, tout a changé : les politiques, les entrepreneurs organisent, quand cela est nécessaire, des débats, des réunions, des enquêtes ... non pour faire participer les citoyens à la prise de décision, mais pour les informer de ce qu'ils ont décidé de faire. C'est de la com', comme on dit maintenant. Il s'agit au mieux d'expliquer, en aucun cas de tenir compte des avis exprimés, de modifier un projet encore moins de l'abandonner.

      Argumenter pour convaincre, savoir reculer, prendre du temps, voire abandonner un projet, c'est ce que nous attendons d'une démocratie. Ce n'est absolument pas la finalité des débats qu'on voit fleurir dans notre société où le suffrage populaire est bafouée sans vergogne.

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    3. Voici qui est très bien résumé !

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  3. A propos de débats, attendons-nous à en vivre de nouveaux sous peu, notamment sur la retraite, la protection sociale, le droit du travail. Notre conducatore, socialiste en France et social-démocrate quand il passe la frontière, est actuellement en Germanie pour fêter les 150 ans du parti social-démocrate allemand. Il a ainsi vanté les réformes lancées en 2003 par l’ancien chancelier Gerhard Schröder pour flexibiliser le marché du travail allemand. A quand un débat pour mettre en oeuvre des lois Harz à la sauce hollandaise (sans se mouiller) en France ?

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    1. Venant de nos capitalo-sociétalistes de circonstances, nous ne serons guère surpris. Ils font du Sarkozy en plus subtil ! C'est plus vicieux, moins assumé, plus progressif et enrobé. A l'image de la parenthèse libérale ouverte en 1983, et jamais refermée depuis ! N'oublions pas que c'est ce parti qui s'est évertué à réconcilier la France avec l'entreprise à la fin des années 80. Avec Bernard Tapie en prime time ! Plus fort que la droite.

      Quant à Hollande il encense le SPD le jour où celui-ci "quitte" l'internationale socialiste pour lancer une autre alliance dont on imagine qu'elle sera très fermement ancrée à gauche et décidée à reprendre le flambeau de la lutte des classes [1] : tout un symbole franchement trop drôle ! :)

      1] le SPD qui a réduit de 95 % sa contribution à l'IS, où il n'a plus qu'un statut d'"observateur", le PS a, lui , réduit sa cotisation de moitié mais entend rester membre à part entière !! Ca promet ...

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    2. "Plus fort que la droite" ?

      Gageons qu'il sera difficile au PS de faire mieux que les 400 M€ volés au peuple Français par Tapie avec la bénédiction (l'appui ?) de Sarkozy !!!

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  4. C'est pas un outrage, c'est exemple à suivre pour tous les fachos. Le lieu du suicide était un peu grandiloquent, faut reconnaître, mais avec du Wagner ou du Marilyn Manson à fond la caisse cela aurait pris une tout autre ampleur.

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