28 avril 2014

Ces députés socialistes qui résistent au Pacte irresponsable

Ce n'est pas un raz-de-marée. Mais la résistance est là. Le Pacte de responsabilité ne séduit pas tout le monde au sein de la majorité des députés socialiste. Il y a ceux qui voteront les pieds lourds et la main hésitante. Ils n'y croient peut-être plus mais ils ont été élus députés grâce à la dynamique présidentielle de mai 2012.

Il y en a d'autres qui sont plus véhéments. 


Trois au moins ont décidé de ne pas voter ce Pacte irresponsable. Christian Paul, Jean-Marc Germain et Laurence Dumont l'ont fait savoir dans les colonnes de Libération en fin de semaine dernière. 
"Où est la justice quand, pour financer la baisse des prélèvements des entreprises, on envisage la baisse du pouvoir d’achat des pensions de retraite, des allocations familiales, des aides au logement et du traitement des fonctionnaires, y compris les plus modestes ?"
La tribune fait mal car elle vise presque juste.
"Car il faut appeler un chat un chat, c’est bien de cela qu’il s’agit quand on gèle des prestations alors que les prix augmentent."
Evidemment, cette tribune n'est pas sans arrière-pensée politique. Qui croit encore que la politique se confond avec de la philanthropie ?  Les trois députés signataires de l'affaire sont qualifiés d'"aubryistes". Pour le non-initiés aux arcanes du Parti Socialiste, cela signifie qu'ils soutiennent Martine Aubry, qui n'est d'ailleurs candidate à rien depuis sa réélection à la tête de la mairie de Lille.

Mais les trois résistants touchent là où il faut. Le problème, pour ces députés, n'est pas tant le redressement des comptes que l'arnaque politique du moment.

Primo, les contreparties demandées aux entreprises bénéficiaires des exonérations sont finalement inexistantes. C'est le propre du socialisme de l'offre que de croire qu'une baisse des cotisations sociales va provoquer des embauches par millions. Partout en Europe, surtout dans les pays faibles, les marchés, qui restent la meilleur incarnation visible du Capital, exigent cette baisse du "coût du travail" pour mieux améliorer la rentabilité du capital. De surcroît, les entreprises sont incapables de garantir des embauches sur un tel long terme. Quel chef d'entreprise prendrait ce risque ? Au mieux aurons-nous des "objectifs", non contraignants, tandis que les baisses de cotisations seront actées, validées, accordées.

Secundo, répétons-le: le pacte des 50 milliards sert d'abord à baisser des cotisations et non à redresser les comptes publics.

D'autres députés socialistes ont proposé des "alternatives", preuves que l'affaire vallsienne reste mal ficelée, mal comprise. On trouve même Yann Galut, chantre de la Gauche Forte chère à Manuel Valls, qui râle son désarroi: "La politique de l'offre ne peut être financée au détriment du pouvoir d'achat des Français, estime Galut. La prolongation du gel du point d'indice des fonctionnaires pose un problème, comme lorsqu'on tape sur les prestations sociales."

La trouille d'une nouvelle débâcle ?

Dans les colonnes du Parisien, Karine Berger évoque notamment le report à 2016 de l'application du pacte de responsabilité pour les grandes entreprises (soit 3 milliards d'euros d'économies) pour financer la réindexation des petites retraites. Quid des autres prestations sociales que Manuel Valls veut geler ?


Manuel Valls a senti le boulet. Il multiplie les (petits) reculs. Ses annonces du 8 avril étaient dures à souhait pour se laisser un peu de marge de négociation interne. Une vingtaine de députés socialistes ont été rameutés pour soutenir à leur tour, dans une tribune publiée par le JDD dimanche 27 avril, le fameux pacte.

Ces atermoiements ne changent pas le fond du sujet. Le gouvernement entend bien livrer la plus importante des exonérations de cotisations sociales de la décennie.

Merci.


8 commentaires:

  1. Je parle sur mon propre blog de "catastrophisme" et je me pose la question de savoir qui a intérêt à casser systématiquement le moral des Français ? Les économistes nous disent que la dette de la France n'est pas de 50 milliards mais de 150 ! D'autres nous alertent sur les emprunts toxiques repartis de plus belle. Dans toutes ces joyeuses nouvelles on voudrait en plus que nous ayons le moral et que nous fassions repartir la croissance en dépensant le peu qu'il nous reste....

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  2. 2014 va être une très grande année pour le capital, ils vont pouvoir se distribuer des dividendes, encor mieux que 2013.il suffi de voir se qui ses passé avec SFR ou les opérateurs en quelque jours ont trouvé plus de 15 milliards, il y a encor des affaires à faire en France. Ou Alstom actuellement une entreprise que les actionnaires vide systématiquement la caisse et est toujours au bord du gouffre depuis plus de vingt ans. Ont vas vite voir les milliards que vos l’entreprise. Je croie qu’il y a une véritable folie dans le monde de la finance et ils ne savent plus ou tirer du revenu, ils ont endetté les ménages les entreprises et les états, et aujourd’hui, il ne reste qu’a privatisé les services public pour continué à faire des affaires. Les retraites la santé et l’éducation sont encor des secteurs prometteurs pour faire de l’argent !Et que font les socialistes dans cette histoire ?

