11 mars 2014

Quand Sarkozy compte sur votre amnésie

Il est revenu, c'était prévu. Malgré les polémiques, Nicolas Sarkozy n'a pas changé ses plans. Il s'est montré à Nice pour inaugurer un centre d’accueil et de recherche anti-Alzheimer. Cela ne s'invente pas. 

A Paris, ses proches relayent les éléments de langage. Les Sarko-fans ont lancé l'offensive. Il y a pourtant quelques faits, simples, et déjà terrifiants, qui appellent à autre chose que de la diversion.


Sarkozy à Nice

Rares ont été ceux à s'interroger sur le sens politique d'un déplacement de Nicolas Sarkozy à Nice, deux semaines à peine avant le premier tour des élections municipales. Si Christian Estrosi soutient le félon Fillon, la démarche n'est assurément pas neutre. Nicolas Sarkozy travaille au corps chacun des soutiens de ses rivaux.

Il était donc là, ce lundi 10 mars, avec Bernadette Chirac, second symbole politique.

A son arrivée, et sans surprise, il s'est offert un "bain de foule" avec les 200 militants UMP invités pour l'occasion. « Nicolas reviens ! », « Nicolas, tiens bon ! » ... Il y flottait comme un parfum de nostalgie. C'était retour vers le futur, version 2007.

Une question nous brûlait les lèvres: pourquoi donc Nicolas Sarkozy avait-il remplacé Marisol Touraine, la ministre de la Santé, ce lundi à Nice ?



Quelques minutes plus tard, il était sur une estrade qui ressemblait en tous points à celles que l'Elysée dressait quand il était président. Il était "crispé" a dit un participant. Il est resté muet sur ses affaires. "Personne n'oubliera Claude Pompidou", fut l'une de ses premières phrases. Il était beaucoup question d'oubli, décidément. "Non pas parce qu'elle était première dame... je ne sais pas ce que cela signifie exactement..." Des rires commencent à fuser dans la salle... Il les interrompt de la main... "Je ne rentre dans aucune polémique, vous l'avez bien compris...".

Distractions sarkozystes

A Paris, un autre procès médiatique avait débuté. Dès potron-minet, quelques avocats et politiques continuaient d'instruire l'accusation contre les écoutes judiciaires dont avait fait les frais l'ancien monarque. Thierry Herzog avait rameuté des confrères, et pas des moindres. Sur France Inter, un peu avant 8 heures, l'avocat Henri Leclerc tentait d'expliquer combien il fallait faire attention en matière d'écoute. Toutes les règles en la matière semblaient pourtant été respectées, à en croire tous les comptes-rendus publiés depuis l'éclatement de l'affaire.

Dimanche, le Bâtonnier de Paris s'inscrivait en faux. Pourtant, son prédécesseur avait bel été bien prévenu comme la loi l'exige (article 100-7 du Code de procédure pénale): "Aucune interception ne peut avoir lieu sur une ligne dépendant du cabinet d'un avocat ou de son domicile sans que le bâtonnier en soit informé par le juge d'instruction."

On avait surtout quelques Sarkozystes qui tentaient de rameuter à leur cause tout ce que compte la France de défenseurs de libertés bafouées... par les lois LOPPSI de leur ancien patron.

Confirmons leur notre appui: oui, les écoutes clandestines, furent-elles légalisées, sont l'un des instruments les plus désagréables et dangereux de notre arsenal judiciaire. Que ces chantres de l'ultra-sécuritaire se réveillent aujourd'hui a quelque chose de cocasse et d'hypocrite.

Le summum fut atteint par Brice Hortefeux. L'ancien ministre de l'intérieur, lui-même condamné pour avoir menacé l'avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi, osa nié toute affaire: " Il n’y a pas d’affaires, il y a un feuilleton (...) Plus Nicolas Sarkozy incarne un espoir aux yeux des Français, plus il est la cible exclusive de quelques-uns ."

Plus sérieusement, cette agitation n'avait qu'un but. Elle visait à masquer l'essentiel: à en croire le Monde, Sarkozy est soupçonné de violation du secret de l'instruction. On imagine que la seconde accusation - le trafic d'influence - sera plus mal aisée à prouver puisque "l'influence" a échoué.



