24 juin 2013

Qatar: mais que va faire Hollande dans cette galère ?



L'Etat est un petit émirat islamiste richissime qui investi à tour de bras dans nos économies occidentales pour prévenir le jour où ses ressources pétrolières et gazières seront épuisées. En Sarkofrance, l'ancien monarque avait encouragé nombre de ses investissements. Cette fois-ci, François Hollande lui rend visite.

A quoi bon ?

Hollande comme Sarkozy
Le président français est resté 22 heures sur place. Tout ressemble, dans ce déplacement, aux anciennes pratiques. Tout, sauf peut-être l'essentiel, la réalité des relations économiques.

Sarkozy voyageait beaucoup mais s'activait surtout sur notre territoire national pour favoriser l'implantation qatari. Il a oeuvré pour que son fond souverain rachète le PSG. Il a soutenu la candidature qatari pour l'organisation de la Coupe du monde de football de 2022, espérant ainsi quelques contrats pour nos entreprises nationales. En 2008, il a fait exonéré d'impôts les plus-values immobilières et mobilières des fonds souverains qatari en France. Sa ministre des finances Christine Lagarde a travaillé pour attirer les placements islamiques, notamment qatari.

Au final, le quinquennat sarkozyste a apporté 12 milliards d'euros d'investissements du Qatar, en particulier dans l'immobilier, l'hôtellerie de prestige et le sport. On évalue à un peu moins de 8 milliards d'euros les participations du Qatar dans les entreprises du CAC40.

Le voyage de François Hollande ressemble à n'importe quel déplacement sarkozyste. On y retrouve les mêmes symboles diplomatiques: un gros mais court déplacement, les 22 et 23 juin, avec une "imposante délégation composée notamment de 46 chefs d'entreprises", et beaucoup de contrats à signer comme ce 1,8 milliard pour la construction d'une ligne du métro à Doha pour Vinci.

Le programme est chargé: inauguration du site Al Waab au lycée franco-qatarien Voltaire, rencontres avec des expatriés, un dîner du couple présidentiel avec l’Emir de l’Etat du Qatar et son épouse au Palais Wajba;  visite du chantier de Qatar Petroleum District, cérémonie officielle d’accueil au Palais Diwan Amiri, entretien avec l’Emir de l’Etat du Qatar et signature d’accords et de contrats commerciaux, visite de musée, conférence de presse et déclaration conjointe à la presse.

Hollande différent de Sarkozy ... ?
Il a eu les mots doux et diplomatiques qui convenaient: nos relations "sont fondées sur trois principes : la confiance, la réciprocité, la transparence". Il y a beaucoup à vendre en France.

Les messages délivrées par ses conseillers à la presse accréditées sont contradictoires. Pour certains, il s'agit de "clarifier les relations" (Libération, 22 juin); pour d'autres, de "dissiper la méfiance que suscite le Qatar" (Reuters, 23 juin). "Le Qatar est un pays ami de la France, c'est peut-être un ami de Nicolas Sarkozy mais c'est surtout un ami de la France" a même confié un conseiller élyséen.

On sait bien combien l'actuel président a hésité. On se souvient comment il a détesté le projet prosélyte d'investissement de 50 millions d'euros dans les banlieues françaises. Le Qatar a d'ailleurs renoncé. On sait combien Sarkozy avait besoin des Qatari pour sa guerre en Libye ou pour payer la rançon des infirmières bulgares. On a appris combien Hollande en voulait aux Qatari de soutenir quelques fiefs terroristes islamistes, et notamment au Mali.

Cette fois-ci, donc, on croit comprendre que Hollande ne veut pas emboiter l'exact pas de Sarkozy sur ce terrain. Mais la différence est mince, dans les mots et l'attitude. Il paraît que les mots, en diplomatie, sont comme des armes.

En matière d'affaires, à la différence de son prédécesseur, Hollande semble vouloir fixer quelques limites: "Nous ne refusons pas les investissements des Qataris en France, mais nous disons qu'il y a des conditions à respecter, des domaines à faire prévaloir, des règles aussi à faire comprendre." Ces limites, on les cherche. Sur place, il explicite: "Les investissements qataris doivent couvrir tous les domaines de la croissance française, l'industrie, les services et aussi l'immobilier, en sachant que c'est sur l'industrie et sur les services que nous voulons donner la priorité". Le propos reste diplomatique. C'est une variante du "J'vous ai vu".

Il n'y a certes plus le volontarisme bienveillant de Sarkofrance, mais il demeure du business à faire.

Attendions-nous que Hollande nationalise le PSG ?

Lire aussi:

8 commentaires:

  1. C'est en effet troublant.
    A noter que dans le cadre de la convention franco-qatarie, signée en janvier 2008 entre Nicolas Sarkozy et l’émir Hamad Ben Khalifa Al-Thani qui exonère d’impôt sur les plus-values tous les investissements immobiliers réalisés dans l’Hexagone par l’État du Qatar ou ses entités publiques, il faut comprendre les biens de la famille de l’émir.

