7 juin 2013

La meilleure interview de François Hollande

François Hollande a paraît-il remis à sa place son ministre de l'intérieur. Il était triste que le Figaro et quelques autres ne retiennent que cette information politique d'un déplacement à Marseille et un entretien à la Provence désormais possédée par Bernard Tapie.

L'échange exact fut le suivant:
Manuel Valls a affirmé son ambition devant une lectrice de "La Provence". Ça vous a gêné ?
FH : Non. Il faut toujours avoir de l'ambition pour son pays. Quant à Manuel Valls, il fait du bon travail et il sait que c'est toujours le président de la République qui décide.
Fichtre... Quel "redressement" ! Car le Figaro y a vu un "redressement". Jugez plutôt: "Hollande rappelle à Manuel Valls qu'il est le patron" ose titrer Charles Jaigu, mercredi 5 juin.

Manuel Valls a sans doute une ambition. S'il ne la cache pas, d'autres se chargeront de nous la rappeler. Ils sont nombreux ceux qui adorent le "petit" commentaire facile de tactique microscopique. C'est toujours plus simple que de comprendre la réalité du monde qui nous entoure.

Ce jour-là à Marseille, Hollande avait d'autres choses à dire: encore défendre son pacte de compétitivité - qui finalement coûte moins cher que prévu; encore louer sa réforme bancaire, ou ses récentes annonces sur la famille.

Son entretien avec la Provence était bien plus riche en explications que ce résumé "politicien".

Il parle évidemment de Marseille, de sa pauvreté ("C'est une ville qui a été trop longtemps délaissée par l'État et qui affronte des reconversions industrielles douloureuses"), de son insécurité ("Tous les problèmes ne sont pas résolus. Loin de là. Mais les actes prouvent notre volonté"), du chômage ("10 000 jeunes à Marseille sont en situation de demandeurs d'emplois"). Il promeut les rapprochements régionaux: "une métropole sera une structure mobilisant un certain nombre de compétences sur l'économie, le logement, les équipements."

On l'interroge sur l'affaire Guérini: "C'est à la justice de faire tout le travail nécessaire. Sans faiblesse de sa part et sans pression d'aucune sorte sur les procédures en cours. En toute indépendance et en toute rigueur. Le plus tôt sera le mieux."

Il y a cette question, presque incroyable et peu relevée, de la part du journaliste de La Provence: "Vous réformez le quotient familial. Après le mariage homosexuel, décidément, la gauche s'attaque à la famille ?" Une misère....

Il évoque Schröder et son prétendu hommage voici 10 jours à Leipzig: "Je n'approuve pas toutes les réformes qui ont été faites en Allemagne mais je constate le résultat." Au journaliste qui lui demande quelles réformes "équivalentes" il ferait en France, Hollande récuse l'amalgame: "Je ne vais pas remettre en cause les droits des chômeurs. Ce n'est pas au moment où le chômage atteint un niveau record qu'il convient de mettre encore plus en difficulté les demandeurs d'emploi." Il ne veut pas qu'on touche à l'âge de départ à la retraite.

Sur la prétendue austérité de mise contre la fonction publique,  il est clair: "quant à la question des fonctionnaires, si maltraités par le précédent quinquennat avec une RGPP qui a désorganisé l'administration sans réaliser d'économies, j'ai fixé le principe : stabilité des effectifs, mais comme nous créons des emplois dans l'éducation, la police, la justice et la gendarmerie, partout ailleurs, on réduit. En 2014, les dépenses de l'État vont même diminuer."

Mais il y avait ce quizz final:
Un an de présidence, votre plus grosse déception ?
FH : L'affaire Cahuzac.
Votre plus grande responsabilité ?
FH : Faire intervenir les troupes françaises au Mali.
Votre plus grande réussite ?
FH : Vous la verrez dans quatre ans.


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