16 décembre 2013

Intégration: Hollande face à la dernière manipulation du Figaro

On se croirait au salon du bricolage. Car ça bricole dur et sec à l'Elysé; ça bricole aussi dans les médias. Il suffit de quelques phrases sorties d'un batterie de relevés de conclusions d'experts et de politiques sur l'intégration et l'immigration, une mauvaise couverture du Figaro, un gros coup de gueule de Jean-François Copé, et voici la France encore ébranlée.

Mais qui a lu ces fichus documents ? Pas grand monde. 

François Hollande, de retour d'une (trop) longue séquence internationale (Afrique du Sud, Centrafrique, Brésil), va donc "recadrer" son équipe. Il y a urgence. Qu'importe le fond.

Sans rire.

La faute d'Ayrault
La première faute fut d'être publié sur le site du premier ministre. Il fallait maîtriser la communication de la chose, comprendre que le sujet est forcément sensible puisque c'est le cheval de bataille d'une droite en déshérence.

Le plus drôle, triste et curieux fut de lire que certains pensaient que la manoeuvre était électorale. François Hollande, ou plutôt Jean-Marc Ayrault, aurait toléré cette publication pour mieux agiter l'extrême droite et fragiliser la droite. Répétons donc quelques constats: primo, l'UMP n'a pas besoin d'un Front national puissant pour être faible et vide. Elle n'a pas non plus besoin d'un tel rapport pour instrumentaliser l'immigration à des basses fins politiciennes.

A son époque, Nicolas Sarkozy, aidé de son fidèle Eric Besson alors ministre de l'identité nationale, avait lancé un débat éponyme en novembre 2009. La manoeuvre n'était que la première étape d'une stratgie que l'on qualifiera plus tard de "buissonnienne" en l'honneur de son inspirateur - Patrick Buisson. S'en suivirent le discours de Grenoble (juillet 010), la chasse aux Roms condamnée par l'Eglise et l'ONU (été 2010), puis la campagne de électorale et ... l'échec en mai 2012.

La publication d'un rapport sur l'intégration, réalisé par quelques experts dont on se demande où ils vivaient, a provoqué un micro-séisme, à droite comme à gauche.

"C’est pire qu’une erreur, c’est une faute." Un conseiller de Matignon.

L'outrance à droite
L'UMP s'est jeté dessus comme un chien affamé sur un os providentiel. Le Figaro, qui en fit sa "une" vendredi dernier, avait allumé un brasier. La publication de ces rapports, annoncés depuis des mois dans l'indifférence jusqu'ici générale, a provoqué l'ire présidentielle. Il a permis à Manuel Valls de sortir de son relatif silence médiatique. "Oui, l'intégration est un échec depuis de nombreuses années" a-t-il expliqué en substance, forcément interrogé sur le sujet par BFM-TV. D'aucuns jugèrent que la remarque valait preuve de son sarkozysme inavoué, comme si reconnaître des difficultés était un crime de lèse-majesté vrauchiste.

Sur le fond, ce rapport avait quelque chose de hors sol, comme si quelque esprit malin s'était décidé à prendre le contrepied des habituels arguments. 

En fait, ce "rapport sur l'intégration" n'existait pas.

Il ne s'agissait que de "relevés de conclusions" d'une démarche enclenchée en février dernier. En l'occurrence, il n'y avait pas un rapport, mais cinq rapports correspondant aux 5 groupes de travail lancé en début d'année.

  1. "Protection sociale", rédigé par Bénédicte MADELIN et Dominique GENTIAL, pilotes du groupe, aidées de Nathalie GOYAUX (DGS) et Isabelle BOUILLE-AMBROSINI (DSS), rapporteures.
  2. "Faire société commune dans une société diverse", rédigé par Ahmed Boubeker et Olivier Noël début novembre.
  3. "Mobilités sociales ", rédigé par Fabrice DHUME Khalid HAMDANI
  4. "Connaissance - reconnaissance", rédigé par Chantal LAMARRE, Directrice de Culture Commune – Scène nationale du Bassin Minier du Pas-de-Calais et Murielle MAFFESSOLI, Directrice de l’Observatoire Régional de l’Intégration et de la Ville en Alsace
  5. "L’habitat, facteur d'intégration", rédigé par Chaynesse Khirouni (députée socialiste) et Chantal Talland (directrice de l’IFMO).
Qui parmi ceux qui hurlèrent dès leur mise en ligne les avait seulement lu ?

