26 septembre 2013

Austérité version Hollande: Où trouve-t-il 15 milliards d'euros d'économies ?

(source)
Le gouvernement nous l'avait promis, 80% des efforts pour redresser les comptes publics l'an prochain porteraient sur des réductions de dépenses. Mercredi 25 septembre, le projet de loi de finances livre enfin quelques-uns de ses secrets.

Au final, le déficit budgétaire ressort quand même en hausse à 82,2 milliards d’euros l'an prochain, (contre 72 milliards attendus en 2013), à cause des 12 milliards de crédits décaissés pour les programmes d’investissement d’avenir.

Les services de Bercy ont trouvé 15 milliards d'économies, ce qui n'est pas rien. Six sont piochés sur la Sécurité sociale, neuf sur les dépenses de l'Etat.

Plus précisément, voici quelques-unes de ces économies proposées. La liste est loin d'être exhaustive, d'autres analyses suivront.



  • Report du 1er avril au 1er octobre de l'indexation des retraites (hors minimum vieillesse): 800 millions d'euros
  • Réduction du quotient familial : un milliard d'euros
  • Réduction des dépenses d'assurance maladie (sans détail à ce stade): 2,9 milliards d'euros
  • Réduction des aides familiales pour les familles aisées: 200 millions
  • Réforme des frais de justice: 45 millions
  • Réduction des dépenses de fonctionnement des ministères (-2%) - le gouvernement évoque ainsi 47 millions sur les ministères économiques et finances.
  • Suppression de 13.000 postes de fonctionnaires pour l'essentiel aux Finances (2.600) et à la Défense (8.000). Compte tenu des recrutements dans l'Education, la justice et la police, le solde net ressort à 3.347 suppressions seulement (après +5000 créations en 2013)
  • Dotations aux chambres de commerce, chambres consulaires, chambres d'agriculture: 300 millions
  • Remplacement de la prime d’apprentissage par "une nouvelleaide concentrée sur les très petites entreprises ": 550 millions
  • Réduction des dotations aux collectivités locales: 1,5 milliards d'euros, dont 840 millions pour les communes, 476 millions pour les départements et 184 millions pour les régions. Au passage, le gouvernement évoque une "meilleure péréquation en faveur des collectivités les plus fragiles" ("le Fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC) passera de 360 M€ à 570 M€ en 2014 ; le Fonds de solidarité des communes de la région d’Île-de-France (FSRIF) progressera de 230 M€ en 2013 à 250 M€")
  • Réduction du bonus automobile : 230 millions d'euros
  • Durcissement du malus automobile: 100 millions sur le malus, dont le niveau maximal est porté à 8.000 euros au-delà de 200 grammes de CO2 émis au kilomètre.
  • Non-indexation des aides au logement (APL): 177 millions d'euros (ce qui annule le coup de pouce de 2013).
  • Réduction des aides publiques au développement: 163 millions d’euros (qu'en pense Pascal Canfin ?)

15 milliards d'euros sur près de 300, est-ce de l'austérité ?

Techniquement, non. Politiquement, sans doute.


[NDR: L'affaire régale les commentateurs néo-libéraux. Ecoutez donc Nicolas Doze, l'éditocrate enroué de BFM-TV. On évitera, ici, de critiquer la démarche dans son ensemble, mais plutôt les arbitrages qui ont été retenus: l'intoxication neo-lib sur le "ras-le-bol" fiscal a fait son oeuvre. Certaines mesures d'économie ici présentées sont proprement scandaleuses, comme le gel des APL. Nous n'avons pas fini d'en parler. ]


Lire aussi:
L'intégralité du projet de loi
Ces dépenses qu'aucun gouvernement ne peut diminuer (Le Monde)

2 commentaires:

  1. Ah ça, il suffisait de regarder le débat entre Karine Berger (incroyable de culot), Henri Sterdyniak, François de Closet, Hervé Mariton (d'une rare mauvaise foi) sur LCP hier, pour comprendre rapidement l'entourloupe de la "pause fiscale" et la "réduction" des dépenses publiques qui augmentent moins que la croissance tendancielle. En clair cela signifie que bien la dépenses aurait du augmenter de 15 Mrds de plus si le gouvernement n'avait pris aucune mesure. Le budget n'augmente donc en valeur absolue que de 3 ou 4 Mrds et le déficit ne serait donc que de 82 Mrds à cause des 12 Mrds qui seraient investis dans l'avenir.
    Ô joie, sonnez hautbois, résonnez musettes.
    Au final tout cela n'est pas bien brillant. Car l'ONDAM voté (2.4 %) qui doit permettre de "tenir" le déficit de la sécu n'a jusqu'ici jamais été respecté et les dépenses progressent tendanciellement de 4 % l'an. Bref on n'a qu'à attendre tranquillement que ces projections soient contredites par la réalité pour constater une fois de plus sur quel sable mouvant le gouvernement construit ses prévisions.

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  2. La réduction des dépenses des uns constitue bien une diminution des recettes pour les autres, non ?

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