7 janvier 2014

Pourquoi la gauche a du souci à se faire

La gauche va mal, c'est peu de le dire. Nos responsables politiques, à gauche, en font rarement le constat. Et pourtant... Il ne concerne pas seulement le président en place. Toute la gauche semble tétanisée, fatiguée, éparpillée. 

Dans un billet très complet, Stéphane Alliès, pour Mediapart, revenait il y a peu sur les "7 faillites de la gauche" qui "ne laissent guère optimiste sur 2014." L'occasion de dresser un premier bilan à l'approche des prochains scrutins.
"Sous Jospin, bon an mal an, la gauche était plurielle. Sous Hollande, la gauche n’est plus rien."
Plus rien ? Vraiment ? L'auteur de l'article a l'immense mérite d'éviter les batailles d'étiquettes. On parle concret - déceptions politiques en tous genres, actions et idées, lois ou absence de lois.

 "L’hypo-parlement" 
Le journaliste s'émeut de la faiblesse parlementaire. Les occasions ratées ont été nombreuses. Même sur des sujets qui mobilisaient à gauche plus largement  (comme la transcription législative de l'ANI ou la réforme Ayrault des retraites), les suffrages ont manqué, les convergences alternatives n'ont pas été trouvées.
"A quelques rares exceptions près, (...) on ne trouve pas trace d’un texte voté par l’ensemble de la gauche, au Sénat et à l’Assemblée. Une majorité introuvable, faute de se donner la peine de penser des convergences." 
Il est de bon ton de constater la faiblesse du parlement français. Le régime présidentiel affaiblit la représentation parlementaire, ce n'est pas nouveau. Nous soutenons, dans ces colonnes, un changement de régime. Mais clamer que le parlement ne sert à rien au motif qu'il ne s'oppose pas au gouvernement qui en est issue est... ahem... curieux. L'Assemblée vote des lois. Il y a du boulot.

Au Sénat, la majorité est finalement inexistante à cause de la division de la gauche. Le Sénat ressemble presque à ce parlement introuvable où que le courant "parlementariste" souhaite voir émerger: pas de majorité godillot, des alliances politiques de circonstance, négociée pas à pas.

"La disparition du PS… et de l’aile gauche socialiste" 
La remarque n'appelle que peu de commentaire. Bien sûr, le parti socialiste existe encore, tout comme son aile gauche. Mais son utilité politique est aujourd'hui bien réduite tant que l'expérience électorale de cette année 2014 n'est pas passée.

Le PS souffre d'une direction molle. La Vrauche lui reproche sa trahison. C'est de bonne guerre, mais largement insuffisant. La gauche, où qu'elle soit, ne sait plus travailler des convergences, sur aucun sujet, même les plus évidents.

L'affaire récente sur Dieudonné en est un bel exemple. Que Manuel Valls se saisisse en premier du sujet a suffit pour que la "Vrauche" se mette en retrait tant l'homme horripile.

"Le Front de gauche en capilotade"
Le journaliste de Mediapart est prudent, assez peu sévère dans la forme, mais dur sur le fond. Il livre une critique répétée dans ces colonnes et ailleurs: "la progressive personnalisation de la rivalité entre Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon a mis en danger la pérennité d’un regroupement touchant les limites du cartel électoral." Ici ou là-bas, des militants reconnaissent la difficulté.

Sur la réalité de la mobilisation citoyenne, le journaliste souligne la faiblesse du mouvement: "L’alternative via la rue et la révolution citoyenne, défendue par le PG et mise en branle le 5 mai et le 1er décembre dernier, n’a mobilisé qu’un noyau militant certes encore soudé, mais bien loin des marées citoyennes espérées."

Les élections municipales - "désalliances" locales exceptées comme à Paris - puis européennes seront l'occasion de jauger de la force d'attraction électorale de cette opposition de gauche radicale.

