28 février 2014

Le candidat Sarkozy est de sortie à Berlin

Il nous fatigue jusqu'en Allemagne. Nicolas Sarkozy s'est encore montré aux journalistes, mais sans prendre de questions, ni supporter de contradictions. Son retour politique se fait en douceur, et en distance.


Il continue son tour, un tour financé par d'autres, ou parfois grassement rémunéré. Les historiens, ou les enquêteurs, retiendront plus tard combien ces conférences internationales sont le nouvel eldorado financier de politiques en retraite, ou pas.

Cette fois-ci, l'ancien monarque était à Berlin, invité bien sûr. Son hôte est un patron de la CDU, Hans-Gert Pöttering, à l'occasion d'une rencontre organisée par la Fondation Konrad Adenauer pour la parution de l'autobiographie de son président.
"Je n'ai aucunement l'intention de mettre un terme à la période de recul  de toute activité politique que j'ai souhaitée. Si j'ai accepté cette invitation, c'est pour témoigner de la nécessité de l'amitié entre les deux premières nations d'Europe". Nicolas Sarkozy, 28 février 2014.
Contre Copé, embourbé dans un scandale de surfacturations, ou Fillon, à la peine dans les sondages, Sarkozy joue sa carte, profondément.  Et pourtant, il a semblé hors sol, comme un vieux sage qui voudrait donner quelques conseils avec retard, et tenter de rentrer dans le jeu. Car ses propos furent suffisamment lénifiants pour que les médias français, même au Figaro, ne les évoquent qu'à peine.

La visite a commencé par une rencontre d'une heure avec Angela Merkel. Photo à deux, puis entretien à l'abri des oreilles indiscrètes.

Puis un discours devant un cercle restreint mais en public. Les caméras, notamment françaises, sont là. Rien de neuf sur le fond. Sarkozy reprend l'un de ses arguments de campagne de 2012, qu'il fut, comme d'autres, incapable de mettre en oeuvre quand il était aux affaires: il voit une Union européenne à 28 qui "doit se concentrer sur l'essentiel". "Plus d'intégration de l'Europe de l'euro , moins d'intégration pour l'Union européenne des vingt-huit". 

Face à la crise ukrainienne, il promeut le rapprochement avec Vladimir Poutine, ancien ami, "un nouveau cadre". Car "rien ne serait pire et inutile qu'un affrontement avec la Russie." Il ajoute: "le XXIème siècle est le siècle de l'interdépendance; le XXIème siècle est le siècle de la coopération." La maxime est vide, sans contact avec la réalité du monde faite de conflits civils meurtriers, de crise économique durable et d'épuisement des ressources.

Pour son assistance, il eut même cette variante du "ensemble, tout est possible", slogan de campagne de 2007: "Divisés, l'échec est certain. Unis, nous pouvons réussir" Nicolas Sarkozy poursuit son tour de France ou du monde, au gré des invitations rémunérées ou des concerts de son épouse de chanteuse.

Jamais il ne prend de questions - sur le sens politique d'un éventuel retour, les leçons de son échec passé, son programme pour l'avenir.

Toujours il donne des leçons - sur la France, l'Europe, le monde.

Comme en 2012, l'auditoire sera patient. Il attendra le temps qu'il faut pour juger.



7 commentaires:

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  2. Avec ce zigoto je ne suis pas patient.
    Il va finir par me faire voter Hollande en 2017 moi qui vais voter blanc jusque là !
    Juan s'il vous plait vous qui savez tout : combien coûtent au contribuables les 3 anciens présidents en retraite ?
    Je viens de calculer ma douloureuse pour 2014 : +1000€ sur le revenu .
    Si c'est pour sauver la sécu j'suis prêt à filer +....
    mais pas pour le gras des Présidents, membres gouvernement, députés....

    j'donne dans le populisme..merdoume !

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  3. Reprend une gélule d'Hollandine, mon pauvre Juan, et tout va s'arranger ! Fini, les cauchemars et bonjour, les fêtes populaires, les "salut, camarade !", les bras d'honneur à ton patron, la fermeture des Restos du cœur et les lendemains qui chantent ! Que du bonheur, jusqu'à ce que tu reviennes sur terre et que tu reprennes une autre gélule. Le cercle infernal quoi ! Une autre solution ? Oublie tes gélules et claque la porte à la face des socialos, tu te sentiras mieux après.

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    1. je ne claque la porte ni aux "socialos", ni aux "gauchistes", ni aux "écologistes". Nous serions trop faibles sinon.

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    2. Nous - ceux qui veulent une société humaine et solidaire - sommes déjà, si ce n'est trop peu nombreux, trop faibles, dans l'impossibilité de faire entendre une autre voix. Le rouleau compresseur libéral, anti-démocratique, manipulateur, nous écrabouille, nous étouffe. Les entreprises continuent à détruire l'emploi, victimes de la conjoncture ou obsédés par la rentabilité. Ce n'est pas le moment de faire taire nos critiques et nos exigences vis-à-vis du pouvoir, qu'il soit de droite ou prétendument de gauche. Il existe des alternatives, des possibles.

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    3. il faut effectivement parler, crier, ne pas se taire.

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    4. être critique et surtout .... agir contre ce pouvoir-là. Chaque chose en son temps. Après Sarkofrance, Hollandofrance, non ? Peut-être ?

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