12 novembre 2013

Sarkozy, bientôt le retour.

Il était impossible de louper l'affaire, cette offensive "intime" du couple Sarkozy. Un confrère ose penser qu'il s'agit d'une action concertée, une spontanéité fabriquée de toutes pièces, un plan en trois étapes.

D'abord, le recul, la semi-disparition de l'ancien monarque. Depuis mai 2012, par touches impressionnistes, le voici qui s'invite régulièrement à distance dans le débat public par des remarques souvent assassines.

Ensuite - nous y sommes , la "campagne intime", un faux documentaire-vérité diffusé mardi 5 novembre 2013 sur la chaîne D8. L'amie proche de Carla, Farida, colle aux basques du candidat "qui transpire pour la France", a livré ce "film de vacances". Sarkozy apparaît doux, sympathique, et désintéressé. Il s'agit de réparer les dégats de sa campagne extrême-droitière de 2012, celle-là qui avait heurté les centristes jusqu'à pousser François Bayrou à appeler à voter pour François Hollande.

Samedi soir, re-belote. Nicolas écoute Carla à la première de cette dernière, à l'espace Carpeaux de Courbevoie. Il paraît qu'on ovationne davantage Nicolas que Carla. Une spectatrice, en fin de spectacle, lance même "Sarkozy président !". On imagine Isabelle Balkany.

Car la salle n'a pas été choisie au hasard. Courbevoie est dans les Hauts-de-Seine, fief sarkozyste chipé à Charles Pasqua il y a quelques décennies, une commune voisine de Levallois-Perret, où les époux Balkany, meilleurs amis de Nicolas, font désormais l'objet d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nanterre pour blanchiment de fraude fiscale. 

A Courbevoie, le clan Sarkozy s'était assuré de la présence de quelques supporteurs. Dans la salle, il y avait aussi quelques amis de la famille, "sa sœur Valeria Bruni-Tedeschi, ses amis Vincent Perez et Didier Barbelivien et la famille Sarkozy presque au complet avec Nicolas et ses deux grands fils Jean et Pierre" note le Parisien.

La troisième étape, qui n'a pas débuté, sera le Grand Retour, l'an prochain ou, plus vraisemblablement, en 2015. Il sera temps d'expliquer le projet politique. On le connait déjà, Sarkozy rempart contre Le Pen, avec quelques-unes des idées du programme frontiste pour faire bonne figure. L'ancien monarque prend aussi très à coeur les "manoeuvres" de l'Elysée contre son retour en politique. Cette paranoïa fait sourire. Elle révèle surtout une réelle inquiétude,... et l'envie de revenir. C'est le constat d'une journaliste d'Europe 1, bien informée (*): " sa détermination à contre-attaquer dans ce dossier est une preuve, s’il en fallait encore une, qu’il prépare l’avenir."

Il est effectivement certain que Nicolas Sarkozy fera tout ce qui est en son pouvoir pour revenir aux affaires. Sa défaite giscardienne de mai 2012 est visiblement une épreuve de tous les instants.

Bref, cette semaine fut si intime qu'on a failli oublier les vrais sujets.

Samedi, on apprenait du Monde qu'un avocat tunisien avait "été entendu en France fin octobre par les policiers enquêtant sur les accusations de financement par la Libye de Mouammar Kadhafi de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007." Pire, d'après M6, ""Interrogé sur son implication dans le financement de la campagne électorale de Sarkozy, il a confirmé".


Rien n'est terminé.





(*) Elle est mariée à l'ancien directeur de campagne de Sarkozy de 2007.

6 commentaires:

  1. "Partir, c'est mourir un peu " . C'est pour cela que le petit Nicolas veut rester parmi nous !

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  2. Qui est-ce donc, ce mystérieux "confrère qui ose penser que..."? Manquerait pas un lien? :-))

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  3. "Nicolas écoute Carla" Soit ! mais parvient-il à l'entendre ?

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  4. Si le nain revient dans la course, voire pire, pas sûr qu'il remercie La Fraise Flagada pour son action. Pourtant, elle se démène drôlement, La Fraise, en donnant des coups de barre à gauche et à droite - mais surtout à droite - pour dégager la piste d'atterrissage.

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  5. Je constate que la censure est de mise . Adieu.

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  6. Il me semble que votre mystérieux confrère faisait valoir que Sarkozy était très aidé par trois éléments:

    1- la crédibilité très faible ou quasi-nulle des autres candidats potentiels de l’ UMP (Fillon, Copé, Le Maire, etc.), sans parler de ceux de l’ "Alternative" (Borloo ou Bayrou);

    2- la montée du Front National, face à laquelle il apparaîtra, une fois encore, comme le seul capable de la contrer et de ramener à lui une part significative de son électorat;

    3- les difficultés dans lesquelles se débattent les socialistes, et qui ne sont pas près de s’arranger, à mesure qu’il apparaîtra que les objectifs sur lesquels François Hollande a demandé lui-même à être jugé (inversion de la courbe du chômage avant la fin de 2013, déficit budgétaire ramené au-dessous des 3 % du PIB en 2015) ne seront pas atteints.

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