2 janvier 2014

2014: comment la TVA va réellement augmenter nos tarifs.

Elle augmente ce 1er janvier, à cause d'une décision du gouvernement votée avec quelques modifications mineures dans la loi de finances pour 2014.

Une partie de la gauche s'est saisie du sujet, à juste titre: la TVA est l'impôt le moins redistributif, c'est-à-dire le plus injuste.

Macro-économiquement, la TVA représente près de la moitié des recettes fiscales de l'Etat: 136 milliards d'euros prévus fin 2013, sur 287 milliards de recettes. En 2012,  elle atteignait  133 milliards d'euros de recettes; pour monter à 139 milliards prévus en 2014. Sur trois ans, donc, le rendement de cet impôt aurait cru de 6 milliards.

En 2011, Nicolas Sarkozy avait fait voter une hausse du taux général (de 19,6% à 21,2%), soit 11 milliards d'euros d'augmentation estimée. Elle devait entrer en vigueur au 1er octobre 2012. Une hausse (ou une baisse) du taux général a un impact assez direct sur les prix, ... puisqu'elle est générale.

Cette hausse a été annulée par François Hollande dans la loi de finances rectificatives de juillet 2012. Mais quatre mois plus tard, pour financer une partie du Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi, l'équipe Hollande/Ayrault a fait voter deux modifications de la TVA pour 2014: un relèvement, sauf exceptions, du taux réduit de 7 à 10%; et un autre du taux général de 19,6 à 20%.

Hollande a ainsi commis une belle erreur politique, presque surprenante. Il a voulu qu'une nouvelle exonération de charge pour les entreprises (en l'occurrence d'impôt) soit financée partiellement ... par une hausse de TVA. Imaginez que le CICE ait été financé par la création d'un autre tranche supplémentaire de l'impôt sur le revenu. L'histoire politique de cette affaire aurait été bien différente. A l'inverse, le pays se rappellera longtemps cette "hausse de la TVA pour financer les entreprises" (titre du Monde du 30 décembre).

Premier janvier oblige, l'énumération des hausses de tarifs concernés est impressionnante: transports publics (par exemple, +1,5% en Ile-de-France), des travaux à domicile, la restauration, l'hôtellerie, les médicaments non remboursables, le courrier, les musées, le bois de chauffage, etc...

Mais quel est l'impact réel pour les ménages, et surtout les plus modestes ? Est-ce ce fameux 400 euros annuels  (voire 450 euros dans un premier argumentaire) brandi par Jean-Luc Melenchon et quelques autres pour "une famille de 4 personnes" ? Ce dernier chiffrage, on l'a compris, est une simple division arithmétique des recettes espérées de ces relèvements (7 milliards), par la population, ce qui donne environ 100 euros par mois.

Sans davantage de recul, le slogan est devenu: "la facture d'une famille de 4 va augmenter de 400 euros."

Voyons donc, maintenant que la plupart des hausses de prix ont été annoncées, que de nombreuses études macro-économiques et prévisions officielles affinées, si l'argument tient (encore) la route.

1. Les précédentes études montraient qu'une modification de TVA se répercutait à 80% sur les prix. Mais c'est la première fois en trente ans que la TVA augmente surtout et autant... pour l'un de ses taux réduits et non sur son taux général. Or la différence n'est pas neutre. Dans le détail, la hausse du taux normal de TVA (qui est très faible: 0,4 point) concerne 55% des biens de l'indice des prix de l'Insee et un quart des services. Elle devrait rapporter 2,6 milliards d'euros. Et le relèvement du taux réduit de 7 à 10% quelque 4 milliards d'euros.

2.  Le 19 décembre dernier, l'INSEE a tenté d'évaluer la hausse des prix à cause de ces relèvements de TVA (+0,4 point sur 55% des biens et 25% des services; +3 points sur les secteurs à taux réduits). Résultat, "Si les entreprises répercutaient le changement des taux de TVA intégralement dans les prix", résument les Echos ce 31 décembre, alors l’impact serait « légèrement inférieur à 0,6 point d’inflation en janvier 2014 ».