De ces différents documents, on a retenu le pire, le plus "clivant", le plus choquant. On a oublié les autres. Citons, en vrac, "l'inscription dans les différentes chartes « qualité », d’« accueil » d’une dimension respectueuse des identités des individus" (argh ! Communautarisme !), "célébrer une journée internationale des Migrants" (quelle horreur !), supprimer le mot d'intégration lui-même (sacrilège sémantique), "faire France en reconnaissant la richesse des identités multiples", autoriser le port du voile à l'école (hors de propos), création d'un "délit de harcèlement racial" et d'une "Cour des comptes de l'égalité", etc.

Hollande furieux
François Hollande, donc, revient, paraît-il furieux, d'un périple au Brésil et en Guyane.

 Il a été "cinglant" devant sa délégation en Guyane: "ce rapport ne se serait jamais retrouvé «sur le site de l'Élysée», a-t-il lancé quand certains de ses proches mettaient en cause le fonctionnement de Matignon". En public, vendredi, il a déjà recadré un faux débat qui est devenu une vraie polémique: "Je n'entends pas ce bruit, parce que ces rapports n'ont pas de traduction. Ce n'est pas du tout la position du gouvernement"

Le Figaro a réussi son coup. Il fut le premier à lancer la charge. De Marianne (sous la plume de Nicolas Domenach) à quelques blogs de gauche, le sujet "intégrationniste" avait envahi les esprits et le débat. Au point d'éclipser une manifestation ratée contre la prétendue "familiophobie" du gouvernement.Le même Figaro, seul cette fois-ci, complète sous la plume d'Anne Rovan. Hollande irait jusqu'à recadrer plus largement son premier ministre. On murmure encore que Manuel Valls serait le successeur. Le choix serait improbable tant la nomination de l'actuel ministre de l'intérieur serait gage d'une rupture à gauche plus grave qu'une remontée temporaire dans les sondages de popularité.

Hollande, donc, va "recadrer".

Mais recadrer qui ?

Le Figaro ?





Crédit illustration : DoZone Parody

47 commentaires:

  1. Comment étouffer une polémique de ce genre ? Solution facile : lâcher une caisse, mettre le sujet fautif dedans, et reclouer.

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  2. Tu écartes d'un revers de main l'idée même de l'intégration en semblant accepter la suppression du mot.
    Les mots ont un sens, quand même !
    Si on n'intègre plus les gens qui immigrent chez nous, on fait quoi ?

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    1. En lisant le rapport où cette suggestion est évoquée vous auriez vu que l'on y parle des immigrés de 2ème voire de 3ème génération. Certains sont sur le territoire depuis très longtemps et continuent d'être stigmatisés.

      L'intégration il faut arrêter d'en parler, il faut la faire. C'est ce que suggère ce rapport.

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    2. @estelle: Oui, j'écarte pas le sujet dans ce billet. Mais je vais revenir plus tard sur les rapports.

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  3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  4. Ce que ce rapport semble oublier , ce que les français semble oublier , ce que les " étrangers " semblent oublier : Notre pays est la France , ce n 'est pas à nous de devoir accepter les us et coutumes de l ' " étranger " . Il vient ici de son plein gré , il peut sortir du pays librement .
    Pourquoi donc en permanence revenir sur les mêmes problémes lassant .
    Les auteurs de ce rapport ont une idée étrange de la France .
    Mille lois idiotes , mille problémes seraient évités en disant simplement ; < Bienvenue chez nous . Adoptez nos lois et manières de vivre , adoptez notre langue , et vivez !>
    Je sais , cela parait simple , ce qui n 'arrangerait des associations , des exités de la haîne ,

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    1. Oui mais ça c'est le fantasme de l'étranger en tant que "double de moi-même". C'est l'étranger tel que le conçoit la pensée egocentrée.

      Lorsque vous dites "adoptez nos lois et manières de vivre , adoptez notre langue , et vivez" c'est en réalité comme si vous disiez à l'étranger que vous accueillez: "tu ne peux rester ici que si et seulement si tu deviens comme moi".

