9 février 2014

L'actualité politique de la semaine, vue par 6 blogs #S01E19

Y-a-t-il encore des "blogueurs de gouvernement" ?

Pas sûr.

François Hollande a perdu des soutiens, encore et encore. Le constat n'a pas grand chose à voir avec les sondages de popularité. Nous ne parlons que de la blogosphère, celle qui chronique jour après jour, dans des blogs ou sur les réseaux sociaux, l'actualité politique. En 2012, un premier socle à sa gauche a rapidement plongé dans l'opposition. Au printemps 2013, seconde vague de désengagements. Les critiques sont plus ciblées, sur quelques ministres (Mosco, Valls, ...) ou certains traits de l'action gouvernementale (l'ANI, les retraites, ...). La dégradation est régulière tout au long de l'année. Voici peut-être la troisième vague, la dernière.

Qui soutient encore François Hollande dans la blogosphère politique ? On cherche. Il y a quelques fidèles, pourtant critiques. Mais il ne se passe pas une semaine sans que le cortège ne perde quelque effectif.

Dans l'internet politique, Hollande sera bientôt seul.

Nicolas s'en inquiète: "faites attention au dernier cercle, c'est-à-dire le premier", écrit-il ce 8 février, en s'adressant à Hollande et Ayrault. "Il y a eu une cassure, cette semaine. Cette histoire de volte-face sur la loi famille. C'est peut-être la plus grave erreur de communication depuis le début du mandat. " Cette inquiétude interroge aussi Bembelly qui évoque le "Cercle des blogueurs disparus."

"Gourde que je suis, j'avais imaginé que le Gouvernement continuerait sur sa lancée des réformes sociétales que je défends depuis des lustres." L'exclamation est d'Elooooody (avec 5 "E"), une autre blogueuse sympathisante qui se détache. Cette reculade sur la PMA et la loi Famille dans son ensemble n'empêche pas pas Politeeks de remettre quelques pendules réactionnaires à l'heure: la France réac est marginale. L'Europe avance.

Manuel Valls, la réforme des retraites, l'ANI, le TSCG, la loi bancaire, le recul sur la PMA, le CICE, le pacte de responsabilité... Semaine après semaine, chacun trouve trop facilement ce qu'il lui faut pour se détacher, s'éloigner.

Où sont les bataillons ?

Autre lieu, autre temps. Le sort de Serge Dassault repasse au Sénat. Une nouvelle demande de levée d'immunité parlementaire a été déposée au bureau de la "noble" assemblée par les juges d'instruction qui enquêtent "sur de possibles achats de votes dans la ville de Corbeil-Essonnes", explique Le Monde. Guy Birenbaum, sur le Huffington Post, s'indigne de la réaction outrancière de Pierre Charon, un autre sénateur UMP. Ce dernier a osé comparer l'instruction en cours sur cette affaire de corruption avec les persécutions subies par les Juifs et les résistants sous l'Occupation... C'est aussi l'occasion de relire ce joli billet de Pierre Deruelle. Le 9 janvier dernier, il nous rappelait quelques-unes des meilleures citations du sénateur et propriétaire du Figaro.



8 commentaires:

  1. Combien de Rafales vendus à un pays étranger ? Combien ? Et le montant des aides et des subventions versés par l'Etat français ? Combien ?

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  2. La politique du gouvernement n’est pas à interroger en restant dans le prudent registre de la « croyance » et du « scepticisme » (le mot « fidèles » m’a interloqué). Si cette politique est bonne, il faut chercher qui essaie de la défendre, et avec quels arguments. Même chose si elle est mauvaise. Sans cela vous n’écrirez que pour compter les points, commentez les passes d’armes stériles et entérinez les désillusions ou les ralliements de circonstances.

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    1. effectivement, j'ai tendance à compter les points. Mea Culpa ? Non. Ici, c'est un peu l'objet. j'ai du mal à faire autre chose.

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    2. Pas seulement, vous êtes capable de sortir des chiffres, d’expliquer des choses, de démonter les sophismes en cours. Vous l’avez montré dans le passé, et pas uniquement sous Sarkozy Ier (je me souviens de la fois ou vous avez montré que les prévisions du PG sur la TVA étaient exagérées. Quel autre blog/média s’est chargé d’une petite élucidation à peine technique ?).

      Je râle un peu mais le spectacle de son côté croit bon de nous assommer avec les inondations et autres fadaises anesthésiantes.

      Sentiment de manque d’essentiel.

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  3. On a beau s'accrocher, essayer de lire entre les lignes, chercher des causes d'espoir...Ce gouvernement accumule bien trop d'échecs, de reculades, de maladresses. Personnellement, c'est le recul sur la régulation bancaire que je n'ai jamais digéré.

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    1. Et, comme le faisait Sarkozy, qui occupait le terrain quotidiennement - ce qui ne manquait pas d'irriter Juan - Hollande repart cette semaine avec un nouveau sujet : l'intégration. Une stratégie de harcèlement, dans laquelle un sujet chasse l'autre, sans dialogue, ni pédagogie et sans le moindre respect des Français. Une politique menée par un Président hypocrite, manipulateur, qui pilote à vue, au gré des courants, comme il l'a fait en tant que secrétaire du PS pendant onze ans.

      Hollande et les socialistes, soumis aux seules valeurs du libéralisme, promoteurs des intérêts de la finance, uniquement préoccupés la promotion des droits individuels autres qu'économiques, détruisent méthodiquement notre société, ses principes, ses valeurs.

      Ils ne font que parachever l'action subversive de Sarkozy.

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    2. Pour ce qui est de l'intégration, je n'irai pas reprocher au gouvernement de prendre ce sujet en main, il est plus que temps de s'y intéresser... Même si ça risque fort d'être un pétard mouillé de plus. Pour ce qui est de la poursuite de l'action subversive de Sarkozy par les socialistes, je suis d'accord qu'il y a une continuité entre les deux sur de trop nombreux sujets, mais je ne vois pas en quoi cette action est subversive: le néolibéralisme étant devenu la norme dans les pays occidentaux, je reprocherai plutôt aux socialistes de s'être plongé à plein dans ce conformisme intellectuel ("l'offre créé la demande", quelle blague, que de l'idéologie, rien d'économique là dedans) plutôt que d'avoir chercher à faire une "autre politique" (ce reproche vaut pour l'ensemble de la gauche européenne d'ailleurs). D'ailleurs, le problème n'est pas le libéralisme (la libéralisation de la société française est en route depuis le XVIIIème siècle) mais bien le néolibéralisme, l'idéologie du "tout-économique" radical venue de Chicago.

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  4. Pour ce qui est de l'intégration, je n'irai pas reprocher au gouvernement de prendre ce sujet en main, il est plus que temps de s'y intéresser... Même si ça risque fort d'être un pétard mouillé de plus. Pour ce qui est de la poursuite de l'action subversive de Sarkozy par les socialistes, je suis d'accord qu'il y a une continuité entre les deux sur de trop nombreux sujets, mais je ne vois pas en quoi cette action est subversive: le néolibéralisme étant devenu la norme dans les pays occidentaux, je reprocherai plutôt aux socialistes de s'être plongé à plein dans ce conformisme intellectuel ("l'offre créé la demande", quelle blague, que de l'idéologie, rien d'économique là dedans) plutôt que d'avoir chercher à faire une "autre politique" (ce reproche vaut pour l'ensemble de la gauche européenne d'ailleurs).

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