3. Pour 2014, l'inflation est finalement prévue à 1,4% par le gouvernement (dans la loi de finances), contre 0,9% estimé en 2013. Il y a un an, quand les hausses de TVA avaient été décidées dans leurs grandes lignes, les prévisions d'inflation étaient plus élevées: 1,3% dès 2013, puis 1,75% en 2014. Deux autres évaluations externes sont concordantes: le FMI table sur une hausse de l'inflation de 0,5 point; la Commission européenne de 0,4 point; en revanche l'OCDE ne prévoit que +0,2 point d'inflation supplémentaire.

En résumé, l'impact de ces hausses de TVA sur les prix aux consommateurs est évalué à 0,4 point en moyenne l'an prochain (i.e. deux évaluations à +0,5; une à +0,4; une à +0,2 point). Autrement dit, pour une famille dépensant dix mille euros par an en biens et services, l'augmentation de prix la concernant serait de 40 euros.

4. D'après la Banque de France, cet ajustement des prix "devrait s'étendre au maximum sur un trimestre et se concentrer sur le mois de janvier". L'inflation est prévue à 1,1% à fin juin seulement.

5. Nombre d'entreprises ont en effet prévenu qu'elles ne répercuteraient pas, contrairement à certaines simulations médiatiques ou politiques, ces hausses de TVA. Pierre Moscovici a invoqué un "engagement civique ". On mesure là toute la schizophrénie du discours officiel: primo, cette hausse de la TVA vise à financer une baisse des charges des entreprises, mais le ministre espère que ces dernières la compensent sur leurs marges; un vrai jeu à somme nulle ? Secundo, une répercussion de cette hausse de TVA sur les prix aux consommateurs ne serait pas "civique". Pourquoi donc l'avoir décidé ?

6. Plus sérieusement, il y a plusieurs facteurs conjoncturels et structurels pour expliquer que les hausses de TVA ne se répercutent pas dans les secteurs soumis à une forte pression concurrentielle (la téléphonie) ou une consommation déprimée, les prix ont de belles chances de ne pas bouger: Carrefour, Intermarché, Casino, Leclerc l'ont confirmé (sauf sur les boissons énergisantes): "La première enseigne française n’avait pas le choix puisque son concurrent direct, Leclerc, avait annoncé dès le 11 décembre qu’il allait « différer » la hausse de la TVA" rapportaient les Echos ce 31 décembre 2013. "Sans surprise, dans un marché aussi concurrentiel, Intermarché, Casino et les autres vont emboîter le pas." Même pour le non-alimentaire (électro-ménager, habillement, téléphonie mobile), les principales enseignes commerciales ont fait savoir qu'elles ne bougeraient pas leur prix. Autre facteur "déflationniste", le poids des soldes et promotions dans le chiffre d'affaires de certaines filières: pour l'habillement, il serait de 40% ! Pour les services d'abonnement (télévision, télécom), une modification tarifaire autorise désormais le client à quitter son abonnement sans attendre l'échéance.

7. Au final, l'argument initial - une augmentation des prix de 100 euros par an et par Français - est faux. La TVA augmente, mais d'autres facteurs sont à l'oeuvre pour en limiter l'impact sur les prix.

Si les hausses de TVA n'ont qu'un impact quasi nul sur les prix, sont-elles pour autant justes ? Non, au contraire. Le gouvernement est passé à côté d'une occasion de revaloriser le pouvoir d'achat des ménages modestes.

Au 1er janvier, le SMIC est relevé, sans coup de pouce, de 1,1%.




Le Monde/Ministère des finances
Lire aussi:



Crédit illustration: DoZone Parody

24 commentaires:

  1. Un coup d'épée dans l'eau - pour rien ?
    Rendez-vous dans 3 mois Juan pour voir les augmentations en résultant.
    Bien sûr on peut toujours être optimiste.

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    1. je ne cherche pas à être optimiste, Jeanne, mais factuel.

