21 mars 2014

Sarkozy est-il au courant des écoutes téléphoniques de la DGSE ?

Mercredi soir, le Monde est barré d'une une qui fait froid dans le dos. Notre opérateur téléphonique historique laisse la DGSE "puiser massivement" dans ses données, depuis des années. Nicolas Sarkozy était-il au courant de ces écoutes massives ?


Les révélations du Monde ont fait l'effet d'une petite bombe. L'ancien ministre de l'intérieur était-il au courant ? 

Depuis quelques jours, il a involontairement capturé l'intégralité de notre actualité. Le feuilleton rebondit, à souhait. Ce vendredi, c'est une sorte de "Lettre aux Français" publiée dans les colonnes du Figaro. La veille au matin, sur Europe 1, son avocat pataugeait d'une voix forte contre Jean-Pierre Elkabach.

Curieuse époque.
"J'ai longuement hésité avant de prendre la parole (…) depuis deux ans, je me suis tenu à la décision de silence et de retrait que j'avais annoncée au soir du second tour de l'élection présidentielle de 2012 (…) Et pourtant je crois qu'il est aujourd'hui de mon devoir de rompre ce silence. Si je le fais, c'est parce que des principes sacrés de notre République sont foulés aux pieds avec une violence inédite et une absence de scrupule sans précédent."
Sarkozy aurait hésité à parler. Au passage, il ment. Il a rompu son silence dès le mois d'août 2012, avec un improbable communiqué sur la Syrie. Puis on l'a revu ici ou là, s'exprimant d'une phrase ou d'une remarque. Il y a moins d'un mois, il tenait carrément un discours à Berlin, donnant quelques leçons d'Europe. Bref, sa tribune démarre mal, dans une grosse entorse à la réalité, une réécriture permanente compulsive de la réalité.

Au Figaro, Nicolas Sarkozy compare les écoutes téléphoniques que deux juges indépendants ont décidé pendant 8 mois aux pratiques de la Stasi, l'ancienne police politique de l'ancienne République Démocratique d'Allemagne. La formule est ordurière. La France n'est pas la RDA, les juges ne sont pas des policiers.

Sarkozy réécrit aussi son personnage et, du coup, la réalité. En matière de sécurité et d'espionnage, la boulimie législative et réglementaire de Nicolas Sarkozy, de l'intérieur à l'Elysée, fut inédite sous la Vème République (Lopsi I puis II). Et l'homme couine aujourd'hui que des juges le soumettent à la question...
"Aujourd'hui encore, toute personne qui me téléphone doit savoir qu'elle sera écoutée. Vous lisez bien. Ce n'est pas un extrait du merveilleux film La Vie des autres sur l'Allemagne de l'Est et les activités de la Stasi. Il ne s'agit pas des agissements de tel dictateur dans le monde à l'endroit de ses opposants. Il s'agit de la France."
Nicolas Sarkozy a-t-il connu la dictature ? On se souvient surtout qu'il avait déjà menti sur sa présence à la chute du Mur de Berlin lors du 20ème anniversaire de l'évènement.





Dans sa tribune, Nicolas Sarkozy dit très peu du fond des affaires dont il est l'objet principale. Karachi ? Les magistrats n'ont rien trouvé sur lui, Sarkozy oublie que l'étau se resserre sur Balladur dont il était le porte-parole de campagne. Sa fraude aux comptes de campagne en 2012 ? La sanction est une injustice, clame-t-il ! Le financement occulte par Kadhafi ? Aucune preuve non plus.

Les mots sont pesés, les formules ont été travaillés. Nicolas Sarkozy a toujours cette particularité qu'il sait perdre les nerfs à froid. 

Sarkozy a choisi des formules violentes. La tribune n'a aucun autre but que de remobiliser son propre camp. Sarkozy ne parle pas aux Français, mais à ses fans. Il refait du Buisson, en caricature la France de 2014 en RDA pré-1989.
Plutôt que de répondre sur le fond, Sarkozy attaque les juges qui instruisent l'affaire. Il accuse l'un d'être membre du Syndicat de la magistrature. On se souvient que l'un de ses fans de la Droite Forte, le jeune Guillaume Peltier, aimait proposer la suppression des syndicats dans la fonction publique.

Nicolas Sarkozy pense que les droits de l'homme sont menacés, attaqués, bafoués, parce qu'un justiciable, ex-président de la République, fait l'objet d'une enquête légale. Sa "France des droits de l'homme" est en fait une autocratie où le monarque est au-dessus de la loi.
"Je sais, la ministre de la Justice n'était pas au courant, malgré tous les rapports qu'elle a demandés et reçus. Le ministre de l'Intérieur n'était pas au courant, malgré les dizaines de policiers affectés à ma seule situation. De qui se moque-t-on? On pourrait en rire s'il ne s'agissait de principes républicains si fondamentaux. Décidément, la France des droits de l'homme a bien changé."
Revenons à notre affaire. Une entreprise de téléphonie collaborait donc avec la DGSE par le biais de quelques collaborateurs habilités "secret défense". Le Monde, qui révèle la chose mercredi 20 mars 2014, est explicite: "Au quotidien, dans l'entreprise, ce lien est géré par un très petit nombre de personnes au sein de trois services. . (...) La DGSE s'appuie aussi sur la direction internationale de l'opérateur, qui gère les filiales de téléphonie mobile à l'étranger".

Reposons la question:  

Nicolas Sarkozy était-il au courant ?

Comment la NSA vous espionne (expliqué en patates) par lemondefr

6 commentaires:

  1. plus c'est gros plus ça passe
    c'est pas la Stasi en ce moment , c'est Goebbels qui rêve de redevenir ministre de la propagande

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  2. Spectacle pitoyable, dont personne ne s'offusque a priori, surtout pas les journaleux aux ordres et situation politique inquiétante avec une gauche, qui a pris la place de la droite, qui, elle, délire et "perd les pédales". La rupture avec les Français est consommée avec des Français, qui n'ont plus confiance en leurs représentants. Le système représentatif en crise doit être réformé.

    Quant à "Sarkozy, qui oublie que l'étau se resserre sur Balladur dont il était le porte-parole de campagne", on en reparlera. Le jour où un homme politique français sera condamné alors que les faits l'accablent, les preuves s'accumulent, n'est pas venu. Les exemples, qui le démontrent, sont innombrables et ne sont pas pour rien dans le fait que les Français rejettent leurs dirigeants.

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  3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  4. "...avec des Français, qui n'ont plus confiance en leurs représentants"
    Il y a encore malgré tout une bonne pelletée de bourrins qui vont aller voter ce dimanche. Et qui, pire, vont revoter pour les mêmes.
    Après ça il ne faut pas venir chialer.

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  5. Paul Bismuth est candidat dans les 36 000 communes de France ?

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    1. Dans le contexte actuel, quelques précisions s'avèrent utiles sur ce cher bismuth :

      - il possède la particularité d'être plus dense à l'état liquide qu'à l'état solide,
      - sa nature instable a été prévue théoriquement et il se désintègre pour donner du thallium, ici du sarkozium,
      - son écotoxicité est au moins pour partie connue (on peut en attester),
      - ses vapeurs sont toxiques (pas que pour son entourage),
      - enfin, on l'utilise fréquemment (avec l'étain) comme fil fusible (mais ça marche pas toujours),
      Merci à Wikipédia de m'avoir aidé à mieux comprendre la personnalité, pardon, la nature du bismuth.

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