      Le problème est que, par définition, l'étranger n'est pas comme nous. Il va donc falloir qu'il le devienne (du moins dans ce système de pensée). C'est alors que se pose la question: oui, mais nous, on est quoi? Parce qu'il faut bien que l'étranger comprenne le sens de l'injonction et qu'il sache au moins ce qu'il doit devenir.

      Alors, c'est quoi un Français, aujourd'hui?

      C'est quelqu'un qui lit le Figaro et Causeur, ou bien c'est quelqu'un comme, mettons, Guillaume Lelong (le billet mis en lien dans l'article plus haut)? C'est quelqu'un qui paye ses impôts ou qui met un bonnet rouge?

      Ca, c'est un partie du problème. Une fois qu'on aura trouvé la réponse à cette question (qui est celle de l'identité nationale, donc) on pourra passer au reste.

      Dans les restes, il y a la question de savoir jusqu'à quel point on exige d'un étranger qu'il soit comme nous. Souvent on sera tenté d'exiger plus de lui que d'un Français: il faudra qu'il soit plus français qu'un Français, en somme.

      Et puis à un moment, on interrogera notre propre raisonnement en nous disant: mais pourquoi j'ai mis ce concept d'identité nationale dans la boucle?? Ah oui, c'est vrai! C'est parce que je suis parti d'une conception egocentrée de l'étranger: un double de moi. Un fantasme.

      A ce stade, on aura donc l'idée de se dire: on ne va plus regarder l'étranger comme un double de nous, mais comme il est lui, dans ses différences, en évacuant ce concept d'identité nationale, un peu embarrassant finalement.

      C'est là qu'on va commencer à se fâcher entre Français: certains estimeront qu'accepter l'étranger dans sa différence revient à dénaturer la (...).

      Qu'est-ce que la (...)? C'est ce que vous voulez. Ca peut être la nation française, la France, la laïcité, la république, la pensée républicaine, l'identité nationale, l'héritage des Lumières, le marché de l'emploi, le système de protection sociale, les racines chrétiennes de la France et de l'Europe, etc. La choucroute, aussi.

      Toujours est-il que toutes les fâcheries qui auront lieu à ce moment là tourneront autour de l'idée que l'étranger dénature quelque chose par sa présence, qu'il pervertit, qu'il souille, qu'il salit, qu'il fausse les mécanismes, qu'il transforme, qu'il déséquilibre ce qui existe, qu'il rend impur, qu'il crée quelque chose, qu'il perturbe, etc.

      Jusqu'au moment où cette représentation mentale de l'étranger, un poil anxiogène, faut dire, interrogera suffisamment notre conscience pour que l'on comprenne qu'il fait déjà partie de nous. Et que ce "nous" s'est modifié entre-temps, ce qui nous pose un nouveau problème non plus par rapport à l'étranger en soi, mais par rapport à l'idée qu'on se fait de nous-mêmes.

      Et on repartira sur un cycle d'interrogations dont l'étranger sera l'objet et le Français l'enjeu.

      C'est ça qui est surprenant: le débat sur l'étranger est toujours anachronique par rapport à son véritable enjeu, nous. On a toujours un étranger de retard: pendant qu'on discute, l'étranger s'intègre. Il modifie ce nous auquel il appartient alors.

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    2. C'est quoi ce charabia ? Une suite de généralités, de pseudo sociologie.
      En France, il y a des principes et des droits, comme l'accès à l'éducation, la protection sociale, la laïcité et bien d'autres dont chacun bénéficier et qui ne sont pas garantis partout.
      Et il y en a d'autres, qui exigent que le pouvoir ouvre de véritables chantiers, conduisent des échanges, des débats publics pour agir et lutter contre les discriminations au travail, au logement ... En effet, si les Français s'opposent, voire se radicalisent, c'est peut-être parce qu'ils se trouvent dans une impasse, qu'ils ne sont pas écoutés, consultés. Au contraire, le pouvoir fait de la com' en les abreuvant de paroles au lieu de prendre des mesures concrètes. Il se comporte vis-à-vis de l'intégration - appelez cette question comme bon vous semble - de la même façon que pour le social.
      Grandes déclarations, surtout, bonne confiance et indifférence sans rien changer positivement. JAMAIS.

      Demos

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    3. Non, c'est pas de la pseudo-sociologie parce que je ne me situais pas sur le terrain de ce qu'on appelle la sociologie.

      Je regarde juste de quoi on parle et comment on en parle. Puis comment s'organise le va et vient du débat.