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  2. Il semble que vous voyiez deux choses, principalement, dans cette affaire de la hausse de la TVA : le fait que ce soit pour le gouvernement une ERREUR POLITIQUE (comme = mauvais pour son image de marque ?), et le fait, massif et indéniable, que cela retombe sur le POUVOIR D'ACHAT des ménages. Des plus pauvres, en fait.
    Mais vous oubliez les effets sur L'EMPLOI : les entreprises et les travailleurs solitaires qui facturent la TVA perdent, à chaque augmentation, des clients (ceux dont le pouvoir d'achat est atteint) => pas de client, pas d'entreprise (avec ou sans salarié).
    Tant mieux que le smic augmente. Mais 1/ y a-t-il assez d'entreprises pour pouvoir le payer ? et 2/ quel "coup de pouce" pour les travailleurs solitaires non salariés ? vers le bas, le pouce, et d'autant plus s'ils sont assujettis à la TVA.

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  3. Pire Jeannedau, en affirmant que la hausse de la TVA n'a pas ou peu d'impact sur l'inflation, il reconnait implicitement que Nicolas Sarkozy aurait eu raison en portant le taux normal de 19,6 % à 21,2 % sans quasiment de conséquence sur le pouvoir d'achat.
    Il aura fallu aux socialistes des fleuves de salive pour expliquer que leur redéploiement des taux de TVA était une mesure de justice fiscale. On se pince sur le temps perdu, les circonvolutions oratoires et les comptes d'apothicaires récités alors que les déficits se comptent en dizaine de milliards d'euros et la dette en centaines de milliards.
    Pendant ce temps personne n'ose se poser de la pertinence de soutenir sans limite d'un modèle social arrivé en bout de course.

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    1. je suis vraiment désolé, pour vous, que vous n'ayez absolument rien compris à mon propos: la hausse de la TVA quand elle porte sur le taux général est massive et directement répercutée. Pour une raison simple, le taux général s'applique à la majorité des biens et l'immense majorité des services (les 3/4). Donc répercuter sa hausse sur les prix pose moins de problème de concurrence aux entreprises concernées. Je cite dans ce billet des études qui expliquent que ce type de hausse se répercute à 80%. Mais ce n'est pas ce qu'a fait Hollande. Il a augmenté principalement (4 milliards sur 7) les taux réduits. Revenez plus tard.

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    2. J'ai déjà dit combien il me semblait hasardeux de tirer des conclusions sur le comportement des entreprises dans le sens d'une modération durable des prix à la suite de la hausse des taux de TVA. Sauf erreur de ma part le contexte des hausses précédentes n'est pas du tout le même que nous connaissons aujourd'hui ainsi l'exemple de l'Espagne cité dans l'article des Echos mis en lien dans votre billet l'indique (hausse de 5 pts de TVA entre 2010 et 2013 seulement la moitié de cette hausse aurait été répercutée - c'est fou comme on peut dire tout et son contraire) . Mais bast, l'INSEE tranchera de toute manière dans les prochains mois ce noeud gordien.

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    3. La hausse sarkozyenne avait une grande chance d'avoir un impact, comme les précédentes de même nature en France.

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    4. Plutôt un risque qu'une chance si vous le permettez, mais bien malin qui peut dire ce qui se serait produit si...
      En 2012 la crise était déjà derrière nous selon l'un des candidats, et l'autre espérait profiter rapidement d'une embellie économique pour assainir les finances publiques et procéder à de larges redistribution de richesses. L'un a été balayé par des électeurs excédés et l'autre a gaspillé sa popularité en mesures fiscales trop nombreuses, dont la cohérence ne saute pas d'emblée à la figure et se retrouve en but à une contestation quasi systématique sur chaque projet et de ce fait paralysé.
      Le tout en moins de 18 mois, quel talent.

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  4. L'augmentation va être réelle c'est sur et injuste par dessus le marché, pour ce qui est de sa valeur réelle c'est une histoire de petit épicier.

