7 avril 2014

Pourquoi il faut s'opposer au gouvernement Valls

Il n'a rien fait qu'il énerve déjà, heurte davantage, agace ou réjouit. 

Manuel Valls serait une énigme. 

Voici 4 raisons, simples et évidentes, pour lesquelles il faut s'engager contre Manuel Valls, sans attendre.

1. Son ADN politique le plus récent est à la droite de la gauche. 
Bataille d'étiquette ? Non, pas seulement. Manuel Valls a systématiquement pris la gauche par sa droite, comme si la "modernisation" du PS qu'il espérait consistait  plongeait dans la Réaction. Depuis qu'il a quitté le camp ségoliste, Manuel Valls s'est volontairement démarqué à droite au sein de son camp. 

Simple tactique ? Et alors ?  On entend qu'Hollande devrait gouverner à droite puisque c'est ainsi qu'il faut interpréter le résultat des élections municipales. 

Pourquoi ne pas avoir nommer Copé ? Pourquoi ne pas démissionner ? Pourquoi ne pas abandonner ?

2. François Hollande ne cherche pas autre chose que Valls en nommant Valls. Il l'a expliqué "en privé" à un journaliste du Monde. Manuel Valls a été choisi pour son "dynamisme" et son "sens de la médiatisation". Il chercherait l'efficacité d'un homme pour servir sa politique. L'efficacité mérite-t-elle n'importe quoi ? Manuel Valls est-il efficace ? Dans la foulée de la nomination de son gouvernement, quelques éditocrates ont cru comprendre que le gouvernement de Manuel Valls n'était pas si "vallsien".  Sans rire ? On nous expliqua qu'Hollande conservait le "lead" essentiel. Que la composition de l'équipe était bien contrôlée de l'Elysée. Qu'un Aquilino Morel, conseiller ex-Montebourgeois et finalement "caution" de gauche contre l'autre secrétaire général adjoint ex-banquier avait encore son poids. Et ?

3. En 2012, Manuel Valls a été nommé ministre de l'intérieur, mais il a échoué
L'affaire était de supprimer la lutte contre la délinquance et l'immigration du terrain politique. Valls devait prouver/montrer/démontrer que ces deux sujets devaient être sortis de l'instrumentalisation politique détestable ou ignoble qu'en font la droite et l'extrême droite. Non, la gauche n'est pas laxiste. Manuel Valls était censé incarner cette préoccupation. 

La tâche n'était pas sans risque. Il s'agissait aussi de montrer qu'on n'avait pas besoin d'empiler les clichés xénophobes, d'exciter les réflexes nauséabonds, d'attiser les tensions prétendument identitaires. Le fiasco du débat sur l'Identité nationale lancé par Sarkozy fin 2009, les ignominies du discours de Grenoble de juillet 2010, les saloperies sarkozystes qui ont éloigné la France de la République, bref, cette terrifiante décennie passée aurait due être soigneusement remémorée avant chaque discours, chaque prise de parole, chaque intervention. 

Au lieu de quoi, Manuel Valls n'a pas su marquer la différence. Nous pouvions encore, en juin 2013, parler de rafle. Nous pouvions nous interroger sur cette propension vallsienne à instrumentaliser jusqu'à la nausée la situation des Roms. Nous pouvions être interloqués par cette agitation médiatique du ministre de l'intérieur. 

Bref, sur ce terrain essentiel, Valls a échoué.


4.  Au mieux, il n'y aura aucun changement de ligne politique.
La nomination de Manuel Valls est d'abord une opération de communication. On nous vend la "nouvelle méthode". L'ami du nouveau premier ministre est un grand communicant, un expert ès éléments de langage. Qui ne connaît pas Stéphane Fouks ? L'homme trainait encore dans les parages du nouveau promu quelques heures avant sa nomination.

Mais revenons au fond. La feuille de route du gouvernement Valls semble connue. Elle inclut des promesses de campagne du candidat Hollande - rétablir des comptes publics désastreusement déséquilibrés par une décennie de gouvernement . Elle n'inclut pas d'inflexion sociale, c'est-à-dire la prise en compte d'autre chose que l'argument compétitif, un véritable plan de lutte contre la précarité, la pauvreté, le mal-logement.
 Qu'il y aura-t-il dans ce premier discours de politique générale ?

Rien, ou bien ?





26 commentaires:

  1. tiens, un nouveau blog d'opposition

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  2. Il me semble qu'attendre le discours de politique générale serait le bienvenu et une sage décision car mon petit doigt me dit que beaucoup de commentateurs, journalistes, personnalités politiques devraient être surpris.
    Et ne me soumettez pas à la question, je suis une tombe.

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    1. Discours de politique générale? Qui se souvient de celui de Jean Marc Ayrault?
      Simple catalogue de bonnes intentions qui n'engage en rien celui qui l'annonce...