      Cela pourrait donc être de la pseudo-linguistique, ou de la pseudo-sémantique, voire, à la limite, de la pseudo-psycho... euh...logie ou psychanalyse. Et encore, je ne traite pas des névroses ou psychoses en soi. Mais de la sociologie, non.

      je vous explique (en repassant en mode vous)

      Anonyme partait d'une façon de poser l'étranger, comme un double de lui-même, qui est à la fois simpliste et complexe. L'important dans ce type de représentations mentales est que le locuteur est en général sincèrement persuadé d'être dans le vrai, puisqu'il n'envisage le sujet dont il parle - l'étranger en l'espèce - qu'à travers la véracité de sa propre expérience et l'authenticité de son propre être qui est mesure de toute chose.

      C'est à peu près la meilleure façon de ne rien comprendre aux autres, soit dit en passant.

      Mais, et l'important est là, c'est surtout la meilleure façon de ne rien comprendre à la réalité des faits.

      Exemple: pour Anonyme, l'étranger peut librement sortir de France. C'est l'une de ces propositions. Or, dans les faits, rien n'est plus faux. C'est d'ailleurs un paradoxe: il est difficile pour un étranger de sortir de France car, dans certaines circonstances, il peut perdre son droit au séjour. Même l'étranger en situation irrégulière est peu tenté de sortir de France, car il a eu des difficultés pour y entrer. Donc la proposition "Il vient ici de son plein gré , il peut sortir du pays librement" est fausse.

      Bref, on voit là un grave inconvénient de la pensée auto-centrée: le sujet dupliquant la totalité du monde réel à l'aulne de ce qu'il est lui-même, il ne comprend pas que ce réel soit différent de lui et surtout il ne le voit pas.

      L'autre grave inconvénient est que cette façon de voir le monde est prescriptive de valeurs morales elles aussi auto-centrées: ce qui doit se faire, ce qui ne doit pas se faire, non pas objectivement mais selon un "Moi" qui s'exprime.

      Ainsi, en toute innocence, Anonyme est-il conduit à édicter des règles normatives sur ce que doivent être selon lui les conditions du séjour d'un étranger sur notre territoire: notamment, adhérer à "ses" manières de vivre.

      Est-ce à dire qu'il va exiger d'un étranger qu'il fasse les soldes après les fêtes, qu'il mange des huîtres à Noël, qu'il se lave les dents avec un dentifrice à la menthe, qu'il fasse un footing tous les matins, etc, s'il a ces manières de vivre, ou d'autres?

      Non, car ce serait absurde.

      A l'évidence, la proposition d'Anonyme est donc délirante. Pourtant il l'a énoncée en étant persuadé de se situer sur un plan rationnel et raisonnable. Il y voit même une expression de la sagesse. L'étranger doit ainsi adopter nos manières de vivre et ça ne se discute pas, alors même qu'on ne sait pas vraiment ce qu'est une manière de vivre française.

      D'ailleurs, il n'interroge pas ce concept. Il le pose comme une évidence normative, c'est tout.

      Eh bien tout ça, c'est typiquement le genre de choses que j'analyse dans ce que disent les gens. En fait, je n'ai pas énormément d'intérêt pour leurs opinions ou leurs convictions. Tout le monde en a. Mais chacun a sa façon de les dire. Et ça, c'est intéressant.

      Vous comprenez mieux ce que j'ai voulu dire?

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  5. @ babelouest
    Entièrement d'accord avec vous. Il y a longtemps que ça aurait dû être fait vu le nombre de "couacs" depuis le début de la mandature.

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  6. Valls premier ministre et pourquoi pas ?

    C'est, quand meme, un beau modele nettement mieux fini que le precedent avec une demarche de canard et des pompes orthopediques et des tics facials en veut tu en voila.
    C'est du Sarkozy Prenium, le Valls. bon niveau cerveau c'est toujours aussi bete et venal, quelque neuronne de plus manquent pour parfaire la mecanique. C'est pas la fintion a l'allemande, cela reste de la paella surgelee pour gogo. de tout maniere ca ou autre chose, du moment que l'on paye la dette jusqu'a la fin des temps, tout ira bien.

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    1. la femme de Sarko est guitariste, la femme de Valls est violoniste.

      le programmateur avait mis "batterie" pour deconner, il s'est fait souffler dans les bronches....

