31 octobre 2013

Archives de Sarkozy: Valeurs Actuelles a raté le vrai scandale

Il y aurait donc un cabinet noir à l'Elysée qui aurait décidé de fouiller les archives présidentielles pour retrouver quelques traces de malversations de Nicolas Sarkozy quand il occupait la place.

Le scoop est brandi en couverture de Valeurs actuelles, ce brulot de la droite dure, forte, décomplexée et buissonnienne, qui préfère habituellement fustiger les Roms, les musulmans et ces paresseux de chômeurs. Le scoop est "exclusif", bien sûr.

Les fins limiers de "VA" ont vraiment trouvé des scoops: par exemple, dans la "cellule de l'ombre", qu'on imagine composée d'agents secrets ou de conseillers discrets, il y a, par exemple, Sylvie Hubac la directrice de cabinet de président (le second personnage le plus important pour faire tourner l'Elysée), ou même Pierre-René Delmas, le secrétaire général de l'Elysée, mais aussi le directeur financier, le directeur des télécoms, et, évidemment, l'archiviste en chef.

Pour nous convaincre de la précision de l'enquête, on a droit à un plan de l'Elysée, avec emplacement des bureaux de chacun. On se rend compte que ce cabinet noir est éparpillé façon puzzle aux quatre coins du palais. Un vrai complot !

L'accusation de VA est simple: des collaborateurs de l'Elysée seraient allés fouiller les archives de l'ancienne présidence. Jusque-là, le simple citoyen peu au courant des us et coutumes de cette République finissante est tenté d'enchaîner par cette question: "et où est le problème ?" Au nom de quoi, un ancien président, par ailleurs au centre de plusieurs enquêtes de la justice (Adidas, Karachi, comptes de campagne, etc) pourrait-il soustraire ses archives à l'Elysée de la curiosité nationale ? Il se trouve qu'un protocole de sortie a été signé, interdisant tout accès aux archives de Nicolas Sarkozy pendant son quinquennat sans l'autorisation de ce dernier.

La source de Valeurs Actuelles n'est pas anonyme, il s'agit de Bernard Muenkel, ancien directeur des télécommunications de l'Elysée, nommé sous Sarkozy, qui a été "rétrogradé" à l'arrivée de l'équipe Hollande.

La totalité des ténors de l'équipe Sarkozy d'antan s'est rapidement déchaînée pour réclamer une enquête de la justice contre cette intrusion.

Mardi, l'Elysée s'est quand même fendu d'un communiqué, sobre et précis. Entre une crise fiscale à l'Assemblée et une crise de nerfs en Bretagne, on salue l'exploit d'avoir trouvé le temps de lire puis commenter le "dossier" de VA. Mieux, l'Elysée confirme avoir fouillé les archives pour ... répondre à deux réquisitions de la justice et une demande du Conseil constitutionnel, "dans le strict respect du droit" : l’instruction ouverte concernant la mise en oeuvre d’une procédure d’arbitrage entre le Consortium de Réalisation (CDR) et les liquidateurs des sociétés de Bernard Tapie (mars 2013), celle ouverte pour prise illégale d’intérêt à l’occasion de la fusion des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires (mai 2013) et le recours formé contre la décision du 19 décembre 2012 de la commission des comptes de campagne et des financements politiques rejetant le compte de campagne de Sarkozy.

Cette affaire appelle deux questions:

1. Pourquoi les archives d'un président sont à ce point inaccessibles ? L'irresponsabilité pénale du président de la Vème République survit-elle à son mandat ?

2. Vu les éructations des sarkozystes quand ils ont appris qu'on avait accès aux archives de leur ancien mentor, on imagine que certains avaient donc la trouille qu'on y découvre quelque chose, n'est-ce pas ? 






7 commentaires:

  1. Un des drames de ce pays, c'est les élections en quasi-continue . Les politicards, étant soucieux de conserver leur siège pour les uns, de le reconquérir pour les autres, on lance des polémiques sans fin, sur des sujets bateaux, parce que, sur le fond, on pratiquerait la même politique, avec de simples aménagements de détails . Et comme, en plus, la classe politique de ce cher pays ne se renouvelle que très peu, faut pas trop espérer dans des idées neuves ( ne disons pas novatrices, ça pertuberait par trop les soi-disantes élites ) !


    Bozo

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  2. Même Inter en a parlé dans un de ses journaux. On attend le démenti.

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  3. c'est très bien nous les citoyens nous sommes en droit de savoir et d'etre informés des turpitudes du clan sarkosy la justice avance lentement pour ces escrocs .françois tient le coup !!!!

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  4. Tient, c'est vrai, ça : qu'est-ce que devient le statut pénal du Président de la République ?
    C'était pas un des engagements de campagne, sa réforme ?

    Bozo

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  5. Si ces documents sont restés à l’Élysée, on imagine qu'ils sont liés à la fonction de président, et qu'ils ne sont pas personnels à Nicolas Sarkozy. Est-ce bien le cas ?

    Le protocole dont il est question fait penser à des documents d'ordre "privé", s'il en est avec un président.

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  6. "Un protocole de sortie a été signé..." En dehors des documents à caractère strictement privé, les correspondances, rapports, mémos, notes internes, etc. ne sont pas les archives d'une personne physique mais les archives d'une institution de la république. Quelle est alors la validité d'un tel protocole de confidentialité ?
    La légende rapporte que, lorsque De Gaulle a quitté le pouvoir après le référendum de 1969, tous les documents personnels ont été déménagés. Dans les tiroirs, dit-on, il ne restait "pas même un trombone".

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  7. "Entre une crise fiscale .... et une crise de nerfs en Bretagne"... Quel que soit le sens de celle-ci, je salue la formule "crise de nerfs en Bretagne". Il y aurait donc des gens, qui font des crises de nerf. On se demande bien pourquoi et il faudrait peut-être poser la question à nos représentants politiques. Après les fables sarkozystes, voici l'ère du tango hollandais, qui consacre l'improvisation au quotidien et fait de l'action politique un non-sens. Certains ont vu dans le "Président normal" un homme sage et pondéré, capable de prendre de la hauteur. Personnellement, comme tant d'autres, je n'y vois que le vide et le néant d'un homme sans conviction, dont l'action incohérente est dictée par les vents dominants. Un semblable d'Edgar Faure, qui se définissait lui-même comme une girouette.
    Enfin, passons, parle-nous de Sarkozy, Juan, si tu penses qu'abaisser ses rivaux va donner une stature à Hollande.

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