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    2. et bien nous verrons car je crois savoir qu'il sera bien plus précis et engageant que tu ne le penses

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    3. Tombe ou pas ce ne sera qu'un discours, les fausses promesses depuis 2011 ce n'est pas ce qui a manqué. Donc du vent encore du vent et une opération de communication où j'espère on nous évitera une autre imitation pitoyable d'Hillary Clinton....

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    4. je veux bien attendre, encore attendre, toujours attendre. Je me dis, bêtement, qu'à force d'attendre on perd la foi. Et donc qu'il vaut mieux répéter la foi que l'on a avant de la perdre définitivement.

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    5. "Je suis une tombe". Tu pourras donc accompagner les socialos dans leur future demeure, hi, hi ....

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  3. Ahlala finalement notre bon Juan devient comme Sarkozy : en train de sombrer dans l'irrationnelle dictature de l'emotion, en train de faire des commentaires effrayants à l'emporte piece, brutaux, et sans aucun recul.

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    1. Et finalement, tout cet acharnement depuis tant d'années envers un seul homme, des heures par jour consacrées à son sujet, n'est ce pas juste la déclaration d'amour (sous couvert de missives et pamphlets) d'un érotomane qui s'ignore?
      De passionnant, ce blog est devenu consternant, il est maintenant hilarant. Tant je vois en l'auteur désormais le portrait craché de sa nemesis

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    2. De passionnant, ce blog est devenu consternant, il est maintenant hilarant...

      le resistant qui devient collabo et qui, finalement, se dit je vais faire clown.
      Il a des parcours etonnant....

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    3. Collabo ?
      et vous gross dégueulass ?

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    4. Collabo le terme est un peu excessif, certes, maquetiste est plus juste, vu que depuis 2012, il ne fait que publier des feuilles de route, de la propagande a gross ficelles de je ne sais quel Thinktank socialobobopourri.

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    5. @Justice, @rod0411: les insultes ne mènent à rien. Bon vent.

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    6. D'où ai-je utilisé un langage grossier? Nulle part. Par contre, je pense que votre cas commence plus à relever du domaine de la psychiatrie qu'autre chose (quelque part entre Claire Seguin l'enfarineuse sombrant dans la paranoia la plus crasse (dont le blog "un micro sous votre oreiller" est une espèce de litanie répétée ad nauseam, rappellant un peu une certaine litanie contre un certain individu...) et un Lee Harvey Oswald soft, désespéré que son blog qui lache des scuds quotidiens, ne soit pas à balles réelles...).
      Le plus rigolo étant encore qu'obstinément, dès que les journalistes et les éditorialistes (oh pardon pour reprendre le langage habituel "les editoCRATES" alias les standartenfurher de la pensée unique bobo-droitiste, selon certains jours, les "gens posés et sensés" selon certains autres jours) se mettent à se lancer dans la comparaison Hollande/Sarkozy sur certains points, les 3/4 d'un article (l'autre 1/4 étant là pour dénoncer la people-isation utilisée à outrance dans la presse alors que ce meme blog l'utilise de la meme manière en tapant sur la forme plus que le fond, mais on ne peut pas en vouloir à l'autre de ne pas avoir de temps pour faire des études, le temps consacré à ce blog et à avoir un travail et une femme et des gosses étant déjà beaucoup en 24 heures). Un auteur d'ailleurs suffisamment paranoiaque pour vivre constamment caché en dehors de ses magnifiques armoiries de royaliste portés au doigt.

      Bref, franchement, vous n'etes bons qu'à une chose : le Sarko-bashing. Je vous conseille vivement de vous mettre en retrait d'internet et passer à autre chose en attendant le potentiel retour de votre raison d'etre, puisque à l'heure actuelle votre sarkophobie devient tellement envahissante et irrationnelle que vous perdez les pédales maintenant que le "clone" avoué de Sarkozy à gauche, à savoir Valls donc, est passé à Matignon (eh, au moins comme ça Sarko tient sa revanche sur Chirac, il aura eu Matignon par intérim), et du coup vous devenez complétement ridicule et parti dans des délires schizophrènes, le tout teinté du manichéisme habituel tout blanc/tout noir de chaque camp (ou plutot Yin/Yang, vu qu'en reprenant le blog en diagonale, on a grosso modo "mec de droite = gros connard avec quelques élans sporadiques de courage et de lucidité (= quand il pense comme un mec de gauche)", et "mec de gauche = modèle d'altruisme et d'amour parfois touché par des légers coups de mou le faisant penser en mode E-VIL (= de droite)".)

      mais bon, comme je l'ai dit, c'est formidablement comique, continuez donc vos monologues du vagin (c'est rose comme le parti socialiste), je suis sur qu'on arrivera un jour à un pinnacle de stupidité tel que ça fera les prochains sketches de Jean-Marie Bigard.