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    2. Et le monde politique forme un immense orchestre de joueurs de pipeau !

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    3. et cela fait 30 ans qui nous joue la meme melodie c'est "la crise"

      vous pouvez la telecharger LEGALEMENT chez Universal Music, depechez vous le premier janvier la TVA augmente !

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    4. Sapin a recu un rapport de son chef de cabinet, enarque, qui preconise d'indexer la TVA sur le nombre de chomeurs, a la fin du rapport le mec a ecrit en petit ....non, je deconne.

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    5. 30 ans que Hugues Aufrey chante 'les temps changent' aussi.

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  7. Qu'importe si ces lignes étaient comprises dans un rapport ficelé ou dans 5 essais de rapports, ces lignes ont été écrites et représentent une ligne de pensée dominante à l'heure actuelle dans les cabinets ministériels : celle de Tera Nova. Je suis sûrement de nature trop pessimiste mon cher Juan mais je pense que tu es trop optimiste.

    Une petite levée de bouclier immédiate face au moindre risque de débordement anti-républicain à gauche est nécessaire pour rappeler quelles doivent être les valeurs de la gauche française.

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    1. Donc ici on voit bien que l'étranger est le prétexte d'une fâcherie franco française classique: une série de rapports portant notamment sur l'intégration de l'étranger va provoquer

      "Une petite levée de bouclier immédiate face au moindre risque de débordement anti-républicain à gauche est nécessaire pour rappeler quelles doivent être les valeurs de la gauche française."

      Ici, la (...) correspond à "valeurs de la gauche française".

      Le locuteur rappelle bien que la gauche dont il s'agit est française, au cas où on l'oublierait. On est donc bien dans un débat qui en réalité porte sur le "nous" français.

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    2. Il y a un truc ou deux que tu devrais nous expliquer :
      - le mot "français" est-il prohibé ?
      - le sujet de l'intégration est-il tabou ?
      - Avons-nous toujours le droit d'avoir des convictions ou devons-nous accepter de manière inconditionnelle tout ce que décident les soc' lib' ?
      Franchement, nous sommes quelques-uns à en avoir marre de recevoir des leçons de tout le monde sur ce qu'on doit penser, dire et faire.
      Je te signale qu'il y a autant d'abrutis qui mettent le mot "français" à toutes les sauces que de crétins qui bavent en permanence sur le pays qui les accueillent généreusement. Alors, basta !

      Demos

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    3. tschok


      Citer, dans trois posts douze fois le mot étranger" et quatorze fois le mot "français", ça fait beaucoup, non ? Ce ne sont plus des réflexions ou des commentaires, mais un vrai combat idéologique militant.

      Je te confirme donc, pour t'éviter d'y revenir tous les quatre mots, que ce pays s'appelle bien la France, que ses nationaux sont appelés Les Français et qu'au-delà des frontières de ce pays, vivent d'autres gens qu'on appelle des étrangers. Est-ce clair ou faut-il t'offrir un Atlas pour Noël ?

      Demos

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    4. Ben c'est à dire que sous un billet qui parle du sujet de l'intégration, c'est pas totalement incongru d'employer ces mots là, non plus.

      Donc, pour répondre à tes questions: non, l'emploi du mot "français" n'est pas prohibé (d'ailleurs tu me reproches de l'employer trop à ton goût), le sujet de l'intégration n'est pas tabou, ce n'est pas ce que je dis, et tu es bien sûr libre d'avoir tes opinions et convictions.

      Mais j'accepte volontiers l'atlas pour Noël. Il se trouve que j'adore les cartes et les atlas.

      A part ça, ce que je disais: dans les débats de ce genre, la figure de l'étranger est en réalité instrumentalisée et mise au service de fâcheries franco-françaises dans le cadre de débats identitaires. Ces fâcheries ne sont pas plus idiotes que d'autres. Elles peuvent d'ailleurs se rapporter à des questions de doctrine qui, pour superficielles qu'elle puissent paraître au premier abord, sont en réalité importantes, comme le montre par exemple le dialogue entre Babelouest et Guillaume sur ce que doivent être, selon eux, les "valeurs de la gauche française".

      On notera d'ailleurs à cet égard qu'il s'agit bien pour l'un comme pour l'autre de se comporter comme des prescripteurs: ce que "doivent" contenir les valeurs de gauche. C'est prescriptif. Tu noteras que, pour ma part, je ne prescris rien du tout: je me borne à le relever, c'est tout.