L’écologie “désarmée” 
Le constat fait mal car il y a du vrai. Les écologistes ne savent plus où ils habitent. Mais le journaliste fait erreur en prenant le nucléaire comme exemple. Il affirme, sans preuve, que "l’objectif d’une réduction de la part de nucléaire à 50 % du mix énergétique en 2025" a été "enterré". C'est l'un des rares sujets où le désaccord entre EELV et le PS était connu, écrit, constaté, et le point négocié: un grand objectif à terme (qu'il serait malhonnête de juger à 18 mois de présidence), et la fermeture de la centrale de Fessenheim d'ici la fin du quinquennat. Le problème de l'écologie politique n'est pas là.

EELV est coincée dans une schizophrénie politique bien classique, qu'Alliès reconnaît par ailleurs: elle participe à un gouvernement qui l'agace mais où elle pense pouvoir faire la différence. Cette même participation a fusillé son autonomie. C'est le lot de toutes les alliances politiques entre partis proches mais différents.

En fait, l'écologie politique a été effacée  du débat public. EELV n'est pas parvenu à expliquer que l'écologie pouvait aider à sortir de la crise.

"Les quartiers populaires abandonnés"
Ils ont quasiment disparu du discours politique. François Lamy, ministre de la Ville, est si discret que le grand public ne connait pas son nom. On dira qu'il ne sert pas nécessairement à grand chose de faire de grands shows médiatiques comme sous Sarkozy pour ne rien faire ensuite.

Le journaliste commet un raccourci incroyable, il réduit le sujet des quartiers populaires à deux choses seulement: "Mesures principales du programme de Hollande, en tout cas les seules concernant les banlieues françaises, le droit de vote des étrangers et le récépissé de contrôle d’identité". Réduire la politique à l'égard des quartiers populaires à cela est absurde, et irresponsable. Oubliés la lutte contre la précarité, le logement social (cf. le relèvement à 25% de la proportion minimale de logements sociaux par commune dans la loi Duflot), l'augmentation du plafond de revenu pour le bénéfice de la CMU et l'ACS, etc.

"Le non-idéal européen"
La gauche se déchire sur l'Europe depuis bientôt 20 ans et le Traité de Maastricht de 1992. Le rejet du Traité de constitution en 2005 a aggravé les divisions même si François Hollande est parvenu à rallier les nonistes (Fabius, Cazeneuve) et ouiistes du PS. Pour la Vrauche et quelques autres, Hollande président a échoué à faire "entendre une autre voix dans le concert européen", et incarner un "pôle de résistance à la majorité libérale-conservatrice de l’Union". Le procès est facile. L'échec d'une négociation (celle du TSCG par exemple) est bien différent d'un reniement.

Mais il fallait, à une Vrauche en mal de positionnement oppositionnel rapide, quelques marqueurs simples, furent-ils caricaturaux, pour poser quelques bases dès août 2012. En matière européenne, Hollande compose avec une Allemagne toujours sur-puissante qui, de surcroît, a propulsé à sa tête Angela Merkel pour un troisième mandat malgré les travers du "modèle allemand" et les prévisions contraires de la gauche française.

"L’économie comme seul dogme intellectuel"
C'est la dernière critique, la plus évidente. Hollande a construit son parcours jusqu'à la présidence sur un thème, le redressement économique. Près de deux ans après son élection, on en mesure les limites: "la gouvernance socialiste de l’État s’est peu à peu résumée en une « auto-régulation exigeante » des entreprises (autre remarquable formule de Pierre Moscovici) et en des reculades en tout genre face à ceux qui refusent l’impôt." En cause, selon l'auteur de l'article, l'environnement proche du président, y compris et surtout Pierre Moscovici ET la "citadelle de Bercy" ("pour que l’invention soit au pouvoir sous Hollande, il faudrait que les intellectuels soient dans ses arcanes"), et un manque d'inspiration politique ("À côté de cet économicisme forcené, privilégiant les chiffres et statistiques comme lecture première de la société, aucune idée neuve n’a surgi").

