25 mai 2014

368ème semaine politique: comment ils ont sacrifié les élections européennes

Il cherche à éviter une déroute, c'est une mauvaise habitude. François Hollande aborde le scrutin européen du 25 mai dans les pires conditions imaginables: le "projet européen" a déçu, la crise est toujours là, et sa propre impopularité n'améliore rien. 

 

Des élections sacrifiées
On peut sourire en apprenant qu'Hollande prendra la voiture plutôt qu'un Falcon présidentiel pour aller voter à Tulle. Il faut motiver l'électeur. Ces élections parlementaires européennes ont pourtant été sacrifiées.

Tout semble fait pour décourager l'électeur. Il y eut d'abord les caricatures et autres amalgames faciles. Toute critique de l'Union européenne était rapidement qualifiée de populiste. Il y eut ensuite l'absence de campagne. A qui profite ce crime contre la démocratie ? 

Le premier débat télévisé d'importance n'a eu lieu que le 22 mai sur France2, avec quelques ténors des différents partis, qui n'étaient même pas tous candidats ! Les petits partis sont oubliés. Le service public de la télévision française s'était refusé à retransmettre les débats entre postulants à la présidence de la Commission. Les programmes ne sont enfin commentés que quelques jours avant l'élection.

A quelques heures du scrutin, on ne comptait plus le nombre de panneaux électoraux encore dénués d'affiches. En France, le nombre de listes concurrentes dépasse souvent la trentaine. On trouve même une improbable "Alliance Royale". Le MRC, le parti de Jean-Pierre Chevènement, fait campagne... pour l'abstention. Nicolas Dupont-Aignan, pour fustiger la "porosité" des frontières intra-européennes transporte une kalachnikov d'Italie en France dans son coffre de voiture. Du grand n'importe quoi ! Le Front National placarde des photos de la jeune Leonarda, expulsée l'an dernier dans les conditions que l'on connait: l'appel au réflexe xénophobe comme argument électoral ?  

Cette campagne sent le moisi.

Seuls Europe Ecologie Les Verts et le Front de gauche sont parvenus, contre vents et marées, silences et gênes, à placer la négociation du Traité transatlantique au centre du débat. Jeudi 22 mai, un projet de loi déposé par la gauche est voté à l'unanimité à l'Assemblée nationale. Il réclame "une meilleure information des représentants de la Nation par le Gouvernement sur l’état des négociations," et l'identification des "éventuels conflits d’intérêts" des négociateurs.

La crise aurait dû mobiliser.
Mais ce n'est pas le cas, comme si l'électorat, euro-sceptique mais découragé, avait baissé les bras.

Scrutin oblige, on oublie quelques jours l'économie nationale. On a tort. Les nouvelles du front économique ne sont pas fameuses. L'Unedic ne voit pas le chômage baisser d'ici à 2017. Et prévoit 103.000 chômeurs de plus en 2014. Au premier trimestre de cette année, la croissance économique en France a été ... nulle. En cause, la consommation des ménages a encore chuté (-0,5%), tout comme l'investissement des entreprises (-0,5% également). Michel Sapin, aux Finances, joue les équilibristes: "Ce sont les chiffres du premier trimestre : c'est le moment où le président de la République, il en a eu l'intuition, a dit “on doit accélérer, on doit approfondir parce qu'on doit accélérer la croissance”.

On croyait que "la reprise était là".

Michel Sapin préférait nous divertir avec la fraude fiscale. Jeudi, un plan 2014-2015 est adopté pour renforcer encore les sanctions. D'année en année, la traque aux évadés fiscaux améliore son rendement, et c'est tant mieux. En quatre mois, l'Etat a récupéré 648 millions d'euros. Sur l'année 2014, il espère un milliard d'euros de plus que prévu (800 millions), ce fameux milliard que Manuel Valls a généreusement accepté de "rendre" pour baisser l'impôt sur le revenu des plus modestes. "Les Français verront dès septembre l'application de cette décision" sur les impôts, promet-il mardi à l'Assemblée.

L'examen du pacte de responsabilité se poursuit. Chaque administration s'inquiète. Le Canard enchaîné" affirment que "les chefs d'état-major des trois armées (Terre, Air, Marine) envisageraient de démissionner en bloc si le budget devait être encore rogné". Un courrier alarmiste du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian à Manuel Valls est fuité dans la presse. Ce dernier rassure: non, il n'y aura pas de nouvelles coupes budgétaires au-delà de ce qui était prévu l'an dernier dans la Loi de Programmation militaire: "Il est temps de tourner la page de ce débat, de ces rumeurs".
Mais où donc vont se loger les 50 milliards d'euros d'économie ? La Défense coûte quelque 31 milliards d'euros par an.

