15 novembre 2013

Comment José-Manuel Barroso veut détruire l'Europe.

Cet homme dirige donc encore la Commission européenne. On se souvient d'une certaine insistance de l'infernal couple "Merkozy" pour lui confier un second mandat. Cet homme, José-Manuel Barroso, vit sans doute l'un des plus grands moments d'une carrière que l'on espère courte. Depuis quelques jours, il doit donner des "leçons" qui portent, un jugement sur l'intégralité des projets budgétaires de la zone euro.

La Commission européenne a décidé d'ouvrir un "examen approfondi" des excédents commerciaux de l'Allemagne. Cela ne s'invente pas. On pourrait prendre la démarche de l'équipe Barroso, qui vit ses derniers jours au pouvoir de cette eurocratie, pour de l'habileté politique. C'est d'abord la reconnaissance, pour la première fois et d'une manière des plus fortes, du caractère prédateur de l'économie allemande dont l'ancien monarque, et quelques-uns encore aujourd'hui, louait les qualités.

Comme l'écrivent, enfin mais sobrement, les Echos, "l'Allemagne contribue aussi aux déséquilibres de l'euro". Et de préciser, citant Olli Rehn: "Une telle procédure, pouvant in fine déboucher sur des sanctions contre Berlin, se justifierait par le fait que l'Allemagne, première économie européenne, a dégagé un excédent "excessif" de ses comptes courants supérieur à 6% depuis 2007." Il fallait réaliser que la France prévoyait encore un déficit commercial de 1,5% de son PIB pour 2015; l'Italie un léger excédent de 1,1%, l'Espagne un vigoureux +3,3% et l'Allemagne... +6,4%.

On n'a pas encore saisi la portée politique de cette affaire. C'est à cause de l'Allemagne que des contrôles budgétaires ont été imposés aux 28 Etats de l'Union en contrepartie du soutien financier à la Grèce puis à l'ensemble de l'Europe du Sud.  Cette procédure, inédite en Europe, est en cours pour la première fois cette année. Une procédure que la France n'a pu renégocier en août 2012 (remember #TSCG ! ). Les services d'Olli Rehn sont à l'oeuvre, plus rapprochés des bureaux de Barroso depuis quelques mois. Chaque pays est donc scruté, ligne budgétaire par ligne budgétaire.

Cette enquête européenne est aussi une opération de communication politique. Les élections européennes sont proches. Le front europhobe est fort. En France, Marine Le Pen s'imagine déjà y jouer un rôle de premier plan. Ailleurs, l'europhobie prend des allures plus racistes encore. Les soubresauts neo-nazis, hier en Autriche, aujourd'hui en Grèce, inquiètent. Barroso veut donner des gages, montrer qu'il est "indépendant". La démarche a surpris, même son propre commissaire aux affaires économiques Olli Rehn, "lui-même en proie aux doutes", expliquait Anna Bauer pour les Echos.

Cette enquête permet aussi de mieux tacler d'autres pays de l'euro-zone, comme la France. Car l'un des eurocrates de l'équipe (non élue) de Barroso, le désormais fameux Ollie Rehn, a encore des reproches de compétitivité à faire à la France. Il y a quelques jours, Olli Rehn avait déjà critiqué le redressement des comptes publics et même l'inversion de la courbe du chômage: "Les effets positifs de la réforme du marché du travail ne sont pas attendus avant 2015".

Cette même Allemagne inquiète jusqu'au Trésor américain. Ce dernier vient de publier un rapport qu'on jugera agressif ou lucide: la politique d’Angela Merkel provoquerait "une tendance déflationniste" en Europe: plans d'austérité en Europe, demande intérieure faible, dumping à l'export... qui dit mieux ? Même Atlantico s'en inquiète... imaginez-vous...

L'Europe est encore malade, fragile, affaiblie.

La reprise sera "lente" en Europe. L'Espagne cesse de réclamer des aides européennes pour sauver ses banques. A Bruxelles, on applaudit. Cela voudrait dire que ça marche, on sourit. A quel prix ?

José-Manuel Barroso n'a rien compris, rien appris, rien retenu. 

Car cette Europe craque et va craquer davantage encore.


6 commentaires:

  1. il faut virer ce fossoyeur ety son entreprise de pompes funèbres
    messieurs et dames les député(e)s européen(ne)s vous savez ce que le peuple attend de vous

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  2. Vous surestimez le pouvoir de Barroso, et dédouannez du coup nos gouvernements (Conseil) et nos élus (Parlement). C'est étonnant de voir le temps que ça prend de mettre l'Allemagne face à ses responsabilités, ça fait des années qu'on sait qu'elle devra payer (http://www.stratfor.com/weekly/germanys-role-europe-and-european-debt-crisis) mais ce n'est que maintenant que le sujet devient à la mode (Krugman http://krugman.blogs.nytimes.com/2013/11/12/germanys-lack-of-reciprocity, Doze http://www.bfmtv.com/grille/bfmtv/podcast-radio/20506/)

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  3. "Comment José-Manuel Barroso veut détruire l'Europe."
    Tout à fait d'accord !
    Mais, qui l'a REplacé sur son trône ?
    Le PPE, et une majorité de ceux qui se prétendent socialistes (comme les grecs du Pasok qui votent eux-même pour une dictature qui va les avaler, loi qui instaure des peines de prison ferme à ceux qui ont le "culot" de critiquer l'UE et la politique européenne !!!).
    Et, quel est l'un de ceux qui ont voté "pour" Barroso ? Celui dont le seul fait d'arme est d'être (un peu) moins absent que Marion (dite Marine) Le Pen au Parlement Européen, à savoir, Harlem Désir !!!
    Alors, balayons d'abord devant notre porte !

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  4. Le Conseil Européen des chefs d'Etats et de gouvernements fait, tout autant, ce qu'il faut pour flinguer l'UE . Barroso ,nommé par le Conseil et valider par le Parlement Européen, et la commission n'étant que les exécutants de décisions et textes promus par le dit Conseil .

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  5. "Cette Europe craque" : j'applaudis. "Cette Europe" est une catastrophe dont il faut se retirer au plus vite (il y a dix ans, quoi). Je suis d'accord pour une Europe, mais surtout pas celle-là. Il y a des années que des personnes de gauche comme moi clament ce qui me paraît être une évidence.

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  6. "La Commission européenne a décidé de réaliser un examen approfondi des excédents commerciaux de l'Allemagne". C'est un gag et Barroso un comique irrésistible. Qui n'a pas compris que ce soi-disant examen du premier de la classe va légitimer les punitions aux mauvais élèves, dont notre beau pays si dur pour les privilégiés et si doux pour les pauvres ? Tu n'es quand même pas si naïf, puisque tu fais la remarque dans ton post.

    Quant à la procédure de contrôle budgétaire "inédite en Europe", il ne faudra pas venir pleurer et chercher un bouc émissaire, puisqu'elle a été rendue possible par l'abandon de notre souveraineté par ton ami Hollande.Tu dois te souvenir ded réactions de nombreux Français lors de l'adoption du TSCG et, avant lui, du Pacte de stabilité budgétaire, autant de mesures anti-démocratiques au service de la finance prises sous les ordres de cette chère, chère, on peut vraiment le dire, Madame Merkel. Cette UE anti-démocratique, ultra libérale est un monstre qui nous broie et, je l'ai déjà écrit maintes fois, ceux qui en ont fait la promotion retourneront bientôt à leurs études. C'est ce que je leur souhaite, Hollande en tête.

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