Poussons plus loin la critique. Ne concerne-t-elle pas toute la gauche ? Les réformes sociétales (mariage gay en premier) n'ont-elles pas été critiquées à gauche comme des diversions "social-bourgeoises" ? Le Front de gauche n'a-t-il opposé une critique pour l'essentiel socio-économique à l'action du gouvernement ?

Ce n'est pas le moindre des paradoxes.

La crise aurait tué la gauche. Ailleurs en Europe, elle a perdu. Une crise de répartition des richesses, d'abus du capitalisme, d'effondrement des ressources, une crise du modèle dominant donc pourtant politiquement porteuse, cette crise là, en France comme ailleurs, n'a pas permis l'essor des forces politiques démocratiques alternatives.

A bon entendeur...





34 commentaires:

  1. Bonjour,
    Comme toujours tu poses bien les questions, et je partage bon nombre des critiques que tu exposes. Cependant, il également grand temps de :
    - Constater le blocage de nos idées et la vitrification des blocs politiques jusqu'a la caricature style Méluche ou Lepen
    - Constater que notre patronat est archaïque et porte une lourde responsabilité sur la situation économique
    - Constater que le pays a été détruit par 17 ans de présidence RPR-UMP dont le dernier qui a vidé les caisses au profit de ses amis ...
    Redresser le pays, proposer un fonctionnement politique et social plus moderne, basé sur la contractualisation, redonner confiance, oui Hollande est fils de Delors qui en son temps fut empéché par la gauche du PS de se lancer dans la bataille (1995)
    Le verre je le vois plutôt à moitié plein!
    Je vous appelle a faire des propositions réalistes plutôt que de vaine critiques! C'est maintenant qu'il ne faut rien lâcher sans pour autant donner du grain a moudre aux extrêmes!
    Michel Dura

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    1. "Le pays a été détruit par 17 ans de présidence RPR-UMP" plus par 13 ans de présidence PS, faut-il ajouter, si l'on veut respecter les faits.

      1983, trente déjà depuis le virage de la rigueur socialiste .... A cette époque-là, on parlait de "rigueur", pas encore de "sérieux budgétaire". Depuis, les soc' lib' ont appris et n'ont plus rien à envier à leurs collègues de droite.

      Demos

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  2. bah, jospin aussi a mis la main à la pâte (pour privatiser)
    on sait bien , depuis longtemps, que le ps fait une politique de centre-droit
    et que...ça serait bien pire avec la clique du nabot et ses acolytes d'extrême-droite y compris

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    1. ah ? qui a nationalisé Dexia ? Et avez vous regardé le programme économique de l'extrême droite ?

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  3. ça serait bien pire avec la clique du nabot et ses acolytes d'extrême-droite

    Anonyme, je ne comprends pas le sens de votre dernière phrase.
    Pourquoi ce conditionnel? François Hollande est bel et bien au pouvoir! Par ailleurs, je trouve facile de moquer la petite taille de notre président. Enfin, le mot acolytes me semble ici exagéré, même si bien sûr Marine Le Pen a favorisé l'élection de François Hollande.
    Quoi? Vous ne parliez pas de François Hollande?

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    1. Retourne sur les commentaires de Marianne.Net, viens pas poluer ici avec ta connerie et ton humour de beauf .

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    2. Anonyme, la gauche, elle est discréditée par des mecs comme toi, haineux, qui n'ont que l'insulte à la bouche et qui ont cru que l'antisarkozysme était la seule raison d'être.

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    3. @NoixVomique: mais quel était l'intérêt de ton commentaire ?

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    4. OK. Je suis désolé d'avoir trollé.

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    5. On ne se "grandit" jamais à se moquer du physique des autres, ça ressemble à du racisme.

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    6. On ne se "grandit" jamais à se moquer du physique des autres, ça ressemble à du racisme et c'est très beauf.

