24 novembre 2013

L'actualité politique française, vue par 5 blogs #S01e09

Comme chaque dimanche depuis 9 dimanche, voici les billets politiques de la blogosphère qu'il fallait lire avant d'oublier.

Fukushima oublié
Miko Tsukamoto habitait à 42 km de Fukushima. Elle a déménagé. Elle ne comprend pas pourquoi il reste si difficile de savoir ce qui se passe là-bas. Le blogueur Bab publie son témoignage d'une habitant proche de Fukushima, issu d'un blog japonais ouvert par des bénévoles sur place.

Il écrit sur cet oubli collectif: "En quelque sorte, le monde a déjà passé le Japon entier pour profits et pertes. Une pensée pour ceux que nous connaissons, et qui vivent désormais là-bas depuis des années. Et bien entendue la pensée envers tous les autres, ceux que nous ne connaissons pas, ne doit pas quitter notre esprit."

Racisme dépolitisé
Crêpe Georgette poursuit l'analyse des contorsions anti-racistes et des outrances racistes à l'oeuvre contre Christine Taubira et ailleurs. L'occasion lui est fournit par le magazine Elle, qui vient de proclamer notre Garde des Sceaux "femme de l'année." La résurgence récente de propos racistes, y compris dans la sphère politique, est-elle un accident, un "soubresaut", des "erreurs individuelles" ? L'auteure pointe vers l'aveuglement, bien occidental celui-là, sur la face sombre de son passé: "les comportements racistes qui s'expriment de façon visible aujourd'hui ne naissent pas de nulle part ; la France s'est fondée aussi sur l'esclavagisme et le colonialisme et tant que nous ne pourrons en parler sans dire "oui mais" alors le racisme perdurera."

Elle suggère "d'entendre ce que les groupes concernés et luttant contre les discriminations ont à nous dire, pas ceux que nous constituons, comme SOS racisme qui est là juste pour nous rassurer sur notre absence de racisme."


Foire politique
Dans son blog hébergé par Marianne, le blogueur Elie Arié s'interroge sur le concept de vraie et de fausse gauches. Une contribution simple et précise pour tenter de ramener le débat à sa juste place. Le sujet, pense-t-il, est moins de perdre du temps dans des classifications politico-sémantiques que de s'interroger sur les marges de manoeuvre de l'action politique, et les leviers disponibles pour cette action.

Dans un autre billet, plus récent, Elie se demande si le commentaire des gesticulations politiques de dirigeants qui se ressemblent trop ne se fait pas aux détriments de l'analyse au long cours des vraies évolutions du monde.

A gauche en entreprise
Pourquoi l'engagement politique ne pose question en entreprise que lorsqu'il est marqué à gauche ? Le Monolecte donne ses réponses, parfois à travers ses propres interrogations: "est-ce que les gens de droite se posent des questions quant à leur compatibilité professionnelle ? Ce qui reviendrait à dire qu'être de gauche implique une éthique, une déontologie de chaque instant, un engagement, non seulement politique, mais aussi dans chaque acte de notre vie quotidienne, probablement jusqu'au fond des chiottes ou dans l'intimité feutrée de la chambre à coucher."  L'engagement politique se nourrit de la vie professionnelle. La contraint-il également ? L'activité professionnelle donne, dans les faits, de nombreuses occasions de rupture et de contradictions pour qui est engagé à gauche. Elle semble aussi moins troubler le "gars de droite", comme le dénomme l'auteure, que celui de gauche.


Les Flèches de Bibi
Bibi décoche des flèches depuis quelques lustres. Si vous ne les connaissez pas, il est temps de rattraper votre retard. Toujours avec précision et humour, il tacle NKM et ses inombrables et ridicules descentes dans le métro parisien pour cause de campagne municipale.

Il revient aussi sur l'un de nos éditocrates neo-libéraux les plus prolixes, , très actif sur Twitter. Ce dernier, malgré ses incessantes leçons libérales délivrées aux grands de ce pays, refuse obstinément de reconnaître combien sa propre activité ne vit que de subventions publiques.




Bonne lecture !