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  5. Toutes les contorsions chiffrées ne sont que des fumisteries : une augmentation de la TVA, si elle égratigne les friqués, esquinte sérieusement les citoyens les plus mal lotis

    Bozo

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  6. " Imaginez que le CICE ait été financé par la création d'un autre tranche supplémentaire de l'impôt sur le revenu. " En voilà une idée qu'elle est bonne comme dirait Coluche ... Sauf que financer une partie du Crédit d'Impôt Compétitivité sur cette seule tranche ferait augmenter celle-ci de combien ?.... Je doute qu'elle serait de un ou deux points... ne croyez vous pas ?....
    vincent

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    1. Ben, le coût annoncé du CICE est de 10 Mds€ pour 2014 et le double l'année suivante.

      A titre de comparaison le budget de la justice est d'environ 8 Mds€ et celui de la défense environ 31 Mds€: le CICE aurait donc la taille budgétaire d'un ministère qui serait entre les deux.

      L'impôt sur le revenu rapportant environ 72 Mds€, le financement partiel ou total du CICE par la création d'une nouvelle tranche d'IR, ou l'augmentation du barème sur les tranches existantes serait effectivement... douloureux.

      Pas le genre de truc à annoncer quand des bonnets rouges trainent sous les portiques de l'écotaxe en agitant des calicots.

      Donc, la TVA reste la moins mauvaise façon de s'y prendre.

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  7. Merde, je croyais venir lire un blog de gauche et je tombe sur un congres d'expert comptable, proche de la retraite visiblement, imaginez ma surprise.....kick out the jams mothersF ....
    bon je retourne sur youtube voir un film d'horreur, desole pour le derangement : -)

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    1. La semaine prochaine on va essayer de faire congrès de dentistes.

      Mon rêve.

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  8. Mon pauvre Juan,
    Tu te donnes bien de la peine pour défendre la politique ubuesque des "socialistes", même en service commandé. "Hollande, qui a commis une belle erreur politique" et "Pierre Moscovici, qui invoque un engagement civique" sont au vu de leurs exploits à répétition, soit des incapables, soit des imbéciles, soit les deux, tout en étant dans le même temps de zélés serviteurs des classes dirigeantes.

    Demos

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  9. Juan, tu auras beau annoncer rester factuel, tu n'échappes pas aux écueils de ta démonstration lorsque tu résumes ou tentes de conclure.

    Voici la mienne à partir des chiffres que fournit l'INSEE dans sa fiche thématique "Revenus - Les revenus et le patrimoine des ménages - Insee Références - Édition 2013" disponible ici http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&id=3956 (document là http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/REVPMEN13e_FLo1rev.pdf)

    Je retranscris ici le tableau "Niveau de vie moyen selon la tranche de niveau de vie en 2010 (en euros par an)", exprimé par décile, de la page 9 (ou 85 du document complet suivant la pagination)

    Tranche |Niveau de vie moyen
    < à D1 |7 940
    D1 à D2 |11 750
    D2 à D3 |14 100
    D3 à D4 |16 190
    D4 à D5 |18 230
    D5 à D6 |20 380
    D6 à D7 |22 920
    D7 à D8 |26 340
    D8 à D9 |31 860
    > à D9 |56 190

    Rappelons d'abord à quoi correspond le niveau de vie selon la page 13 (ou 160) de l'annexe disponible ici http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/REVPMEN13g_Annexes.pdf :

    « Revenu disponible du ménage rapporté au nombre d’unités de consommation (UC). Le niveau de vie est donc le même pour toutes
    les personnes d’un même ménage. »

    Et que représentent les unités de consommation page 18 (ou 165) :

    « Les dépenses d’un ménage de plusieurs personnes ne sont pas strictement proportionnelles au nombre de personnes, grâce aux économies d’échelle issues de la mise en commun de certains biens. Aussi, pour comparer les niveaux de vie de personnes
    vivant dans des ménages de taille ou de composition différente, on utilise une mesure du revenu par unité de consommation, à l’aide d’une échelle d’équivalence. L’échelle la plus utilisée actuellement (dite de l’« OCDE modifiée ») consiste à décompter 1 unité de
    consommation (UC) pour le premier adulte du ménage, puis 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus, et 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans. »

    Entrons dans le vif du sujet. Et démontrons par l'absurde pourquoi énoncer que "l'impact de ces hausses de TVA sur les prix aux consommateurs est évalué à 0,4 point en moyenne l'an prochain" ne tient pas.