7 commentaires:

  1. Il finira bien par tomber et c'est son propre camp politique qui le descendra. Il gêne surtout à droite...

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  2. Pasqua a collectionné les affaires, Balkany, Tiberi, Dassault aussi, leurs électeurs ont à chaque fois fermé les yeux. Par ailleurs je ne dirais pas qu'il gêne à droite le Sarko, ils se gênent mutuellement, ce ne sont que crises d'ego et hâbleries dont le seul dessein est de tenter d'occulter les tenants et les aboutissants des mahousses magouilles dont les socialauds en place sortent un à un les dossiers des tiroirs. Par ailleurs ils n'ont aucun programme, aucune proposition à défendre que ce qui se fait actuellement sous l'exécutif Hollande lui-même téléguidé par Merkel et les sbires de la Troïka. On dit que les élections à venir vont faire mal, on le dit à chaque fois et ça passe quand même vu qu'il n'y a que deux partis majoritaires à la politique analogue qui forme grosso modo un parti unique, et qu'on sait bien que le votard ne va pas se hasarder dans les votes alternatifs - à part le FN fidèle à son rôle d'épouvantail. Et du reste, quels votes alternatifs ? Une gauche de la gauche pour ainsi dire absente sur le terrain ? Une extrême-gauche exsangue au discours obsolète ? Des écolos de la taxe coupés des questions sociales, chômage, précarité, mal-logement ? Sarko a son petit électorat de boomers et de beaufs, pas de hasard s'il va tapiner sur la côte où le public est acquis aux gugusses de son acabit, dans la ville ultra-réac où plane encore l'ombre de Jacques Médecin. Ce ne sont pas les alliances qu'il va racoler, mais l'électorat.

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    1. "C'est du brutal", comme aurait dit Maître Folace, le notaire de Louis « le Mexicain », mais c'est pas faux.

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  3. La phrase la plus hilarante de l'année 2014 : "Le dictaphone s'est allumé tout seul."

    Lundi 10 mars 2014 :

    Patrick Buisson : le dictaphone s'est allumé tout seul.

    Gilles-William Goldnadel, l'avocat de Patrick Buisson qui la semaine dernière démentait l'existence même d'espionnage, a changé de version ce lundi.

    C'est un changement de version qui - bizarrement - est passé presque inaperçu ce lundi. Au tribunal de grande instance, Gilles-William Goldnadel, l'avocat de Patrick Buisson chargé de défendre ce dernier dans l'affaire des écoutes au palais de l'Élysée, a assuré que le dictaphone de la discorde était utilisé à l'Élysée par Patrick Buisson dans l'unique but de "prendre des notes, comme vous le feriez" ; pour "faire des contre-propositions" lors des réunions de travail. Des bandes qui n'ont, par l'inadvertance du conseiller Buisson, pas toutes été détruites, plaide l'avocat. Des propos qui n'ont pas échappé au site d'information Le Lab.

    "Si j'ai bien compris, le dictaphone de mon client s'allume automatiquement à la voix. Si le dictaphone s'est ouvert malencontreusement, tout le raisonnement de maître Malka (l'avocat de Carla Bruni, ndlr) s'effondre", déclare-t-il notamment.

    http://www.lepoint.fr/politique/video-buisson-le-dictaphone-s-est-allume-tout-seul-10-03-2014-1799428_20.php

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  4. "Personne n'oubliera Claude Pompidou" Preuve que Sarkozy ne compte aucunement sur l'amnésie mais qu'il peut réserver des surprises surtout si les socialistes font le contraire de ce qu'ils avaient promis.

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  5. Deux questions viennent de nous être transmises par un fan du festival de Cannes, qui est présent chaque année sur la Croisette. Ne voulant pas le censurer, je vous les restitue. Il vous demande : "à partir de combien de citations peut-on gagner la palme ?" "peut-on, par esprit de justice, la gagner pour l'ensemble de son œuvre si on est injustement ignoré par ces incapables du jury, hi, hi ?".

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