7 commentaires:

  1. Prétendre que la France s'est fondée sur l'esclavagisme et le colonialisme est un pur non sens. Affirmer des choses aussi absurdes c'est soit trahir une ignorance crasse, soit assumer une abyssale mauvaise foi.

    Enfin, bon, c'est les blogueurs de gauche, quoi…

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Elle a dit "s'est fondée aussi".

      Supprimer
    2. Le "aussi" ne change rien. D'abord parce qu'il est absurde, vu qu'elle n'a, auparavant, parlé de rien d'autre, et ensuite parce que l'esclavagisme et la colonisation ont existé durant un temps historique très court, à un moment où la France existait depuis déjà un bon millénaire. Or, le verbe "fonder" a un tout de même un sens…

      Supprimer
    3. Je crois qu'au début, elle voulait mettre un adverbe: "notamment".

      Mais elle s'est censurée elle-même avant d'y parvenir, faut croire (l'adverbe "notamment" manque de fermeté dans l'énoncé de la proposition, il est mou, potentiellement social traitre, anti-féministe, sexiste voire raciste ou pire, libéral).

      Ce qui aurait donné: "la France s'est notamment fondée sur l'esclavagisme et le colonialisme, etc".

      C'est nettement plus ouvert comme proposition que la phrase "la France s'est aussi fondée sur l'esclavagisme et le colonialisme" qui laisse croire qu'elle s'est fondée, en plus, sur d'autres trucs aussi dégueulasses: l'antisémitisme, le paternalisme, le machisme, le capitalisme, le christianisme, etc.

      Dans l'esprit du scripteur, la France s'est donc fondée sur un ensemble de choses qui sont "aussi" négatives que celles qu'elle énonce.

      C'est un "aussi" qui fait parler son arrière boutique car, comme vous le remarquez, elle n'a parlé de rien d'autre auparavant. En effet, quand on se pose la question du "aussi" par rapport à quoi dans le texte, on ne trouve rien d'autre que ce dont elle a déjà parlé (une boucle syntaxique).

      Donc ce "aussi" se réfère à quelque chose dont elle ne parle pas, qui reste dans l'ombre mais qu'on peut supposer négatif, vu l'entrée en matière de l'article.

      La première phrase de l'article est très intéressante: "Plus les textes s'égrènent autour du racisme subi par Taubira, plus j'ai l'impression d'une immense mascarade visant à nous déculpabiliser et à dépolitiser le racisme."

      Dans cette phrase, l'auteure pose la culpabilité comme un bien et affirme qu'est une mascarade le discours déculpabilisant sur le racisme qu'elle lit dans la profusion des textes qui ont été publiés à la suite du fait divers. L'homme blanc doit se sentir coupable de racisme. Tout discours déculpabilisant est une mascarade.

      Tout l'article est construit sur cette idée.

      L'auteure, qui prend le rôle d'une prêtresse, nous invite ainsi à renouveler notre pensée culpabilisante, à châtier nos chairs faibles, à revenir dans le droit chemin en écoutant ce que les "groupes concernés" ont a nous dire.

      Dans cette phrase on sent bien qu'il y a des méchants: c'est nous. Enfin le "nous" qui se sent rassuré par SOS racisme, mais dont on comprend bien qu'il se leurre sur son propre racisme, selon l'auteure.

      Et des gentils: "les groupes concernés".

      La structure de la phrase est en fait un ordre: en écoutant ces "groupes concernés" le "nous" redeviendra gentil = conscient de sa culpabilité.

      On est à la messe.





      Supprimer
    4. Votre commentaire fleure bon la France catholique, pas celle de l'évangile et de son message de fraternité, de tolérance et d'amour -bien sûr-, mais de sa récupération vaticanesque et les relents moisis des factieux de la Ligue ou nauséabonds de la St Barthélémy.
      Si vous aviez suivi d'avantage la messe s'eût été au moins profitable pour le progrès d'une certaine prise de conscience vers votre propre rédemption.

      Supprimer
  2. Ah c'est bon de rire. Bien vu la passage sur Dominique Reynie.

    Comme dirait l'autre, entartons entartons les pompeux cornichons !

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.