16 avril 2014

Social: ce que Hollande refuse de comprendre.

C'est à n'y rien comprendre. Avec qui François Hollande pense-t-il un jour gouverner ? 

C'est pourtant simple, évident, presque triste.

Mardi, un député socialiste et un patron, tous deux pilotes du grand choc de simplification prônés par Hollande lui-même, présentaient 50 décisions "validées". Le chantier est "tentaculaire". Il y avait de tout, et pour tous. Sauf pour certains, celles et ceux qui attendaient un autre geste, un tournant, un autre mouvement.

Social.

Il paraît que la plus "emblématique" des mesures était la suivante: "aucune nouvelle disposition applicable aux entreprises ne se traduise par des 'charges supplémentaires'". Franchement ? Notre vie est toute changée. On propose une autre variante: qu'aucune nouvelle disposition ne se traduise par des dividendes supplémentaires. Gauchisme de salon ? Quelle autre réponse à ces opérations de communication en cascade ?

A Paris, sous les ors du Palais de l'Elysée, François Hollande reçoit trois économistes paraît-il iconoclastes. La presse se repait de l'une de leurs récentes propositions pour dynamiser la croissance et l'emploi, la suppression du SMIC. Ces habitués des plateaux télévisuels s'y connaissent-ils en précarité ? Non. Ils pensent plus haut, très haut. Plus haut que l'ancien patron de l'OMC, Pascal Lamy, qui récemment suggérait de prévoir des petits boulots payés moins chers que le SMIC: "Le tabou du chômage est plus important que le tabou du smic". 

Cet argument, économiquement évident (un esclave est toujours meilleur marché qu'un salarié protégé), mais politiquement débile, avait sa variante chez Pierre Gattaz, le patron du MEDEF mais aussi, et surtout, chez les plus libéraux de l'UMP. 

Rappelez-vous l'antienne d'Hervé Novelli, elle date de février 2013.
"Aujourd’hui être travailleur même pauvre en Allemagne c’est largement préférable à être un assisté en France."
Mardi, Pierre Gattaz remettait une pièce dans le juke-box de cette musique néo-lib. Il propose la création d'un "SMIC spécial précaire". Sa formule est alambiquée, il ne faudrait pas choquer: il suggère ainsi d'avoir "temporairement un système permettant la première année, pour un jeune ou quelqu’un qui ne trouve pas de travail, de rentrer dans l’entreprise de façon transitoire avec un salaire adapté qui ne serait pas forcément le salaire du SMIC ".


Avec qui François Hollande veut-il gouverner ? 

Il peut recevoir qui il souhaite à l'Elysée. Il sait pertinemment la portée symbolique accordée à tort ou raison à la moindre de ces rencontres. S'il ne le sait pas, qu'il vire prestement sa directrice de la communication. Il recevrait une poignée d'Economistes Atterrés que l'écho serait tout aussi fort, mais dans l'autre sens. Quand notre président a-t-il reçu des économistes franchement iconoclastes, c'est-à-dire distants de l'habituelle caste médiatique ?

Bref, ce n'est pas faire ombrage à sa perspicacité ni lui faire un procès d'intentions que d'exprimer ici tout haut ce que tout le monde peut penser tout bas: Hollande insiste, persiste et poursuit dans la même voie, à droite, où il pense trouver son salut.

Paix à son âme politique. 

Vivement 2017.






Crédit illustration: DoZone Parody



8 commentaires:

  1. "Paix a son âme politique.
    Vivement 2017."

    vivement que Sarkosy revienne ? ou tu préféreras MLP ?

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    1. je corrige ;-)
      non, je ne préfère évidemment ni Sarko ni MLP. Mais là, c'est selon l'impasse. Je ne comprends pas l'obstination à multiplier ces "symboles" contreproductifs...

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  2. Quelle déception de vous voir sombrer dans ce que vous dénonciez si bien à l'époque de Sarkozy : une vie politique basée seulement sur la personnification (non à Valls, quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse), ou la rumeur (s'enflammer sur des rencontres, pas sur des projets de loi, des faits...).
    Tout ce qui est plus à droite que le centre peut remercier l'électorat de gauche, qui masque à merveille les casseroles de la droite, ses procès, ses dissensions, ses incohérences flagrantes...
    Vivement 2017... Pour pleurer et regretter, comme en 2002 ?

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    1. j'espère que vous comprenez que mon sujet est politique et non personnel. Valls n'est qu'un symbole, loin d'être si important que cela. Je m'en expliquerai plus tard. Pour l'heure, c'est l'impasse générale qui me trouble.

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  3. Inutile de débloquer sur une petite phrase de juan. La réalité du PS est complètement désolante. Toutes les nouvelles politiques de l'équipe gouvernementale nous surprennent, dans le mauvais sens. Le Guen traitant Delapierre de "conservateur" sur France2 est au delà de toute imagination.
    Au secours, ils sont devenus fous ou simplement les masques tombent...

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  4. Mercredi 16 avril 2014 :

    13h25

    Pour Christian Paul, député PS, les annonces de Valls sont "inacceptables" sur le fond et la forme. De nombreux députés PS sont "atterrés", selon lui.

    14h05

    Les annonces faites par Manuel Valls seront « très défavorables aux classes modestes et populaires », a déclaré la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann, classée à gauche du parti. Considérant qu’on ne peut voir de justice sociale dans les mesures annoncées, l’élue socialiste a également qualifié de « scandale » le gel du point d’indice des fonctionnaires.

    14h41

    Pour Jean-Claude Mailly (FO), les mesures d'économies "vont accroître la précarité et la pauvreté. Le gel - hors minima sociaux - des prestations sociales qui vont toucher les retraites, les allocations familiales jusqu'en octobre 2015, constitue une programmation d'une baisse de pouvoir d'achat", a jugé le secrétaire général de FO dans un communiqué

    "De telles décisions vont pénaliser lourdement, notamment les plus défavorisés, et accroître les inégalités, la précarisation et la pauvreté et feront également glisser l'économie française vers la déflation", a estimé M. Mailly.

    En outre, "le gel du point d'indice du salaire des fonctionnaires jusqu'en 2017 est inacceptable, cela ferait huit ans de perte programmée du pouvoir d'achat", a affirmé le secrétaire général de FO.

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  5. On etait en droit d'attendre des meures plus ambitieuses, comme le retablissement de l'esclage, une hausse de 30% des produits de premiere necessite, une censure totale et un vrai control d'internet, l'emprisonnement de toute oposition politique etc...
    Bon...laissons du temps au temps... c'est deja un debut.


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  6. Moi, pendant longtemps, je n'ai pas compris Monsieur Hollande et j'ai cru qu'il était tétanisé par les enjeux politique et économique. La peur d'échouer, qui empêche de tenter, vous comprenez ? Alors, forcément, je lui en voulais. Aujourd'hui, je me réjouis que le masque tombe enfin et que le Président ose lancer un vrai programme d'avenir pour la France et les Français. Avec Monsieur Valls à Matignon, Monsieur Cambadélis à la tête du PS et peut-être demain, Monsieur Lamy au ministère de l'Economie. Je ne comprends pas que Monsieur Juan soit si injuste avec Monsieur Hollande au motif qu'il ne fait pas de social. Laissons-lui le temps de réussir et soutenons un homme si courageux, qu'il a su abandonner les idées et principes rétrogrades du PS. Courage, nous sommes avec vous, Monsieur le Président !

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