7 novembre 2013

Bretagne: qui veut vraiment parler des problèmes ?

Des réunions, un ultimatum qui échoue, la menace d'autres casses, des réunions encore. La Bretagne est effectivement un laboratoire, du pire et du meilleur.

Quelque part dans la soirée de mardi, le maire divers gauche de Carhaix, Christian Troadec, appelait à la révolte. Devant micros et photographes, il lança un ultimatum, expirant ce mercredi 6 novembre à midi: "Nous attendons clairement la suppression de l'écotaxe pour demain midi pour la Bretagne. (...) Ce n'est plus acceptable d'avoir aujourd’hui des diktats venant de Paris, nous attendons clairement la suppression de l'écotaxe pour demain à midi pour la Bretagne". Fichtre ! Des "diktats venant de Paris" !

Kessako ?

On ne savait pas si l'élu se morfondait de cette décision européenne, annoncée en 2011, de supprimer en 2013 les subventions à l'exportation dont bénéficiait l'entreprise (privée) de poulets surgelés Tilly-Sabco . Non, cet élu ne visait pas ce "diktat" dépensier-là.

A midi, il ne s'était rien passé. Les menaçants décidèrent de réfléchir à la suite de l'action.
"La porte est fermée par Jean-Marc Ayrault donc c'est un appel à continuer, on verra selon quelles modalités, où quand et comment on va continuer le mouvement" expliqua l'un des leaders des Bonnets Rouges, le patron de la FDSEA local, Thierry Merret.

A la sortie du Conseil des Ministres, les messages présidentiels furent répétés. Mais Hollande était ailleurs, "en surplomb".  Le président-fusible laisse son Premier tenir l'ampoule dans cette affaire.

Jean-Marc Ayrault, comme l'un des autres de ses ministres chargé de l'agro-alimentaire, avait répondu que l'ultimatum n'était pas une bonne solution. Surtout pour supprimer une taxe dont la suppression ne changerait rien à la situation déplorable du territoire breton. Ayrault demanda en revanche qu'on puisse signer un "pacte d'avenir" d'ici la fin du mois. Insuffisant ? Certainement. Mais insuffisant pour qui ?

Toute la journée de mercredi, le préfet de région s'est enfermé avec divers représentants sociaux et professionnels. On espérait qu'une forme de "régulation" collective allait en sortir. La démarche n'était pas facile.

Des représentants de salariés exigèrent une suspension générale de tous les licenciements et suppressions de postes annoncés en Bretagne. L'histoire ne dit pas comment les représentants du patronat local, pourtant les premiers à revêtir ce bonnet rouge lors des manifestations à Quimper le samedi précédent, réagirent à cette proposition de gel des licenciements. "Nous, ce que nous demandons c'est que des mesures soient prises pour que les entreprises soient mises en situation d'être compétitives" a simplement commenté l'un de ses représentants. La délégation de Force Ouvrière fut suffisamment énervée pour claquer la porte sans attendre la fin de cette journée d'échanges. Fabrice Lerestif, secrétaire départemental de FO en Ille-et-Vilaine, avait expliqué: "on veut un gel des licenciements", ou" au moins des signes allant dans ce sens avant 14h30". 

Mercredi, on apprit que la justice s'intéressait enfin à Ecomouv. Cette équipe socialiste au gouvernement avait "oublié" de s'en préoccuper avant.  C'était béta.

Pire, l'ancien gouvernement, Nathalie Kosciusko-Morizet en tête puisqu'elle fut la ministre qui signa la dite convention qui accordait à Ecomouv le privilège de collecter la dite Ecotax moyennant 250 millions d'euros de prélèvements annuels, s'enfonça dans de mauvaises excuses.

Désormais, le parquet de Nanterre avait ouvert une enquête préliminaire sur les conditions d'attribution du contrat liant l'Etat à la société Ecomouv, signé en 2011 après un appel d'offres dont la trace fut rapidement retrouvée. A l'Assemblée, un député écologiste dénonçait une "évidente" corruption. Pas nécessairement au niveau politique, ajoutait-il.

Mercredi, on se demandait qui allait régler la note des dégradations, 7 millions d'euros de destruction de portiques de collecte de la dite eco-taxe, en quelques semaines.

14 commentaires:

  1. Excellent question !

    Je vais essayer de m'y frotter. Comme intro je dirais qu'il y a que le cul et le pognon dans la vie. Mais on va pas parler de cul, après DSK et le mariage pour tous ? On va éviter Loverdose. Donc si on parle de pognon, on va obligatoirement parler des banques, si on parle des banques on finira bien par arriver aux Rothschild et si on arrive aux Rothschild on se retrouver a nier les chambres a gaz et la autant se promener en bure avec des cloches de lépreux. Alors a la question "qui veut vraiment parler des problèmes ?" je réponds :
    "pas moi !"

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  2. Qui se soucie de nous ? Pas vous !
    Qui se soucie de vous ? Pas moi !

