24 juin 2013

10 députés qui font peur aux vieux



La démarche a agité le landernau médiatique quelques heures, presque une journée. Le Nouvel Observateur avait publié ce 19 juin un prétendu appel de 10 député(e)s pour "abolir les privilèges" de nos parlementaires. Fichtre ! La démocratie allait donc si mal ...

améliorer la perception des élus dans l'opinion publique.

1. A en croire les remous et les relais, c'était presque un programme législatif, davantage qu'un cri du coeur. Sur France Inter, on entend vite de mauvaises réactions des élus rapidement qualifiés de "seniors", on évoque la "loi du silence".... Pour un peu, on se coryait dans une enquête sur une quelconque mafia. L'ampleur des rancoeurs exprimées est lunaire. Claude Bartolone, pourtant président de l'Assemblée, a même balancé: "Je commence à en avoir ras le bol de ces députés qui se font une réputation sur le dos des autres !"

2. Il y avait une supercherie, une manipulation, une énième manifestation de la "fabrique à polémiques". Le Parti socialiste s'est d'ailleurs rapidement fendu d'un communiqué de presse pour dénoncer une "tartufferie" médiatique. Car on a cherché, lu et relu. Et rien trouvé. Rien qui ne ressemble à un programme commun et trans-courant. En fait, dix élus avaient été séparément interrogés par l'hebdomadaire de centre-gauche. La supercherie était totale et évidente, mais rares furent les commentateurs médiatiques à s'en émouvoir. Le blog "Dis Quand Même" s'attache à disséquer la manoeuvre. Il était évident que les 10 n'étaient pas d'accord sur l'ensemble des 10 propositions. Imaginez Laurent Wauquiez, député-maire, faire campagne pour le mandat unique prônée par son adversaire socialiste Barbara Romagnan.

3. La démarche pouvait être jugée hypocrite chez certains. Elle le fut d'ailleurs, à en croire la salve de critiques que les "10" ont immédiatement reçues. Laurent Wauquiez joue les prudes, c'en était agaçant. Imaginez vous, le garçon a renoncé à une indemnité ministérielle à laquelle il n'avait plus droit...

4. Sur l'essentiel, pourquoi donc s'indigner ? Dix député(e)s de tous bords ont en fait proposé chacun une mesure. Rappelons-les. Prises ensemble ou séparément, elles oxygéneraient sans doute notre démocratie :
  1. Olivier Faure, député PS de Seine-et-Marne : "Publions les augmentations de patrimoine"
  2. Laurent Wauquiez, député UMP de Haute-Loire : "Supprimons le régime de retraite"
  3. Bruno Le Maire, députe UMP de l'Eure : "Démissionnons de la haute fonction publique
  4. Gérald Darmanin, député UMP du nord : "Encadrons l'achat des permanences
  5. François de Rugy, député EELV de Loire-Atlantique : "Contrôlons les lobbys
  6. Barbara Pompili, députée EELV de la Somme : "Réformons l'assurance-chômage
  7. Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne : "Fiscalisons les frais de mandat" 
  8. Razzy Hammadi, député PS de Seine-Saint-Denis : "Clarifions les groupes d'amitié" 
  9. Barbara Romagnan, députée PS du Doubs : "Adoptons le mandat parlementaire unique"  
  10. Karine Berger, députée PS des Hautes-Alpes : "Publions la réserve parlementaire"




7 commentaires:

  1. A propos du cumul des mandats, pourquoi pas deux ! mais un seul salaire ! Pas de cumul des payes ! Après s'il reste des candidats, ce sont les électeurs qui tranchent.

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  2. Et à qd une proposition de loi pour interdire le cumul des bons résultats au FN ... à défaut de Front républicain, ce piège à c... qui semble perdre de son efficacité ! Un ras de marée de ce parti aux prochaines élections européennes est de plus en plus plausible !

    Pensez donc : faire d'une pierre deux coups en exprimant dans un mouvement démocratique radical (attendons-nous à voir surgir le spectre de Hitler sous la plume de nos talentueux éditocrates) et sa désapprobation du fonctionnement hors sol du système, et son refus de l'Union Européenne en envoyant des députés porter le message à l'intérieur même d'une enceinte de peu d'utilité démocratique !

    Et encore heureux que le mode de scrutin limite quelque peu l'effet protestataire ...