    Admettons donc que ce soit le cas. Admettons même que cette hausse moyenne s'applique à l'ensemble des revenus constituant le niveau de vie (entre ce qui est épargné et ce qui n'est pas soumis à TVA, ce n'est évidemment pas le cas) (1)

    L'impact sur les prix aux consommateurs par tranche de niveau de vie moyen est alors le suivant :

    Tranche |Impact (par an et par UC)
    < à D1 |32
    D1 à D2 |47
    D2 à D3 |56
    D3 à D4 |65
    D4 à D5 |73
    D5 à D6 |82
    D6 à D7 |92
    D7 à D8 |105
    D8 à D9 |127
    > à D9 |225

    Par définition, chaque décile représente le même nombre d'UC, noté ici N.

    Une bonne approximation des recettes (évaluées à 6,6 milliards d'euros, je garde ce chiffre pour les calculs) peut alors s'exprimer comme la somme pour chaque décile du produit du nombre d'UC, N donc, et de l'impact correspondant au décile.

    Simple équation à une inconnue permettant de déterminer N aux alentours de 7 304 117 UC. Et donc le nombre total d'UC pour parvenir au niveau de recettes déjà annoncés à 73 041 170 UC.

    Tu remarqueras que ce chiffre est déjà supérieur à la population totale... au 1er janvier 2013, la France comptait 65,8 millions d'habitants (d'après l'INSEE http://www.insee.fr/fr/mobile/etudes/document.asp?reg_id=0&id=3806).

    Considérant comment sont décomptées les unités de consommation (voir plus haut), il est tout simplement IMPOSSIBLE d'en cumuler autant pour parvenir aux recettes annoncées.

    (...)

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  10. Affinons un peu en étudiant comment se structurent les ménages pour évaluer un nombre d'UC à peu près réaliste, à partir du tableau figurant dans ce document INSEE http://www.insee.fr/fr/mobile/etudes/document.asp?reg_id=0&id=3813

    Ménage composé uniquement |En milliers |% (en 2009)
    d'un homme seul |3 852,1 |14,0
    d'une femme seule |5 385,9 |19,6
    d'un couple sans enfant |7 126,9 |25,9
    d'un couple avec enfant(s) |7 467,9 |27,1
    d'une famille monoparentale |2 263,1 |8,2
    Ménages complexes |1 437,8 |5,2
    Ensemble |27 533,5 |100,0

    D'après le même document, le nombre moyen d'occupants par résidence principale s'établit lui à 2,3 personnes (en 2009) pour parvenir avec cette distribution à une population de 63 327 050 habitants.

    Comme en (1), pour éviter de sous-évaluer ici le nombre d'UC, considérons que familles monoparentales ou ménages complexes sont conformes à la moyenne et, quelque soit l'âge de l'enfant, 0,5 UC comme pour le second adulte. (2)

    Ménage composé uniquement |En milliers|Nb d'UC/ménage |Total UC
    d'un homme seul |3 852,1 |1 |3 852,1
    d'une femme seule |5 385,9 |1 |5 385,9
    d'un couple sans enfant |7 126,9 |1,5 |10 690,35
    d'un couple avec enfant(s) |7 467,9 |1,65 |12 322,035
    d'une famille monoparentale |2 263,1 |1,65 |3 734,115
    Ménages complexes |1 437,8 |1,65 |2 372,37
    Ensemble |27 533,5 | |38 356,87


    En tenant compte de la croissance démographique entre 2009 et 2013, le nombre total d'unités de consommation s'établit à 39 724 553.

