13 juin 2013

Politique fiction: avec qui Hollande devra-t-il finir par cohabiter ?


Que nos lectrices et lecteurs nous pardonnent ce billet d'analyse politicienne. Il fallait bien s'interroger sur ce qui pourrait être une révolution en douceur.

Les socialistes ont donc perdu 3 députés depuis juin 2012, à la faveur d'élections partielles. La dernière en date, dans deux circonscriptions taillées sur mesure par l'ancien monarque pour les Français de l'étranger, a eu lieu le weekend précédent. L'abstention y fut massive. Avec deux autres élus exclu - Sylvie Andrieux (exclue) et Jérôme Cahuzac (démissionnaire), voici donc que le groupe socialiste s'approche dangereusement de la barre fatidique des 289 députés, le seuil de la majorité absolue.

1. La seule leçon politique que l'on peut sans surprise tirer de ces élections est qu'Hollande déçoit mais que l'opposition ne convainc pas. L'abstention est même incroyable: l'UMP a gagné auprès des Français d'Amérique du Nord avec ... 86% d'abstentionnistes. L'UDI a récupéré le siège de la zone "Chypre, Grèce, Italie, Israël, Turquie" contre une candidate UMP, la gauche ayant été éliminée dès le premier tour,

2. L'abstention est si massive qu'on est en droit de se demander si ces élections ont encore un sens. Personne n'est troublé qu'un Frédéric Lefebvre puisse débouler dans l'hémicycle avec moins de 8% des suffrages... Cette abstention n'est pas nouvelle: elle était déjà massive en juin dernier pour ces circonscriptions exotiques. Elle fausse également pas mal de pronostics pour les prochaines élections municipales.

3. Il y a des revenants. Tel Frédéric Lefebvre, ancien Sarko-boy bien connu de ces colonnes. C'est la première fois qu'il est élu au suffrage universel sur son nom. Certes, avec des voix d'expatriés, celles des Français d’Amérique du Nord, mais saluons la maigre performance. L'homme s'est calmé depuis sa grande période quand il était porte-flingue de l'ancien monarque et porte-parole du clan. Entre juillet 2007 et juillet 2009, il remplaçait André Santini comme député des Hauts-de-Seine.

4. Le PS risque-t-il vraiment de perdre la majorité ?  Si le PS perdait encore quelques sièges, la question des alliances se poserait. L'enjeu est plus grave qu'au Sénat qui n'a jamais le dernier mot parlementaire. Au PS, certains stressent un peu. Mais cette inquiétude est encore prématurée. D'autres législatives partielles pourraient intervenir si un ministre démissionnaire ne souhaitait pas récupérer son siège; si d'autres élus socialistes étaient inquiétés par la justice; ou si le cumul des mandats impose des démissions. Pour mémoire, un député européen ne peut être également député ou sénateur. Or quelques socialistes

5. Avec qui Hollande devra-t-il cohabiter ? C'est la seule question qui vaille. Faudra-t-il s'allier aux rares non-inscrits, ou aux 15 GDR du Front de gauche ? Faudra-t-il lâcher quelques concessions de plus aux écologistes dont l'un des députés, Noël Mamères réclame le départ du gouvernement avant l'automne ? Le contrat de gouvernement conclu avec les écologistes n'en deviendrait que très alourdi. Une majorité rétrécie renforce le poids des alliés potentiels. Dans le cas présent, on a peine à imaginer qu'une nouvelle alliance puisse s'arrimer à la gauche du PS à l'Assemblée nationale tant l'opposition arrimée autour de Jean-Luc Mélenchon demeure frontale et verbalement violente.



Alors ?

7 commentaires:

  1. Jeudi 13 juin 2013 :

    La construction européenne aboutit à une crise économique, une crise financière, une crise sociale, une crise morale, une crise démocratique, une crise politique partout en Europe.

    Quelles sont les conséquences politiques de la crise en Europe ?

    Réponse :

    Européennes 2014 : le FN à 18% devant le PS, mais derrière l'UMP [sondage YouGov].

    Comme en 2009, l'UMP se classe en tête mais avec seulement 19% d'intentions de vote. Le parti de Jean-François Copé, qui avait recueilli 28% des suffrages en 2009 (dans le cadre il est vrai d'une alliance avec le Nouveau Centre), ne dépasse que d'une courte tête le Front national (18%) qui pointe désormais en deuxième position.

    Un score proche de celui remporté par Marine Le Pen à l'élection présidentielle et qui, s'il devait se confirmer, ferait grimper le parti d'extrême droite de plus de 10 points en 5 ans. En 2009, les sondages n'avaient jamais placé le FN au-dessus de 9%.

    "Au rythme où vont les choses, le Front national va terminer premier aux élections européennes de mai 2014", pronostiquait d'ailleurs récemment Marine Le Pen, en s'appuyant sur des sondages confidentiels qui créditent son parti d'un score équivalent à celui de l'institut YouGov.

    http://www.huffingtonpost.fr/2013/06/13/europeennes-2014-fn-ps-ump-sondage-yougov_n_3428818.html

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  2. Tu oublies les radicaux de gauche dans ton analyse. Ils sont totalement acquis aux socialistes.

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  3. Quid du FDG ? Absent du sondage ou zappé volontairement par BA ? Quand au PS, vu les réformes, il pourrait s'allier avec l'UMP, c'est le même discours.
    Horrible.

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  4. Quid du FDG ? Absent du sondage ou zappé volontairement par BA ? Quand au PS, vu les réformes, il pourrait s'allier avec l'UMP, c'est le même discours.
    Horrible.

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  5. L'effondrement du Parti socialiste, la revanche du Front de gauche.

    Autre enseignement majeur de cette première tendance, le Parti socialiste s'effondre et se retrouve au même niveau d'intentions de vote que le Front de Gauche, les deux partis étant crédités de 15% des intentions de vote.

    "Ce faible score s’explique par une dispersion de l’électorat PS au profit des autres listes de gauche modérée (EELV, ou divers gauche), plutôt que par la concurrence du Front de Gauche", analyse Suzanne Ter-Minassian.

    Selon la responsable de la recherche politique et sociale chez YouGov, "seuls 52% des sympathisants socialistes ou écologistes disent prévoir de voter pour les listes PS, 17% pour EE-LV, 10% pour une autre liste de Gauche, et 7% pour le Front de Gauche".

    En clair, le parti de François Hollande est très loin de faire le plein de voix dans son propre électorat et pourrait, si cette tendance se confirme, subir une défaite encore pire que celle enregistrée aux élections européennes de 2009.

    http://www.huffingtonpost.fr/2013/06/13/europeennes-2014-fn-ps-ump-sondage-yougov_n_3428818.html

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    Réponses
    1. Pour ça, il n'y a pas de doute, le PS va se prendre une dérouillée, une avoinée, une rouste (au choix), comme dans les années 90 et en 2002. Ca ne leur a pas servi de leçon.

      Pendant ce temps-là, l'UE s'apprête à négocier avec les Etats-Unis avec des gouvernants français uniquement préoccupés par l'exception culturelle. Encore de beaux dégâts en persective dans l'économie, le social, le sanitaire ...!

      Mais où Hollande va-t-il s'arrêter dans sa politique ultra libérale ? Plus que 4 ans, ça va être long ...

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