22 septembre 2013

Merkel réélue: le syndrome allemand.

Angela Merkel a gagné, largement et sans conteste. Elle a écrabouillé son opposant social-démocrate, éteint son allié libéral. A l'heure où nous écrivons ces lignes, Merkel n'a pas même besoin d'une alliance avec un partenaire pivot pour prétendre à la majorité politique.

Le camp Merkel rassemble environ 40% des suffrages, le SPD est loin derrière avec un quart.

1. Pendant la campagne présidentielle française en 2012, François Hollande comptait sur un changement de majorité en Allemagne pour impulser une autre direction à l'Europe. Depuis, bien des choses ont changé. Hollande a accepté le TSCG en septembre 2012. Contrairement à l'intoxication néo-sarkozyste, Hollande n'a pas fait "campagne" pour le SPD.

2. Déjà, les commentaires pullulent sur ce modèle allemand qui ne serait pas si horrible qu'on le décrit. Tout ce que la France compte d'éditocrates complexés ou assermentés défilent sur les réseaux sociaux et audiovisuels depuis quelques heures pour louer cette incroyable réussite. Au fait, combien de ces 16% de pauvres ont voté ?

3.  Politiquement, la récupération bat évidemment son plein. Jean-François Copé a largement applaudi la victoire de Merkel - c'est normal - et surtout insisté sur la défaite du SPD: "le SPD, qui prônait une hausse des impôts a été sévèrement défait". La formule permet d'éviter de se poser la question de l'échec sarkozyen de l'an passé. On notera aussi que Merkel a poussé le pragmatisme politique au point de reprendre à son compte, il y a à peine 6 mois, les mesures phares de son opposant social-démocrate (salaire minimum, encadrement des loyers, augmentation des allocations familiales), pour un programme social évalué à 28,5 milliards d’euros par le quotidien économique “Handelsblatt”.

4. Si la France avait le même mode de scrutin que l'Allemagne, le PS serait obligé de composer avec le Front de gauche, l'UMP aurait quelques dizaines de députés de moins, le Front national pourrait brailler dans l'hémicycle, le centre-droit serait également représenté. Bref, inutile de se comparer, nous aurions le vertige.

5. En Allemagne, l'hypothèse d'une nouvelle coalition CDU/CSU/SPD a été évoquée jusqu'à peu, quand il paraissait possible que la CDU n'ait pas la majorité parlementaire seule. L'Allemagne est un doux pays où ces alliances de circonstances sont possibles sans qu'on hurle à je-ne-sais-quelle trahison politique.

6. Enfin, Angela Merkel est la seule dirigeante de l'Union européenne à s'être fait réélire depuis le début de la crise "contrairement à ses homologues espagnol (José-Luis Zapatero), français (Nicolas Sarkozy), anglais (Gordon Brown) et italiens (Silvio Berlusconi, Mario Monti)." La situation allemande est si atypique qu'on cherchera longtemps les leçons à tirer de ce résultat.


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7 commentaires:

  1. Je ne vais pas faire du vieux racolage mais j'ai écrit un billet sur le fait que la situation est plus relative qu'on croit
    -oui merkel gagne mais

    la droite recule
    la gauche progresse un peu

    et surtout une leçon se dessine pour la droite française: Merkel a gagné au centre, pas à droite.

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    1. tu fais bien de racoler, je te rajoute en lien.

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  2. Un résutat qui intéressera les mélenchonistes: leurs équivalents allemand, Die Linke, passeraient de 11,9 % en 2009 à 8,5 %.

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  3. Quelques petites leçons:

    -voter pour des partis, c'est mieux qu'élire directement le chef de l'exécutif, puis l' Assemblée;

    -les scrutins à un tour sont mieux que les scrutins à deux tours.

    Autrement dit: en une seule journée électorale, les Allemands font ce qui nous en demande quatre (deux pour la Présidentielle, puis deux pour les législatives).

    -enfin: absurdité et démagogie à exiger la limitation du nombre de mandats consécutifs des politiques.

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  4. Ma seule remarque : on ne peut en rien comparer l'Allemagne et la France, tant leurs situations, leurs conditions économiques, politiques, démographiques, leurs Histoires diffèrent et divergent.

    J'ajouterai pour Élie Arié que selon moi il ne devrait tout simplement pas y avoir de partis officiels, qui distribuent les consignes de vote en même temps que les soutiens pour un siège.

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  5. Faut comprendre les électeurs allemands: voter pour Merkel c'est voter plus à "gauche" que pour le SPD!!!...
    Robert Spire

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