2 octobre 2013

Bernard Tapie: tous les arguments sont bons.

La dernière décision des représentants de l'Etat d'attaquer au civil les protagonistes de l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais a provoqué une nouvelle réaction des défenseurs de l'homme d'affaire. Ces derniers invoquent désormais le coût de toutes ces procédures ouvertes contre leur client: il serait plus cher que les sommes récupérées par Bernard Tapie  - 185 millions d'euros - sur le dos des contribuables français.
"Les manœuvres procédurales du CDR et de l'EPFR risquent de coûter bien plus cher à l'Etat que les 180 millions d'euros revenus en définitive à M. Tapie après l'exécution de la sentence arbitrale". Mes Jean-Georges Betto et Hervé Témime, conseils de M. Tapie, 2 octobre 2013
Cet argument n'est pas sans saveur. Il illustre une conception toute particulière de la justice: qu'importe la faute ou l'infraction s'il est trop cher de la réparer. 

Car n'oublions pas l'essentiel: la justice soupçonne Bernard Tapie d'avoir bénéficié d'un arbitrage privé, financièrement trop favorable, grâce à une intervention directe de l'équipe Sarkozy, aux détriments des intérêts de l'Etat. Les preuves de l'escroquerie (dixit le Monde), d'une proximité entre l'un des trois juges - Pierre Estoup, le plus actif, qui tenait la plume des deux autres; l'avocat de Bernard Tapie - Maurice Lantourne; et Bernard Tapie lui-même; les innombrables rendez-vous à l'Elysée; les témoignages de Christine Lagarde et de son dircab de l'époque, les instructions données par le gouvernement d'alors aux représentants du CDR pour qu'ils se plient à l'arbitrage et à son résultat; les sommes faramineuses obtenues in fine par Tapie - 45 millions d'euros pour le seul "préjudice moral" - tous ces éléments donne à cette affaire son caractère explosif et d'Etat.

Fin juin, Tapie était mis en examen. Puis sa fortune était placée sous séquestre. En septembre dernier, la justice interdisait un transfert de fond de 1,8 million d'euros que l'homme d'affaires voulait réaliser. En juillet, le CDR avait déposé deux recours contre cette sentence – un recours en rétractation et une déclaration d'appel-nullité. Lundi, la République française, le Consortium de réalisation (CDR) et l'Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR) ont assigné Bernard Tapie, Me Maurice Lantourne et Pierre Estoup en responsabilité civile pour "faute, contractuelle et délictuelle", devant le tribunal de grande instance de Paris.

Mais pour les conseils de Tapie, cette dernière action serait donc trop coûteuse. L'idée est de discréditer "l'acharnement", qui ne serait donc que "politique", dont souffre l'actuel propriétaire de LA PROVENCE.




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6 commentaires:

  1. Pas étonnant que la politique et les politiciens soient totalement discrédités, avec des magouilles de cette ampleur . Et si il n'y avait que Tapie...!

    Bozo

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  2. Juan, je vous signale que vous parlez ici de Bernard Tapie, un homme qui a été fait Ministre par Mitterrand, quelqu'un dont toute la gauche (de Mélenchon à Moscovici) se réclame.

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    1. ah parce que vous pensez que j'ai oublié ?

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    2. Non, c'était juste pour rappeler que même Dieu peut commettre des péchés...Pour être Dieu, on n'en est pas moins homme.

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  3. @ Elie Arié
    "Tapie, cet homme fait ministre par Mitterand et dont toute la gauche, de Mélenchon à Moscovici se réclame " . Ca ajoute de l'eau au moulin de ceux qui pointent du doigt la dérive monarchique, de plus en plus marquée, des institutions de la Veme !

    Bozo

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  4. Sacré Nanard!
    Un personnage haut en couleur dont les dérives politico-financières sont connues depuis des décennies (Adidas, OM-VA, CL...) Sauf que l'omniprésence médiatique et le caractère unique de l'affaire me laisse pantois. Surtout le côté unique.
    Personnellement j'éprouve une forme d'admiration pour le personnage, dans le style je vais vous faire la nique à tous, il est bon et arrive à le faire et le refaire.
    Quel beau pays!

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