16 octobre 2013

La réforme des retraites est adoptée. Pour l'instant.

L'Assemblée nationale a tristement voté cette réforme des retraites qui nous prolonge jusqu'à 43 ans la durée de cotisations à compter de 2035.

Pire, ceux qui ont voté contre l'ont fait, pour l'essentiel, parce que cette réforme "n'allait pas assez loin". Et cette réforme a suscité nombre de désaccord à gauche.

Pourtant, les débats parlementaires de ce premier examen se sont déroulés dans une indifférence quasi-générale.

Il ne fallait pas s'attendre à autre chose. Les débats ne furent pas vides, loin de là. Il faudra les décrypter. Il y avait de l'idée, davantage que dans les réactions en 140 caractères de quelques twittos. Mais le texte comptait quelques mesures novatrices et attendues par les syndicats de salariés, en particulier une véritable prise en compte de la pénibilité, ou la validation des stages et des études. Les critiques les plus virulentes contre cette réforme - qui portaient sur (1) l'allongement anxiogène de la durée de cotisations, (2) l'allègement des cotisations familiales pour les entreprises, (3) le report d'indexation des pensions d'avril à octobre (hors minima) - ont été ainsi affaiblies.

En d'autres termes, cette indifférence signe aussi l'échec d'une forme de critique systématique qui ne parvient à doser sa virulence en fonction des sujets.

Le texte adopté comprend quelques amendements émanant de la gauche:

1. le compte personnel de pénibilité pourra être activé pour partir en retraite avant l'âge légal, ou pour financer une majoration de durée d'assurance vieillesse (article 6).
2. L'âge à partir duquel il n'est pas nécessaire d'utiliser les vingt premiers points du compte pénibilité pour financer une action de formation professionnelle a été abaissé de 57 à 52 ans (article 6).
3. Le Comité des retraites doit inclure dans son avis annuel sur le régime des retraites, une évaluation " de l’espérance de vie à soixante ans en bonne santé", du taux de chômage, en particulier des jeunes et des seniors, des besoins de financement (article 3). 4.

Le texte a finalement été adopté... de justesse: 260 voix pour, 249 contre.

Un élu écologiste a voté contre, et 16  se sont abstenus. 17 députés socialistes également. Tout comme 14 radicaux de gauche. Et 15 du Front de gauche ont voté contre. Au total, cela fait donc 59 députés à gauche non supporteurs de ce texte... 

Si tous avaient voté contre, le texte ne passait pas.


retraite



17 commentaires:

  1. Ainsi va la soi-disant gauche. La manoeuvre s'inspire des programmes des droites européennes qui favorisent le capital, le travail est une charge dont les entreprises doivent se débarrasser afin d'être compétitives (mot clé) et renouer avec la croissance (mot clé). Le PS ne fait plus illusion. L'être humain doit être corvéable à merci, le seul humain valable est celui qui réussit à accumuler le capital par millions et milliards. Rendons lui grâce, lui seul nous sauvera. L'escroquerie électorale est patente. N'oublions pas de distribuer des aides sociales à ceux qui n'ont rien, ils fermeront leurs becs et on pourra continuer tranquillement à détricoter toutes les avancées sociales. Prochain objectif : privatiser sécurité sociale et retraites. Le PS laissera la mission à la droite qui dit son nom. Je ne pouvais pas sentir Sarko, Hollande me fait le même effet.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. "Je ne pouvais pas sentir Sarko, Hollande me fait le même effet."
      Oui , pareil , sauf que je n'ai jamais voté Sarko , alors que j'ai voté Hollande au second tour 2012 . Ce qui fait que l'effet est encore plus fort . Comme une forte impression de s'être bien fait avoir .

      Supprimer
    2. Anonyme de 14h14 : je voudrais vous envoyer un boulet disant que vous déblatérez ....mais je crains que vous ne parliez que tristement juste !

      Je méprisais Sarko il me faisait honte. Je commence à me demander si hollande me fait honte !
      Au moins Sarko me faisait rire......

      Supprimer
  2. Au-delà du débat et du vote de l' Assemblée, il faudrait réfléchir davantage à l' échec complet des appels aux manifestations contre la nouvelle réforme des retraites de Hollande, dans la droite ligne de celle de Sarkozy et de celles qui suivront inévitablement, quel que soit le futur Président (car il n’y aura jamais de « réforme définitive des retraites », le système étant trop dépendant des aléas des variations de la croissance, du chômage et de l’espérance de vie).

