18 novembre 2013

Du tireur fou aux commentaires fous.

"La vie continue". Voici le commentaire semi-inquiet d'un envoyé spécial d'une chaîne d'informations sur une chasse à l'homme.

Mais comme à chaque fait divers national et symbolique, c'est l'escalade.


Vers 10h15, un homme venait de tirer quelques coups de feu dans le hall du journal Libération. On lit un premier tweet d'un journaliste du quotidien.
A 10h48, Julien Nicolaï , un responsable de l'UMP de Chaville (Hauts-de-Seine) balance un tweet odieux: "Coups de feu dans les locaux de #Liberation . Les francais sont ils exaspérés de la manipulation médiatique? #JeDemande #MediasPartisans." 

La fachosphère dénonce un manipulation médiatique, fustige une "protection de la caste politico-médiatique", s'indigne des médias plutôt que de l'acte (@JeuneAthena: "BFM, Libération visés...que des médias gauchistes et adeptes de la propagande. Le #TireurFou est-il vraiment fou?")

Deux heures  tard, on découvre que les cartouches tirées à Libé sont similaires à celles retrouvées au siège de BFM-TV vendredi dernier où, vers 6h30 du matin, un homme était déjà venu tirer. Du 10ème arrondissement, l'homme est parti à la Défense, à l'autre bout de la capitale. Coups de feu à nouveau, sur une tour Société Générale.

Sur Twitter, quelques-uns font de l'humour sur la similitude des cibles - presse et banque. On frôle la nausée.

Là-bas un automobiliste, conducteur d'une Twingo, est pris en otage le temps de déposer le délinquant dans le quartier des Champs Elysées. Certains protestent contre l'inefficacité de la video-protection
La médiasphère aussi s'emballe, car les cibles étaient de "premier choix". On note encore quelques bavures et autres faussetés. Le site "Arrêt sur images" les explique assez vite. Les chaînes d'information, comme toujours; tournent en boucle sur un sujet si proche. D'autres évoquent le media-bashing trop présent. La classe politique s'indigne.Marine Le Pen joue aux calmes, pas un mot de trop.

Mais les vraies bavures ou commentaires hors de propos étaient ailleurs. La fachosphère s'en donne à coeur joie.  Elle continue, encore et toute la journée durant, sur le prétendu laxisme de la loi, de Hollande ou de Valls. Un responsable UMP sarthois regrette que "les flics" ne soient "autorisés à tirer". Un adhérent de Génération identitaire complète dans l'immonde: "Le suspect ne pourra pas être interpellé ce jour, il dispose d'un reçu de contrôle d'identité datant d'aujourd'hui. #Taubira".

Il fallait s'y résoudre, le soir venu: le climat est bien immonde, même en ce jour, comme l'a constaté notre confrère, sobrement:



En fin d'après-midi, lundi 18 novembre, le préfet de police de Paris pouvait affirmer qu'il s'agissait bien du même homme.

Un "twitto", parmi d'autres s'inquiète de cette violence proche et souvent insoupçonnée.



21 commentaires:

  1. Des cartouches similaires ont été tirées. Oui, d'un autre côté le calibre 12 magnum est la munition la plus vendue en France, elle est utilisée par des milliers de chasseurs, elle charge les FAP de la police (comme ceux des particuliers) et autres unités spéciales civiles ou militaires.

    A partir de ce qui se révèle être une non-information, il me semble hasardeux, tout au moins jusqu'à ce que des images sortent, de tisser d’hypothétiques liens entre plusieurs faits. Tous les journaleux, ignares dès qu'il s'agit de creuser un chouïa un domaine précis, se sont livrés aux mêmes conjectures. C'est ça l'information ?

    Après, ce qui m'a vraiment donné la nausée, c'est cette surenchère à la grandiloquence et à l'emphase. Cela aurait pu n'être que ridicule si un homme ne s'était pas retrouvé à l'hosto avec une balle dans le buffet. Oser parler de liberté de la presse qu'on attaque alors que le type court toujours, qu'on ne sait rien de lui, qu'il n'a pas dit un mot sur ses motivations, c'est ni plus ni moins prendre les Français pour des cons.