A Paris, les frontières de la dérégulation ridicule ont été dépassées quand le Canard Enchaîné révéla que la SNCF était contrainte de réaménager 1.300 quais de gare (sur 8.700) à cause de la livraisons de rames trop larges. "Un manque d'explications et de pédagogie" a tardivement commenté le patron de l'entreprise publique. Une député socialiste a réclamé sa tête. De Le Pen à Copé, de Cambadélis à Mélenchon, chacun a trouvé une bonne raison pour fustiger l'erreur. Pourtant, sur le fond, agrandir les trains pour transporter davantage de personnes est une excellente idée, éco-responsable à souhait.

Une nouvelle déroute ?
En 2009, le Parti socialiste, alors dans l'opposition, s'était effondré à 16% des suffrages, juste derrière Europe Ecologie Les Verts, la nouvelle alliance écologiste. Certains accusèrent la diffusion de "Home", un documentaire de Yann Arthus-Bertrand, le vendredi précédent le scrutin. La référence de 2009 est bien basse, si basse qu'un maigre score mais légèrement supérieur suffira au bonheur de quelques hiérarques du parti socialiste.

Manuel Valls fait donc campagne. Mardi, il exhorte "nos compatriotes" à aller voter. Il rencontre le mentor de "Pépère", Jacques Delors. Mercredi, il est à Barcelone, pour un meeting du PSOE. Il s'exprime en espagnol, en catalan et même en français. Il rabâche qu'il est né là-bas, et combien son parcours est exemplaire d'une France ouverte. Il a des accents presque gauchistes quand il fustige Barroso, le gouvernement conservateur local, ou encore "l'Europe de droite qui a échoué". On est loin des odes à la compétitivité qui polluent le discours national. Sur l'estrade, en espagnol ou en catalan, Manuel Valls ose tout, même l'improbable: "Si vous voulez voir une politique de gauche, regardez ce que nous faisons en France".

"Efficacité", "rapidité" et "justice", trois qualificatifs de ses 4 mois et 20 jours qu'il confie au Petit Journal de Canal+. ..

On est dans la com' et le vide. Fallait-il une énième fois ressortir ces quelques "dossiers", qui ont provoqué un grave divorce à gauche sans convaincre le pays ?

Jeudi, la ministre du logement, la jeune radicale Silvia Pinel, promet une "journée historique" dimanche. Elle ne croit pas si bien dire. "Des fois on gagne, des fois on perd", Jean-Christophe Cambadélis enfonce quelques portes ouvertes.

Sarko accélère
A droite, Nicolas Sarkozy sort de son silence. Il anticipe son retour contre Hollande en 2017. La photographie qui illustre sa tribune publiée dans le Point est drolatique: on le voit deux téléphones en main. On se rappelle la ligne clandestine, ouverte sous un faux nom (Paul Bismuth), qu'il utilisait pour échapper aux juges. Sarkozy donne ses leçons pour sortir de la crise: une Europe à deux vitesses, essentiellement franco-allemande; et la révision des accords de Schenghen pour mieux fermer les frontières nationales à l'intérieur de l'Union. Très peu est dit sur les failles démocratiques, rien sur l'austérité, ou le diktat des banques centrales. Pour "sauver" l'Europe, Sarko suggère d'en sortir vers une version allégée, libérale pour les entreprises, autoritaire pour les hommes. On a caché son pote Berlusconi, contraint aux travaux d'intérêt général pour cause de fraude en tous genres.

La tribune est publiée simultanément en Allemagne par Die Welt. Le bide est total. Aucun autre média allemand ne relaye, tout le monde s'en fiche. 

Surtout, Sarkozy choisit aussi Valeurs Actuelles pour expliquer tout bas ce qu'il n'ose dévoiler tout haut. Dans l'hebdo de la droite furibarde, qui réclame le retour d'un "vrai chef" à droite et pour la France à longueur de colonnes, Sarko s'exclame que "Sur l’immigration, ce n’est plus possible".  Et il promet de revenir: " Je reviendrai en proposant un Schengen 2, sans les défauts de la zone de libre circulation, plus efficace en termes de lutte contre l’immigration clandestine. Vous verrez, quand je proposerai ça, Marine Le Pen dégonflera instantanément."

Patrick Buisson a peut-être été viré. Nicolas Sarkozy suit toujours la consigne d'une extrême-droitisation de son discours. Vous êtes prévenus.


