2 octobre 2013

Sécurité sociale: la gauche fait la différence

La gauche de gouvernement de réduit pas le déficit de l'assurance maladie comme la droite de gouvernement.

C'est l'un des constats qui s'est imposé à  ournaliste du Monde s'est exercé à comparer les mesures prises par le gouvernement Sarkozy entre 2009 et 2012 et celles de l'équipe Hollande pour 2013-2014.

Et ces différences sont réelles.

1. Le budget de l'Assurance maladie sera toujours déficitaire l'an prochain. Environ 13 milliards d'euros à trouver, c'est "moins pire" qu'entre 2009 et 2013 où les déficits étaient compris entre 16 et 23 milliards. Pour l'exercice 2013, le déficit sera "moins pire que prévu", d'un milliard. Finalement, le déficit de notre assurance sociale serait de 16 milliards cette année: 7,7 milliards d'euros à cause de la branche maladie, 3,3 milliards sur les retraites, 2,8 milliards sur la famille, et 2,7 milliards sur le Fonds de solidarité vieillesse. L'info était une "exclusivité" du Figaro ce 25 septembre.

2. Le gouvernement Sarkozy/Fillon a fait porter 12% des économies cumulées directement sur les patients (soit 944 millions). Mais il faudrait ajouter ces 928 millions prélevés sur les hôpitaux (11%). Car qui croyez-vous qui règle, in fine, ces économies exigées sur les établissements ? Le reste des économies "sarkozystes" ont porté sur les laboratoires (32%, soit 2,5 milliards), les prescriptions (27%, soit 2,2 milliards), et "divers" postes (pour 10%).
"Derrière les intitulés barbares de ces sources d'économies se cachent en réalité cinq grands postes potentiels sur lesquels l'Etat peut concentrer ses efforts. Dans chaque budget de la Sécu, ce sont toujours les mêmes leviers qui sont sollicités, mais pas forcément aux mêmes doses :
  • les patients, par le déremboursement de certains médicaments ou la création de forfaits médicaux ou de franchises ;
  • les praticiens, en faisant diminuer leurs tarifs ;
  • les hôpitaux, grâce à des mesures d'économies comme la convergence des tarifs entre établissements publics et privés ;
  • les laboratoires pharmaceutiques et les fabricants de dispositifs médicaux, en baissant le prix de certains médicaments ou matériels ;
  • les prescriptions, en améliorant leur efficience via des "actions de maîtrise médicalisée des dépenses"."
3. Hollande a tenu ses promesses. La remarque mérite d'être signalée !! "Les chiffres compilés par Le Monde pour les budgets 2013 et 2014, les premiers réalisés sous François Hollande, confirment que la gauche a tenu sa promesse, puisqu'aucune mesure d'économie n'a concerné directement les patients." Et les économies prélevées sur les hôpitaux n'ont représenté que 13% (650 millions d'euros, 13% du total des efforts votés). Même avec ce redressement, Hollande obtient un meilleur bilan "social" que l'ancienne équipe.

4. La généralisation annoncée du tiers payant a tétanisé quelques-uns de ces libéraux horrifiés que l'assurance maladie améliore un service public. Le Quotidien du médecin avait ainsi balancé son grand débat: "Généralisation du tiers payant : la fin de la médecine libérale ?" La Fédération des médecins de France a évoqué une "mesure politicienne démagogique"... Quelle tristesse...

5. Autre "drame" en ex-sarkofrance, voici que les frontaliers qui préféraient s'assurer, moins cher, dans le privé quand ils étaient jeunes, s'inquiètent de la suppression de cette tolérance historique. Il y aura bien une transition (jusqu’au 1er juin 2015), mais la fin de l’assurance maladie privée à compter du 1er juin 2014 est confirmée. Sans surprise, il était constaté que les jeunes préféraient s'exempter des cotisations à la Sécu française, mais que les plus vieux y avaient davantage recours... Pour la Sécu, le déficit à récupérer est de 150 millions d'euros par an.
"Ces frontaliers avaient jusqu'à présent le choix entre le système suisse (LAMal), l'assurance-maladie française par la CMU, la couverture maladie universelle, ou une assurance privée. La plupart d'entre eux (85 %) ont opté pour une assurance privée, souvent moins onéreuse, notamment pour les plus jeunes." (Source: Le Monde)
6. Notre journaliste attentif du Monde oublie un point majeur: le gouvernement Hollande/Ayrault n'a pas rétabli les anciens remboursements supprimés en Sarkofrance. Par exemple, les franchises médicales de janvier 2008 sont prévues toujours en oeuvre en janvier 2014.
La franchise médicale est une somme qui est déduite des remboursements effectués par votre caisse d'Assurance Maladie sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires. (source: ameli.fr)
7. Il faut lire le programme de l'UMP. A gauche, cela ne trouble plus grand monde. Le parti (provisoirement) dirigé par Jean-François Copé s'est doté d'une cure austéritaire hors norme pour notre Sécurité sociale. Eric Woerth, l'ancien ministre du budget de Nicolas Sarkozy, et Gilles Carrez, l'ancien rapporteur du budget des années Sarkozy - bref, deux références de rigueur et efficacité - 600 milliards d'euros de dettes supplémentaires - les deux larrons ont présenté ce 30 septembre leurs grandes idées pour redresser nos comptes publics en général, et notre Sécurité sociale en particulier.