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    7. On ne se "grandit" jamais à se moquer du physique des autres, ça ressemble à du racisme et c'est très beauf et, en plus, c'est bien du tout de se moquer du physique des autres, surtout quand ils sont petits, les autres. Ouf !

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  4. Ce qu'il y a de bien c'est qu'on se rend compte que vous etes aussi taré que ceux que vous soutenez.

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    1. Je vous signale, cher(e) ami(e), qu'il faut un "s" à taré. C'est le cas quand il y a plusieurs tarés. Enfin, ce que j'en dis, après tout ! Vous écrivez bien : "on se rend compte" au lieu de :"on se rend cons".

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  5. Ce n'est pas seulement la gauche qui a du souci à se faire mais plutôt les classes populaires qu'elle était censée défendre .
    Eluder le sujet le pus important, à savoir pourquoi une grande partie de la classe ouvrière se précipitera demain dans le giron du FN serait à mon avis le meilleur sujet de réflexion . Pour soigner une maladie il ne suffit pas de dire qu'un médicament est mauvais, il faut comprendre les causes.
    Pourquoi les plus démunis, les plus mal lotis, les plus exploités de notre si "belle" société iraient-ils voter pour des partis ou des individus qui se traitent en permanence de tous les noms d'oiseaux, qui oublient même pourquoi ils se battent, préférant la posture au fond et le calcul personnel à la solidarité populaire ?
    Pourquoi iraient-ils voter pour des partis qui expliquent que le FN est un démon sans démontrer vraiment pourquoi?
    On reproche à Valls d'être "l'impressario" de Dieudonné mais la gauche n'est-elle pas celui du FN ?
    Arrêter immédiatement les guerres fratricides, proposer des solutions réalistes et immédiates pourrait donc désormais paraître louche pour une grande partie des citoyens juste avant les élections. Profond malaise.....
    Alors malheureusement je ne pense pas que dans l'immédiat les choses se redressent. Il y a trop de sujets de polémiques, trop de blessures à soigner de part et d'autre pour que nous puissions enfin avoir un début de commencement de réflexion commune.

    La gauche est en effet condamnée momentanément mais malheureusement elle aura fait d'immenses dégâts collatéraux de plus. Les "oubliés" de ces déchirements internes et idéologiques ne lui diront certainement pas "merci" .

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    1. "La classe ouvrière se précipitera demain dans le giron du FN".
      Je vous invite à lire un article de Jacques Sapir, qui explique dans un article du 30 décembre dernier sur son site RussEurope que "le point frappant dans l’évolution des résultats électoraux du Front national est leur évolution géographique. Il faut ainsi noter le recoupement avec les régions dévastées par le chômage".

      Une telle constatation est bien gênante pour le pouvoir et bien entendu jamais relayée par les médias nationaux. Elle bat en brèche l'idée que ce comportement serait le fait de gens bas du front, indignes, qu'on appelle populistes, beurk, et il y aurait donc des raisons économiques et sociales à ce changement politique. Ca alors ! les citoyens français ne seraient pas uniquement intéressés par le mariage gay, le respect des langues régionales, le vote des étrangers.

      Nota : il existe aussi des textes intéressants de Baudrillard, de Michéa et de bien d'autres sur la "gauche".

      Demos

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  6. Le problème des partis politiques, de gauche comme de droite, est que ce sont des partis d'élus, tout tourne autour de leurs élection ou réélection.

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    1. Sur les frères siamois que sont l'UMP et le PS, quelques observations lucides de Michéa :
      - sur l’offre politique : "une gauche et une droite libérales, qui, à quelques détails près, se contentent désormais d’appliquer à tour de rôle le programme économique défini et imposé par les grandes institutions capitalistes internationales (et donc, à travers elles, par les puissants lobbies transnationaux qui en sont les principaux inspirateurs)",
      - sur l’utilisation (l'exploitation) des questions sociétales qui constitue "le masque politique privilégié sous lequel la gauche moderne entend désormais dissimuler sa conversion intégrale à l’économie de marché".