    Il y a déjà comme un léger souci par rapport aux 73 041 170 UC nécessaires, non ?

    Reprenons maintenant le calcul dans l'autre sens, à l'aide de ce nombre d'UC inversement proportionnel à l'impact par an et par UC, pour parvenir aux recettes escomptées, le ratio à appliquer étant de 73 041 170 / 39 724 553 = 1,84, soit non pas 0,4 point mais déjà 0,74 point sur l'ensemble du revenu... ceci en tenant compte de (2) gonflant déjà les près de 40 millions d'UC.

    Tranche |Impact par UC/an |2,1 UC |2,5 UC
    < à D1 |58 |123 |146
    D1 à D2 |86 |181 |216
    D2 à D3 |104 |218 |259
    D3 à D4 |119 |250 |298
    D4 à D5 |134 |282 |335
    D5 à D6 |150 |315 |375
    D6 à D7 |169 |354 |421
    D7 à D8 |194 |407 |484
    D8 à D9 |234 |492 |586
    > à D9 |413 |868 |1033

    D'après toi, à partir de quel décile de niveau de vie, les approximations, 400 euros d'impact pour une famille de 4 personnes (entre 2,1 et 2,5 UC) ou 100 euros pour chaque français, sont-elles si "fausses" sachant par ailleurs que les plus faibles revenus sont eux plus impactés généralement que la moyenne utilsée pour le calcul, ce qui décale la distribution ?

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    1. J'ai pas tout compris, mais je salue l'effort. C'est au moins aussi démonstratif et chiffré que les exposés de Juan avec peut-être une petite différence quand même : la démonstration ne transforme pas les socialistes en bisounours tous sucrés.

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    2. le mensonge (par omission sans doute :-)) de Jean-Luc Mélenchon est de faire croire que la hausse de TVA équivaudrait à une hausse des prix de même ordre. Mais la hausse de TVA - 6 ou 7 milliards par an - divisée par le nombre de Français donne bien sur 100 (ou 110 euros) par Français ... C'est rappelé en début de billet.

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    3. Quel effort pour casser du Mélenchon !
      Conclusion : ça n'augmente que de 40 € au lieu de 400 => Mélenchon menteur x 10 fois ! À la puissance 10 ?
      Bravo! Continuez à voter Ps.

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  11. Que les prix augmentent ou pas, le ministère des Finances prévoit bien lui une augmentation des recettes de TVA qui ne correspond pas à l'inflation annoncée, 1,4% mais en fin d'année, quand en montant environ 6,6 milliards sur 136 représentent déjà près de 5% de progression...

    Et comme, sauf à croire que la baisse de l'activité (pas d'inversion de la courbe avant juin, au moins, il paraît) et la modération salariale préconisée encourageraient ou favoriseraient un sursaut, tabler sur une consommation repartant à la hausse (ce qui est peu cohérent avec la contraction du pouvoir d'achat et celle des recettes déjà constatée cette année) a tout sauf du sens... la bonne analyse ici ne peut être que considérer la cause réelle de la spirale déflationniste, et ce ne sont pas les prix déjà proposés à la baisse par les entreprises, mais bien ce qui a été déjà constaté ailleurs en Europe, une chute notamment de la demande intérieure.

    La première des choses à prendre en compte ici est donc que les recettes de l'année N quand la consommation baisse, en tendance ou pas, ne peuvent probablement être obtenues qu'en absorbant tout ou partie de l'excédent qu'apporte l'inflation, pour que l'année N+1 soit constatée une augmentation effective en montant sur les recettes.

    Bref, et c'est pour cela que je parlais d'écueil... l'inflation ne me semblant pas l'indicateur le plus pertinent à considérer (l'est rarement tant cette statistique "moyenne" peut être contestée d'ailleurs) tandis que l'évolution du revenu disponible qui conditionne lui plus directement la demande, le carnet de commandes côté entreprises, etc, surtout une fois la réserve d'épargne épuisée par la crise, l'est sans conteste.

