12 février 2014

Quand la police fricotte avec l'UMP pour 2017

Ce n'est pas une surprise. La police a ses réseaux que la politique ne peut ignorer. On y trouve encore nombre de proches de Nicolas Sarkozy. L'homme y a placé suffisamment de recrues dans suffisamment d'endroits pour qu'on puisse être inquiet.

Dans son édition du 7 février, l'hebdomadaire Marianne revient brièvement, trop brièvement, sur une curieuse collusion: "comment Alliance fait alliance avec l'UMP." A la fin de cette année, des élections professionnelles vont avoir lieu dans la police. Lors du dernier scrutin, en 2010, le syndicat Alliance avait recueilli 37,6% des suffrages chez les gradés et gardiens de la paix, second derrière la liste d’Union SGP Unité Police FO (47,8 %).

Il y a quelques temps, le syndicat a osé inviter quelques pontes de l'UMP à ses voeux de bonne année: Christian Estrosi, Eric Ciotti, Jean-François Copé...

A Marseille, Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance, est carrément sur la liste municipale de l'UMP Jean-Claude Gaudin. Quelle neutralité ! On sait bien que les syndicats ont leurs obédiences politiques.

Mais imaginez que le responsable de la CFDT nationale figure en place éligible sur les listes d'Hidalgo à Paris ? Ou du taulier de la CGT au Front de Gauche ? Imaginez alors le tollé, surtout à droite, comme il y a deux ans, en pleine campagne présidentielle. Nicolas Sarkozy accusait les représentants syndicaux de Florange de faire campagne pour François Hollande. Cette fois-ci, l'affaire est un droite. Le patron du second syndicat de policiers fait campagne pour l'UMP.

Les choses sont dites. Mais il y a pire.

Manuel Valls a fait un relatif ménage au sommet de la hiérarchie policière. Michel Gaudin, ex-préfet de police, est devenu directeur de cabinet du futur candidat Nicolas Sarkozy. Frédéric Péchenard, l'ancien patron de la Police nationale, émarge sur la liste UMP du XVIIème arrondissement de Paris pour les prochaines municipales.

En mai 2013, on s'interrogeait sur la présence de taupes sarkozystes au sommet de l'appareil d'Etat. Denis Jeambar et Frédéric Ploquin, pour Marianne, publiaient le 25 mai 2013 une longue liste de suspects: "Huissiers, secrétaires, intendants... En partant, Nicolas Sarkozy a laissé de discrets fidèles dans tous les services de l'Elysée. Et des hommes à lui à l'Intérieur." Les deux journalistes étaient formels: "10 % du personnel élyséen, environ 90 personnes sur 900, sont très proches de la Sarkozye, et certains purement et simplement encartés à l'UMP."

La liste des flics Sarko-compatible était longue: Alain Bauer (à l'Observatoire de la Délinquance, par ailleurs proche de Manuel Valls) rôde encore. Si Ange Mancini, coordonnateur national du renseignement à la présidence de la République, a été renvoyé en retraite en juin 2013, Pierre Lieutaud, son ancien adjoint, est toujours en place. Auprès de Manuel Valls, on trouve encore Renaud Vedel, son directeur adjoint de cabinet qui n'était autre que le directeur de cabinet de Michel Gaudin à la préfecture de police... Le même Michel Gaudin pourrait compter sur Pascal Lalle, nommé directeur central de la sécurité publique à Paris fin 2012.

L'infiltration sarkozyste a fini par inquiéter quelque part entre François Hollande et Manuel Valls. En cause, le scandale Gayet. Certains pensent que les clichés, la rumeur ont été nourries par quelques confidences d'obédience sarkozyste. Dans son édition du 15 janvier, le Canard Enchaîné s'en inquiétait: des "amis policiers" de l'ancien chef de l'Etat auraient travaillé "à localiser le couple et à préciser l'heure de ses rencontres".


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