      Is it clear ?

      Demos

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  7. oups, tu dis que le FDG est en vrac, que les écolos sont à l'ouest et que le PS (restons polis) : tu cherches les coups sur la tête ?

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  8. Pour ma part, je parle bien de reniement sur certains points surtout à la lumière d'un discours tenu par le PS quand il était dans l’opposition (comme sur la TVA) et qui change lorsqu'il exerce le pouvoir. Mais le simple respect du discours du Bourget aurait suffit à la vrauche.
    Alors oui, c'est le jeu, tenir un discours et ne pas le suivre une fois confronté à la réalité du pouvoir. Mais on perd tous à ce jeu, le niveau du FN et de l'abstention au prochaines élections le montrera. Et à mes yeux aucun parti ne rattrape l'autre à ce jeu.....

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  9. La gauche décevante, c'est un classique. Que lui reste-elle ? La mondialisation, c'est pris et elle est libérale. L'économie dirigée ? Faudrait attendre une nouvelle crise bancaire. L'insécurité, c'est Valls. Il lui reste les antiennes idéologiques, justifiées le plus souvent certes, mais ça ne fait pas un programme de quinquennat.

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  10. Vous ne mettez pas dans la liste des déceptions l'article 13 de la LPM ? Et les expulsions e roms et de clandestins ?

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    1. euh: ce n'est pas un abécédaire. Ce dernier est là ->> http://sarkofrance.blogspot.fr/2013/12/labecedaire-politique-de-la-presidence.html

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  11. Une connerie mille fois repetee reste une connerie.
    Hollande liberal ? mon cul ouais !
    Hollande est juste un petit comptable employe par Goldman Saschs pour faire rentrer de l'argent dans les caisses des banques. On ne ruine pas un peuple pour le plaisir "sadique" mais pour s'accaparer ses infrastructures, rail , centrales, port etc...
    Regardez la Greece. le liberaLisme c'est la libre entreprise pas le racket par l'impot !

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  12. On peut constater, objectivement, sans procès d'intention ni distribution d'étiquette, que la politique menée se plante. On paye le tribu (ANI, retraites, CICE/TVA...) sans contrepartie : les seigneurs prennent sans dire merci.

    Et quoi ? Rien.
    On a tous parié sur Hollande. Ennemi de la finance ou non ? crypto-libéral ou crypto-socialiste ? Certains ont gagné (bravo à eux), aussi bien chez les frauchistes soc-lib que chez les vrauchistes, et le font savoir plus ou moins finement. Pourquoi s'en priver : aussi insupportables qu'ils soient, ils ont raison.

    Parmi les autres, je comprends ceux qui changent d'avis par conviction ou par attachement à l'étiquette.
    Ceux qui me laissent perplexes sont ceux qui, déçus et en colère, rejettent vrauche et frauche dans un élan d'orgueil bien compréhensible, quoique stérile. Certains se déclarent déçus autant par le PS que le FdG, comme si l'échec concrète, empirique, observé ici et ailleurs, d'une orientation gouvernementale était équivalente aux procès d'intention ou critiques de forme que l'on peut, seuls, faire au FdG.
    Je m'interroge : quelle alternative, alors, proposent-ils ? Y a-t-il donc une autre force, un minimum implantée et portant un projet ambitieux, susceptible de nous tirer de là ? Le FdG est sans doute très imparfait, ses dirigeants probablement abîmés et ses trolls particulièrement chiants, mais c'est la seule alternative.

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    1. je ne sais pas, je ne crois pas. Je ne crois plus. Je ne vois pas les garanties particulières que le FDG apporte pour faire de la "vrauche".

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    2. Soit. Convainc moi. Quelle alternative, alors ?