    Après libre à vous de simuler la nausée devant le cloaque politocard, il n'est pas plus dégueulasse aujourd'hui qu'il ne l'était hier, gauche et droite confondues.

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    1. chacun sa nausée. Certaines me semblent plus dangereuses que d'autres.

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    2. Je ne suis pas aussi pessimiste que vous là dessus.

      Internet joue un rôle de défouloir. C'est aussi le lieu où chacun exprime ses convictions sans retenue et, très souvent, sans volonté de supporter une quelconque contradiction (je teste régulièrement la fonction censure).

      C'est un lieu où on affirme et où on s'affirme. C'est le lieu de la pensée militante et des entre soi. Donc ,de base, on y trouve une expression qui ne prend pas une forme raisonnable.

      Ce n'est ainsi pas forcément le lieu du débat, de la dialectique, de la pondération, etc.

      Il y a donc un effet de loupe qui donne souvent l'impression que le monde est fou, parce que les formes d'expression les plus déraisonnables et les plus radicales sont les plus voyantes sur Internet.

      Mais les gens ne sont pas fous. Mais on s'en rend compte un peu plus tard. Une fois que la vague d'émotion passe.

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    3. D'un point de vue purement technique, il me semble qu'un examen balistique permet de déterminer si l'arme qui a tirée est la même.

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    4. uniquement si l'arme est à canon rayé , ce qui n'est apparemment pas le cas

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  2. L'ÉTAT A PEUR
    De nous tous. "Ils ont des millions, nous sommes des millions". L'État sait que la réputation de sa tête est plus qu'au plus bas, donc il fallait bien réagir. Cette folle équipée d'un tueur me rappelle, toutes proportions gardées, le dégommage des TROIS tours de Manhattan il y a douze ans et demie. Pendant ce temps-là les lois liberticides peuvent tomber et les gouvernants se protéger derrière un écran de fumée.

    Pour le premier décembre le Front de Gauche appelle à se masser en direction du portique de Bercy. Histoire de mettre mal à l'aise la tripotée de trèèèèèèèèès hauts fonctionnaires qui officient là. Test décisif pour "compter les troupes". On peut imaginer que le gouvernement ne tient pas du tout à voir s'agglutiner ceux qu'il n'aime vraiment pas. Pensez donc : des citoyens de gauche ! A la fois la peste, le choléra, et le rhume des foins. Pour un homme seul comme prétexte, ils seraient bien capables de décréter l'état d'urgence, ce qui bloquerait toute manif !

    Le héraut du Prince est aux abois, le prince lui-même a une tête de mauvais aloi, l'Intérieur est toutes voiles dehors, la Finance en est à tirer des bords, cargue les voiles moussaillon, çà va tanguer ! Poussons les hauts cris.

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    1. t'as encore oublié tes cachats !

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    2. Tenez, prenons l'exemple du com de babelouest.

      Quand on lit ce com, on se demande où est la rationalité. On a plutôt l'impression que le locuteur, babelouest, subit un stimuli provenant de l'actualité, puis lâche un com qui reprend en forme d'antienne son discours habituel, avec un appel à la manif au profit du parti dont il se réclame.

      C'est un tract, quoi.

      Comme une sorte de glande qui, en réaction à une irritation, produirait une substance.

      Mais, dans le fond, il n'y a rien de grave là-dedans. C'est une forme d'expression dithyrambique, à la limite marrante, qui brode sur la théorie du complot et appelle à la manif.

      Côté fachosphère on retrouve les mêmes types d'expression, mais avec des codes différents: au lieu de gueuler contre le gouvernement, c'est les journalistes qui vont morfler, par exemple.

      On est donc dans une certaine routine, finalement.

