24 mars 2014

Le Front national nationalise les élections municipales


C'est une claque, une de plus, la première des claques électorales de ce quinquennat. L'UMP prend le rôle de l'opposant qui remporte ce scrutin intermédiaire. Mais le pire était ailleurs. En quelques heures, le FN est parvenu à nationaliser un scrutin local dans tous les commentaires de la soirée.


1. Hollande peut faire grise mine. Il a perdu ce scrutin... comme tous les présidents de la République avant lui. Le rapport de forces s'est inversé, et largement. Les candidats socialistes et affiliés ont péniblement rassemblé 38% des suffrages, 43% si l'on ajoute le Front de gauche. Les optimistes noteront que le score est largement supérieur aux multiples scores de popularité de l'actuel locataire élyséen.

2. L'analyse globale serait impossible. Le scrutin est local, bien sûr. Une multitude de facteurs perturbe les conclusions nationales. Le Front de gauche ne ressemble pas à grand chose puisque les communistes ont parfois fait liste commune avec le PS.

Tout au plus faut-il reconnaître que le PS, partout, s'est pris une raclée.

A Paris, les écologistes améliorent leur score (décevant) de 2008. Mais Anne Hidalgo est au coude à coude avec Nathalie Kosciusko-Morizet.  A Marseille, c'est la Bérézina: les listes socialistes conduites par Patrick Mennucci sont en troisième place, derrière celle de Jean-Claude Gaudin (40%) et du FN (22%).

3. L'abstention est le premier parti de France, avec 39% des inscrits. Il faudrait ajouter les non-inscrits, aux alentours d'un tiers des citoyens en âge de voter.

4. Pour l'éditocrate, rien n'est impossible. On entend tout et n'importe quoi. Sur toutes les chaînes, toutes les antennes, les commentaires se ressemblent. La soirée s'organise autour du FN et de Marine Le Pen. On oublie les enjeux locaux, la faible implantation du FN (qui présentait moins de 600 listes). Les commentaires appellent des articles, les avis se consolident.

5. La droite a pu souffrir du dérapage de Sarkozy, quarante-huit heures avant le scrutin. Vers 20h15, Jean-François Copé veut transformer l'essai avec les voix du Front national. Il appelle les électeurs frontistes du premier tour à se reporter sur le candidat UMP au second tour. Et il refuse tout appel anti-FN pour le second tour: "Je dis aux Français qui expriment leur colère et leur inquiétude en votant FN à reporter leurs votes sur l'UMP. Une ville gérée par le FN et une ville gérée par l'UMP, c'est très différent. S'ils revotent pour le FN, ce sera un coup de pouce pour la gauche."

6. Le Front National n'atteint que 7% des suffrages, une moyenne nationale qui ne veut rien dire. Le FN n'a des listes que dans 500 villes. A Forbach, le jeune Philippot arrive premier, avec près de 36% des suffrages. A Orange, l'ex-frontiste Jacques Bompard est réélu dès le premier tour. A Avignon, Béziers,  Carpentras, Perpignan, ou Digne-les-Bains, le FN est en tête et souvent toutes ses chances pour remporter la mairie au prochain tour puisque l'UMP a pour consigne de se maintenir.

A Hénin-Beaumont, Steeve Briois est élu dès le premier tour. A Bézies, Robert Ménard, soutenu par le FN, rassemble 44% des suffrages. Le FN faisait 10% en 2008.

Le Front National n'atteint que 7% des suffrages mais cela suffit à nationaliser le scrutin. La liste des villes où le FN arrive en tête est impressionnant. L'absence de solidarité républicaine de l'UMP lui donne un autre élan. Marine Le Pen se réjouit: "C'est la fin de la bipolarisation de la politique française."

"Certains électeurs ont exprimé leur déception, voire leurs doutes" conclu Jean-Marc Ayrault peu après 21 heures. La voix est monocorde et sans énergie. Le premier ministre décourage les derniers téléspectateurs.

Il sonnait la fin du spectacle.