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    7. Voilà donc un représentant de la Pravda ! Saluons donc le sens de la mesure, la hauteur de vue et la force de l'analyse du mec pitoyable et revanchard, qui manie les insultes et les injures en lieu et place du moindre argument. Pas faux quand même que d'écrire "mec de droite = gros connard". Un éclair de lucidité, totoche ?

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    8. Vivement que ton fils te dise qu'il vote à droite, tu vas kiffer le psychorigide de gauchiste encore en train de rêver du Grand Soir (mais en fait t'aurais fini au goulag, mon gars, la voilà la vraie gauche profonde : du national-socialisme avec un sourire et un gant de velours).

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    9. Tu as gagné un point Godwin, camarade. Entre nous, tu devrais te douter que, des abrutis et des salauds, il y en a sous toutes les étiquettes, surtout quand ce sont les intéressés qui se les collent sur le front. Comme les acharnés dogmatiques dont tu fais partie, juste capables d'aligner des lieux communs : grand soir, goulag, national-socialisme ... et de catégoriser.
      Réfléchir, tenir des propos cohérents et construits, c'est possible, tu devrais essayer. Toi aussi, tu peux le faire.

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    10. @demos: c'est vrai qu'il est parti très vite ;-)

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  4. Vous vous enfoncez de plus en plus dans cette impasse qu'est la personnalisation du pouvoir.

    Connaissant un peu le caractère vraiment pas commode de Taubira, moi, je l'aurais nommée à l' Intérieur: je vous parie qu'avant les vacances de Pâques, elle aurait passé toutes les banlieues au karcher et viré tous les Roms!

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    1. Taubira vient de perdre un peu de son honneur !!!


      http://survie.org/genocide/implications-politiques-militaires/article/rwanda-les-autorites-francaises-4666

      et une pétition importante.

      Le mjs sauve l'honneur !

      bilan de manuel white :

      - les ministres ont portable fermé en CM
      - Pas de poisson à la table du PM
      - Ordre donné au garde des sceaux de ne pas aller à Kigali et madame Taubira se soumet !

      Putaing cong ça craint !

      D'autre part j'apprécie l'évolution de Juan : Antisarkoziste - pro Hollande - critique sévère .
      C'est mon évolution et celle de bien de mes connaissances !


      Justice a retiré "collabo" : il en sort grandi .

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    2. Mais, Monsieur Arie, qui utilise la personnalisation du pouvoir si ce n'est ce pouvoir de tordus cyniques et manipulateurs, qui va nous faire regretter Sarkozy ? Si Hollozy espère s'en sortir avec ses petites combines, il n'est plus secrétaire de votre cher PS, mais Président de la république. Il faut bien reconnaître, même si cela doit causer de la peine à bob (mes excuses, bob !), que dans cette affaire, la merluche avait vu juste en parlant de capitaine de pédalo. Et encore, je ne suis pas sûr qu'il serait capable de piloter une telle embarcation. Rideau !

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  5. Un Martien qui découvrirait ce blog trouverait son nom et le contenu tout à fait cohérent: suutient du sakorzysme.
    En 2012, j'avais été surpris quand je l'avais découvert, mais j'avais compris les raisons qui avaient présidés à ce nom.
    Alors aujourd'hui, peut-être faudrait-il en changer pour rester en cohérence.
    Sarkofrance ayant été un blog anti-sarkozyste, brillant, dur, parfois injuste, je pense qu'il faudrait le renommer aujourd'hui Hollandofrance:
    Qu'en pensez vous?

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    1. Excusez moi: beaucoup de fautes d'orthographe e de mauvais frnaçais, sans doute la consternation

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  6. "Non, la gauche n'est pas laxiste". En tout cas, une partie de la gauche ne l'est pas.
    Et il est évident que nous n'avons pas besoin de Valls pour le démontrer. Il suffisait simplement d'être clair et cohérent, à commencer par le plan symbolique. Au lieu de cela, Hollozy s'est, comme d'habitude, "pris les pieds dans le tapis". Il fallait expulser la fameuse Léonarda, puis sa famille, puis autoriser la jeune fille à revenir sans sa famille. Une vraie cacophonie. Le premier imbécile venu aurait fait mieux. NULLISSIME !

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  8. Tous les pays d'Europe sont dirigés par des alternances de partis libéraux et de partis socio-libéraux ( le SPD allemand, les PS espagnols et portugais, le New Labour britannique, les parti socio-libéraux scandinaves, le parti de Renzi en Italie, etc.), avec un avantage pour les premiers, qui remportent de plus en plus souvent les élections que les seconds.

    Dans certains pays, persistent de petits partis de gauche "classique" qui ne font jamais partie des coalitions au pouvoir ( Die Linke, Izquierda Unida, PdG, etc.), dans d'autres ils n'existent même pas (Grande-Bretagne).

    La seule évolution est la montée de partis anti-immigrationnistes populistes (ceux pour lesquels votent "les classes populaires" ), qui arrivent parfois à partager le pouvoir avec la droite libérale.

    La France entre dans le même schéma.

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