    Échec venant de l'incapacité de quiconque à proposer une réforme alternative crédible, et qui n'est pas sans rappeler celui de tous les "Indignés" du monde entier.

    Comme pour l'expulsion de la jeune Léonara, on ne peut pas fonder une politique sur les seules émotions et indignations au jour le jour: faire des lois sur l'immigration, bien sûr, mais traiter ensuite de facho celui qui veut les appliquer.

    Dans un cas comme dans l'autre, quand les politiques n'ont rien à proposer sur le fond (comment rééquilibrer le régime des retraites? quelle politique adopter sur l'immigration?), les Français le perçoivent très bien.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les Français le perçoivent très bien, dites vous?

      Pas si bien que ça. Le régime des retraites en France est structurellement déficitaire. Que propose t-on? De prendre en compte la pénibilité. Très bien. Combien ça coûte? Cher. On a fait des projections, mais on est quasi sûr qu'elles sont à côté de la plaque. Très cher, donc.

      Comment on va financer cette dépense supplémentaire? C'est assez compliqué et on verra bien comment ça se terminera. En attendant, ce qu'il faut retenir est que nous ne savons pas comment équilibrer les comptes du bazar, mais que ça ne nous empêche nullement de créer des dépenses supplémentaires.

      En sommes nous seulement conscients? Notre hôte présente la prise en compte de la pénibilité (qui correspondait à une ancienne revendication, au temps de l'industrie du XXième siècle, avec des mines de charbon, des ateliers textiles, des chaines de production taylordisées, des loco à vapeur, etc) comme une avancée positive ("mesure novatrice et attendue").

      On a pas le premier centime à mettre en face, mais on avance, nous dit-il en substance.

      Alors, Elie, vous trouvez qu'on a vraiment conscience des choses, en France?

      Supprimer
    2. Comme on ne sait pas combien de gens seront concernés par cette réforme sur la pénibilité, ni combien elle coûtera, il est impossible de savoir comment on la financera (mais je crois qu'il 'agira de peu de chose).

      L'important est d'être sortis de la pensée magique: du chiffre magique rond de 60 ans comme tabou intouchable, adopté à la fin du XIX è siècle lorsque la première retraite par répartition fut créée par Bismarck, dans de toutes autres conditions de travail et d'espérance de vie; et, sur ce point-là, je crois que l'opinion publique a franchi le pas.

      Supprimer
    3. Juan avait mis en ligne l'étude d'impact, en fin de billet:

      http://sarkofrance.blogspot.fr/2013/09/penible.html

      On a fait des projections sur le nombre de personnes concernées et le coût. Ces projections sont naturellement des estimations. Pour l'instant, le dispositif a été conçu pour avoir autant de débit qu'un robinet qui goutte (de l'ordre de 2,5ME/an).

      Donc, en principe un coût supportable, même si son financement est anti-économique (taxe sur la masse salariale+taxe spécifique).

      Mais le problème de ce type de dispositif est son inertie et surtout le fait qu'à la longue quelqu'un sera tenté d'ouvrir toujours un petit peu plus le robinet.

      A ce moment là, le goute à goutte se transformera en petit filet d'eau. Et le filet se transformera en flux.

      Et les 500 millions d'euros budgétés au départ pour financer cette aventure se transformeront en 2,5 milliards d'euros en vitesse de croisière - c'est ce qui est prévu - puis ça augmentera...

      http://www.bfmtv.com/economie/retraites-compte-penibilite-ne-passe-toujours-pas-chez-patrons-623536.html

      Comme d'hab quoi.

      En fait on a ouvert une ligne de crédit pour un endettement futur. Voilà ce qu'on a fait. On est donc toujours dans la pensée magique, même si, effectivement, le tabou de l'âge de la retraite à 60 ans s'écroule.

      Supprimer
  3. Ce n'est qu'une petite réforme. Prenons le pari qu'il faudra dans moins de 5 ans remettre l'ouvrage sur le métier pour une nouvelle réforme, la der des der comme chaque fois certainement. Après avoir repoussé l'âge de la retraite, allongé la durée de cotisation, augmenté les cotisations, on les voit bien actionner le dernier levier : le calcul des pensions et refondre les régimes spéciaux épargnés par cette dernière réforme. Il laisse encore à son successeur le soin d'affronter la rue en colère. En attendant les déficits continuent de se creuser et la dette d'augmenter.
    Nous n'ignorions rien de l'état des finances publiques, du déficit de la sécurité sociale et de celui de l'Unédic au moment des élections, nous pressentions que la potion serait amère. Elle l'est mais moins qu'ailleurs. On peut aussi déplorer le manque de lisibilité des mesures prises, trop nombreuses, dans trop de secteurs différents, rajoutant une couche à l'épaisse réglementation, on cherche en vain la simplification, la clarté, la justice dans l'ensemble des mesures parfois contradictoires mises en oeuvre.

