5 décembre 2013

La prostate de Jean-Michel Aphatie

... signifia la mort professionnelle de quelques journalistes français.

Scoop des scoop, France Info révèle mercredi 4 décembre que François Hollande a subi une opération bégnine de la prostate en février 2011, quinze mois avant l'élection présidentielle. L'Elysée confirme aussitôt.


Pendant la matinée qui suit, une certaine presse s'emballe de commentaires en conjectures. Le plus furieusement ridicule de la séquence fut atteint et dépassé sur RTL, un peu avant 8 heures. Jean-Michel Aphatie recevait le premier ministre. Et voici qu'avec Laurent Bazin, l'animateur de la tranche, le journaliste s'inquiète, et mitraille Ayrault de la même interrogation: "mais étiez-vous au courant de cette opération ?Laurent Bazin s'inquiète: "quand on parle de prostate, vous savez qu'on peut craindre le pire..."

Car Aphatie a cette obsession. Il tient "le" bon sujet. Le scoop était chez le concurrent de France Info, mais labourer cette exigence - la transparence absolue - est un "vrai" truc de "journaliste d'investigation". On peut lâcher de "gros" concepts très porteurs: "vérité", "exigence", "promesse".

Après cette interview-vérité - où Jean-Marc Ayrault est resté interloqué qu'on l'interroge sur une opération médicale sans importance 15 mois avant l'élection présidentielle - Aphatie se filme sur le site de RTL, face caméra comme c'est désormais l'habitude. Et il enfonce, il s'enfonce.

La prostate ! Encore la prostate !

On touche le fond.

Le soir sur les chaînes d'information, le "débat" continuait, sur ... le même faux sujet, la transparence de la santé du Président. Car il fallait se pincer pour le croire: François Hollande, à l'époque de cette opération sans gravité, n'était ni candidat désigné ni même président. Pire, les sondages le donnaient à 3% de popularité.

Au Grand Journal de Canal+, Jean-Michel Aphatie en remet une couche. L'émission a même pour premier thème, dans sa première partie, "Santé des politiques, doivent-ils tout dire ?". On invite un "expert" qui a publié un ouvrage sur le sujet de la santé des candidats et des présidents. On boise et déboise. Un autre expert déboule pour nous resituer ce qu'il se passait en ce funeste mois de février 2011.

Ce jour de décembre, il fallait se réfugier sur ARTE, et France Culture, pour trouver quelques journalistes qui trouvaient autre chose à commenter dans le triste monde qu'une opération datée, bénigne et sans rapport avec la présidence.

Merci donc à eux.





13 commentaires:

  1. Lamentable ! Voici le commentaire que j'ai mis au pied de ma bafouille à ce propos :
    Comme il ne se passe rien en ce bas monde, pas de misère à dénoncer, pas de meurtres, ni davantage de crimes de guerre, ni aucun acte de spoliation majeur, les médias s'ennuyant à n'en plus pouvoir, passent leurs temps à matraquer du quidam avec la prostate de François Hollande ou à nous entretenir des concerts de Carla Bruni où le public se masse autour de Sarko...
    Soyez étonnés, messieurs les manipulateurs, si devant votre indigence le peuple finit par vous cracher à la gueule !
    Dégueulasse, vous avez dit dégueulasse ?...
    Caillasse du jour :
    La prostitution c'est l'boxon

    RépondreSupprimer
  2. Ce qui est important pour la prostate, c'est le depistage. Et le mieux c'est le marais.
    Bon c'est vrai, faut aimer Dalida et les village People....

    RépondreSupprimer
  3. "On touche le fond." Tu aurais pu mettre plutôt "on touche le fondement" . :)

    RépondreSupprimer
  4. Tant que certains journalistes chercheront le buzz, nous aurons de la merde aux infos.

    RépondreSupprimer
  5. On imagine deja le titre de "C dans l'air" avec la fine equipe de react autour d' Yves Cavi.
    Avec retour sur image sur Mitterand, les historiens du mensonge d'etat et specialiste du potin, la confidente des grands de ce monde Catherine "fouette-moi" Nay, Alibert Fraquouliard chroniqueur medical a la gazette des tortues marines et un sociologue de gauche du CNRS, specialiste des banlieux, qui remplace au pied leve le journaliste du Figaro qui a une gastro.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. tout tout tout, vous saurez tout sur la prostate, la petite, la grosse.....

      Supprimer
    2. Faut pas critiquer Yves Calvi, c'est le seul jouraliste qui, chaque jour decouvre stupefait une verite qu'un enfant de 4 ans pourait decouvrir tout seul. Il a une formule pour cela : " ce que vous etes entrain de nous dire, non attendez j'essaye de comprendre, ce que vous etes entrain de nous dire est que l'eau ca mouille ?"
      alors la en general il se tourne vers les autres participants cherchant du regard une confirmation de ce qu'il vient d'entendre, et qu'on lui avait cache jusqu'ici, sacre Yves, va !
      Continue dans l'information, tu nous fait bien marrer.

      Supprimer
  6. Belles bagouzes ! Evocation discrète et raffinée du sujet ?

    RépondreSupprimer
  7. prostate, virilité ( c'est le credo de Domenach par ex.:un chef doit être viril ! ), Hollande bashing qui continue...

    CASTOR

    RépondreSupprimer
  8. J'annule le même article que j'allais écrire sur mon blog, vous avez tout dit.

    Il est extraordinaire de voir la façon dont les médias fabriquent eux-mêmes un non-événement pour pouvoir ensuite gloser dessus, et faire croire aux Français qu'événement il y a: on le compare au cancer de la prostate de Mitterrand (qui, lui, comme tout cancer, peut toujours récidiver), ou avec la maladie mortelle de Pompidou: aucun rapport avec Hollande.

    Déjà, l'expression utilisée en chœur est elle-même fausse : "opération bénigne de la prostate"; non, l'opération est la même que celle pour un cancer de la prostate (on enlève); il faut parler d'"opération pour une tumeur bénigne" -et non maligne.

    Si buzz il y a, c'est à cause des informations médicales fausses répétées à satiété sous Mitterrand et Pompidou : "tout va bien"; mais alors, il faut traiter la question autrement : "La tumeur de Hollande était-elle vraiment bénigne? Ne nous ment-on pas, une fois de plus?" , et la traiter en apportant d'éventuelles contre-informations vérifiées, si elles existent; et, si elle n'existent pas ou qu'on ne les a pas trouvées, fermer sa gueule quand on n'a rien à dire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Finalement, j'ai fait le billet, car il y avait des choses supplémentaires à dire, je crois.

      Supprimer
    2. Oh, Elie ! Ici, c'est un blog, pas un espace publicitaire !

      Supprimer
    3. j'ai vu, très bon billet au demeurant !

      Supprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.