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  13. En admettant que le PS ait un jour été à gauche, en oubliant les régressions sociales et les luttes qu'il a menées contre le monde ouvrier, il a en tout cas pris un sérieux virage avec Tonton en 1983 en se ralliant au dogme libéral thatchérien.
    Maintenant, si vous voulez faire l'autruche, ne changez rien, continuez à rêver, à encourager Hollande et ses amis, qui sont si émouvants quand ils jouent du pipeau ou de la mandoline, mais si vous voulez apprendre et redécouvrir pourquoi nous en somme là, lisez l'article de François Ruffin du 1/11/2013 dans Fakir.
    Il commence ainsi : "c’est un anniversaire qu’on a oublié de célébrer : il y a trente ans, en mars 1983, la gauche basculait à droite. En dix jours se déroule un thriller politique. Le 13 mars, François Mitterrand souhaite une « autre politique ». Le 23 mars, c’est plié : ce sera le « tournant de la rigueur » et l’Europe de l’austérité. S’ouvre alors la « parenthèse libérale ». Dans laquelle nous sommes encore coincés". Et au moins jusqu'en 2017, meine liebe Freunde !

    A propos, pouvez-vous me rappeler le nom du parti du vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel ? Sozialdemokratische Partei Deutschlands, qui est l'équivalent allemand de notre bon PS.

    Erstaunlich, nein !

    Demos

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    1. Demos: avez-vous lu ici un soutien inconditionnel à Hollande ?

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    2. « Exiger simplement et strictement des choses les qualités qu'elles ont la prétention d'avoir : tout le sens critique tient là-dedans. » (La philosophie de Georges Courteline). Sans cela, quel intérêt cela peut-il avoir ?

      Demos

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    3. joli la citation de Courteline !

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  14. La droiche est au pouvoir et la vrauche est introuvable : j'ai bon ?

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  15. " [...] une crise du modèle dominant donc pourtant politiquement porteuse, cette crise là, en France comme ailleurs, n'a pas permis l'essor des forces politiques démocratiques alternatives."

    Histoire que tu est lente et cruelle...

    Bien catégorique de nier l'essor des forces démocratiques, en ayant le court terme comme seul horizon.

    Par exemple, l'initiative d'Attac avec la taxe sur les transactions financières a mis 15 ans avant d'être acceptée par les acteurs du modèle dominant. Constatons au passage que c'est un "socialiste" français qui met tout son poids dans la balance pour la contrecarrer...

    Prétendre réaliste un essor de grande ampleur en l'espace de 5 ans alors qu'il n'y a que peu de volonté politique s'exprimant dans ce sens, notamment en terme d'élus, faute d'élections intermédiaires depuis la mise à nu de la nouvelle orientation du PS, ou de relais dans la sphère médiatique, c'est tout simplement demander l'impossible.

    Et fixer pour horizon un objectif que n'a jamais visé personne.

    Seul le tropisme de "la gauche" conçue comme appareil de conquête du pouvoir, et plus force de transformation sociale diffusant des idées dans une bataille culturelle de grande ampleur, ne serait-ce que parce que sur le long terme, permet ce raccourci.

    Quand il est a contrario possible de constater l'impopularité de l'exécutif jusque dans ses propres avec son « socialisme de l'offre » juste sorti lui des cartons.

    À titre d'exemple, en regardant un peu ce qu'il se passe ailleurs, moins de 25 ans après la chute du mur, une majorité de jeunes Américains n’a déjà plus une perception négative du mot «socialisme», au point de le faire entrer au conseil municipal d'une grande métropole http://www.liberation.fr/monde/2014/01/01/un-leger-vent-de-gauche-souffle-sur-les-etats-unis_969995

    L'histoire et l'expérience de chacun permet-elle d'envisager un revirement plus rapide ici ?
    C'est de mon point de vue la seule question pertinente qui se pose. Le reste n'étant déjà que propagande électoraliste pour l'"accélération", comme dirait Cazeneuve, mais dans l'autre sens...

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