29 janvier 2014

La France en vrac: le coup de gueule d'un citoyen

Il commente régulièrement, calmement, et depuis longtemps, nombre de billets de la blogosphère politique, ici ou ailleurs.

Comme d'autres, il est exaspéré par l'actualité et l'action politiques. Mieux que d'autres, il l'a récemment exprimé dans des colonnes voisines.

"Je me suis usé par des dizaines d’années de "croyance" en une politique ou un parti, par toutes les manifs, par toutes les grèves que j’ai pu faire, par tous les dossiers que j’ai défendus aux prud’hommes, par tous les tracts distribués, les affiches collées, les innombrables réunions syndicales, associatives, politiques. Alors quand je vois ce spectacle permanent de la politique politicienne, toutes ces marionnettes manipulées par les affaires et la finance, tous ces perroquets qui récitent leur bréviaire, tous ces névrosés chroniques, ces fielleux de tous bords….je me dis "tout ça pour ça?" 

Il suffit de faire un "vrai" bilan de l’année, mettre d’un côté les sujets "positifs" , ceux qui nous apportent un peu de bien-être, de réconfort, que sais-je encore , et de l’autre les sujets polémiques, négatifs et même sordides pour se rendre compte que les seconds sont mille fois plus nombreux que les premiers!

Alors quand de plus on regarde notre monde avec le prisme permanent de la politique , quand on découvre jour après jour les magouilles, les rancoeurs, les coups bas, les insultes, les mensonges, les promesses non tenues, il n’est pas étonnant que notre moral soit au plus bas.
Les médias nous abreuvent jusqu’à l’écoeurement de crimes, de scandales, de guerres, de terribles événements et des multiples petits malheurs sentimentaux des people de ce monde. Autant d’informations dont nous ne savons jamais extraire la "substantifique moelle" .
Quand par-dessus le marché on cherche sous tous ces maux ou plutôt sous ces mots ce qu’on va bien pouvoir détester, haïr, renier, à qui on va pouvoir balancer sa propre rancoeur à la figure, ou à quel gourou on va pouvoir se vouer, rien d’étonnant à ce que le monde nous paraisse si noir et l’avenir si bouché.
Non je n’ai pas pété les plombs, je suis toujours la politique , mais de plus en plus loin, je ne crache pas dessus non plus. J’ai même de l’admiration pour celles et ceux qui savent par avance qu’ils vont prendre des coups et en donner.
Pourtant il existe d’autres mondes, celui des pêcheurs à la ligne, des peintres, des musiciens, des écrivains , des rêveurs ou tout simplement celui des "gens de tous les jours" qui suivent leur chemin quoi qu’il leur en coûte, qui triment , qui récupèrent, qui économisent sou par sou, qui s’entraident, qui discutent avec leurs voisins, loin, très très loin de cette vie "virtuelle" qu’ils ignorent d’ailleurs très souvent . Internet ils s’en foutent et ils ne savent même pas ce qu’est Facebook ou Tweeter.

"Heureux les simples d’esprit" ( et non pas les simplets) c’est certainement vrai.

La dépression serait-elle un mal des pays développés, des blasés de tous poils ou des frustrés permanents?

Comment revenir en arrière dans nos réflexions, nos pensées, nos idées faites de ces multitudes de fausses ou vraies informations, comment faire le vide et par où commencer?
J’ai désormais, et par survie, décidé de faire partie des pêcheurs à la ligne, des contemplatifs, des "artistes " amateurs, des découvreurs de choses simples et même simplistes. J’ amoncelle les tous petits bonheurs quotidiens fugaces mais qu’importe, un lever de soleil , un arc-en ciel, une chanson originale, un bon bouquin, une discussion de bistrot, un ami qui appelle, un sourire d’enfant, une paire de chaussures que je viens d’acheter malgré mes maigres revenus…..et même une décision politique qui me convient , etc..etc…. La liste est finalement longue.
Tout cela n’appartient ni à un parti ni à un autre , personne n’en parle dans les médias, c’est notre dictionnaire intime où les photos et les mots ont un sens, où il n’y a pas de convoitise possible par le voisin jaloux.
Car ce qui est important c’est de chercher la "lumière" , la vraie, celle qui nous dispensera de faire des cures de tubes néon ou de mélanine, celle qui nous éclairera même par les jours de pluie et de ciel bouché."

Coup de Grisou, 23 janvier 2014


9 commentaires:

  1. Merci Juan , ce n'était juste qu'un état d'âme passager sans prétention. Il fallait d'ailleurs lire "mélatonine" et non pas "mélanine" :) J'espère que demain sera un autre jour .