19 commentaires:

  1. Le temps travaille pour le FN. Il lui suffit d'attendre que la situation se dégrade encore un peu plus, que le gouvernement continue de démontrer son incapacité à avoir la moindre influence pour améliorer sensiblement la situation économique et sociale, car un petit mieux ne saurait lui être crédité, que la crise dure ou se renforce un tant soit peu, et qu'on découvre encore que l'un ou l'autre en croquait allègrement.
    Un jour ou l'autre par paresse intellectuelle, incurie des partis conventionnels ou refus de changer quoi que ce soit dans des moeurs politiques d'un autre âge devenues insupportables il finira en tête d'une grande ville, avec un groupe parlementaire capable de nuire, ou même au pouvoir, le temps travaille pour eux.
    En tout cas ça promet pour les européennes.

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    1. M'est avis qu'il n'y a pas que le temps qui travaille pour le FN. Au vu du rapport du CSA, des analyses de la presse (en particulier du Monde), le temps est passablement aidé.

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    2. Ce qui travaille pour le FN, ce n'est pas le temps, ne le hasard, ni le passage de Jupiter devant le soleil, ce sont ces enfoirés, qui méprisent les Français et mènent grand train en même temps qu'une politique dégueulasse avec la bouche en cul de poule et accessoirement, nous citoyens, qui ne faisons RIEN là où nous sommes, dans 99.9% des cas, pour que ça change. Is it clear ?

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  2. c'est sur qu'à force de taper sur le clou du hollande bashing, , les piques s'enracinent

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    1. Sûr que çà joue un peu, mais c'est pas prépondérant : on aurait bien pu avoir l'ensemble des formations politiques du NPA à l'UDI, et des titres de presse, disciplinés à répéter les éléments de langage de Hollande, que çà se serait pas mieux passé. On serait juste tous passés pour des cons : payer le tribut avec nos conditions de vie, à ce stade, çà se voit quels que soient les mots qui l'entourent.

      C'est bien Hollande qui doit des comptes aux gens, et pas l'inverse. Pas même les militants. Certains clous sont particulièrement bien sentis, et pourtant il est resté sourd. Tans pis pour sa gueule.

      Le pire, c'est que même s'il le voulait, je vois mal comment il pourrait changer de cap (vers la gauche ou vers la droite), vu l'état de délabrement de ses soutiens.

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  3. La gauche est inexcusable ! Ce n'est pas par incompétence qu'elle a perdu la confiance de son électorat mais par une communication CATASTROPHIQUE ! Quand l'un dit blanc à 13 h, l'autre s'empresse de dire noir à 20 h = - 2000 voix. À répéter cela pendant deux ans on voit le résultat. Ajouter à cela le sciage de branche des écolos on a le résultat à Forbach ! Bravo et merci la gauche...

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  4. "Il sonnait la fin du spectacle."

    Si seulement c'était le cas.

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  5. Copé : "Je dis aux Français qui expriment leur colère et leur inquiétude en votant FN à reporter leurs votes sur l'UMP. Une ville gérée par le FN et une ville gérée par l'UMP, c'est très différent. S'ils revotent pour le FN, ce sera un coup de pouce pour la gauche."
    Le même Copé qui disait quelques instants auparavant : "à 20h17 : "En aucun cas nous n'appellerons à voter pour le FN", affirme Jean-François Copé sur France 2. "Mais pas non plus pour le PS, allié au Front de gauche, c'est-à-dire l'extrême gauche.""
    En clair, les voix de gauche m'intéressent, mais la droite ne doit donner les siennes à la gauche, pour battre le FN. Ben tiens !

    Quant aux abstentionnistes, ils ne représentent en aucun cas un parti, tant c'est le fouillis dans leurs idées. Aux élections à deux tours, ils auront intérêt à se bouger les fesses, donc dimanche prochain, à moins qu'encore une fois, il pense que d'autres voteront à leur place, en mieux. Rêver, c'est très pratique.

