18 juin 2013

Après Capital, Hollande se prend Barroso, autre vestige néo-réac.



Hollande file au G8, Lough Erne en Irlande du Nord. Une mauvaise interview prête à José-Manuel Barroso d'avoir traité la France de réactionnaire. L'époque est ainsi faite que les plus chauds partisans de la Réaction libérale puissent ainsi qualifier les rares supporteurs d'une régulation solidaire.

La veille, François Hollande est sur M6, invité de l'émission Capital. L'audience n'est pas au rendez-vous. Le discours est pédagogue mais convenu. On n'apprend pas grand chose. Hollande fait dans la répétition pédagogique. Les soutiens connaissent. Les critiques aussi. Le président confirme qu'il préfère l'allongement de la durée de cotisations, et rien d'autres, pour rétablir les retraites.

Son propos est noyé dans d'ineffables reportages sur la France évidemment flemmarde, nos voisins allemands notoirement formidables, notre Sécurité sociale forcément trop chère. Un instant, on se souvient que la chaîne est la filiale d'un groupe allemand. La couverture de l'actualité par l'émission est surprenante. On nous afflige du sort d'une mère de famille frappée de 1.000 euros d'impôt en plus à cause du durcissement du quotient familial, une famille à 80.000 euros annuels, apprendra-t-on le lendemain.  La scénographie est nulle, l'analyse médiatique sans recul ni profondeur. Il y a des mots tabous qu'on n'entendra jamais - précarité, pauvreté, crise écologique.

Lundi, Hollande s'envole. Le G8 l'attend. Formidable... Il y aura José-Manuel Barroso, peut-être. Plus tard. Le gars a des choses à dire.

Serait-ce une erreur de transcription ? Evidemment non. Dans un entretien à l'International Herald Tribune, Barroso s'agace de la récente (maigre) victoire de la délégation française vendredi dernier: "c'est cette partie de l'agenda anti-globalisation que je considère complètement réactionnaire." expliqua-t-il à propos de l'exception culturelle défendue par Paris. "Certains se disent de gauche, mais ils sont en fait culturellement extrêmement réactionnaires".  Il est énervé, mauvais perdant.

Nicole Bricq, ministre du commerce extérieure, était parvenue à obtenir de ses collègues européens la sortie de la culture, de l'audiovisuel, du cinéma et d'internet des grandes négociations commerciales avec les Etats-Unis. Barroso est agacé puisqu'il s'agissait de l'un des derniers secteurs où les Etats-Uns ont des intérêts immenses et la France une protection encore solide.
"Je ne veux pas croire que le président de la Commission européenne ait pu tenir des propos sur la France qui seraient ainsi formulés, pas même sur les artistes qui se seraient exprimés"
François Hollande, 17 juin 2013.
En arrivant en Irlande, un chouette paradis fiscal comme Barroso les aime, le président français rappelle donc quelques faits à ce président non élu de la Commission européenne: "La meilleure preuve, c’est que les chefs d’État et de gouvernement ont accepté, via leurs ministres, que la question des services audiovisuels soit écartée de la négociation. (...) Et ce que je demande au président Barroso, c’est maintenant de mettre en œuvre le mandat qui a été décidé par les négociateurs au niveau des gouvernements."

Le sieur Barroso a bien sûr d'autres chevaux de bataille: le gigantesque espionnage américain - le programme PRISM - dévoilé par un ancien agent plus geek que la moyenne qui s'est réfugié à Hong-Kong, le gêne un peu. Le Super-Commissaire s'affirme aussi contre les positions de l'administration Obama quand il défend les programmes d'austérité au sein de l'Union... Sur cette dernière question, essentielle en Europe, la Commission est de plus en plus isolée.

On comprend pourquoi Barroso est énervé. Le FMI dirigé par la Sarko-fan Christine Lagarde fustige désormais publiquement la mauvaise réaction européenne à la crise. Barack Obama se fait de plus en critique contre une Europe malade de l'austérité. En Europe, ça grince aussi. La récente fermeture autoritaire de toutes les télévisions publiques grecques a choqué. L'exception culturelle grecque est inverse de la Française.

 Y-a-t-il un changement de climat en Europe ? On dirait que la cause du protectionnisme "léger" gagne quelques voix, n'en déplaise au vestige Barroso. D'ailleurs, une belle centaine de mesures protectionnistes ont été adoptées depuis un an par des Etats-membres ... du G20 ! "Le champion de ces entraves au commerce a été le Brésil (18), suivi de l'Inde (15) et de l'Argentine (10)" relève le Monde. Que ces pays émergents savent protéger les leurs !

L'intégration européenne est un combat qui décourage quand elle est animée par des Barroso.


3 commentaires:

  1. Marx posait que le capitalisme succomberait à ses propres contradictions ! L'internationalisme gauchiste échouera pour des raisons analogues. Parce que les uns et les autres font prévaloir les forces matérielles de l'Histoire sur l'Humain !

    Or il n'y a de richesses que d'hommes ; à condition que ceux-ci n'abdiquent pas l'autonomie de leur intelligence ; sans pour cela que l'Homme soit la mesure de toute chose !

    Etant entendu que les uns et les autres se disputent la domination du monde. Et que les gaucho-marxistes croient qu'ils récupéreront l'administration des structures mises en place par les capitalistes. Le tout étant de défendre ce qui est censé favoriser leurs desseins sans laisser l'adversaire pousser trop loin son avantage ! Exemple : le FdG qui dit Oui à l'UE, oui à l'Euro, mais non au transatlantisme.

    Pour aider à mieux comprendre les grandes manoeuvres en cours dans le cadre du processus de mise en place d'un nouvel ordre mondial, qui subit un coup d'accélérateur à mesure que le péril endogène croît (les contradictions internes), voici une contribution intéressante où l'auteur, Paul Craig Roberts *, explique pourquoi la vérité est toujours stratégiquement sacrifiée sur l'autel de l'idéologie en vue et au nom des buts supérieurs à atteindre !


    Pourquoi la désinformation fonctionne ?
    Parce que « La verité n’a aucune importance. Seuls les objectifs sont importants »

    ==> http://www.elcorreo.eu.org/Pourquoi-la-desinformation-fonctionne-Parce-que-La-verite-n-a-aucune-importance

    * Paul Craig Roberts il a été rédacteur en chef du Wall Street Journal et secrétaire adjoint du Secrétaire au Trésor US [sous Reagan].

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    1. "Au moment où le développement du capitalisme semble avoir atteint ses limites historiques, les luttes (des classes)risquent souvent de se borner à la défense du statu quo et à la recherche de meilleures conditions de survie pour soi-même au milieu de la crise".
      Pour ouvrir votre esprit sur autre chose que la croissance, le déficit des comptes publics ou la répartition des richesses et prendre du recul, lisez, si ce n'est déjà fait, Anselm Jappe sur palim-psao.over-blog.fr/article-peut-on-s-emanciper-du-fetichisme-par-ans...

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  2. Quelle crédit peut-on accorder aux propos indignes et malfaisants d'un escroc comme ce Barrosa qui, après avoir été un gauchiste extrêmiste, a retourné sa veste pour devenir un adepte du néo libéralisme ?

    La seule question qui vaille est de savoir comment un tel individu peut représenter les Européens. Ne méritons-nous pas mieux que ce genre d'épouvantail bouffi autosatisfait ?

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