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    1. alors là, nous nous rejoignons: la faiblesse de la demande intérieure est un vrai souci. On va nous soupçonner de collusion. Je viens d'écrire dessus (billet du jour) -> http://sarkofrance.blogspot.fr/2014/01/hollande-augmenter-la-depense-publique.html
      Mais là, je suis sûr des mesures adéquates.
      merci du commentaire

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  12. Aussi longtemps que nos pays seront menés par la loi de l'offre, et non exclusivement celle de la demande débarrassée des incitations publicitaires, les choses iront de plus en plus mal. Et bien entendu, haro sur la TVA, impôt sur les pauvres.

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    1. Le problème avec la vulgate marxisante, c'est qu'elle vous met des trucs dans la tête, que vous répétez ensuite sans vraiment comprendre.

      Reprenons: TVA, impôts sur les pauvres. C'est votre proposition.

      Soit vous et moi, achetant un stère de bois pour notre feu. Vous êtes riche, je suis pauvre, mais nous allons par convention le payer le même prix, ce fichu stère. Et le brûler dans deux cheminées ayant des performances similaires.

      Par application de l'article 278 bis du code général des impôts, 3°, a, cet achat est soumis à une TVA au taux de 10%.

      Nous sommes donc égaux devant le prix et ce qui le taxe. Et ce bois va produire la même quantité d'énergie dans nos cheminées respectives.

      Maintenant, tirant argument du fait que vous êtes plus riche que moi, je vais dire que je n'aurais pas dû payer cette taxe-là à ce taux-là. Mettons, j'aurais dû la payer au taux de 5,5% parce que pour moi c'est un produit de première nécessité, alors que pour vous c'est juste pour le fun d'une bonne petite flambée, avec votre femme et vos enfants et quelques tranches de foie gras.

      Suis-je juste quand je réclame un avantage fiscal par rapport à vous, au seul motif que vous êtes plus riche que moi?

      Car n'oublions pas que ce qui est taxé, c'est la même chose: la consommation d'un stère de bois.

      Pourquoi, moi, aurai-je un avantage fiscal par rapport à vous sur ma consommation - identique à la vôtre - au motif que je suis plus pauvre que vous? Après tout, il y a certainement un plus pauvre que moi qui se plaindrait de payer ne serait-ce que 5,5% et un plus riche que vous qui refuserait de payer plus que 10%? Non?

      Alors?

      Ben la réponse est assez simple: la TVA est un impôt égalitaire, vu qu'il taxe la même chose pour tout le monde: de la dépense. Donc vous avez tort.

      Mais il est vrai qu'à la fin nous n'avons plus le même revenu disponible: moi, j'aurai moins, vous, il vous restera plus, puisque par définition vous êtes plus riche que moi. Là, vous avez raison.

      Sauf que c'est la vie: vous êtes plus riche que moi. Après avoir payé votre stère de bois, il vous reste plus de revenu que moi qui, si ça se trouve, aurai dépensé le quart de ma paye, alors que vous n'avez pas même dépensé le millième de votre fortune.

      Or, la TVA n'est pas un impôt sur le revenu disponible qui nous reste après que nous ayons exercé nos choix de consommation, c'est un impôts sur ce que nous consommons.

      Mais dans l'esprit gauchisant, la TVA est un impôt sur le revenu. Alors, évidemment, il vous semble injuste puisque la simple idée de taxer les pauvres sur leurs revenus vous semble injuste par principe.

      Pourtant un pauvre consomme. Alors qu'on ne parle pas de revenu, mais de dépense. Il est donc normal qu'il paye sur sa consommation, puisque l'impôt doit s'appliquer à tous ceux qui dépensent. Ce d'autant qu'il est souvent exempté d'impôt sur le revenu et qu'il perçoit même un impôt négatif (le trésor public lui donne de l'argent).

      Donc, la vulgate marxisante que vous ânonnez à longueur de commentaire, elle vous rend plus intelligent, ou plus bête?

      C'est compliqué comme question, ou pas?

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