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  3. Pour répondre à jeanmi
    Le PIB 2013 (la richesse que tous les français produisent chaque année) est de 2059 Milliards.
    La dette publique (somme de tous les emprunts non encore remboursés et de leurs intérêts) est de 1925 Milliards, soit 93,5%.
    Le déficit budgétaire, différence entre les recettes et les dépenses de l’état, a été de 88 Milliards, soit 4,3% du PIB.
    150 Mds c'est pour avoir zéro déficit
    La suite sur mon blog

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  4. "les marchés, qui restent la meilleur incarnation visible du Capital, exigent cette baisse du "coût du travail" pour mieux améliorer la rentabilité du capital"

    Non: les marchés exigent la meilleure rentabilité possible du capital - un point c'est tout, quels que soient les moyens par lesquelles elle est obtenue: la baisse du coût du travail est le moyen utilisé pour améliorer la rentabilité du capital par ceux qui n'en ont pas d'autres. Mais, par exemple, pour l'automobile allemande, qui a su se positionner dans des créneaux du haut de gamme, le coût du travail reste élevé ( les salaires y sont très élevés, et les voitures produites en Allemagne), et la rentabilité du capital élevée ( pour le haut de gamme, un prix de vente plus faible n'est pas très important: celui qui hésite entre une Rolls et une Lamborghini ne se décidera pas pour celle qui coûte 500 € de moins).

    D'autre part: nous ne sommes pas dans un système politique dans lequel le choix de la ligne générale (relance par l'offre, aujourd'hui) est fixé par les députés, et le Président de la République un simple exécutant chargé de l'appliquer - c'est l'inverse. La majorité des députés socialistes soutient aujourd'hui la ligne fixée par le Président; la (forte) minorité constituée par ceux qui y sont opposés ont un vrai problème: s'ils ne peuvent se contenter de quelques concessions et veulent changer cette ligne, ils devraient logiquement quitter le PS et adhérer au Parti de Gauche.

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  5. Un coup de chapeau à Elie Arié, qui déclare que "les marchés exigent la meilleure rentabilité du capital, un point c'est tout"? Grotesque, mensonger, nullissime pour tout dire. Car, non, on ne peut pas dire "un point, c'est tout". Ce sont des gens, qui agissent contre la démocratie, contre les Etats, contre les solidarités pour s'accaparer les richesses avec la complicité des politiques, comme ces pourris de socialos hollandais.
    "Les marchés, qui restent la meilleur incarnation visible du Capital", ça ne veut rien dire du tout. Parler de "marchés" n'a aucun sens, il s'agit d'une expression bien commode pour faire croire aux naïfs et aux imbéciles qu'il existerait une sorte de mécanisme naturel, qui régirait les échanges. Or, ce n'est pas le cas. Les marchés, ce ne sont que des financiers, des spéculateurs, autrement dit ceux qui ont provoqué toutes les crises, y compris la dernière, ceux (Goldman Sachs) qui ont triché sur l'état des comptes de la Grèce pour s'en mettre plein les poches en ruinant ce pays. Ce sont les mêmes, qui font du lobbying à Bruxelles pour empêcher l'UE, déjà peu enthousiaste, de mettre en place les normes et règles indispensables pour éviter une nouvelle crise. Ce sont ceux qui défendent de manière féroce leurs intérêts et font imposer nos Etats. Non, ce ne sont pas juste "ceux qui exigent (?) la meilleure rentabilité, un peu c'est tout". Pour finir, l'exemple des Rolls et Lamborghini est hilarant. Chacun son monde, chacun ses dogmes, mais un peu d'honnêteté intellectuelle, ça ne fait pas de mal, hein Elie ? Essaie, tu verras, c'est possible.

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  6. ceux qui font IMPLOSER nos Etats

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  7. @ Demos


    http://www.marianne.net/elie-pense/Le-dilemme-des-deputes-socialistes-contestataires_a402.html

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  8. Pour faire simple, "le marché est le lieu physique ou virtuel où se rencontrent l'offre et la demande et où s'opère la détermination du prix d'un bien ou d'un service". Donc, ça n'a aucun sens pour ce qui concerne le monde de la finance, ne se contente pas d'acheter et de vendre, mais qui spécule sur tout en violant la loi (Goldman Sachs pour la Grèce, subprimes, affaire du LIBOR ...) sans la moindre sanction ou presque. Cela va jusqu'au blanchiment de l'argent sale comme le font les filiales des grandes banques au Mexique ou ailleurs. Pour le reste, les états d'âme ou la cohérence des socialos n'intéressent qu'eux-mêmes. Pour moi, comme pour nombre de Français, "la messe est dite". Dehors, les socialos, qui ne sont pas des clones de la droite la plus conservatrice, liberté sexuelle mise à part. Chacun ses choix et ses valeurs.

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