      On est dans la théologie, quoi. Et aussi l'identité: Babelouest et Guillaume parlent de ce que doit être, selon eux, la gauche française. Une gauche anti-libérale, certes, mais qui doit lutter, selon l'un contre le communautarisme, et selon l'autre contre le libre échangisme bruxello-atlantiste (je me mets à parler comme Méluche, pfffff!).

      Tu noteras là-encore que je ne discute même pas le contenu obligatoirement anti-libérale de cette conception de la gauche. J'en prends acte, c'est tout.

      En définitive, la figure de l'étranger, dont on parlait au tout début, n'est plus dans la discussion après 30 à 90 secondes d'échanges. Donc, elle ne compte pas. Elle est juste un prétexte. Comme la figure de la prostituée dans la future loi sur la prostitution.

      En clair cela signifie que la véritable cible n'est pas celle dont on donne l'impression de parler. Il y a une cible apparente, et puis il y a un enjeu sous-jacent, qui est le vrai sujet dont on parle.

      Voilà, c'est tout.

      Ah oui, il y a un autre truc: pendant ce temps-là, l'étranger s'intègre. Bien ou mal selon les cas, plutôt bien en général, selon les enquêtes et études, particulièrement du côté des filles, qui réussissent bien à l'école.

      Il y a sans doute des choses à améliorer, d'autres à carrément réformer. Est-ce que ça valait le coup de faire un psychodrame avec ces rapports à la con? Je pense que non.

      (c'est la seule opinion que j'ai dans l'affaire)

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  8. une petite levee de bouclier...

    pense a Jean Gabin dans "la bete humaine" , mon petit Guillaume....

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  9. "les valeurs de la gauche française", c'est d'abord une opposition farouche, déterminée et définitive à cet American Way Of Life que Bruxelles veut nous imposer avec le Grand Marché Transatlantique : oui, là, il y a une vraie levée de boucliers à développer. Quant à ceux qui sont venus en France, laissons-les s'intégrer à leur rythme (si ce n'est pas déjà fait). Ce ne sont pas ceux qu'on croit, qui ont le plus de mal.

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    1. Babelouest : Parce que tu penses que ça n'est pas corrélé peut-être ? Créer un état communautaire donc divisé et imposer une doxa néolibérale sont intimement liés. L'auteur des lignes incriminé parle lui-même d'une "conception libérale de la laïcité".

      Il s'agit d'une mentalité globale et cohérente qui permet sur tous les fronts de proposer de la merde que ça soit sur le plan sociétal ou bien économique avec le TTIP par exemple.

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    2. Là c'est pas mal, parce qu'on descend dans l'arborescence:

      Pour Babelouest, "valeurs de la gauche française" = "opposition farouche, déterminée et définitive à cet American Way Of Life que Bruxelles veut nous imposer avec le Grand Marché Transatlantique"

      Quant aux étrangers, laissons les s'intégrer.

      Donc, si vous êtes de gauche et si vous êtes français, votre vrai bon comportement, c'est d'être dans l'opposition farouche au libéralisme bruxellois et transatlantique, ce qui n'est pas la même chose que de lutter contre le communautarisme (sens De G Lelong).

      Mais, réponse de G Lelong: les deux sont liés.

      "Créer un état communautaire donc divisé et imposer une doxa néolibérale sont intimement liés."

      Ouf.

      Donc, le bon comportement de gauche si vous êtes français aussi, c'est:

      - Lever votre bouclier pour protéger la république contre le communautarisme néolibéral

      - Vous opposer farouchement au libéralisme bruxellois transatlantique.

      Je suis heureux de voir que le différend s'est aplani et qu'une même version des "valeurs de la gauche française" fait désormais consensus entre deux Français qui, au départ, parlaient d'intégration.

      Mais c'est important ces questions de doctrine.

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    3. Roy Buchanan qui baille au milieu d'un long et interminable solo de guitare et jette au public son regard d'enfant espiegle.....

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    4. @Guillaume: je n'ai pas fini de lire ces 5 documents. C'est en cours. C'est fastidieux. Je regrette l'échauffement, même si je ne suis pas en désaccord sur ton propos de fond sur le communautarisme. Comme l'a écrit Tschok plus haut, j'ai l'impression qu' "on a toujours un étranger de retard".