Sarkozy sort de son silence car il a la trouille d'être dépassé. Qu'importe l'Europe ! L'étau se resserre sur l'actuelle direction de l'UMP: l'affaire Bygmalion a pris une nouvelle tournure quand Libération a révélé l'organisation de conférences fantômes mais chèrement facturées au parti par cette agence dirigée par deux proches de Jean-François Copé. Les amis de François Fillon attendent la fin du scrutin pour obtenir la tête du député de Meaux. Cette semaine, on apprenait que deux juges s'intéressaient aussi à des soupçons de détournements de fond par le groupe UMP au Sénat.  Bref, l'UMP ne doit son salut qu'à 'impopularité de François Hollande, et Sarkozy ne pouvait laisser les prétendants à 2017 s'agiter sans réagir. Valeurs Actuelles applaudit au retour du Bonaparte de pacotille qui rassemblera une droite éclatée.

La Sarkofrance est pourtant toujours malodorante. Isabelle Balkany, première adjointe et épouse du député-maire Patrick Balkany de Levallois, grande amie de Nicolas ex-Ier, termine 24 heures de garde à vue par une mise en examen pour blanchiment de fraude fiscale. Elle échappe à la cellule moyennant le paiement d'une caution de ... un million d'euros. Les Balkany ont des moyens.

Sarkozy contre Hollande, la construction européenne démentie par l'abstention, la fascisation d'une frange grandissante de notre classe politique, jusqu'où résisterons-nous ?





Post-Scriptum du 25 mai au soir: le Front National est parvenu en tête du scrutin européen, en France, avec 25% des 42% de suffrages exprimés. Un séisme, et une honte.



Crédit illustration: DoZone Parody

21 commentaires:

  1. Brillantissime, ce billet ! Une analyse et un constat à la veille du scrutin que partage entièrement..."Jusqu'où résisterons nous..." mais sommes nous encore en résistance ?

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  2. "La consommation des ménages a encore chuté (-0,5%), tout comme l'investissement des entreprises (-0,5% également)"C'est tout simplement mécanique et si prévisible. Qui dit diagnostic erroné auquel s'ajoute un dogmatisme borné, dit échec économique.
    Quant aux déclarations de Michel Sapin rappelant les propos d'Hollande : "on doit accélérer, on doit approfondir parce qu'on doit accélérer la croissance”, ils sont tout simplement grotesques ou ce grand comique, qui s'ignore, doit nous expliquer le résultat obtenu quand on accélère quelque chose qui est arrêté, immobile. La faire repartir, je comprendrais, mais l'accélérer, c'est un mystère sauf qu'on est énarque et .... socialiste.

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  3. vous n'en avez pas marre de traiter les autres de fachos ? Comme si moi je me faisais chier a ressortir les vieux dossiers de la gauche (le refus des communistes français d'entrer en guerre en 39, les soutiens de libé et le monde a pol pot et a mao ou les tribunes pro-pédophiles publiés par ces memes journaux, les armes de guerres retrouvées dans un local de la CGT...) a chaque fois que je parlais a un homme de gauche...

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  4. Info importante pour les républicains: http://bab007-babelouest.blogspot.fr/2014/05/le-coup-detat-eu-lieu-le-pacte.html

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    1. "Il n’y a pas d’autre Europe (UE aujourd'hui) que capitaliste, ultra-libérale, et non-démocratique. Les institutions européennes, qu’on a nous imposées à coup de mensonges, de ruse, de propagande inouïe, voire de vol qualifié ont été conçues pour être inamovibles et inattaquables (extrait d'un article de Superno). Pendant ce temps-là, ces crapules pleurent des larmes de crocodile en parlant des résultats du FN. Si nous sommes incapables de nous mobiliser contre ce pouvoir autoritaire et manipulateur, nous allons nous réveiller dans quelque temps avec un sacré mal de tête et pas que ....

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  5. Juan, je suis sûr que tu connais le refrain de la chanson de Graeme Allwright, qui dit : "On avait de l'eau jusqu'à la ceinture, et le vieux con a dit d'avancer". Et je suis sûr que tu connais aussi "le vieux con". 14 %, Juan, et on continue ....

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  6. Il n'y a de séisme que pour ceux qui n'ont pas vu ou pas voulu voir la réalité, la profondeur du malaise, le fossé qui sépare les élites (politiciens, journalistes, chroniqueurs, experts de tout poil essentiellement parisiens) du quotidien des français.
    Et voilà que Manuel Valls sort l'arme ultime : les baisses d'impôts. Comme si après les avoir drastiquement augmentés en justifiant ces hausses par la situation financière désastreuse des comptes publics, il avait une marge de manoeuvre pour les baisser. De catastrophiques nos comptes seraient-ils devenus si largement créditeurs que le premier ministre se sente autorisé à promettre ainsi des baisses d'impôt ? Il faudra qu'il en rende compte à nos partenaires qui attendent goguenards sans doute que la France tienne enfin un engagement financier sans réclamer de nouveaux délais. Et que dire de cette danse de saint Guy interminable, j'augmente les impôts mais dans la même annonce ou presque je dis que je les baisse. Ainsi j'éxonère dès demain ceux que j'ai imposé aujourd'hui. Belle cohérence. Sacrée panique surtout.