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  3. Lundi 24 juin 2013 :

    Tapie : "J'en ai rien à foutre d'être convoqué".

    Lundi matin, Bernard Tapie est convoqué à la brigade financière de Paris pour y être interrogé sur l’arbitrage qui lui a permis d’empocher 403 millions d’euros, a révélé le Journal du Dimanche. L’homme d’affaires pourrait être placé en garde à vue, laquelle pourrait durer jusqu’à quatre-vingt-seize heures. Il risque ensuite une présentation devant les juges et une éventuelle mise en examen. Pourtant, Bernard Tapie ne s’inquiète pas.

    "J’en ai rien à foutre". Cette convocation, l’ancien président de l’Olympique de Marseille - qui se dit en pleine forme, sans que l’on sache si cela tient de la posture ou de la réalité -, commence par la minorer. "Qu’est-ce que vous croyez ? Des rendez-vous comme celui là, j’en ai eu sept avec Eva Joly. Résultat : six non lieu et une relax", argumente-t-il auprès d’Europe 1, avant de conclure, avec ce phrasé qu’on lui connaît : "Même système, même procédure, j’en ai rien à foutre…"

    http://www.europe1.fr/Politique/Tapie-J-en-ai-rien-a-foutre-d-etre-convoque-1561827/

    Sacré Tapie !

    "J'en ai rien à foutre d'être convoqué ! Les 403 millions d'euros, ils me les ont donnés ! Je les ai, je les garde ! Donné, c'est donné. Reprendre, c'est voler. J'en ai rien à foutre !"

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  4. Ouh, merci d'avoir précisé.Moi aussi j'ai cru à un appel commun

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  5. A propos du méchant Snowden et de la vertueuse amérique :

    Un haut responsable de l'administration Obama, sous couvert d'anonymat, a déclaré :

    "L'affirmation de Snowden qu'il n'agit que pour soutenir la transparence, la liberté de la presse et la protection des droits individuels et de la démocratie, est démentie par les protecteurs qu'il a potentiellement choisis : la Russie, la Chine, Cuba, Venezuela, l'Equateur...

    Son refus de critiquer ces régimes suggère que sa véritable motivation a été tout du long de faire du tort à la sécurité nationale des Etats-Unis, non pas de faire progresser la liberté de l'Internet et la liberté de parole."

    Ou de l'art de l'inversion ... des rôles, du retournement des situations via un petit tour de passe-passe rhétorique !

    ==> http://clesnes.blog.lemonde.fr/2013/06/24/la-maison-blanche-demande-a-moscou-dexpulser-snowden/

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  6. Combien sont-ils parmi ces députés ceux qui veulent réellement un changement ? et combien sont-ils ceux qui ne font des propositions, par ailleurs insignifiantes, que pour faire parler d'eux comme l'ignoble Wauquiez ou l'inénarrable Berger ?

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  7. Bonjour, très bon papier comme à ton habitude. Je te joins un extrait de l' article de Pascal TERRASSE sur le sujet. Il est bien entendu sur la Lettre de Jaurès.

    Je te souhaite une bonne journée et bon courage.

    Amitiés

    Jean-Luc LETOMBE pour la lettre de Jaurès.

    http://lalettredejaures.over-blog.com/moralisation-de-la-vie-publique-par-pascal-terrasse

    Le Nouvel Observateur publie un prétendu appel de 10 députés visant à « l’abolition » des privilèges parlementaires. Ce prétendu appel n’est qu’une collecte de propositions disparates recueillies individuellement par le journaliste et qui n’a aucun caractère collectif.

    La plupart de ces propositions sont déjà en cours de mises en œuvre et je me les suis déjà appliquées (voir ci-dessous).

    Sur le fond, depuis un an, la majorité de gauche fait la nuit du 4 août tous les jours en normalisant la statut des députés, en renforçant la transparence, le contrôle et la sanction des comportement illégaux, en réformant le mandat des élus et le fonctionnement de l’institution.

    La gauche mène seule cette bataille de l’exemplarité. La droite vote systématiquement contre, préférant l’opacité à la transparence, le statu quo à la moralisation. Quant à l’extrême-droite qui se prétend mains propres, elle est totalement absente de ces débats.

    Dans ce contexte, je tiens à rappeler tout ce qui a été fait depuis un an pour rendre meilleure notre démocratie et mon action personnelle sur les différents points.

    La normalisation du statut des députés
    Ce qui a été fait.......

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