25 décembre 2013

Pourquoi Hollande devrait partir... en vacances.

C'était le dernier conseil des ministres de Hollande, ... en 2013. 

C'était le dernier conseil des ministres de l'année. Il y régnait comme une sage résignation. Certains ministres semblaient plus déterminés. D'autres ne pensaient qu'à leur tâche. d'autres encore avaient la tête déjà ailleurs. Et la France du commentaire s'exerçait à dresser des listes de résolutions ou d'inventaire pour l'actuel président.

Ce lundi 23 décembre, l'ordre du jour était presque illustratif de ces derniers mois. Comme un rappel de la récent polémique sur l'article 13 de la loi de programmation militaire, un premier texte, qui sera présenté au parlement en début d'année, restreint les conditions de recours à la géolocalisation des portables. Un autre texte, qui n'est qu'un décret, "simplifie" la participation de la Direction des finances publiques à diverses commissions jugées inutiles. Le choc de simplification a du plomb dans l'aile, on l'a déjà oublié. Dans un troisième texte, plus lourd, Moscovici et Fabius dressaient le bilan du sommet européen de la semaine passée. L'un rit, union bancaire oblige; l'autre cache qu'il pleure, la France est lâchée seule en centrafrique.

Ce lundi, François Hollande a téléphoné à son homologue algérien. Pour s'excuser de sa mauvaise blague, quelques mots qui ont provoqué les commentaires les plus vivaces et les plus railleurs sur la Toile. On prête d'ailleurs à la cellule Internet de l'Elysée d'avoir sonné l'alerte au point de convaincre Hollande qu'il fallait réagir. Le Canard Enchaîné du lendemain revient en Une sur l'affaire, le scandale, la polémique. "A n'en pas douter, la plaisanterie de François Hollande sur la sécurité en Algérie est devenue une affaire d'Etat" peut-on y lire.  Fichtre ! Que dire des 400 morts hebdomadaires en Centrafrique ? 

Bref, au Hollande-bashing de la fin 2012 a succédé un emballement médiatique autogéré en 2013. De la diversion agitée venue d'en haut sous Sarkozy, nous sommes passés à la diversion ventilée par en bas, contre laquelle Hollande est contraint de réagir.

Ce lundi, quelques ministres pensent qu'ils vont partir quelques jours se reposer. On imagine les consignes, "restez dans les parages". Pierre Moscovici, sur une radio matinale, confie qu'il va prendre des "vacances laborieuses", curieux concept, langue de bois d'un autre âge. Michel Sapin est fatigué. Il s'est "étranglé de colère", dixit le même Canard, en lisant le commentaire de l'INSEE sur les prévisions de PIB l'an prochain: une "reprise poussive" ? "Moi, je n'imagine pas pas la DARES utiliser un qualificatif comme celui-là".  Ces ministres sont non seulement fatigués, ils jouent aussi "perso". Le Parti socialiste reste une machine égotique incontrôlable. Rappelez-vous la formule, ce "pouvoir au bord de la crise de nerfs" relaté par des journalistes "embedded".  Un "dirigeant du PS", anonyme, confiait ainsi : "Ayrault concentre toutes les critiques. En faisant seul la réforme fiscale, il s'est mis Bercy à dos. En se donnant de l'air, il a énervé ceux qui se verraient bien à sa place. Et en plaidant pour un gouvernement resserré, il insécurise les petits ministres. Il fait le grand chelem gouvernemental !"  

On promet à Hollande des dossiers "sensibles". D'après le Monde, il y en 6: la baisse du chômage, dont nous saurons jeudi soir si elle s'est bien poursuivie en novembre. La réforme fiscale, pour laquelle Jean-Marc Ayrault n'a que trop soutien; la "réduction des dépenses publiques", qu'un groupuscule de hauts fonctionnaires soc'lib baptisés "les Gracques" persiste à réclamer depuis 2007; la réforme pénale de Christiane Taubira, que la Garde des Sceaux défendra dès le début de l'année; la "relance européenne" qui n'existe pas; et, last but not least,  la "question de l'intégration" que la Droite furibarde a choisi comme épouvantail de rentrée électorale.


Des dossiers sensibles, des ministres fatigués ou hors sol, il est temps que certains prennent recul et distance.

Joyeux Noel.





6 commentaires:

  1. Bonnes fêtes à toi et aux tiens, señor Juan !

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  2. Jour férié ce jour, Juan. Bon Noël !

    Cela dit, que nos ministres entendent le peuple et placent l'urgence aux bons endroits et dans le bon ordre.

    Solanden

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  3. Bonnes fêtes. Bon repos et revenez nous en pleine forme.

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  4. Repose toi, Juan, tu l'as bien mérité, et reprends la forme !

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