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    1. "l'arme ultime : les baisses d'impôts". Euh, il faut peut-être préciser, notamment pour nos gouvernants bien-aimés, qu'il n'y a pas de baisse généralisée de l'impôt sur le revenu, mais qu'il existe un grand nombre de cas où il augmente. En tout cas, les socialistes ont choisi de continuer à foncer dans le brouillard tous feux éteints jusqu'au prochain obstacle. Alors, je te le dis, François, vas-y, te gêne pas, profite, y te reste trois ans pour t'éclater jusqu'à ton licenciement, mais après, y faudra pas venir pleurer et aller te plaindre aux prud'hommes. T'auras que ce que tu mérites. Un coup de pied dans le fondement, c'est déjà bien trop comme remerciement.

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  7. Les nationalistes triomphent en Europe.

    Les nationalistes sont dans une dynamique qui les rapproche de plus en plus du pouvoir dans plusieurs pays d’Europe.

    Nous sommes en 1930, et ça fait peur.

    Lundi 26 mai 2014, vers midi :

    Séisme politique en Belgique.

    Aujourd’hui, la Belgique n’a plus de gouvernement.

    Belgique : Di Rupo a présenté la démission du gouvernement après les élections législatives.

    Une photo extraordinaire illustre cet article :

    La Belgique est à nouveau au bord du gouffre nationaliste.

    http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/la-belgique-est-a-nouveau-au-bord-du-gouffre-nationaliste-53824f8335704f05d69d166a

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  8. Bin alors ? tout le monde roupillent la dedans, vous avez trop fait la fete hier soir ?
    Faut rigoler, y reste plus que ca maintenant...

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  9. "Allo maman Bobo"

    Cela ferait un bon titre, allez c'est cadeau....faut s'entraider, non ?

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    1. Coluche disait que c'était la première fois que ça faisait mal. Mais pour nous, le plus dur est fait. Nous avons l'habitude : chez nous grâce à l'UMP et le PS et, en Europe, grâce à l'UE, qui "nous protège" si bien qu'elle cherche à nous faire bénéficier du meilleur (the best in english) des progrès américains. Devant la politique de destruction massive de dérégulation et de libéralisation menée par Hollande, Mendès France, qui a écrit de si belles lignes pleines de lucidité sur cette Europe, doit "se retourner dans sa tombe". Je peux vous garantir que nombre d'entre nous n'est pas prêt de revoter un jour pour les socialistes. Le PS est mort et bien mort.

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  10. En 2012 j’ai voté pour l’actuel monarque.
    J’avais pas compris que c’était un saltimbanque, un bouffon.
    Deux années ou, à la place des réformes essentielles pour sortir de « la crise », on a amusé le bon peuple avec des réformes sociétales à la con.
    Le pire président de la 5 eme république.


    Hier, j’avais le choix entre le Front de Gauche et le FN.
    Dans l’isoloir, je ferme les yeux et je tire au sort. C’est le FN.
    J’ai voté LePen, le Pire, le Père.
    Et j’ai pleuré.

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    1. voilà ce qui arrive quand on n'a pas (plus) de convictions

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    2. J’écoute le Monarque qui parle à la radio.
      C’est hallucinant, il n’est responsable en rien du séisme d’hier. C’est « la faute à l’Europe» il dit et, vous allez voir, demain, avec mes 14%, « je vais réclamer de la croissance ».
      Sauf que la croissance elle déjà là dans tous les pays du Nord de l’Europe.Mais pas chez nous. Ah bon ?

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    3. Moi, je comprends ce que tu dois ressentir, mais le plus dur reste à faire ou à endurer. Soit nous nous mobiliserons dans les urnes et dans la rue pour contrer cette offensive aussi violente qu'illégitime, soit nous continuerons à régresser au son mélodieux de l'orchestre soc' lib', illustre héritier de celui du Titanic.

      Pour ce qui concerne Hollande, il est clair qu'il ne changera rien en bon libéral dogmatique borné au service des banksters et des patrons. Rappelle-toi de sa visite à la City en 2012. Sa seule carte, son seule horizon, c'est qu'il y ait d'ici trois ans, à un moment ou à un autre, une croissance de 0.00001% ou une baisse du chômage de 0.0005% pour crier victoire. En réalité, ceux qui disaient à droite ou à gauche, qu'il n'avait pas la stature avaient raison. Ils avaient juste oublier d'ajouter que ce type est un lâche et un traître. Pire que Sarkozy, ce qui relève de l'exploit.

