11 avril 2014

Contre Valls, les conservatismes locaux

Il n'y a aucune union sacrée contre Manuel Valls, absolument aucune. C'est presque l'inverse, ... sauf sur la réforme territoriale.


Notre confrère Elie Arié s'inquiète et s'indigne des oppositions caricaturales qui s'opposent à l'actuel premier des ministres. Il prend deux exemples soigneusement et très correctement choisis, la réforme territoriale et la réduction des dépenses de l'assurance maladie.

La première, lancée en grande pompes par Valls lu-même dans son discours de politique générale mardi dernier, n'a aucune urgence, mais le cirque fut grand. Valls a donné un cap, la réduction du nombre de collectivités territoriales, et un horizon, 2021. Il propose la suppression de 11 régions sur 22, et de la clause de compétences générales pour les départements et les régions.

Cette annonce mériterait d'être applaudie. Combien de couches s'empilent ? Combien de baronnies, de pré-carrés locaux voire ultra-locaux ? La charge contre le mille-feuille administratif suscite habituellement un large accord à gauche comme à droite... sauf localement. Sans surprise, l'annonce de Manuel Valls a déclenché toutes sortes de râleries prématurées. Supprimer la moitié des régions et les départements inquiète avec un septennat d'avance ! Quelle tristesse démocratique.

Manuel Valls a eu d'autant plus raison que l'abstention aux récentes élections municipales a franchi tous les records. Si nos concitoyens, par lassitude, déception ou indifférence, ne votent plus si nombreux à l'élection des élus géographiquement les  plus proches d'eux, nous pouvions penser qu'il était largement temps de s'attaquer à d'autres échelons plus larges et redondants.

En la matière, la véritable question est le sort des prestations sociales et autres services publics attachés aux échelons supprimés.

Il s'est trouvé, dès mardi soir, un élu socialiste pour assimiler la simplification avec la destruction des services publics concernés. Le tout sans attendre le moindre débat ni la moindre précision. Le dit-élu , président de l'Association des Départements de France (si, si, ça existe), s'est déclaré "abasourdi" par la "brutalité" de la méthode. On croit rêver. Rien n'est fait, rien n'est promis avant 2021 !

Qu'il soit démis.




Suppression des conseils départementaux: Claudy... par FranceInfo

2 commentaires:

  1. 2021... Pépère aura fait ses valises en 2017, retraité de la politique mais toujours nuisible il coulera des jours paisibles aux frais de la princesse, la droite revenue au pouvoir fera bien ce qu'elle voudra de cette idée.
    M'est avis que c'est le genre de réforme qui ne passera jamais dans un pays qui compte plus de 600.000 élus de toute sorte, un peu comme la transition énergétique promise à un enterrement de première classe par Ségolène Royale qui commence par réduire en miette l'écotaxe qui coutera du coup bonbon au contribuable quand il faudra indemniser le consortium qui a emporté le PPP. De droite ou de gauche : de vraies buses en matière de gestion de fonds publics.

    RépondreSupprimer
  2. Vous verrez qu'il y aura aussi une alliance de tous les corporatismes professionnels lorsqu'il s'attaquera à l'autre volet évoqué dans mon article, celui de l'assurance-maladie (mais bon, là, il n'y a que 69 ans que ça dure...avec beaucoup de succès, il faut le reconnaître).

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.