Nulle surprise.

Il y a cette grande idée frontiste, la suppression de l'AME:  "le coût de l'aide médicale d'État est passé de 530 millions d'euros à plus de 700 millions en quelques années" explique Gilles Carrez. 

Il y a cette autre idée, créer des tickets modérateurs pour "stopper la gratuité" de certains soins. Gilles Carrez proposait une nouvelle franchise médicale pour les plus pauvres d'entre nous, un euro par consultation pour les bénéficiaires de la CMU complémentaire.


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8 commentaires:

  1. Toutes ces mesures, sarkozystes comme hollandistes, ont un point commun: elles sont purement comptables, jouant soit sur les hausses des recettes, soit sur les baisses de dépenses, soit sur les deux à la fois.

    Or, notre assurance-maladie (pour ne parler que d'elle, parce que la "Sécurité Sociale", c'est aussi trois autres branches: le minimum-vieillesse, les allocations familiales et les accidents du travail - toutes trois également déficitaires, mais moins) est structurellement déficitaire depuis sa création, en 1945 le premier plan de lutte contre le déficit remonte à...1946, et il y en a eu un tous les deux ou trois ans depuis lors.

    Cette année: 7,7 milliards d'€ de déficit de la branche maladie; pendant ce temps, en Allemagne (où les gens ne sont pas plus mal soignés), 10 milliards d'€ d'excédent (il est question de reverser aux assurés une part de leurs cotisations).

    Pourquoi ce déficit "structurel"? Parce qu'il est impossible d'avoir un système à financement public, mais régulé par l'offre et la demande libres, où chacun (assuré ou professionnel de santé) fait ce qu'il veut (consultations, installations, prescriptions, etc.)

    Toute réforme "structurelle", et non pas "comptable", devra donc être "liberticide"- et, ça aucun gouvernement n'ose le faire.

    Il nous faudra pourtant bien choisir entre:

    -des contraintes non libérales (parcours de soins, limitation de la liberté de faire tout ce que nous voulons),

    -ou la poursuite du déficit, donc de l'évolution logique vers un système libéral (part croissante des assurances complémentaires, des dépassements d'honoraires non remboursés, etc.)...ce qui semble être notre choix collectif actuel, aussi bien de la population que des gouvernements, de droite ou de gauche.

    Dommage.

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    1. ah je suis bien d'accord sur votre constat, Elie...

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    2. Moi aussi, je reprendrais bien une verveine...
      C'est la teuf ici, the place to be, bientôt la retraite alors ?

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    3. J'ajoute un autre commentaire: les maladies ne connaissant pas (dans leur transmission) les frontières du portefeuille, il me parait singulièrement stupide d'empêcher les plus pauvres d'avoir accès à une offre de soin: cela ne peut que créer des réservoirs à pathologies dont tous souffriront.

      Concernant la maîtrise des coûts, il me semble que l'on gagnerait à informer sur la nature des dépenses de santé: je n'ai pas vu -mais cela existe peut-être- d'analyse de la répartition des coûts de santé selon le type de pathologie, de médicament etc. Cela pourrait orienter une action de long terme de médecine préventive par exemple.

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  2. article utile et très belle blog je vous souhaite un bon continuité en cours :)
    je vous suggère de visiter mon blog et me donner votre opinion sur le lien suivant:

    Les rouages ​​de l'Éducation droit d'auteur

    Cordialement

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    1. Mon opinion, puisque vous me la demandez, est que personne ne vous attaquera pour plagiat tellement on y comprends rien et que cela n'intéresse personne.

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    2. Theroot. Ton truc, c'est aussi clair que le notice en chinois ou en bulgare fournie avec les appareils électro-ménagers. C'est un texte que t'as recopié ou t'as fait des copier-coller au hasard ?

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  3. Effectivement, les solutions sont connues :
    Diminuer le prix des médicaments (la plupart des médocs sont vendus entre 10 et 100 fois leur coût de production, officiellement pour financer la recherche, en réalité pour financer le marketing et les dividendes) et changer les conditionnements pour éviter le gaspillage.
    Développer une médecine publique pour remplacer la médecine libérale.
    Supprimer les assurances complémentaires santé (appelées à tort "mutuelles", puisque la plupart ne sont plus mutualistes) et instaurer des taux de remboursement de 100%.
    Arrêter de rembourser les "médecines inutiles" : cures thermales, homéopathie, médicaments marketings.

    Mais pour faire tout ça, il faudrait s'affranchir des lobbies très actifs au palais Bourbon. Et on connaît la proximité entre Touraine et les pharmas, entre Hollande et le patron d'Axa.

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