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    4. Quelques coquilles deci delà, qui ne retirent rien au fond. La partie n'est pas terminée pour nous et les socialistes peuvent déjà préparer leurs valises. Pour longtemps.

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  11. « Le peuple a perdu la confiance du gouvernement. Ne serait-il pas plus simple alors, pour le gouvernement, de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? » (Brecht). Allez Manuel !

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  12. Bygmalion : le clan Copé riposte et charge la campagne de Sarkozy.

    L' "affaire Bygmalion" serait celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy : les amis de Jean-François Copé ont porté lundi un coup très dur à l'ancien chef de l'Etat, dont les partisans espèrent toujours le retour pour sauver une UMP en voie d'implosion.

    Livrant l'image rarissime d'un homme politique en larmes à la télévision, l'ex-directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, Jérôme Lavrilleux, est venu en direct sur BFMTV admettre des "dérapages".

    "Il y a eu des factures présentées à l'UMP qui correspondaient à des dépenses faites pour la campagne" de Nicolas Sarkozy, a reconnu ce très proche de Jean-François Copé, tout juste élu la veille député européen dans le Nord-Ouest.

    Pourquoi ? Parce que les dépenses de campagne "sont plafonnées", et qu'"au-delà d’une certaine somme, on ne peut plus les intégrer dans le compte" du candidat, a-t-il expliqué. Or "il y a eu un dérapage sur le nombre – non pas sur la valeur – mais sur le nombre d’événements qui ont été organisés dans le cadre de cette campagne" nécessitant du coup de les facturer à l'UMP.

    "Je n'ai jamais eu à discuter ce genre de sujet, ni avec M. Sarkozy, ni avec M. Copé. J'assume mes responsabilités", a assuré M. Lavrilleux, précisant qu'il y avait eu "environ 11 millions d'euros de dépenses liées à la campagne ventilées sur d'autres opérations". Mais "il n'y a eu aucune malversation, aucun paiement en liquide, ni enrichissement personnel", a-t-il insisté, en pleurs.

    Les déclarations de Jérôme Lavrilleux, rouage essentiel de la campagne de 2012, confirment ce que révélait un peu plus tôt Patrick Maisonneuve, l'avocat de la société de communication Bygmalion, qui a exposé cette ligne de défense au cours d'une conférence de presse impromptue à son cabinet, devant des journalistes médusés.

    Ces graves accusations ébranlent un peu plus l'UMP au lendemain d'une gifle aux européennes où il a terminé derrière le FN, envoyant 20 députés au Parlement européen contre 29 sortants.

    Quasiment au moment où Me Maisonneuve commençait à s'exprimer, les enquêteurs de l'office anticorruption entamaient une série de perquisitions : à l'UMP, chez Bygmalion (longtemps dirigée par des proches de Jean-François Copé), dans l'association politique de ce dernier, Génération France.

    Autre cible des enquêteurs de l'office anticorruption de la PJ (OCLCIFF): l'Association nationale pour la démocratie locale (AMDL), structure de formation des élus UMP présidée par Michèle Tabarot, autre très proche de Jean-François Copé.

    Selon Patrick Maisonneuve, l'UMP "n'a pas financé" Jean-François Copé, "ni à titre personnel, ni politiquement". Il n'y a eu ni rétrocommissions, ni surfacturations, a-t-il répété.

    Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé étaient-ils au courant de cet "habillage"? L'avocat ne répond pas : "Que les responsables politiques disent clairement qui a fait quoi et quand (…) qu'ils aient le courage politique de le faire", s'est-il borné à dire à la veille du bureau politique d'une UMP qui semble au bord de l'implosion.

    Sans même ces sommes potentiellement dissimulées, les comptes de la campagne Sarkozy avaient été invalidés par le Conseil constitutionnel en juillet 2013, une première pour un candidat de premier plan dans l'histoire de la Ve République.

    Les Sages avaient arrêté à près de 23 millions d'euros les dépenses de campagne du président-candidat, soit près de 500.000 euros de plus que le plafond autorisé.

    Cela avait forcé l'UMP à lancer un appel aux dons de ses militants, "le Sarkothon", qui avait permis de recueillir plus de 10 millions d'euros.

    Par ailleurs, le meeting de Toulon, en décembre 2011, intéresse également la justice qui a ouvert une enquête préliminaire à l'automne.

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