3 mars 2014

Jean-François Copé se débat contre lui-même #video

L'actuel président de l'UMP a livré une étonnante déclaration publique après les accusations de surfacturation de frais de campagne par une agence de communication détenue par deux proches, publiée par le Point jeudi dernier. 

Jean-François Copé, ce lundi, se débattait contre lui-même.



Ce lundi 3 mars, au siège de l'UMP, il avait l'air fatigué et atteint. Quelques heures auparavant, il avait annulé une interview avec Jean-Jacques Bourdin sur RMC, lequel avait du coup invité son accusateur en chef, Franz-Olivier Giesberg, patron de la rédaction dudit Point. "Ceux qui parlent de moi à l'imparfait font une grosse erreur. Ils ne me connaissent pas..." avait-il confié au Monde un peu plus tôt.

"Je fais l'objet d'une campagne de presse agressive et haineuse" et d'une "véritable chasse à l'homme" a-t-il expliqué. Les termes sont choisis, et violents: "campagne agressive", "méthodes dignes de l'Inquisition", "bûcher médiatique"... Le député-maire de Meaux et président de l'UMP attaque avec les méthodes habituelles en pareil cas: violemment. Allumer le feu pour éteindre l'incendie est une technique bien connue.

L'homme a décidé de riposter tant sur le terrain judiciaire (une plainte pour diffamation serait à l'étude contre l'hebdomadaire) qu'à l'Assemblée nationale, avec le dépôt de deux projets de loi. Le premier texte viserait la presse: après avoir fustigé la loi sur la transparence votée contre l'avis de l'UMP à la suite de l'affaire Cahuzac, Copé voudrait aujourd'hui étendre l'obligation de déclaration de conflits d'intérêts imposées aux parlementaires aux ... responsables de presse bénéficiant d'argent public. En gros, cela concerne tous les médias d'information. Seconde proposition de loi, un texte déposé après les élections municipales qui ont lieu dans 3 semaines pour imposer la publication de la comptabilité de tous les partis politiques bénéficiant de financement public.

Le coup d'épée est ... dans l'eau. "Copé annonce des mesures qui existent déjà", commente le Monde.

Jean-François Copé a surtout raté l'essentiel. Au-delà de l'affaire elle-même, qui risque comme souvent d'être oubliée sous les tombereaux d'invectives qu'elle a suscité en ri
poste, le président de l'UMP paye aujourd'hui l'incroyable confusion des genres et des intérêts dans laquelle il s'est largement vautré depuis plus d'une décennie.

Maire de Meaux, il cumulait, comme d'autres, le mandat de député. Président du groupe UMP à l'Assemblée quand Sarkozy s'installait à l'Elysée, il se fit aussi rapidement embauché comme avocat d'affaires dans un cabinet parisien. Il refusa d'avouer quels étaient ses entreprises clientes.

Ministre du Budget sous la présidence de Jacques Chirac, il avait pour ami un intermédiaire de ventes d'équipement militaire, Ziad Takieddine. A la même époque, comme l'ont révélé les différentes enquêtes journalistiques et judiciaires depuis, Ziad Takieddine travaillait pour le compte de la France, à savoir Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur, pour vendre équipements et technologies en Libye (2005-2007), au Pakistan et en Arabie Saoudite (2002-2005). On se souvient de l'anecdote fameuse, relayée par Ziad Takieddine lui-même: ce dernier, en vacances sur l'île Moustique, avait été physiquement agressé au point de tomber dans le coma. Il avait été sauvé grâce à Copé qui avait dépêché médecin et avions privés pour le secourir.

En 2011, le site Mediapart débute l'édifiante publication d'une enquête sur les cadeaux de Takkiedine. Elle est illustrée de nombreuses photographies présentant Jean-François Copé, avec ou sans épouse, dans diverses propriétés de Ziad Takieddine (piscine à Antibes, yacht en Mediterranée, voyages payés en Jordanie ou en Egypte). En novembre 2011, Copé est accusé par un témoin d'avoir perçu de Ziad Takieddine de quoi règler les travaux d'aménagement d'un appartement de 160 mètres carrés acquis en 2004, rue Raynouard, pour 1,1 million d'euros.

On apprenait par ailleurs que les millions d'euros de rémunération touchés par Ziad Takkiedine pour ses bonnes oeuvres pour la France, ni les 40 millions d'euros de patrimoine estimé par Mediapart, ne lui avaient valu une quelconque imposition en France. L'ami du ministre du Budget, qui a fait notamment fortune grâce à son rôle d'intermédiaire dans la conclusion de ventes d'armes français, ne paye aucun impôt en France.

La belle affaire !

Dans son édition du 3 mars, relatent pour le Monde l'amitié de Jean-François Copé avec Bastien Millot et Guy Alves, les deux co-fondateurs de l'agence Bygmalion aujourd'hui au cour du scandale.

2 commentaires:

  1. C'est pathétique, Jean-Français Copé coule et il voudrait en entraîner d'autres.

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  2. A mon avis, il est loin d'avoir coulé. L'expérience démontre que tous les politiques s'en sortent généralement sans embarras et que, quand cela n'est pas le cas, y compris avec passage par la case prison, ils reviennent aux affaires. La liste des come back est longue, très longue.

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