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    5. C'est très fastidieux, oui.

      C'est le genre de doc qui me rend lâche et me donne envie de vous confier le bébé en vous souhaitant bon courage pour la fiche de lecture et l'étude de texte.

      C'est un peu n'importe quoi, faut dire. Comme un supermarché après un tremblement de terre: le pot de moutarde se retrouve au rayon lingerie. La côte de bœuf avec le cirage à chaussures. Les coton-tiges avec les articles de pèche. Les couches pour bébé avec les produits agricoles du commerce équitable. Le tout recouvert par les DVD en promo, éjectés de leur tête de gondole par la secousse tellurique.

      A l'évidence, on a pas affaire à des textes fondateurs. C'est pas du Bourdieu, ni du Voltaire. C'est des déclinaisons, en fait. Des variations technico-administratives sur des thèmes déjà inventés avant.

      C'est l'ensemble de textes, issu lui-même de pisse-copie bien rémunérés par la république, qui tentent de justifier de leurs appointements avant le prochain rapport de la cour des comptes et qui est censé nous convaincre que la réinvention du vivre ensemble nécessite d'avoir à désigner:

      - une commission, avec un président et rapporteur, qui doit:
      - rendre un rapport à une sous-commission ayant mission d’homologuer les termes d'un rapport d'étape:
      - devant être remis au conseiller du premier ministre, dans le domaine dont il est question, afin que:
      - soit examinée lors de la plus prochaine séance du:
      - cabinet du ministère concerné, et en présence de son chef de cabinet et de tous ses adjoints, la question de savoir si:
      - il faut éventuellement modifier tel texte réglementaire ou de loi, afin de parvenir à:
      - élaborer un projet de texte quelconque ayant pour but de:
      - mieux vivre ensemble.

      je dis pas qu'un tel événement ne puisse pas se produire (mieux vivre ensemble), mais j'ai tendance à penser qu'au moment où la structure admisnistrative produira l'instrument pour que cela soit possible, on sera tous morts.

      De vieillesse, hein. Rien de dramatique.

      Juan, vous martyrisez pas à lire cette prose, non plus. C'est les fêtes.

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    6. Juan est un grand masochiste !

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    7. Socialiste, c'est un peu pareil ...

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  10. L'intégration, c'est un mot qui commence à dater, dans le langage politique . on parlait de l'"intégration" en Algérie, au milieu des années 1950 . Jacques Soustelle, son promoteur, lui donnait aussi le nom de " troisième voie " !

    Bozo

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    1. C'est vrai Bozo, il y a bien des Français dits "de souche" dont on se demande avec inquiétude s'ils sauront s'intégrer un jour. Voir les "marche pour tous" qui se croient encore sous l'Ancien Régime.

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    2. Il n'y a jamais eut la volonté politique d'intégrer les ressortissants des anciennes colonies . Il sufit de voir la levée de boucliers lorsqu'on parle de droit de vote aux élections municipales, de ceux qui résident depuis longtemps sur le territoire communal, qui travaillent et payent des impots locaux et sur le revenu . Et attention, hein : il ne s'agit que de voter pour de vrais "Français " !

      Bozo

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  11. "c'est pire qu'une erreur, c'est une faute" un conseiller de Matignon

    la pathetique grandiloquence de ce conseiller qui se prend pour un marechal sur un champ de bataille est pas mal non plus. Qu'on lui donne un cheval pour son royaume !

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  12. Si une personne quitte son pays , je pense que c 'est pour améliorer ses conditions de vie .
    C' est dans l 'espoir d 'un autre avenirr . Venir en France pour imposer ses coutumes et sa religion , donc reculer n 'est pas sensé . Se plaindre de ne pas trouver de travail en se présentant parlant le langage des banlieues , exiger un arrêt et une salle de prière pendant ses heures au boulot , n 'est pas le meilleur moyen de se fondre ( pas intégrer ) dans la masse du peuple . Exiger d ' être pr"sent quand sa fille passe unn examen , exiger que se femme soi soigner obligatoirement par une femme , et , cela n 'étant pas possible , entendre le médecin menacé de mort .... Continuons de laisser les péres et frères lapider leurs soeurs ou mères sous divers prétextes . Continuons d 'autoriser les excisions de gamines pour complaire à de vieilles sorcières , continuons d 'accepter qu 'une religion prèche de tuer au moins un mécréant dans sa vie ..... c 'est cela que vous préconisez ? Refuser cela n 'est pas du racisme , c'est de l ' humanité .

