11 juin 2013

Claude Guéant, le naufrage


C'est l'histoire d'un naufrage éthique, un échec de la République. L'homme nous fut présenté comme un serviteur de l'Etat, préfet méritant qui décida sur le tard de servir un homme politique qu'il croyait d'envergure politique nationale.

Mais cette histoire a fait long feu. Il ne s'agit plus que d'une affaire de gros sous.

Quand il était secrétaire général de l'Elysée, il écrivait à un oligarque russe pour favoriser la cause de son gendre banquier d'affaires.

Quand il était directeur de cabinet du ministre Nicolas Sarkozy, il recevait jusqu'à 10.000 euros mensuels de primes occultes en espèces. Manuel Valls, l'actuel ministre de l'intérieur, avait demandé une enquête. La voici, et ses résultats, graves, ont été confiés à un procureur.

Claude Guéant ne percevait pas des primes de cabinet, interdites depuis le gouvernement Jospin. Non, d'après la police des polices, Guéant se servait dans les frais d'enquête. Des sommes en espèces conservées pour régler des intermédiaires dans les enquêtes. Cette pratique avait été également interdite par le gouvernement Jospin.

Plus incroyable, d'après l'enquête de l'IGPN et de l'IGA, "il semble que la pratique antérieure au 1er janvier 2002 ait été rétablie de mai 2002 à l'été 2004." Vous avez bien lu: il fallu l'arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur pour que ces pratiques occultes reviennent en force... Et le tout sans contrôle avant ... 2012.

Guéant a avancé une explication, par entourage interposé: "ces sommes ne lui étaient pas destinées, mais étaient utilisées pour un système de «gratifications», notamment pour les policiers en charge de la protection du ministre de l’Intérieur de l’époque".  Sans rire ? On ne comprenait alors plus pourquoi Guéant avait justifié ses 25.000 euros de paiements en espèces par le bénéfice de ces primes en liquide...


On s'interrogeait aussi de savoir l'essentiel: le patron de la bande, si cette dernière était aussi organisée qu'on le disait, était-il au courant ?


9 commentaires:

  1. Je pense que les prochains jours vont être difficile pour lui, grandeur et décadence.

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  3. Quand en 2008 - 2009, le patron de Guéant à l'Elysée racontait des contes à dormir debout parlant de moraliser le capitalisme nous demandions alors le plus naturellement du monde : "Mais qui va moraliser le moralisateur ?" Question qui n'a rien perdu de sa brûlante actualité ...

    La politique de Hollande est nulle eu égard à son ancrage politique présumé ; mais question présidentiabilité, il fait figure à côté de son prédécesseur de géant juché sur les épaules d'un nain !

    Si Hollande symbolise le naufrage de l'idée de gauche, Sarkozy incarne l'effondrement de l'idée de politique !

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  4. " il nous fut présenté comme un serviteur de l'état" à relativiser méchamment car il nous fut présenté par Sarkozy.

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  5. C'est le principe de la mafia ça ?

    On comprend pourquoi il ne devait pas perdre les élections de 2012.

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  6. Mardi 11 juin 2013 :

    Quelles sont les conséquences politiques de la crise économique en Europe ?

    Réponse :

    Sondage exclusif. Un an avant les élections européennes, notre enquête Ifop - “Valeurs actuelles” le révèle : le FN fait jeu égal avec le PS et l’UMP (21 %). En attendant de passer en tête ?

    « Au rythme où vont les choses, le Front national va terminer premier aux élections européennes de mai 2014 », prédit Marine Le Pen. Et si sa prédiction se réalisait ? À un an du scrutin, notre sondage exclusif Ifop-Valeurs actuelles le révèle : jamais le FN n’est apparu si fort à l’approche d’une échéance européenne. Pour la première fois de son histoire, et de ses six participations, le parti fondé par Jean-Marie Le Pen fait jeu égal, dans notre sondage, avec les deux “partis de gouvernement”, PS et UMP.

    À la question : “Si les élections européennes avaient lieu dimanche prochain, parmi les listes suivantes, pour laquelle y aurait-il le plus de chances que vous votiez ? ”, les Français placent le Front national à égalité avec ses adversaires PS et UMP : 21 % d’intentions de vote chacun.

    http://www.valeursactuelles.com/europ%C3%A9ennes-fn-l%E2%80%99abordage20130605.html-0

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    1. Si il y a bien un scrutin dont on ne peut guère tirer d'enseignement au plan national c'est bien celui-ci : en 2009, les Verts devançaient presque le PS (16,3 contre 16,5) ! Ce qui n'a pas empêché le PS hégémonique d'assurer un leadership tranquille à gauche par la suite ! Ces élections mobilisent peu ...

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  7. Cette photo est un brin subversive, non ? Elle a été tirée d'une bande-annonce des Incorruptibles ou quoi ?

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