2 décembre 2013

Contre la TVA, ou contre la réforme fiscale ?

Sept mille ? Trente mille ? Cent mille ? La bataille des chiffres a repris, sans surprise, à l'occasion de la manifestation organisée par le Front de gauche contre le gouvernement Ayrault/Hollande au sujet des hausses de TVA votées pour le 1er janvier prochain.

 Les slogans étaient plus vastes que cela: "taxer le capital", "pour une révolution fiscale, la taxation du capital et l’annulation de la hausse de la TVA", "Justice sociale et justice fiscale maintenant", "Le problème c’est le coût du capital, pas du travail", "Notre règle d’or, l’humain d’abord", "Fraudeurs et exilés fiscaux disent Bercy beaucoup", "Pour la finance, des couilles en or, pour le peuple, des nouilles encore".
Pour Jean-Luc Mélenchon, la France est "en 1788".

Qui veut jouer à Robespierre ? Mélenchon désigne une exaspération. Au-delà de ce simple constat, on cherche les points communs - hormis la rage, l'impatience, l'outrance parfois - entre les pigeons, les bonnets rouges (qui rassemblaient encore 15 ou 30.000 personnes la veille en Bretagne) et les manifestants de ce dimanche grisâtre à Paris.

En fin de manif, le Parti de Gauche s'indigna des estimations si basses, tout en publiant des photos pour prouver son bien-fondé: "Nous étions bien 100 000, ce 1er décembre, à marcher pour une révolution fiscale entre la place d’Italie et Bercy. N’en déplaise à Manuel Valls dont les services affirment n’avoir compté que 7 000 manifestants. Tout le monde a pu constater que la manifestation occupait les six voies de circulation du boulevard de l’Hôpital."

Oublions cette bataille, sans autre intérêt que de mesurer des forces. Et là, les écarts dépassaient les frontières du ridicule. On cherche à comprendre comment les services de l'intérieur ont pu se risquer à pareille bêtise.

Le discours de Mélenchon ne faisait dans aucune dentelle. Il attaque "la finance française et mondialisée, les 200 000 exilés fiscaux qui ont volé à la France 85 milliards d’euros, les actionnaires et leurs milliards de dividendes."Les mots d'ordre des autres participants étaient parfois différents. Lutte Ouvrière voulait incarner les salariés. Le PCF, par la voix de Pierre Laurent, réclamait une "remise à plat" de la fiscalité.

Ça tombait bien.

Ce lundi, les présidents des groupes communistes du Sénat et de l'Assemblée sont reçus à matignon par Jean-Marc Ayrault pour parler justement de la remise à plat du système fiscal...

Ça tombait bien.


12 commentaires:

  1. Je ne comprend pas "On cherche à comprendre comment les services de l'intérieur ont pu se risquer à pareille bêtise. "
    Quelle est leur bêtise : d'avoir donné un chiffre (sciemment) trop faible ?
    Ou de ne pas avoir fait le choix volontaire de surestimer pour etre plus proche des 10000 ?
    Je précise : J'ai aucune idée de l'ampleur réelle. En lisant l'écart, j'ai juste pensé que c'était la différence de vision habituelle, peut etre un peu forte, mais de "bonne guerre". Tu semble dire qu'il y a erreur de la part des services de l'intérieur, mais laquelle, exactement ?

    RépondreSupprimer
  2. Ah.. les "Guillaume" c'est toujours un peu lent a comprendre. Faut leur expliquer plusieurs fois...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ouais, c'est comme les Didier.

      Supprimer
  3. Réponses
    1. Ah... Les anonymes c'est le Gotha du commentateur, le bal Vénitien, la beauté du geste ...
      mais on s'éloigne un peu de la TVA, de la dette et du bonheur des actionnaires, hin ?

      Supprimer
    2. Et les actionnaires c'est pas anonymes ça ???????????

      Supprimer
  4. Contre la TVA ou contre la réforme fiscale ? C'est ce qu'on appelle une aporie, non ? (le sens actuel d'aporie concerne tout problème insoluble et inévitable). Car si chacun sait ce qu'est la TVA, ce n'est absolument pas le cas de cette remise à plat de la fiscalité. Il peut en sortir le meilleur, comme le pire. Rappelons encore une fois que le pouvoir a parlé de réforme pour la productivité à prélèvements constants et il n'est nul besoin de sortir de l'ENA ou l'X pour deviner ce que cela pourrait donner en imaginant une fusion de la CSG (progressive) et de l'impôt. Dans la mesure où les cotisations patronales vont être prises en charge par les ménages, le résultat sera pour la majorité d'entre eux une augmentation de l'impôt, à l'exclusion - peut-être - des plus modestes gagnant l'équivalent du SMIC. Les déclarations du pouvoir, aussi économes soient-elles, sont tout à fait claires.

    RépondreSupprimer
  5. et pourquoi les smicards ne participeraient ils pas a ce grand élan de générosité qui consiste a payer les cotisations patronales ?
    On ne parle plus d'impôt mais d'esclavage pour les trente prochaine années, la seule avancée sociale est qu'il n'y aura pas de chaine, ni de boulet.
    Elle est pas belle la vie ?

    RépondreSupprimer
  6. Et si dans l'instauration de ce nouvel ordre mondial, on rétablissait les sacrifices humains plutôt que de donner des cours de morale a l'école, cours pour le moins anachroniques, faut bien le reconnaitre. En attendant prions.
    Bildeberg, au plus haut des cieux, que ton nom soit sanctifie, que ton règne vienne....

    RépondreSupprimer
  7. Et le père Juanito fera la quête pour payer les impôts que Monsieur Cahuzac a oublie de payer.
    Les yeux dans les yeux, monsieur Bourdin, je n'ai et jamais eu de compte a l'étranger...

    RépondreSupprimer
  8. "On cherche à comprendre comment les services de l'intérieur ont pu se risquer à pareille bêtise"
    Ouh ben oui alors, scrognogneux mais comment on-ils pu ?
    Au hasard : pour minimiser l'événement, pour favoriser les polémiques sur les chiffres pour noyer le fond... Cà te chagrine, dis ?

    http://www.humanite.fr/politique/marche-du-front-de-gauche-des-polemiques-pour-noye-554335

    RépondreSupprimer
  9. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.