23 septembre 2013

Marine Le Pen dépasse ses bornes

La présidente du Front national n'effraie pas seulement parce qu'elle côtoie Bruno Gollnisch, parce qu'elle aimerait cette révolution nationale qui expulserait ceux-là de nos résidents qui bien que légalement installés ici ont le tort de ne pas être nés Français ni de Français.

Marine Le Pen effraie aussi parce qu'elle raconte des absurdités incroyables.

Dimanche, elle s'est exclamé que la France, votre pays, le nôtre aussi, soutenait "le fondamentalisme islamique terroriste". Rien que ça... On se demande quel intérêt cette France qu'elle aspire à gouverner aurait à soutenir Al Qaïda. Qu'importe... le complotisme névrotique ne s'attache pas aux raisonnements raisonnables.


Si le sujet n'était grave, deux Françaises tuées à Nairobi dimanche, nous pourrions éclater de rire. Il valait mieux pleurer.
"J'accuse de manière extrêmement claire le gouvernement d'aujourd'hui de François Hollande, et celui d'hier de Nicolas Sarkozy d'être en Libye et en Syrie intervenus directement au soutien du fondamentalisme islamique terroriste."
Marine Le Pen a un argument qu'il faut suivre:
"Le fondamentalisme islamique, et notamment d'Al-Qaida, est aidé de manière absolument directe par un certain nombre de capitales européennes, dont hélas la France, comme cela a été le cas hier en Libye, et comme c'est le cas directement par la fourniture d'une aide, de conseils et même d'armes en Syrie." 
S'il ne s'agissait d'un sujet grave et sérieux, nous pourrions sourire.

1. Marine Le Pen ment effrontément en accusant la France de soutenir "directement", via la "la fourniture d'une aide, de conseils et même d'armes" au mouvement d'Al Qaïda. Elle n'a aucune preuve. A minima, elle aurait pu s'interroger sur comment aider militairement ou financièrement une rébellion infiltré par des éléments islamistes. Mais non, chez Marine Le Pen, on surjoue dans l'outrance, on raconte n'importe quoi. Plus c'est gros, plus cela devrait passer.

2. Au Front national, on aime bien Bachar el Assad. Début 2012, la révolution n'avait que 11 mois que Jean-Marie Le Pen lui même excusait la répression officielle. Quelques très proches de Marine Le Pen soutiennent aussi le régime de Bachar el Assad. Frédéric Chatillon, ce grand brun musclé qui entoure Marine Le Pen lors de ses meetings, qui fréquente Tlass, l'un des responsables des services secrets d'Assad, avait créé le site Infosyrie, agence de "ré-information" sur le conflit syrien, qui a cessé son activité le 31 janvier dernier.  Ce site était animé par Louis Denghien. Le même qui louait, en janvier dernier, "Bachar, président, résistant, battant".

3. Le sujet syrien est embarrassant pour Marine Le Pen. La Syrie est une menace pour Isarël. Or  l'entreprise mariniste de "dédiabolisation" suppose un rapprochement avec la communauté juive en France. Insister sur le danger islamiste pour mieux excuser le régime officiel syrien est une manoeuvre assez prévisible.
"On retrouve avec tout ce beau monde le fondateur du Réseau Voltaire, Thierry Messan, qui s’est fait un nom en soutenant que le 11 Septembre était un attentat intérieur et son vice-président Issa El-Ayoubi, cadre du Parti social nationaliste syrien. Ce groupe libano-syrien est violemment anti-communiste et à tendance nazie bien visible avec son drapeau (ci-contre) et son hymne reprenant la musique de Deutschland Uber Alles. Cette formation politique est dotée d’une milice partie prenante dans la traque des opposants syriens, jusqu’au Liban." (Source: l'Humanité du 5 mars 2012)


2 commentaires:

  1. "cette révolution nationale qui expulserait ceux-là de nos résidents qui bien que légalement installés ici ont le tort de ne pas être nés Français ni de Français."

    Marine Le Pen, qui est avocate, fait semblant d'ignorer qu'on ne peut expulser quelqu'un, quelle que soit sa nationalité, sans l'accord du pays qui devra l'accueillir: ça limite beaucoup le nombre d'expulsions possibles.

    "La Syrie est une menace pour Israël."

    Non, pas la Syrie des El-Assad, qui se sont toujours gardés de la moindre provocation militaire envers Israël, même sur les frontières du Golan unilatéralement annexé; il en irait tout autrement avec un gouvernement islamique syrien.

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  2. N'oublions pas que, dans notre chère démocratie moribonde, il y a des racistes
    "indécrottables" et, de l'autre, des apologistes du communautarisme, comme Claude Askolowicz (lire l'article sur marianne.net). Quand serons-nous capables, dans notre pays, d'avoir une approche plus sereine de la question de l'immigration, condition sine qua non à la conduite d'une politique internationale de la France responsable et créative. La question de l'immigration se pose autant et même plus dans les pays d'origine des migrants pour lesquels rien ne change vraiment (colonialisme économique, népotisme ...)

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