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    1. On pourrait commencer par exiger du Conseil Français du Culte Musulman, qu'il fasse en sorte de virer les imans fondamentalistes et de faire le ménage entre chiites, sunnites et salafistes . Ca résoudrait un grande partie du problème !

      Bozo

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    2. Continuons de laisser les péres et frères lapider leurs soeurs ou mères sous divers prétextes . Continuons d 'autoriser les excisions de gamines pour complaire à de vieilles sorcières , continuons d 'accepter qu 'une religion prèche de tuer au moins un mécréant dans sa vie ..... c 'est cela que vous préconisez ? Refuser cela n 'est pas du racisme , c'est de l ' humanité .

      yen a assez avec le réel , inutile d'en invanter

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    3. les musulmans une fois mort se transforment en zombies, c'est pas du racisme que de ne pas vouloir se faire mordre. mais ils sont vraiment trop differents de nous, je crois pas qu'ils pourront s'integrer dans ses conditions.

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    4. moi je vous rassure je n'ai pas ete mordu, "I' m not dangerous" comme dit Francois !

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    5. Il faudrait enquêter auprès des zombies chrétiens pour savoir comment s'intègrent les zombies musulmans.

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    6. deux guerres en deux ans, une hausse de la TVA, une hausse de la CSG, fallait pas, c'est trop Monsieur le president....

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  13. Que deviennent nos amis les nazis ?
    une semaine sans un tweet de la fachosphere, je commence a m'inquieter....
    moi si j'ai pas ma dose de peur je risque d'etre heureux, souriant et detendu comme Charles Beigbedder apres un discour de francois Hollande devant le MEDEF.
    je vais devenir socialiste.ah ah ah

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    1. "Heureux comme Beigbeder" et dans le potage avec les neurones en bouillie, parce que, pour apprécier un discours d'Hollande, il faut vraiment avoir des problèmes de synapse ou être sourd comme un pot !

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  14. "Ce rapport dont personne n'avait entendu parler"
    Si.
    Catherine Kintzler l'a évoqué depuis longtemps sur son blog Mezetulle. Catherine Kintzler est une laïque de gauche, je dis ça comme ça.
    Je suis surprise que vous preniez les choses à la légère, parce qu'à côté de la campagne d'affichage du CCIF que vous aviez critiquée, ce rapport, c'est quand même autre chose.
    Ce n'est pas parce qu'il est dénoncé par la droite que la gauche doit le défendre...
    Il y a des Indigènes de la République qui ont participé à sa fabrication. On reconnait bien le ton et les revendications. Si vous revenez sur ce sujet, on pourra aller plus loin dans les détails.
    à moins d'être favorable au communautarisme à l'anglaise , on ne peut rien en tirer. Et il y a pire que proner la solution du communautarisme à l'anglaise (et pourquoi pas, c'est une opinion, un choix politique, etc) et ce rapport le fait, c'est le châtiment de la langue. Ne plus avoir le droit de mentionner l'origine. Ne plus avoir le droit de dire certains mots, qui ne sont aucunement des injures racistes. Désigner, nommer, c'est raciser, stigmatiser. Et il va de soi que ce n'est pas une attitude symétrique et égalitaire, si l'étranger ne peut être nommé sous peine de harcèlement racial, celui qui se nomme non étranger lui, est fautif, quelles que soient ses intentions et son discours. Mais qu'est-ce que c'est que ce délire tout droit sorti de la deconstruction de l'inconscient colonialiste ? Pourquoi défendre en essayant de copier ce qu'on y trouve de sauvable, de trouver des zones d'intersections ?
    De ce que je lis de vous, Juan, je sais que ce rapport, globalement, l'esprit de ce rapport et ses orientations politiques, ne représente rien de ce que vous avez exprimé jusqu'ici. Et je ne parle pas de l'intrusion en béton armé du fondamentalisme religieux dans le domaine public, et du voile à l'école, tout ça.

    Alors, pourquoi cette position maintenant ?

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  15. 1ère mesure
    interdiction au jauni de passer à la télé avec une croix monumentale sur la poitrine

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