    RépondreSupprimer
  4. Ced qui est terrible concernant les retraites, c'est que bien qu'on l'oublie, trop souvent ce sont les retraités actuels qui sont les moins pauvres, et qui font tourner l'économie. Petit à petit ils disparaîtront, et les remplaceront des retraités arrivés à ce stade plus âgés, plus fatigués, et bien moins argentés : d'autant qu'ils risquent de passer souvent par une période de chômage de longue durée, qui les poussera parmi les quasi-pauvres. L'économie va insensiblement se scléroser, augmentant encore le chômage. Ce sera un vrai cercle vicieux.

    La seule solution serait sans doute, maintenant pendant que les choses ne vont pas encore trop mal, de reprendre à zéro toutes les équations et de socialiser "à la hussarde". Quitte à re-nationaliser en force les services essentiels, dont actuellement les revenus (ils en ont) vont dans les poches des actionnaires, ces assistés intouchables. Sans oublier d'autres "intouchables", les très hauts fonctionnaires, qui n'ont une utilité que pour le Pouvoir politique contre les citoyens. Peu nombreux, non seulement ils coûtent mais souvent ils grippent la machine.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les retraités ne sont pas qu'une seule et même catégorie !

      Je vais ( avec mes nombreux enfants) devoir m’acquitter facilement de 1500€ de plus.
      Je contribuerais avec grand plaisir si je savais que cet argent serait bien employé ... mais j'en doute et je doute comme une truie !

      Supprimer
    2. "re-nationaliser en force les services essentiels"

      Avec quel argent?

      "vont dans les poches des actionnaires"

      Ce n'est que cette année que le CAC-40 a retrouvé sa valeur d'il y a cinq ans: durant ce délai, les actionnaires n'ont fait que perdre de l'argent. (si vous croyez l'inverse: qui vous empêche d'acheter des actions, en fonction de vos moyens? Il y en a à tous les prix).

      Supprimer
    3. Voyons Élie, quand je parle de re-nationaliser en force, c'est avec pour compensation UN euro par actionnaire, et non par action.... dans ces conditions-là, c'est jouable. Et tant pis pour les fonds d'investissement. Qu'on ne me dise pas que ce n'est pas possible. Il suffit de le vouloir.

      Quant à acheter des actions... quelle horreur ! Déjà que le livret A a été ponctionné pour tout autre chose que le logement !

      Supprimer
  5. "Si tous avaient voté contre le texte ne passait pas" et une belle crise politique s'ouvrait sauf au gouvernement d'utiliser l'article 49.3 de la constitution, ce qui serait du meilleur effet...

    CASTOR

    RépondreSupprimer
  6. @Elie Arié
    Pleurons les malheureux actionnaires qui ont vu leurs dividendes grimper en flèche, alors que les salaires stagnaient . la définition du cac 40, ce sont les 40 plus grosses capitalisations boursières et ses 40 valeurs ne chutaient pas toutes en même temps . Un "investisseur" attentif utilisait à plein le système des allées-retours . De plus, le cac 40 n'est pas la seule cotation : il y a le SBF120, le second etc...! Et aujourd'hui, le marché est en hausse . Bref toutes les conditions sont réunies paour ramasser un max de fric pendant qu'on bricole la réforme des retraites
    Chez moi, on appelle ça un immense futage de gueule !

    Bozo

    RépondreSupprimer
  7. second MARCHE , foUtage de gueule ( problème de touches )
    Bozo

    RépondreSupprimer
  8. On va voir comment le Sénat va traiter ce texte, sachant que la majorité de gauche y est plus que maigrichonne !
    Les elections approchent, chers élus . Pensez et pensez bien à protèger vos fesses !

    RépondreSupprimer
  9. De toutes façons après l'alternance de droite décomplexée qui nous menace, le système de retraite confié aux fonds de pensions s'évaporera comme par magie bien avant 2035 http://goo.gl/Xw7v5o

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.