15 décembre 2013

L'actualité politique française, vue par 5 blogs #S01E12

Voici le tri sélectif et subjectif de quelques billets politiques de la blogosphère de cette  troisième semaine de décembre, Sarkofrance saison 2. Nous n'avons retenu que des blogueurs qui s'interrogent. L'hystérisation du débat politique national frappe aussi nos exercices de commentaires et échanges citoyens .

L'actualité des blogs politiques cette semaine fut ainsi un moment d'introspection morose et peut-être passagère.  La mort des blogs est un thème récurrent de la blogosphère et d'ailleurs. Vous retrouverez rapidement quelques billets sur le sujet chez le regretté Jean Veronis (janvier 2010), Dedalus (décembre 2011), Voix Militante (janvier 2012), Rue89 (mars 2012). Un "Pearltree" sur le thème a même été établi en début d'année.

 Nicolas, de Partageons Mon Avis, a d'abord réagi à un constat de Guy Birenbaum 
"Ce qui a changé ? Chacun aura son interprétation. Le phénomène Twitter a bien sûr joué un rôle voire plusieurs. (...) Les commentaires se sont déportés dans ce machin en 140 caractères tuant la conversation".
SebMusset a furieusement décrit ce qu'était devenu l'échange politique amateur et citoyen dans ces sphères 2.0 depuis plusieurs mois:
"Depuis que je vagabondais sur LéRézoSocio, je réduisais à son tour de moitié l’écriture sur le blog. LéRézoSocio prolongeait la promotion de Paul Léotard. Chaque instant se vivait comme la possibilité d’un bon mot. Un bon mot se lisait cent fois plus que mon billet de blog le plus lu qui se lisait mille fois plus que mon livre le plus vendu."
"C'était mieux avant ?" se demande Fred Camino.

Bibi a complété d'un autre billet en expliquant ses propres motivations, mais aussi quelques règles personnelles de bon sens:
"Ne pas brusquer la Durée, ne pas se laisser avoir par elle dans ce Champ des Blogs où – ici comme ailleurs – on nous presse, on nous intime de nous soumettre à la Rapidité, au Zapping, au Résumé, au Slogan, au Bon Mot, au Bon Parti.
Comme la presse, parfois, les blogs s'interrogent sur leur mission et leur devenir. D'aucuns jugent cela nombrilistes. C'est une démarche pourtant nécessaire. Les blogs politiques, comme tout lieu d'expression subjective, sont des objets mortels.

Addendum: ce dimanche 15 décembre, Guy Birenbaum ajoute une jolie chronique "fictionnée" à ce thème  - "La Grande Panne".

"En novembre 2057, Internet avait implosé. Dans le monde entier. Le black-out. (...)
Au bout de deux ou trois jours de stupeur, l’intelligence collective avait repris le dessus."

Pouvait-on espérer que la prise de conscience intervienne plus tôt ?


4 commentaires:

  1. Twitter n'est pas fait pour le décryptage, le décorticage... il sert de tuyau pour relayer (si on mets de côté le people et les vannes pourries liées à des # farfelus).

    Lire certains blogs politiques "amateurs" est souvent plus intéressant que les plumes de certains analystes politiques de connivence.

    "Un" Seb Musset parlera (mal)logement 1 000 fois mieux que la ministre dégueulée à cette question,

    "Un" Juan analysera (de façon subjective soit) la semaine politique écoulée de façon plus pertinente que n'importe quel éditorialiste de salon parisien,

    "Un" Jegoun, "un" Bembelly... dissertera sur moult sujets nous invitant quasi surement à commenter d'un "ça s'arrose !"

    Un coup de mou passager, coup de mou d'une fin d'année éprouvante sans doute...

    "Les blogs politiques, comme tout lieu d'expression subjective, sont des objets mortels"... et mortellement nécessaires.

    C'est juste un avis,

    Cordialement

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  2. Une seule réponse, une seule certitude : aussi longtemps que nous le pouvons, continuons à bloguer. Même minuscule, il en restera toujours quelque chose.

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  3. Avec la vacuité de la presse et de la télévision et l'hystérisation du débat politique, les blogs sont le seul lieu où s'amorce, et parfois se prolonge, une vraie réflexion politique. Ils sont notre planche de salut, à nous autres lecteurs non blogueurs. Oui je sais, vous nous direz : vous n'avez qu'à retrousser vos manches et bloguer vous aussi. Il m'arrive d'avoir mauvaise conscience parce que je me contente de lire (beaucoup) et de commenter (un peu), sans produire. Trop la flemme (gérer la modération, les spams, les bugs..., et surtout maintenir une certaine régularité). On n'a pas forcément l'envie ni le talent. On peut être un mauvais blogueur potentiel et un bon lecteur. Alors ne nous lâchez pas en rase campagne, amis blogueurs! La fable de Guy Birenbaum montre bien que vous êtes essentiels.

    Ce qui serait bien, ce serait que quelques éditocrates aient un éclair de lucidité et se rendent compte que vous êtes plus intéressants qu'eux. Rêvons un peu, en ces temps de fête...

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