21 juillet 2013

Trappes ou Brétigny: les barbares de la diversion agitée.

La rumeur ne s'éteindra pas. Un homme politique, paraît-il candidat à l'élection présidentielle à plusieurs reprises, s'est permis d'affirmer, sans davantage de preuve, qu'il savait "de source sûre" qu'il savait que les "victimes avaient été dépouillées" après le déraillement du train de Brétigny-sur-Orge.

On imagine que la police l'interrogera. Cette histoire reste sans fin, et pourtant, il suffit de s'en tenir à ce que l'on sait:

1. Une déléguée d'un syndicat de police classé à droite, Alliance, a rapidement accusé des "jeunes" d'avoir caillassé les forces de l'ordre qui avaient interrompu un pillage collectif des victimes du drame.
"Sur Europe 1, c'est une déléguée du syndicat de police Alliance qui a fait état de la présence, un quart d'heure après la catastrophe, d'un groupe de jeunes "qui semblaient porter secours aux victimes". Mais, selon elle, les policiers sur place "se sont rendus compte que ces individus étaient présents pour dépouiller les victimes et notamment les premiers cadavres". (source: Le Monde)
2. Aucune confirmation ni témoignage n'est venu conforter cette thèse, près de 8 jours plus tard.

3. Les journalistes les plus rapidement sur le terrain ont nié tout "pillage de cadavres par des hordes de jeunes". Un rapport de la direction centrale des CRS semble confirmer les dires de la déléguée. Problème, les CRS sont arrivés une belle heure et demi après le drame...
"Un rapport de la Direction centrale des compagnies républicaines de sécurité (DCCRS), révélé jeudi par Le Point , évoque non seulement des «jets de projectiles» après le déraillement du train, mais aussi des «vols d'effets appartenant aux victimes»." source: Le Figaro
4. Quatre plaintes pour vols ont été déposées par des personnes bien vivantes dont un médecin urgentiste qui se serait fait voler son smartphone, et une "jeune voyageuse" qui "s'est aperçue seulement après l'accident de la disparition" d'objets "personnels". Le Figaro cite un témoignage de passager:
Difficile, dans la pagaille, de faire la différence entre «des jeunes qui voulaient aider et d'autres venus pour voler», soulignent les policiers. «Certains sont venus nous aider à sortir des wagons, raconte d'ailleurs Jean-Robert Baroux, l'un des passagers. En revanche, à la sortie de la gare, alors que je parlais à un journaliste, un jeune a mis la main dans le sac de ma compagne.»
5. Six personnes ont finalement été interpellées.

Puis il y eu Trappes, un autre fait divers dramatique, sans mort cette fois. Quelques twittos se sont excités avant autant de rapidement qu'un animateur de chaîne d'info contraint d'alimenter son flash. Toute la journée de samedi, même la radio France Info nous expliquait donc - les guillemets désignent les formulations de la station - que des "affrontements" avaient eu lieu, en "trois vagues" dans la nuit de vendredi à samedi, contre un commissariat de Trappes. En cause, des policiers avaient tenté de "verbaliser" une femme portant le voile "intégral", chose interdite en France. Le mari de la dame aurait essayé "d'étrangler" le ou les policier(s). "Deux cents à deux cent cinquante personnes" auraient participé à l'assaut. Une résidente qui "habite à 200 mètres du commissariat" témoigne... qu'elle a entendu "comme des pétards" mais qu'elle n'a "rien vu" (sic!). Une chaîne d'info file enregistrer le témoignage d'un autre gars qui trouve normal d'aller "défendre ses frères".

Samedi soir, les caméras de nos chaînes nationales étaient là pour filmer les cars de CRS dépêchés sur place. 

Nous avions donc la confirmation de l'effroyable: les barbares de la diversion agitée étaient bien à l'oeuvre. 

C'était l'été, il fallait du pain et des jeux.





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