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  6. A propos de l'abstention, remarque lumineuse d'Arié :
    "Avec 40 % d’abstentions et un tiers (paraît-il) des électeurs en situation de voter non inscrits sur les listes électorales, le droit de vote n’est plus exercé que par une minorité de Français, et est devenu une pratique marginale en « démocratie représentative»"

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  7. J'attends maintenant la tronche des votants FN dans 6 ans devant le résultat de leurs équipes de choc !

    J'attends aussi la réaction de François Hollande ! Je ne lui reproche pas de tenir compte du contexte bien libéral et des forces patronales, je lui reproche son incapacité à mettre en oeuvre un rapport de force.

    Il est vrai que nous en sommes revenu à Louis-Philippe.

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  8. le jeune Philippot ? t'est trop drole Josette !
    J'aime quand tu joue les vieux baroudeurs aux cicatrices evocatrices....josette.
    le Charles Bronson des blogs de gauche evoque le retour des nazis zombies qui viennent pour manger les gentils bobo de gauche avec leur libe sous le bras, effectivement effrayant !
    L'UMPS fait dans son froc ? aha trop drole !

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  9. Un super big Up a Natalie K M pour son peuple de paris, rebelle et libre, parce que elle le veut bien, la bourge super cool les cheveux aux vent, funky comme une chaise Louis XVI, qui prend le trome pour faire populo avec CNN embarquee, trop cooool serieux, elle aurait du poser la main sur la chatte pour faire porno chic annees 90, destroy but chic la connasse qui se croit sur MTV mais avec 20 ans de retard sur l'air du temps aussi groove qu un Beigbedder qui se prend pour un dude Lebowsky, quand les bourges joue la branchouille on se marre bien, faut avouer ! salut bande de nazes.

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    1. Alors, de retour, justice ! C'est maintenant que tu reviens, quand c'est le bordel, quoi !
      Tu pourrais quand même filer un coup de main aux socialos avec zéléments de langage modernes, humour décalé, blagues trash et tout et tout, pour chaque type de client, les viocs bobos, les djeunes des banlieues, les meufs de LBGT ... Il est pas trop tard, mec, y zont besoin d'aide, les socialos ! Merde !

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    2. Pour foutre la merde je suis toujours partant, c'est mon cote punk a chat. ?!
      Cela faisait longtemps que l'on avait pas rigoler autant (je parle pour moi bien sur)
      Pour les socialos bobos j'ai un element de language a mediter......
      .Francois la sent tu qui se glisse dans ton cul la quennelle ?

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  10. Ce qui vaut son pesant de cacahuètes, c'est que les "journaleux à deux balles type Pujadas" expliquent ou relaient sans esprit critique la bonne parole des politicards : "il faut un gouvernement dynamique" (marque déposée). En d'autres temps, le refrain était "il faut un gouvernement resserré". Cet aveuglement, ce cache-sexe de la réalité sont à pleurer, mais c'est une habitude contemporaine. J'ai entendu récemment Pierre Maille (président SOCIALISTE du conseil général du Finistère) raconter à un journaliste qu'il avait été reçu à Matignon par de jeunes hauts fonctionnaires des cabinets ministériels socialos au moment des manifestations contre l'écotaxe, hauts fonctionnaires, qui lui expliquaient (les patrons n'étant pas là), que c'était un problème de communication. Ca doit être la même chose pour les élections. Probablement. Des millions d'abrutis, qui vont voter en ne comprenant rien aux zenjeux, ni aux zéléments de langage des communicants officiels. Quelle tristesse ! Pfff ... je vais arrêter de lire le nouvel observateur et j'écouterai plus Yves Calvi, na !

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    1. C'est vache de ne plus ecouter Yves Calvi, tu vas te priver des analyses economiques d'Elie Cohen et des lecons de morale d'Yvan Rioufol, Cela serait dommage, non ?

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    2. et les analyses erotico-psychologiques de Catherine Nay, tu y a pense Demos ?

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  11. Dernière danse !
    http://www.infoscenariodepersonne.com/2014/03/derniere-danse/
    Municipales :Qui ne saute pas n'est pas français! ( vidéo analyse)

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