30 juillet 2013

Hollande et la reprise économique: "ne la laisse pas tomber"

Les signes d'une sortie de récession sont visibles et mesurés. Ce n'était pas une lubie quand François Hollande, lors de son intervention télévisée du 14 juillet dernier, annonça tout de go que "la reprise est là".

Oui, elle est là. Mais elle bien fragile.

On pourrait lui adapter le refrain de cette chanson plus que trentenaire de Cookie Dingler: "Ne la laisse pas tomber, elle est si fragile".

Car la reprise est économique est bien fragile.

1. La zone euro est sortie de la récession.
"Plusieurs indicateurs montrent une amélioration en Europe et, surtout, un retour de la confiance", expliquaient les Echos dans son édition du 26 juillet dernier. Quelques jours après l'affirmation de François Hollande qui, sur le coup, avait pris les commentateurs professionnels par surprise, " les indicateurs économiques tombent les uns après les autres et les bonnes nouvelles s'amoncellent." Pêle-mêle: l'indice d'activité PMI (première hausse depuis 18 mois), le baromètre allemand IFO (quatrième hausse d'affilée du moral des entrepreneurs (106,2), l'indice belge sur le moral des chefs d'entreprise (en progrès); la poursuite de la croissance en Grande-Bretagne (+ 0,6 % au deuxième trimestre 2013, contre 0,3 % au premier trimestre); la baisse du chômage en Espagne (de 27,16 % à 26,26 %).

2. La France sort aussi de la récession: la confiance des ménages rebondit en juillet, d'après l'un des indicateurs de l'INSEE. Les prévisions sont meilleures qu'avant: ainsi la Banque de France a-t-elle relevé à +0,2 % sa prévision de croissancedu PIB au deuxième trimestre (qui s'est clôt en juin), contre +0,1 % auparavant. Des représentants du secteur automobile disent voir la fin du tunnel. L'INSEE rapporte une rebond de la production industrielle en juin dans la plupart des secteurs.

Alors l'euro s'emballe. C'est une presque une surprise. Près de 8% sur un an. Quel bonheur, on frôle l'extase.

Serait-ce Noël en juillet ?

Ben non.

3. Cette reprise est fragile, très fragile. 
"Il y a un petit rebond à cause du déstockage" nous explique un expert. Un autre s'inquiète du resserrement persistent du crédit aux entreprises dans la zone euro (en recul de 1,6 % en juin après un repli de 1,1 % en mai):
"De façon particulièrement décevante et préoccupante, les prêts aux entreprises de la zone euro ont reculé de 13 milliards d'euros en juin après une chute de 17 milliards d'euros à la fois en mai et en avril, ce qui reflète clairement la combinaison d'une offre limitée et d'une demande modeste". Howard Archer, chef économiste Europe pour IHS Global Insight.
C'est exactement cette inquiétude qui a poussé Moscovici en France à accepter de transférer 30 à 50 milliards d'euros des fonds du Livret A aux banques pour qu'elles augmentent leurs prêts aux entreprises.  En France, l'un des leviers de crédit est la BPI, dont le bilan du premier semestre d'activité a été publié ces derniers jours. On relèvera que le préfinancement du crédit d'impôt Compétitivité Emploi frôle les 800 millions d'euros.

La reprise est fragile car les offre d'emplois recueillies par Pôle Emploi en juin ont chuté. Les embauches ont également à nouveau baissé en juin d'après l'URSSAFF relève la même tendance: pour des contrats de plus d'un mois, hors intérim, elles sont en recul de 6,5% en juin par rapport au mois précédent. Et l'emploi intérimaire, dont l'évolution est généralement un signe avant-coureur, s'est encore effondré en juin (-11% versus mai-.

La reprise est fragile, donc.

Il faudra la soigner, c'est-à-dire préserver la demande publique, cibler les économies budgétaires sur les dépenses improductives, protéger les dépenses sociales.