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    1. argh ! je vais corriger, j'y avais pensé, mais cela m'a échappé à la dernière minute. C'est un état d'âme qui résonne davantage que de façon passagère ;-)

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  2. Voilà ce que j'avais envie d'écrire depuis longtemps et que je n'ai pas pu parce que tellement de choses se bousculent actuellement dans ma tête...Je croyais que je devenais un vieux con, je vois qu'on est au moins deux...Bienvenue au club, camarade pêcheur à la ligne...demain, il fera jour !

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  3. Il faut garder le moral. Le calme, les amis, la nature et la pêche à la ligne aident beaucoup. Mais un citoyen impliqué le reste, nous sommes ensemble. Le désir de changement est en nous, tant mieux. Surtout ne perd pas ton sens critique.

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  4. Peyo a raison . je n'ai jamais prôné l'abstention comme conduite politique, bien au contraire. J'ai aussi été élu municipal et je ne renie pas mon passé mais il y a des jours où le découragement gagne un peu mon esprit et la pêche à la ligne ( au propre comme au figuré) me permet de relativiser l'importance que je prête aux choses et à la politique en particulier.
    On n'est pas devenus des "vieux cons", on a juste envie de dire aux jeunes que rien n'est jamais gagné définitivement et que les caricatures n'ont jaais rendu service à qui que ce soit.
    Le "sens critique" ce n'est pas seulement envers les autres mais c'est aussi et surtout envers soi. Ne pas se mentir, ne pas se raconter d'histoires, exprimer ses doutes et ses étonnements c'est aussi important que de faire croire qu'on a tout compris et que c'est forcément "l'autre" qui aurait tout faux.
    J'en ai plus qu'assez de ces guéguerres dont les 9/10 des citoyens se foutent entre les "faux" ou les "vrais" de gauche.
    La gauche dans son ensemble sera "vraie" quand elle sera crédible, quand elle aura dépassé ses petites rancoeurs, quand elle sera sortie de ses lignes Maginot, quand les deux camps retranchés pourront jouer au foot sans arrière-pensée comme pendant la trève de Noël de 1915

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  5. C'est vrai. Et quand elle aura trouvé un projet qui l'unisse.

    Tâchons de faire preuve d'un sens critique équilibré :
    Je suis sympathisant FdG, "familialement" version PCF. Comme d'autres trolls rouges, il m'arrive d'agonir amis et/ou blogueurs socialistes ou apparentés, pas toujours finement et souvent animé par une rancœur qui les vise moins eux que les dirigeants que je crois les voir soutenir.
    Rancœur, parce que malgré toutes les rodomontades dont on peut se targuer (du genre "je suis pas surpris du tout des trahisons de Hollande"), je suis surpris.
    Rancœur, parce que toutes mes années de vote pour le PS, mes tâtonnements militants pour une Royal, tous ces dépassements de petites rancœurs, ces sorties de lignes Maginot, débouchent sur çà.
    Rancœur, parce que ceux, au sein du PS ou à sa périphérie, qui prétendent s'opposer à cette ligne et défendre grosso modo celle du FdG, sont impuissants à l'empêcher, et ne sont pourtant pas disposés à faire à leur tour ces mêmes dépassements de petites rancœurs, ces sorties de lignes Maginot avec nous-autres.
    Le fond est sans doute vrai. La forme est mauvaise. Fate. Vaine.

    Pourtant :
    Malgré ma fatuité, je ne suis pas sûr d'avoir tout compris ni d'avoir raison. J'observe que cette politique échoue, ici et ailleurs. Je lis des gonzes comme Krugman, pas socialiste pour un sou, qui s'étranglent des décisions prises. Autrement dit, s'il n'est pas certain que le projet du FdG soit raisonnable, il est certain que celui de Hollande ne l'est pas.

    Je conçois que des militants socialistes, ou des gens s'en sentant proche, se sentent insultés par les sarcasmes d'un Mélenchon ou d'un Laurent, quoiqu'ils ne s'adressent pas à eux, mais à des dirigeants.
    Je conçois que certains d'entre eux, au moins en public, préfèrent changer d'avis et coller à la position du parti. Par fidélité sinon par conviction.
    Je conçois que d'autres, même en public, assument leur désaccord mais rejettent avec la même intensité l'autre composante de la gauche.
    Pour cause, j'ai vu mes vieux communistes, toute proportion gardée, faire la même chose en leur temps.

    Quelques remarques (équilibrées) à ceux-là :
    - Ça vous réussira pas plus qu'aux cocos.
    - Pour paraphraser (fourbement) le tôlier, si vous avez pas d'alternative à proposer, évitez les condamnations définitives.
    - Les mots de Mélenchon n'ont jamais blessé que des orgueils.
    Les actes de Hollande, contraints ou de bon gré, blessent les orgueils autant que la vie des gens.

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