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  3. "La police dispose de 11.000 caméras de "vidéoprotection" qui n'ont rien protégé."

    je ne savais pas que les caméras étaoient aussi des drones

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    1. Les caméras dites de "vidéoprection" sont des "drones" depuis le glissement sémantique de "vidéosurveillance" à "vidéoprotection", justement !
      Ces caméras ne servent à rien. Nice, ville la plus "vidéosurveillée" de France est la troisième plus délinquante de France.
      Londres, ville la plus "vidéosurveillée" au monde attend toujours que l'on retrouve les responsables des fameux attentas du milieu des années 2000 ; idem pour Madrid. Etc.
      Balzac disait de la justice qu'elle était une toile d'araignée au travers laquelle les grosses mouches passaient, mais dans laquelle les petites étaient engluées.
      C'est exactement la même chose pour la protection des citoyens.
      Exemple 1 : on arrête les fumeurs de joints (qui ont besoins de soins, pas de prison) à tour de bras pendant que les trafiquants s'éclatent.
      Exemple 2 : on veut pénaliser le client des prostituées (moi, je ne suis ni pour, ni contre, bien au contraire, comme dirait notre président Moon Walk), pendant que les macs ne sont jamais inquiétés alors qu'ils sont installés à quelques mètres... pour surveiller le boulot de leurs esclaves ; et cela n'empêchera jamais un Dumas d'avoir droit à "SA" "Putain de la République" !
      La "vidéoprotection ne sert tellement à rien que Scotland Yard (des vrais spécialistes de la caméra) critiquent vertement ce système car il englouti l'argent qu'il n'a plus pour recruter et former des vrais agents de police de terrain (au point que la durée de formation des nouvelles recrues vient d'être divisée par deux et qu'il n'y a plus de formation continue ; au point que maintenant Londres recrute des policiers bénévoles, à mi-temps, que rien ne distingue des vrais bobbies... sauf le (très court) temps de formation et le salaire : ils "bossent" gratos !
      Dernier exemple : il y a 6 ans, à Mulhouse, la synagogue est incendiée volontairement. Sous les "yeux" des caméras de "vidéoprotection". Le gugusse, masqué, est passé plusieurs fois sous le champ des caméras. A ce jour, on ne l'a toujours pas arrêté !
      Lycée de ma fille : agressions et actes délictueux hebdomadaires de la part de gens venus de l'extérieur sur les enseignants (dans leurs classes !) et des élèves et des personnels TOS. Pourtant, TOUTES les entrées sont "protégées" par des caméras... et 3 personnels de surveillance pour 1400 élèves. Même les enseignants, qui souhaitaient ces caméras, les rejettent, car, en fait, il ne se sentent pas protégés... mais uniquement surveillés !
      Et, dernier point, les policiers qui surveillent trois cents écrans à la fois ne sont pas sur le terrain!... où on manque de forces de sécurité. Donc, on créé des milices municipales et des milices privées (z'avez vu les entrées des grands magasins ?)

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  4. Pour ma part, je ne dénonce rien, je constate et ce que je vois et entends est très nauséux

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  5. Alors comme ça on ne peut pas faire d'humour sur un tireur fou sans se faire taxer de fachos ?

    Bah c'est con j' avais une bonne blague.

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  6. Pour le tireur fou, Alain Bauer va bien nous trouver un chasseur alter-mondialiste anarcho-autonome et braconnier a ses heures perdues au fin fond d'une foret du cantal, pour justifier ses honoraires de flic auto-proclame et conseiller de Manuel Valls.
    Donc vous inquiétez pas brave gens, les officines noires vieillent sur vous !

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  7. Ayons une pensée émue pour tout ces flics de terrain, qui ont entendu pour certains siffler les balles, risquer leur vie, gravis les échelons pour se retrouver au ministère de l'intérieur, traiter comme une merde par un gros cul auto- proclame spécialiste qui a jamais rien fait de sa vie si ce n'est se déguiser en clown lors de soirées francs-maçonnes.

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  8. Entre les grands médias qui confondent scoop bateau et info vérifiée et la quantité de parfaits crétins qu'on trouve sur les réseaux sociaux, y a du mouron à se faire !

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    1. Pourquoi tu ramènes tout a toi ?

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  9. C'est pas le Figaro qui se ferait tirer dessus, plus personne ne le lit ! LOL

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  10. Elle est pas un peu agressive leur campagne de pub a Libe ?

    C'est un peu trash quand même, moi je dis....

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  11. on va bientôt en savoir plus , l'individu est arrêté

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    1. Ah ? Alors on ne regarde pas la même chaine d'infos...

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