9 commentaires:

  1. Cookies Dingler et Closer, l'ambiance est très camping.
    C'est les vacances, mais bon, il y a des limites, merde !

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  2. Juan a pris le rythme vacances (il doit avoir une bonne connexion Internet dans son camping ;) ) et augmente la cadence de publication des billets. Je profite de celui-ci pour signaler un commentaire fort intéressant au sujet du statut de Valérie Trierwieller à l'égard de la République.

    ==> http://sarkofrance.blogspot.com/2013/07/trierweiler.html?showComment=1375178589244#c2940978668099415062

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  3. "Il faudra la soigner, c'est-à-dire préserver la demande publique, cibler les économies budgétaires sur les dépenses improductives, protéger les dépenses sociales."
    Et donc partir du principe que l'étât peut vraiment beaucoup. De mon point de vue de salarié de l'industrie, je vois surtout que les dirigeants n'arrivent plus à trouver d'écoute attentive auprès des établissements bancaires. Le financement est de plus en plus compliqué (les chiffres de cet article le montre d'ailleurs).

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  4. A ce rythme la, il va bientôt nous chanter "les sardines" de Patrick Sebastien et nous mettre des photos de Nadine Morano. Si la fusion UMP et PS va jusqu'au référence culturelles, y a de quoi s'inquiéter.

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  5. "Il faudra la soigner, c'est-à-dire préserver la demande publique, cibler les économies budgétaires sur les dépenses improductives, protéger les dépenses sociales."
    Et la demande des ménages ? C'est sûrement Pépère qui s'en occupe (selon le Figaro et le Parisien) avec peut-être un nouveau gel, cette fois partiel, du barème de l'IRPP et celui la PPE (prime pour l'emploi qui concerne les salariés aux revenus modestes). Avec le reste du paquet fiscal de 2014 chouette perspective pour la demande "privée".
    Plus sérieusement 8 % du CICE mobilisé (800 Mo sur 10 Mrds pour 2014 - base 2013) à mi-année c'est un franc succès.
    Les prêts aux entreprises reculent, crise de l'offre et de la demande nous dit-on. Mais vous ne retenez que celle de l'offre alors que les entreprises attendent la reprise de la demande des ménages pour financer leur développement.
    Compter sur l'Etat et la demande publique pour soutenir l'économie n'a pas, en ces temps de disette, tellement de sens.
    Repli du chômage en Espagne, après quelques recherches il apparaît que cette embellie doit plus aux emplois liés au tourisme et donc un peu précaires qu'à ceux de l'industrie lourde.
    Non mentionnée la balance commerciale espagnole de mai qui flirte avec l'équilibre. On aimerait en faire autant.
    Sursaut de la confiance des ménages à 82 points, néanmoins elle reste inférieure à la moyenne (indice 100) sur une longue période.

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  6. On est au camping et Brucolaque nous met BFM Business.

    Personne a le supplément économique du Figaro ? Non, je déconne...

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  7. T'as raison, Jeannot, la reprise est fragile, notamment aux Etats-Unis où c'est reparti comme en 14, comme disait Papy.

    Les banques US annoncent des profits records : JP Morgan, +31%, Citibank, +42%, Bank of America, +63%, Morgan Stanley, +74%, Goldman Sachs, +101% grâce aux CFD (Contracts For Differences), qui permettent un effet de levier impressionnant. Les brokers de CFD proposent des leviers supérieurs à 100, qui vont jusqu'à 400, c'est-à-dire qu'avec un capital de 100 euros, on peut parier sur 40 000 euros. Waouh, ça va swinguer et pas seulement dans les campings.

    La crise actuelle n'est pas soldée que la suivante s'annonce déjà avec des risques encore plus élevés. Mesdames, Messieurs, faites vos jeux !

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  8. La prochaine crise sera plus violante mais le gouvernement anticipe avec les mesures adéquates comme l'interdiction de fumer dans les parcs publiques et la prolongation de validité de la carte d'identité de 10 a 15 ans.

    Comme la population vieillit, le gouvernement pourrait organiser des tournois de bridge ou de belote avec DJ Juan aux platines !

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  9. ma connexion estivale est trèèèèèès mauvaise.

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