    RépondreSupprimer
  2. C'est en effet troublant.
    A noter que dans le cadre de la convention franco-qatarie, signée en janvier 2008 entre Nicolas Sarkozy et l’émir Hamad Ben Khalifa Al-Thani qui exonère d’impôt sur les plus-values tous les investissements immobiliers réalisés dans l’Hexagone par l’État du Qatar ou ses entités publiques, il faut comprendre les biens de la famille de l’émir.

    RépondreSupprimer
  3. Ça va, FH n'a pas visité le bureau politique des talibans fraîchement ouvert la semaine ouvert, ouf.

    RépondreSupprimer
  4. Tout d'abord, ayaons à l'esprit le facteur suivant :

    L’indice de démocratie est un indice créé en 2006 par The Economist Group qui évalue le niveau de démocratie de 167 pays sur une échelle allant de 0 à 10.

    En 2011 le Qatar était classé 138e et appartenait à la catégorie des régimes autoritaires !

    Pour ce qui est de la convention fiscal avec le Qatar, rappelons qu'elle remonte à 1990 et a été remaniée en 2009 à la demande des Quatari

    "Signée en 1990, la convention France-Qatar sur la non double-imposition a été révisée et sa nouvelle mouture signée par Nicolas Sarkozy et l’émir Hamad Ben Khalifa Al-Thani (le propriétaire du PSG) en janvier 2008 avant d’être adoptée par le parlement, sans débat public, en février 2009."


    Le meilleur pour la fin :

    "Cerise sur le gâteau fiscal en matière d’ISF, dont on se doute qu’une grande partie des résidents qataris en France y sont assujettis, « les biens situés hors de France d’un citoyen du Qatar résidant en France n’entrent pas dans l’assiette de l’impôt de solidarité sur la fortune pour une période de cinq ans après qu’il soit devenu résident français » et « le citoyen qatari qui perd la qualité de résident de France pendant au moins trois ans, mais le redevient, est exonéré d’impôt sur la fortune sur ses biens situés hors de France pour une période de cinq ans après qu’il soit redevenu résident français »."

    ==> http://www.marianne2.fr/La-France-un-paradis-fiscal-pour-residents-qataris_a213572.html


    Encore plus fort :

    "À travers le Qatar, la France peut en fait servir de paradis fiscal pour tout le monde, même pour les ennemis de l’impérialisme américano-sioniste.

    Pour un ami de cet impérialisme ou pour quelqu’un qui s’en fout, il suffit de fabriquer une société bidon au Qatar, et d’investir en France au travers de cette société. Et la France sera pour lui un paradis fiscal ; même s’il est Français.

    Et, s’il est un ennemi de l’impérialisme américano-sioniste, comme il risque d’avoir des difficultés pour établir une société écran directement au Qatar, il lui suffira de prendre un intermédiaire de plus en fabriquant tout d’abord une société bidon aux îles marquises ou aux Caïmans (il y a quelques années, ça coûtait 5000 Euros. Pas cher pour les riches !) ; puis, cette société bidon établie aux Caïmans pourra fonder sans difficulté une société écran au Qatar qui pourra enfin investir en France et faire plein de fric sans payer d’impôts, ou camoufler en France son fric gagné ailleurs.

    La France est un paradis fiscal parfait. Il suffit de connaître le truc."

    RépondreSupprimer
  5. Une galère ?
    Un yacht de luxe oui !

    Il vient y faire des affaires.
    Sarkozy venait y faire du fric.
    Hollande est mieux élevé et habile d'une autre manière.

    La France à fric va prospérer.

    Et le PS a le culot de parler de la fin de la France- Afrique !

    Sarkozy me faisait honte mais il me faisait rire.

    Hollande ne me fait pas rire et je crains qu'il ne me fasse honte , un jour !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. non, pas honte. Hollande est réaliste, au bon sens du terme. Car il y a un bon sens à ce terme.

      Supprimer
    2. Ce qu'il y a de bon dans le réalisme c'est qu'il permet de traiter sans complexe avec un Etat répertorié comme Etat autoritaire, occupant en 2011 du point de vue des critères définissant une démocratie le 138e rang sur 167. Mais bon cet état lutte pour l'instauration de la démocratie sous d'autres cieux ... Alors faute à moitié pardonnée ???

      Supprimer
  6. Si j'ai bien compris, Hollande est donc un Sarkozy qui "donne des priorités".

    Plus le temps passe, plus les différences entre les deux hommes se confirment: d'un côté, celui qui parle sans arrêt et fait le contraire de ce qu'il dit, et de l'autre, celui qui est quasiment inaudible et qui ne tient pas ses promesses.

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.