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  3. Dans l'affaire, le truc moche, c'est l'emplacement des portiques. Il ne répondait à aucune logique.

    Truc : juste après la frontière belge, au hasard, déplacer le péage d'un kilomètre. Placer le portique avant. Même chose au Perthus, aux autres principaux points de passage d'entrée du territoire (aéroports de fret compris). Le camion arrivant de Hollande, passant à Quiévrain, bing, se fait choper au portique : plus tard, le même avant de pénétrer en Espagne valide sa sortie, et la note parvient à Rotterdam. S'il s'est arrêté à Rungis, une balise l'enregistre. Youpi.

    Mais ce n'est pas ce qu'on a fait. Faire payer un camion qui déplace des marchandises à l'intérieur, par exemple, de la Bretagne, çà n'a pas de sens. Comme j'avais dit ailleurs, s'il faut que les artichauts de Roscoff paient en arrivant au MIN de Nantes, alors que les même venus du Maroc par avion ne paient pas, ce n'est pas malin, malin.

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    1. mauvaise pioche
      l'écotaxe n'est aplliqué que sur CERTAINES routes (sans péage) et est payée au km parcouru
      donc il faut bien avoir ces données , tous les bahuts ne font pas belgique Espagne

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    2. Mais très précisément, c'est ce que je voudrais qui soit changé ! Que les bahuts roulant sur autoroutes, et souvent étrangers, payent l'écotaxe. Que les bahuts livrant ce qui arrive par avion payent l'écotaxe.
      Et s'ils prennent l'autoroute à péage, c'est leur problème.

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    3. @ Babelouest.
      Tu veux la mort des actionnaires des multinationales qui ont acheté les autoroutes françaises à vil prix à Villepin, toi, en taxant les camions, qui y circulent. Ou laisse-leur au moins le temps d'investir dans le train ou le fluvial.

      Entre parenthèses, d'après des données 'non officielles), en 2011, la route représentait 88,3 % des transports de marchandises, contre 2,2 % par péniches et 9,5 % par le train.

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  4. Je crois que personne n'a vraiment expliqué comment marchait cette ecotaxe ... et que l'on parle sans savoir.
    De mon point de vue, ce serait, à minima, le rôle du gouvernement. Et pas que pour l'écotaxe ...

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    1. la PQR en a abondamment parlé ne serait-ce que pour rassurer les automobilistes qui voyaient des radars partout

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    2. Je parlais de qui est taxé et comment ? quelles sont les résultats attendus de cette taxe autres que des millions d'Euros, comment cette taxe peut profiter aux Bretons.
      Et si ces explications sont impossibles, elle n'a pas de sens; il faut la supprimer.

      Michel

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    3. l'écotaxe vise
      d'une part à diminuer le grand trafic de marchandises par un (faible) surenchérissement pour privilégier les circuits courts de distribution ,
      d'autre part à trouver des financements pour créer des nouvelles structures de transport si possible non polluantes (ou moins) et pour réparer les dégâts occasionnés par les gros culs sur les routes
      en ce sens la Bretagne (comme toute autre région) y trouve son intérêt

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  5. Si la morale existe en politique ( on peut toujours rêver ) j'espère que le maire de Carhaix sera battu aux prochaines municipales...

    CASTOR

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  6. L'écotaxe sera(it) appliquée sur les routes nationales et départementales, mais épargnera(it) donc totalement les autoroutes françaises.

    Pour reprendre un exemple pris dans la presse, dont je vous laisse juges : "un camion de 38 tonnes espagnol qui va livrer ses fraises au Danemark, passant par l’A9, l’A7, l’A6, l’A4, ne paiera pas de taxe, car seules sont concernées les routes nationales et départementales, mais celui qui va livrer ses tomates de Chailly-en-Brie (Seine-et-Marne) au marché de Rungis – la distance est de 40 kilomètres – devra banquer 15 euros. Ce serait donc une mesure écologique à géométrie variable, par ailleurs, stupide dans la mesure où elle frappera(it) surtout les échanges régionaux en taxant ce type de route et les camions à partir de 3.5 tonnes.

    Pour le plaisir, rappelons-nous que Chirac a bradé les autoroutes françaises, dont les tarifs ne cessent de grimper, alors qu'elles auraient rapporté 1.2 milliards d'euros par an. Aujourd'hui, les multinationales, qui ont mis la main sur ses pompes à argent, demandent d'ailleurs la prolongation pour trois ans de la concession de ces autoroutes, jusqu'à 2033 si je me rappelle bien, avec un investissement amorti dans trois ans sans avoir fait les travaux prévus n'aient été réalisés. Il ne leur restera plus qu'à placer des portiques à la place des gares de péage en supprimant les emplois de caissiers aux péages. Il y a là de quoi faire un usage rentable des portiques, non ?

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    1. * les multinationales demandent ... sans avoir fait les travaux prévus.

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